‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 114 sur 260 · LOIRET · texte numérisé non relu

LOIRET

Circonscription de GIEW.

M, DEZARNALLDS, radical-socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 8.575 voix.

Mes chers Concitoyens,

Désigné par le Congrès des conseillers généraux, des conseillers d’arrondissement des maires, des délégués républicains de l’arrondissement de Gien, je viens à nouveau, poser devant vous, ma candidature aux élections législatives du Ier mai prochain.

A mes yeux, il ne s agit pas d’une bataille de personnes; les personnes comptent peu devant la gravité des événements actuels, il s'agit simplement d’une bataille d’idées.

I rois grands problèmes sollicitent toute votre attention : le problème de là paix le problème financier, la crise économique.

La paix . vous savez sur quelle base solide, profonde, inébranlable, je voudrais l’asseoir afin de rendre impossible ce terrible, cet abominable fléau que serait mie guerre future ! guerre de gaz, guerre de destruction par avions, guerre frappant surtout les non-combattants, iemmes, vieillards, enfants, guerre qui, en un mot, détruisant toute civilisation, nous ramènerait à la pire barbarie.

Partisan convaincu de la politique de paix d’Aristide Briand, j’ai toujours défendu les rois termes inséparables à mes yeux, du Protocole de Londres, proposé par le chef du Parti républicain Herriot : arbitrage, sécurité, désarmement.

Le désarmement, à mon avis, est le terme le plus important, permettant seul, d’assurer la sécurité des peuples et une paix véritable.

Désarmement simultané général, contrôlé de toutes les nations, telle doit être la formule

qui devra guider tous nos représentants à Genève, à cette célèbre conférence où se décidera 1 avenir des peuples.

C est justement parce quë, j’aime passionnément mon pays, la France,, c’est justement

parce que je suis inquiet pour son avenir, c’est parce que je la vois entourée de peuples puissants, à population beaucoup plus dense que la sienne, à natalité plus forte, que,

craignant tout pour elle, je fais des vœux ardents pour le succès de la Conférence du désarmement.

Que deviendrait la France si cette conférence n’aboutissait pas, s’il fallait, comme Je C a^10n^ nos aclyersaires, uniquement baser notre sécurité sur les armements ? la l 'p Ue e^en^°nS noiIS eri 1 93 > T 1936 j 1937, au moment même où, pour assurer

1916 Ion ^ Par *es arraes> nous n aurions que les jeunes gens nés en 1914, 1915, 7’ ce3t'à-dire nés à une période où la natalité, du fait de la mobilisation des

hommes valides, a été insignifiante? Je n’ose y penser et comme je le fais dans toutes mes conférences, j’en appelle ici à la bonne foi, au raisonnement de tous mes adversaires eL je

leur demande d’examiner à fond le problème.

On aura beau couler des millions et des millions de tonnes de ciment armé le long de la frontière de la mer du Nord à la Méditerranée, on aura beau nous écraser de dépenses créatrices d’armes de touLes sortes, d’avions perfectionnés, d’engins sans cesse plus meurtriers, nous ne pourrions rien faire de décisif pour notre sécurité, du sjmple fait que nous n’aurions pas les hommes nécessaires pour assurer cette défense armée.

Il faut donc chercher autre chose et cette formule, désarmement contrôlé, simultané, général de tous les peuples, me paraît êLrc le seul moyen d’assurer notre sécurité. Formule d’avenir ! me direz- vous, et je ne le nie pas, mais cependant formule indispensable.

En attendant sa réalisation complète, on pourrait commencer par une réduction progressive générale, s’accompagnant d’une amélioration des procédures des règlements des conflits internationaux, le renforcement des pouvoirs du Conseil de la Société des N allons,

du renforcement de la procédure des sanctions.

En même temps, internationalisation de l’aviation commerciale, interdiction de la construction et de l’emploi des avions de bombardement, interdiction absolue de la fabrication privée et du commerce privé des armes, dos munitions, du matériel et des engins de guerre ; organisation d’un contrôle international rendant efficaces ces internationalisations

Mais à nos yeux, toutes ces conférences resteraient mutiles, si, parallèlement a elles, ne devait pas être développé l’arbitrage sanctionné par l’organisation d’une police internationale, seul moyen d’assurer l’application des verdicts. Mais là encore, faisons-y attention ; si on veut que cette force internationale puisse être réellement efficace, il faut quelle s’accompagne, nécessairement, du désarmement des peuples. Sans cela, ce ne serait qu i usion, dépenses nouvelles, possibilités de nouveaux conflits entre cette police internationale ei les armées nationales conservées*

A nos yeux toutes ces procédures resteraient vaines, si elles ne s accompagnaient pas du respect profond de la parole librement donnée, de la signature librement apposée.

Ce serait un terrible malheur pour la cause de la paix, si pouvait se renouveler le discours d’un ministre allemand, déclarant que l’Allemagne se refuse aux réparations, se refuse à appliquer le Plan Young pourtant librement signé par celle-ci. Sans respect de la parole donnée et les contrats librement signés, il ne peut y avoir à mes yeux de paix durable et solide. Il faut donc qu’à Lausanne soit réglé définitivement ce grave problème des réparations et des dettes ; réparations, question sacrée pour nous sur le principe desquelles nous n’entendons pas transiger. Nous n’avons pas voulu ratifier dans notre vote les

dettes interalliées, injustice profonde à nos yeux. ,

Nous déclarons avec force que s’il arrivait un jour que l’Allemagne ne devait pluspaj les réparations, la France ne devrait plus rien payer aux Etats-Unis d’Amérique.

A toutes diminutions des payements allemands doit, de toute nécessité, correspon r

une diminution dans nos payements à l’Amérique. , .

Si un jour, on doit passer l’éponge sur l’ardoise des dettes, que cela soi genera complet, autrement ce serait une profonde injustice et nous ne pourrions en aucune façon l’accepter. Ainsi s’explique notre vote contre l’acceptation du Plan ^oung, parce que n’y liait d’aucune façon la solution des deux problèmes, réparations et dettes interalliées L’équilibre parfait du budget, une bonne politique financière, doivent etre egaiem

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