M. FAUCHON, U. R. IX
Elu au deuxième tour de scrutin, — 10.209 voix.
Messieurs et chers Compatriotes,
La retraite prématurée de M, Lucien Dior, ancien ministre, après vingt-cinq années de vie parlementaire noblement consacrée au service du pays, va laisser vacant le siège de député pour la circonscription d’Avranches. Sollicité par de nombreux amis et par plusieurs personnalités politiques de Y arrondissement, j'ai décidé de me présenter a vos suffrages.
Ma candidature est franchement républicaine.
Par ma famille, par ma formation, mes tendances et mes goûts, je suis profondément attaché à la forme de notre Gouvernement et j*ai suffisamment montré que je sais dire tout hauL quelles sont mes convictions pour qu'il ne soit permis à personne de mettre en doute, sur ce point comme sur tout autre, ma parole d'honnête homme.
Je me déclare adversaire résolu de toute politique cartelliste, c'est-à-dire de cette coalition des partis radicaux et socialistes dont l'expérience a été faite en 1924 au détriment de la liberté de conscience et .des finances publiques et privées.
Je considère ia politique d'union nationale, qui a été celle des républicains groupés autour de l'éminent président Poincaré et, depuis, autour de M. Tardieu et de M* Laval, comme répondant aux besoins ©t aux aspirations du pays :
— à ses besoins, car, pour refaire ses forces et restaurer sa situation intérieure, la France réclame la collaboration de tous ses enfants et Toubli de toutes les discordes ;
— à ses aspirations, car les générations issues de la guerre, et spécialement les anciens combattants dont je suis, ont appris à s'estimer mutuellement, quelles que soient la variété et même la divergence de leurs opinions et de leurs croyances.
Cet esprit nouveau, né de la guerre et qui s'incarne magnifiquement dans la personnalité de M. André Tardieu, permet a la politique intérieure de se dégager des basses querelles qui ont attristé notre histoire d’avant-guerre et dressé les Français les uns contre les autres.
Je veux une République de justice, d'ordre et de paix ; un Gouvernement et une législation de liberté pour dous et d'égalité de tous devant la loi, sans faveurs ni régime d’exception pour qui que ce soit.
La vitalité de la famille française doit être encouragée par le législateur ;
Les familles nombreuses ont droit à des avantages particuliers ;
Le tu utiles du travail savent ce que je pense de la loi insuffisante qui les protèges ;
Les anciens combattants, les mobilisés des vieilles classes, mes camarades de guerre et de régiment, trouveront toujours en moi un défenseur inlassable de leurs droits à la reconnaissance de la Patrie,
Simple combattant de la grande guerre, blessé à Verdun, je suis qualifié autant que quiconque pour parler de paix ; dans le cadre des traités existants et sous la garantie de notre sécurité nationale, je veux le développement de la concorde entre les peuples. À cet égard, la Société des Nations est un facteur puissant de pacification et d'arbitrage international qu'il convient de pourvoir des moyens efficaces d'action proposés à Genève par Mi Tardieu.
En servant cette politique à la Chambre, je ne ferai que de me tenir dans la tradition qui valut à M. Lucien Dior d'être élu et réélu par vous avec des majorités toujours accrues. Mon intention est du reste de siéger, comme lui, dans le groupe de l'action démocratique et sociale i
M es chers Concitoyens,
Je suis prêt à défendre de tontes mes forces les intérêts de notre bel arrondissement ;
L’agriculture d'abord, source première de notre richesse locale et nationale ; la protection que les pouvoirs publics lui accordent n’est pas régime de faveur, mais mesure de sécurité pour le pays et de bon équilibre économique.
Parmi les problèmes actuels intéressant l1 agriculture, il faut placer au premier plan :
1° La restauration de la liberté des bouilleurs de cru telle qu’elle existait autrefois ;
*2° La réforme complète de la loi sur les assurances sociales et la mise au point, d’un système de mutualités facultatives, dégagé de toute espèce d’étatisme et de toute contrainte ;
L’aménagement des grandes routes avec bas-côtés empierrés ; l’élaboration d'une loi nouvelle permettant la mise en état et l’élargissement des chemins ruraux ;
4° La réglementation des contingentements de l'importation étrangère, en accord avec les associations de producteurs.
Et je n'oublie point l'électrification rurale, la révision du cadastre, le régime des baux à ferme, les tarifs intérieurs, les caisses de crédit, les foires et marchés, les concours, etc.,.
Rechercher la meilleure solution de toutes ces questions doit être la préoccupation constante du député de notre grand arrondissement agricole.
Le tourisme, source de prospérité pour notre côte et nos stations balnéaires, doit être intensifié par le développement des moyens de communication et des procédés de publicité.
Le commerce doiL obtenir Je remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par un impôt unique à la production.
L’artisanal, qui est fondement de la paix sociale dans nos villes et dans nos bourgs, a besoin d’être défendu contre les entreprises et les prétentions du fisc.
Je suis prêt à servir de tout cœur les intérêts des ouvriers, menacés en ce moment par 1 angoissant problème du chômage ; pour eux aussi, le régime des assurances sociales doit être entièrement transformé.
Les pêcheurs et leurs syndicats peuvent être assurés de mon dévouement.
Les divers services d'assistance et de solidarité doivent être réorganisés en transférant de la commune à l’Etat une plus forte part des charges qu’ils comportent.
Je sais enfin que le député doit é!re le conseiller et souvent le protecteur des municipalités :
La ville d’Àvranches peut compter sur moi : le développement de sa prospérité, la mise en valeur de ses attraits et le maintien de son tribunal seront l’objet de ma vigilance.
Granville, centre très vivant de notre région touristique et très apprécié de tout rAvranchin, doit rester le siège de l'organisation commerciale du sud du département. Que cette ville, sœur de la nôtre, soit assurée de mon cordial concours pour maintenir ses prérogatives, ses droits, et pour favoriser ses pêcheurs. L'activité commerciale de son port devenu facilement accessible aux navires de gros tonnage et ses relations avec les îles anglonormandes doivent être intensifiées par une surveillance spéciale apportée à rétablissement des horaires et des tarifs de chemins de fer.
À toutes les municipalités, je promets de surveiller activement le règlement rapide de leurs dossiers à la Préfecture et dans les Ministères. Je suis décidé a rester en contact constant avec tous les groupements professionnels et économiques, et je me propose de rendre compte, chaque année, de mon mandat dans des réunions cantonales auxquelles vous serez convoqués.
Telle est, mes chers amis, l'ambition de mes 38 ans : c’est celle de vous bien servir et de bien servir le pays.
Par mes origines, par mes idées, par mes intérêts, je suis des vôtres entièrement* Si vous me faites l'honneur de m'envoyer au Parlement, vous pouvez être assurés, quelles que soient vos divergences d’opinions, que je saurai mettre cordialement à la disposition de tous mes connaissances, mes forces, mon activité et mon dévouement.
Vive l’arrondissement d'Àvranches !
Vive l’ordre et la liberté dans la République I
Vive la paix !
Maxime FAUCHON;
Candidat d’union républicaine*
An U cartelliste.
Ancien combattant.
Circonscription de CHERBOURG.
M* APPELL, républicain socialiste.
Élu au premier tour de scrutin, — 10.104 voix.
Politique extérieure.
Continuation de la politique de paix et d’en tente entre les peuples, si nettement voulue par les électeurs en 1924 et poursuivie depuis cette date par tous les Gouvernements, à Genève, à Locarno, et par la signature du pacte Kellogg.
Collaboration au développement de la Société des Nations. Conclusion de nouveaux accords dans le cadre de cette Société, notamment d’accords sur la réduction des armements.
Po lit iq ne fînanc ière .
Redressement de la politique financière actuelle qui fait prévoir 7 milliards de déficit en 1932*
Contrôle des grandes sociétés financières ou industrielles dont la gestion inconsidérée
a ruiné de nombreux épargnants et dont le sauvetage, souvent peu justifié, a vidé les caisses du trésor public.
Révision de la loi sur les sociétés anonymes.
Aménagement plus équitable des impôts.
Amélioration des modes de perception et de contrôle, notamment en ce qui concerne le chiffre ^affaires, qui devra, partout où c'est réalisable, être remplacé par une taxe unique.
équilibre sincère du budget par une compression des dépenses, notamment des dépenses militaires, qui jusqu’ici n'ont pas cessé de croître.
Po fit if ne é eonom îq u e .
Développement de la production et des échanges par des accords commerciaux de longue durée, la modernisation de l’outillage national, l'aménagement rationnel des forces productives, la protection de l'agriculture. Mise en valeur de notre domaine colonial.
Polit îq a e soda le .
Modification de la loi des assurances sociales par la simplification des formalités et une meilleure organisation des services. Maintien des lois de protection ouvrière du droit syndical.
Amélioration du sort des travailleurs (logement, hygiène, vacances payées, moyens d'instruction et de récréation).
Accession des enfants du peuple aux divers degrés d'enseignement.
Maintien des lois laïques. Impartialité de l'Etat en matière de religion ou de philosophie, qui sont a flaire de conscience et non de gouvernement.
Protection des familles nombreuses.
Défense des droits des anciens combattants, des retraités.
Protection de l’artisanal.
Dé je ns e a a lia mi le .
Réduction des charges militaires dans toute la mesure compatible avec la garantie de la sécurité nationale.
Réduction de la durée du service des inscrits maritimes et amélioration de leur régime de pensions.
Politique agricole .
Intensification de la production agricole, par rabaissement du prix des engrais et des tarifs de transport, par la révision des tarifs douaniers.
Dotation des chambres d'agriculture des ressources nécessaires à leur bon fonctionnement.
Développement du crédit, des assurances et des coopératives agricoles.
Politique locale.
Développement, comme grand port transatlantique, de Cherbourg, qui doit être une source importante de richesses pour la région et le pays tout entier.
Défense des agriculteurs de la région (tarifs de transport, liberté d’exportation, tarifs douaniers), amélioration de® chemins vicinaux et des routas. Amélioration du régime des bouilleurs de cru. Electrification des campagnes.
Réalisation, des que les circonstances le permettront, avec ïe concours du 'département, de l'Etat et des mines de Diélette, de la ligne Cherbourg- Carieret, avec embranchement $uv Beaumont*
Maintien de l'arsenal de Cherbourg, nécessaire à la défense nationale en même temps quà la prospérité de la région*
Maintien de la garnison et venue fréquente de navires de guerre dans le port.
PlBRRE APPELE
Circonscription de GOU TANCES.
M. BÜISSEL-DOMBREVAL, républicain de gauche. Elu au premier tour de scrutin. — 14.608 voix*
Mes chers Amis,
Partisan de toutes les libertés : liberté de conscience, liberté religieuse, liberté de 3’enseignement, liberté individuelle, je désire voir tous les Français fraternellement unis dans îe respect sincère et loyal dos croyances et des opinions de chacun.
Les intéressantes victimes de la guerre seront toujours l'objet de ma vigilante sollicitude.
L'agriculture, principale source de richesse de notre arrondissement, sera toujours au premier plan de mes préoccupations. Un pays vaut, en effet, ce que vaut sa terre. La prospérité de Y agriculture commande toutes les autres.
Je m'emploierai activement à protéger notre agriculture par des tarifs douaniers méthodiquement appliqués et par le système du contingentement, à favoriser Félevage par l’a t tri bution de primes élevées et la recherche de débouchés pour l'exportation des produits du pays, enfin à développer notre équipement agricole : chemins ruraux, électrification des campagnes, adduction d'eau potable, institution de crédit, qui ont déjà rendu de signalés services*
Je continuerai à défendre les droits des bouilleurs de cru, L inviolabilité de leur domicile, et je voterai la loi de liberté récemment adoptée par le Sénat.
Le commerce eL l’industrie, branches les plus importantes de notre activité nationale, dont la prospérité est intimement liée à celle du pays, seront, dans l'avenir, comme elles 1 ont été dans le passé, le but de mes persévérants efforts. *
La loi sur les assurances sociales, dont j’ai refusé de voter l'ensemble, avait posé un principe excellent, en tant quelle était destinée à protéger les ouvriers et leurs familles contre les risques de maladie, d'invalidité et contre la vieillesse* Mais cette loi n'a pas répondu au désir de nos populations* De nombreuses difficultés ont surgi, rendant cette loi impopulaire aussi bien chez l'employé que chez Y employeur. De profondes retouches devront être apportées à cette loi au cours de la prochaine législature. J'ai déjà déposé, avee plusieurs collègues, une proposition de loi demandant que ces assurances soient facultatives*
Au point de vue fiscal, j’estime que l’heure des sévères économies a sonné. Il est nécessaire de diminuer les dépenses, de comprimer les gros crédits, afin d’arriver à 3a réduction
des impôts trop élevés, mais jusqu'alors indispensables pour la liquidation de l'après-guerre et le redressement de la France, effort énorme qui ne peut se perpétuer. Je m’élèverai contre toutes dépenses non justifiées par l'intérêt général et à cet effet je suis partisan d’un contrôle permanent, d'une meilleure utilisation des crédits et d’une répartition plus équitable des contributions par la révision du mécanisme fiscal en vigueur*
Partisan de l'union en politique je la désire également à la terre. Aussi tout en admettant le principe de la loi sur la révision des baux à ferme, je veux éviter que, si les intéressés doivent avoir recours aux tribunaux, l’application de celte loi n'ait en définitive d'autre résultat que de semer la division dans nos campagnes. A mon avis, c'est par voie de conciliation que cette révision doit être effectuée, avec arbitrage de commissions composées de propriétaires et de fermiers.
En ce qui concerne la politique extérieure, j'applaudis aux efforts de la Société des Nations. La France, résolument pacifique, a favorisé ces efforts. Elle a eu à cet égard l'honneur d’heureuses initiatives* Je me rallie b cette belle devise : paix, sécurité, désarmement* Mais j’estime que, jusqu’au moment ou la Société des Nations aura acquis une autorité étayée sur une force mise au service du droit, le respect intégral et strict des traités dans la sécurité nationale doit rester le grand principe directeur de notre politique étrangère*
Mes chers Amis,
Si vous me faites l’honneur de me maintenir votre confiance, je serai dans l’avenir comme je l'ai été dans le passé le Député de tous, l'ami de tous*
Toujours prêt à rendre service, je soutiendrai de tout cœur vos légitimes revendications*
J'aurai d'autant plus Jde force et d’autorité pour vous représenter au Parlement que vous m'aurez donné plus de suffrages*
Aussi je suis persuadé qu’on 1032 vous renouvellerez sur mon nom votre belle manL festation de 1928, qui a été le grand honneur de ma vie*
Tous aux urnes, pas d'abstentions.
Veuillez agréer^ mes chers Amis, l'assurance de mes sentiments bien cordialement dévoués.
Vive l'arrondissement de Goutances !
Vive la République 1
Emile BOISSEL-DOMBREVAL
Député sortant.
Président du Conseil général de la Manche*
Président de la Société cTAgricuîture de l'arrondissement de CouUnce?* Ancien Maire de Coutances.
Candidat républicain.
Circonscription de MORT AIN,