MARNE
Circonscription de GHALONS- SUR MARNE.
M. MA RG AI NE, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — ‘ 11.247 voix.
Mes chers Concitoyens,
Par votre confiance fidèle dont je vous suis reconnaissant, j'appartiens depuis plus de vingt ans au Parlement de la République.
Je n'ai jamais eu qu’un but : servir, émanciper la démocratie en faisant son éducation, parfois avec une franchise un peu rude où vous n’avez vu, jen suis sûr, que ma sincère volonté d’hommage à la vérité.
La législation qui va s’achever laisse la France singulièrement inquiète et troublée.
A l’intérieur :
C'est le déficit budgétaire à peine masqué parles expédients auxquels le Gouvernement a eu recours et qui ont été maintes fois énumérés.
Cependant les transactions commerciales ont été réduites, des usines ou des ateliers sont fermés, le chômage augmente, les faillites s’accumulent dans le petit et le moyen commerce, alors que de puissantes sociétés peuvent échapper aux conséquences des erreurs commises par leurs dirigeants, en puisant dans le Trésor public qu’elles vident de sa substance.
À l'extérieur :
On pratique de nouveau le plus dangereux égoïsme ; les nations s’isolent et rendent impossibles les transactions internationales. Chez nous, le Gouvernement n’applique que des remèdes illusoires dont le résultat est de conserver aux spéculateurs internationaux les avantages dont ils jouissent et de protéger efficacement les cartels de production.
D’autre part, Y Allemagne, après avoir réorganisé sa grosse industrie avec l’argent des autres, nous refuse le payement des réparations, demande la liberté de s’armer et la révision des Traités, c'est-à-dire la rectification de ses frontières orientales.
Enfin les Etats-Unis exigent le payement de leurs créances, aucune réserve valable n’ayant été faite, malgré nos avertissements, lorsque nous avons reconnu nos dettes envers eux.
Voilà le bilan que présente, apres quatre ans de souveraineté, une majorité qui fut aux ordres de la grosse industrie et de la haute finance associées*
Le redressement sera difficile* La Chambre nouvelle devra se rendre compte d’abord que la crise actuelle a été causée par le désordre de la production, par l'influence néfaste que les congrégations économiques exercèrent sur le Parlement et le Gouvernement, par les manœuvres des spéculateurs*
À la démocratie de comprendre que, si elle veut rester libre de ses destinées, elle doit organiser rationnellement la production, empêcher une infime minorité d’opprimer le reste du pays.
Seule une majorité républicaine pourra obtenir, enfin, la subordination des intérêts de la haute finance et de la grosse industrie à l’intérêt général.
Au point de vue agricole, elle devra, cette majorité :
Assurer au cultivateur la vente de ses céréales à un prix rémunérateur et stable ;
Donc libérer le cultivateur de l'exploitation dont il est l'objet do la part de quelques importateurs ; créer et placer sous la surveillance des présidents des Chambres d'agriculture une société d’importation et d’exportation des céréales, seule capable de stabiliser les cours sans que soient lésés ceux qui travaillent, produisent et consomment ;
Encourager et protéger les coopératives agricoles pour faciliter l’écoulement des produits de la ferme ;
Transformer dans son esprit le régime fiscal agricole, en faire disparaître tout ce qui est tracasserie ;
Modifier le système forfaitaire de l’impôt sur les bénéfices agricoles, qui ne fient pas compte des pertes subies par le cultivateur, sur le cheptel notamment;
Doter le Crédit agricole d’un fonds de roulement plus important, notamment pour le fonctionnement du crédit à long et à moyen termes dont le taux est trop élevé, faciliter le développement de cette institution qui rend tant de services au cultivateur et lui assure la sécurité que ne lui a pas donnée le crédit agricole privé ;
Organiser aussi l’assurance contre les dommages causes par les calamites agricoles dont le Gouvernement n’a pas voulu s’occuper ;
Apporter enfin toute son attention à la situation critique de notre viticulture*
Vers la fin de la législature, le Gouvernement, pour parer aux conséquences si désastreuses pour le petit et moyen commerce, de sa politique de prospérité, avait esquissé un timide projet de crédit commercial et industriel* 11 faut remettre toute cette question sur le métier.
Au point de vue industriel, la Chambre devra :
Organiser méthodiquement la production des industries de base ;
Obtenir une stabilisation des prix pour régulariser la vie nationale.
Dans cette œuvre, l’Etat a son rôle qui n’est pas d’exploiter ou de diriger les usines, mais de coordonner la marche des industries et d empecher les abus.
En ce qui concerne la situation financière, qui est mauvaise et dont la majorité gouvernementale reste responsable, il faut :
Revenir à l’unité budgétaire- fâcheusement abandonnée ;
Supprimer, par conséquent, la caisse autonome d’amortissement et faire rentrer l’amortissement dans les services ordinaires — car on ne peut guère concevoir l’amortissement quand le budget est en déficit ;
Supprimer les trente et quelques offices budgétaires qui émargent au budget sans que le Parlement puisse contrôler l’emploi des fonds.
En ce qui concerne la défense nationale, on ne doit pas l’affaiblir tant que nous n- aurons pas la sécurité par T arbitrage, pour' aller ensuite au désarmement par des méthodes plus étudiées que celles dont le Gouvernement a fait si grand tapage P
Il est possible de réduire le budget de la guerre. Car actuellement on en reste aux conceptions onéreuses autant que périmées de la défense nationale, sans tenir compte des méthodes nouvelles ou des enseignements de 1914. Ï1 faut souhaiter que ceux qui ont charge d'organiser notre défense se dégagent de la routine et aient assez d'esprit critique pour comprendre que la guerre de demain ne ressemblerait pas plus à la guerre de 1914 que celle-ci n'a ressemblé à la guerre de 1870.
En ce qm concerne la réforme, excellente en soi, des assurances sociales, il eût fallu la réaliser par les mutualités. La forme administrative qu’on leur a donnée peut les mettre en péril. Il est encore temps d’agir. En tout cas, on ne peut songer, pour le moment, à étendre les assurances sociales au chômage. Le remède à cette plaie est une saine organisation de la production, pour permettre à tous les ouvriers de vivre largement de leur travail
En. ce qui concerne la paix :
Il faut multiplier les efforts pour donner à la Société des Nations une organisation digne de son grand rôle j
H faut reprendre les négociations, sans se décourager, en vue d’une Union européenne telle que la concevait. Aristide Briand et qui serait la garantie la plus solide de la paix.
Mais il faut, d antre part, blâmer tous ces prêts consentis à des nalions étrangères sur les fonds publics, en dehors de toute règle parlementaire. On a prêté ainsi l'argent du contribuable, qui eût été bien mieux employé à aider notre commerce et notre industrie à s'étendre au dehors.
EsUi nécessaire de parler du rôle essentiel de la laïcité? La laïcité est indispensable pour assurer l'avenir de ta démocratie. Les ennemis de la laïcité sont les adversaires de la démocratie et ce sont eux d’ailleurs quî nous ont mis dans la situation périlleuse ou nous sommes en ce moment.
Seule la laïcité peut permettre aux citoyens d'acquérir une réelle liberté de jugement, des affranchir de la tyrannie des idées reçues, de contribuer à la grandeur de la Patrie dégagée de toute contrainte mauvaise et capable d’empêcher son plein épanouissement.
Pour compléter cet exposé qui est mon programme, j’ajoute ;
Pas d impôts nouveaux, pas de majorations de dépenses, pas d'emprunts ;
Organisation de 1 école unique, organisation plus complète de l'enseignement agricole dans nos écoles rurales, organisation de l'enseignement post-scolaire spécialisé selon les milieux, comme je l'avais demandé par une proposition de loi ;
Développement de 1 éducation physique et sportive, de toutes les œuvres d'hygiène sociale ;
Refonte d’une fiscalité absurde et inique qui accable sans merei le producteur, le commerçant» 1 artisan, î ouvrier, le consommateur, les familles nombreuses, et qui, du reste5 épuise la matière imposable et contribue à la cherté' de la vie.
Réorganisation des finances départementales et communales ;
Défense raisonnée des droits des mutilés et réformés de guerre, des anciens combattants, des ascendants, veuves et orphelins de guerre et des anciens prisonniers de guerre;
Défense des droits et revendications légitimes des membres de l'enseignement, des collaborateurs et auxiliaires de 1 Etat,, des ouvriers, des cheminots, des mutilés du travail ;
Piotection sérieuse de 1 épargne française contre tous les spéculateurs sans scrupules et défense des retraités et petits rentiers.
Mes chers Concitoyens,
Vous avez à choisir ia rouie où la France doit entrer.
J’ai confiance que, profitant des enseignements dont le passé tout récent est plein, vous engagerez résolument le pays dans la voie de la démocratie ; pour y maintenir ensuite la République, vous pouvez compter sur tout mon dévouement qui s’inspirera des exemples que Léon Bourgeois a légués à cet arrondissement toujours fidèle à son grand souvenir.
Vive la République démocratique t
àlfbed MÂRGÀINE
Député sortant.
Candidat du Parta radicale oc valUte*
Circonscription d'EPERN AY .
M. FQRGEGT, républicain socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 11.231 voix.
Citoyens t
Une crise générale pèse sur le monde. Elle. entraîne la mévente et le chômage. Elle est dans la Marne cruellement sensible, au point de vue agricole et viticole.
Quelle lâche est plus urgente, plus impérieuse que d'essayer d'en sortir ?
G est la surproduction qui est à T origine de la crise. Tendrons- no us le poing à la science, au progrès, au machinisme?
Non ; mais le grand problème de l’avenir sera d’accroître les débouchés en augmentant le bien-être de chacun, en faisant, de par le monde, des consommateurs toujours plus nombreux.
À ce jour, la mise en veilleuse des moyens de production a entraîné la diminution des stocks. Des besoins normaux sont nés. Mais l'inquiétude, l’appréhension générale que la crise avait entraînées, l'ont, depuis de longs mois, accrue et proîongéé. En ralentissant partout le rythme des achats et des placements, la peur paralyse les affaires et freine la reprise. Comment la dissiper?
En s'attachant résolument à donner une solution claire, simple, positive, aux grands problèmes que la guerre et l’après-guerre ont poses et que l’humanité devra résoudre si elle veut retrouver une vie tranquille.
Ces problèmes sont principalement les suivants :
Problème budgétaire, problème des réparations et des dettes, problème de la sécurité cl du désarmement.
Le problème budgétaire.
Le problème budgétaire consiste à mettre nos finances en équilibre. Nos deux derniers budgets ont eu un déficit de 5 milliards. Les prochains se présentent sous un jour inquiétant.
Le gouffre s’y creuse. Le budget de 1936 aura, si on ny prend garde, un trou de 5 4 10 milliards, plus près hélas I de 10 que de 5. Comment réagir? Impossible de recourir â l'augmentation des impôts, ni aux impôts nouveaux ; car nous sommes parvenus à la saturation fiscale.
L’inflation monétaire serait aujourd’hui sans excuse et purement frauduleuse, Il y aura donc nécessité de comprimer les dépenses publiques et de les ramener au niveau de nos recettes, Je ne conçois pas cette réduction sous la forme d’un automatisme brutal et forfaitaire* Elle devra être effectuée comme celle que fait un père de famille contraint de réduire son train de vie, avec le discernement, la mesure, l’équité et le courage nécessaires*
Réparations et dettes.
Le problème des réparations et des dettes, — C’est la grande question d’argent qui traîne entre les peuples depuis la guerre, L’ Allemagne, en vertu du traité de Versailles et du plan Young, nous doit chaque année des milliards* Nous en devons, de notre côté, à l'Angleterre et à L Amérique, en vertu des accords Caillaux-Churchill et Mellon-Bérenger. Compte tenu de ce qu’on reçoit et de ce qu’on paye, il nous reste annuellement un>xcédent net de deux milliards*
Tout le mécanisme prévu pour fonctionner pendant des dizaines d’armées est actuellement stoppé par le moratoire Hoover, Je redoute, j’ai toujours redouté qu’il vienne un jour où l’Allemagne nous dise : « Je ne vous paye plus •>, tandis que F Angleterre et l’Amérique nous diraient : « Remboursez-nous tout de meme a.
Et, sans doute, nous ne le pourrions pas, mais que de divisions et de difficultés nouvelles jetées sur le trouble déjà si grave du présent ï
Réglons donc cette affaire le plus tôt possible*
Nous avons un atout dans notre jeu*
Dans la période de prospérité montante qui a trompé tous les peuples, les banques d’Angleterre et d’Amérique ont prêté à l’Allemagne plus de 100 milliards, qui sont aujourd’hui gelés, autant sinon plus que notre propre créance réparations,
Puisque tout le inonde a intérêt au commun «dégel», profitons en pour hâter le reglement d ensemble qui nous libérera, tout au moins vis-à-vis de nos créanciers, et obtenir de 1 Amérique, soit qu elle ratifie le pacte de garantie militaire que le pré&ident Wilson a signé en 1919, soit quelle reste désormais à Genève pour jeter son poids décisif dans l'organisation pratique de la paix*
La paix *
Ce problème de la paix est à la fois le plus haut et celui qui conditionne les autres.
Le plus haut, car il vise à économiser des milliards, et, ce qui est sans prix, des vies humaines*
G est le problème central, car on ne peut logiquement espérer que les peuples sauront organiser la vie économique, améliorer, sous toutes ses formes, par une entente intelligente, la vie matérielle, aussi longtemps qu’ils n’auront pas, d’abord, assez de bon sens pour ne plus s’entretuer*
Le désarme me nL
La Conférence réunie à Genève pour le désarmement — émouvante Babel de la vie moderne — confronte ses vues et cherche sa voie pour découvrir la formule qui permettra enfin de faire descendre la paix du rêve magnifique sur la terre.
Cette formule existe*
Elle est claire comme la pensée française, logique comme notre dialectique, limpide comme notre langue*
— 679 — No 2145
C’est celle de Léon Bourgeois, d Aristide Briand, deux noms désormais associés dans le cœur des hommes.
G est celle qu ont défendue à Genève tous ceux qui ont représenté successivement la France.
Elle organise la paix en trois étapes ;
Arbitrage, sécurité, désarmement.
Arbitrage obligatoire, étant entendu que le peuple qui ne s’y soumet pas est l’agresseur.
Arbitrage sanctionné par une force commune, une force internationale, à la fois morale, puisque constituée par l’accord permanent de tous les peuples, eL matérielle, puisqu’ayant seule à son service l'aviation militaire et pouvant, en cas de besoin, disposer de l’aviation civile et commerciale du monde entier, telle, en un mot, qu’elle étouffe, par sa seule menace, toute velléité d’agression, et la puisse écraser dans l’œuf s’il venait pourtant à s’en produire une.
Pour organiser ce mécanisme international d’arbitrage obligatoire et sanctionné, c’està-dire de sécurité, à l’abri duquel le désarmement total devra s’opérer, il y aura des difficultés & surmonter ; il y faudra du temps. Aussi, pour aller plus vite, certains proposent-ils de réaliser d abord le désarmement général, le reste devant venir ensuite par surcroît et sans doute plus facilement.
Est-ce sûr ? L'état d'esprit du monde changera-t-il en un jour ? Les vieilles difficultés, et celles qui ont surgi depuis la guerre, s’évanouiront-elles comme au toucher d’une baguette magique?
Si quelque conflit venait pourtant à se produire, Genève, par hypothèse, n’étant pas encore organisée solidement en tribunal et dotée d’une force chargée d’exécuter les décisions, le desarmement préalable ne serait-il pas, dans les rapports delà France et de l'Allemagne] une prime effroyable au nombre, aux possibilités techniques et industrielles de réarmement' à l’état d'esprit nationaliste ?
L idéal est une chose. La réalité en est une autre.
Il suffit de les confronter pour sentir la profonde sagesse, la suprême loyauté de la formule qui s attache à organiser d’abord l’arbitrage et la sécurité. Elle seule mène à lapaix.
Telle est, citoyens, sur les problèmes essentiels, sur les problèmes vitaux, qui comman dent tous les autres, petits, moyens et grands, la politique française qui m’apparaît la meilleure. 11
Un Gouvernement durable et fort.
Pour la poursuivre, il faut que nous ayons demain une majorité cohésive et compacte, soutenant résolument un Gouvernement durable et fort.
Nous ne l'aurons que par la formule de la concentration.
C’est un fait que, sur 600 députés, 400 sont d’accord entre eux sur le fond des idées, ur essentiel de la politique française, et sont en désaccord avec les deux ailes.
Ce qui fait barrière à droite :
C est barrière-pensée sur la laïcité.
c esL l’arrière-pensée sur l’efficacité des procédures internationales de paix.
C est 1 esprit, le langages nationalistes»
Ce qui fait barrière à gauche :
C’est le renversement de la formule : Arbitrage, sécurité, désarmement.
C est la non-participation au pouvoir.
C’est le fond essentiellement révolutionnaire du marxisme (révolution sociale, lutte de classes, dictature du prolétariat).
Ces faits n’étant ni contestables, ni contestés, et cet autre fait ne l’étant pas davantage, ■' ss.\mr qu un grand pays a besoin d’être gouverné, ne pensez-vous pas qu’il appartiendrait
aux 400 députés dont je parle de constituer entre eux un Lloc solide, une majorité de concentration, soutenant un Gouvernement de concentration ?
L'arithmétique, la logique, le bon sens, le fonctionnement régulier du régime parlementaire, plus encore l'intérêt national, tout l’exige impérieusement.
Si tel est votre avis, dïtes-le, imposezde.
Le Gouvernement que j'appelle de nies vœux, écartant la camaraderie et le dosage des groupes, pour ne taire appel qu'au mérite, aura de la carrure intellectuelle, de la lucidité d’esprit; le sens national sans chauvinisme, le sens international sans mysticisme.
Au dedans, au dehors, il saura et pourra faire son devoir.
Décidez !
Un dernier mot.
Je vous ai fait connaître ma pensée en clair, sans équivoque, sur le but et sur les moyens d’action auxquels je m’attacherai, si je suis votre élu*
Laisscz-moi vous dire que, dans cette élection, il s'agit de vous, bien plus que de V homme qui vous représentera.
Vous semez, vous récolterez.
Une bonne ou une mauvaise politique, ce sera demain l'atténuation ou l'aggravation de la crise.1!
À vous de choisir. Vous êtes les maîtres.
Dans la liberté de notre pays, en écoutant les prescriptions de votre conscience d’hommes, de citoyens, de républicains, de Français, décidez 1
Pierre FORGEOT
D éputé sortant.
Ancien Ministre.
Maire dFÀngture*
Ganüidat du Congrès de la Fédération républicaine radicale et radicale-socialiste do F arrondissement dTEpernay.
lrfl circanscription de REIMS.
M. POÎTTEVIN, radical-socialiste.
Élu au deuxième tour de scrutin. — 10.437 voix.
Citoyens,
Depuis douze années, je suis votre représentant à la Chambre des Députés. Cette confiance que, par trois fois, vous m’avez renouvelée à l'occasion des élections législatives, je viens pour la quatrième fois vous demander de me l'accorder à nouveau.
Une telle continuité de fidèle sympathie de la part des électeurs, confirmée par l'unanime approbation des membres de notre parti, me dispense d’insister longuement sur la justification deTna candidature.
Elle répond, au surplus, de la façon la plus nette et la plus décisive aux tentatives de dénigrement pour lesquelles, comme il y a quatre ans, la mauvaise foi se met au service de la calomnie.
Le jugement populaire en a d’ailleurs fait justice.
Depuis lors, soucieux de remplir mon mandat, j'ai volontairement oublié les attaques personnelles dont j ava.s été l’objet, et, je me suis attaché uniquement à servir et à défendre les mteréts des collectivités et des particuliers, sans distinction d’opinions politiques ou confessionnelles. r “
J en trouve la preuve dans les très nombreuses marques de sympathie dont j’ai été honoré et les remeraements et félicitations qui, au cours de la dernière législature me sont si souvent parvenus.
Invariablement attaché à cette ligne de conduite que je me suis imposée, j’entends y demeurer fidele* 4 J
En face d’une situation politique et économique dont la gravité n’échappe à personne il importe d envisager, avec tout le sérieux qu’implique cette situation, les moyens et les mesures destinés à en atténuer les effets.
C’est pourquoi je soumets à votre jugement le programme que je veux défendre et appliquer, convaincu de repondre aux légitimes aspirations de la grande majorité des élecleurs de la première circonscription de Reims.
La crise économique,
,ffi L,.S, °a,rte,ls 0U c1on9ortium’ Par leur9 agissements, n’ont pas été étrangers aux
difficultés dont toute la population, a quelque catégorie qu’elle appartienne, a souffert
Aussi demandons-nous le contrôle légitime de l’Etat sur ces grandes entreprises. Après avoir tenté de le dominer, elles ont appauvri la trésorerie nationale en sollicitant de avances pour remedier a leurs imprudences.
Nous voulons que tous les producteurs soient également protégés, que 1» oonsomm.- „r so, ut .1 abri de. spéculations, que les épargnants né soient pln.’à la merci deo.îlaines entreprises financières, ecuraeuses de l’épargne publique
Sans avoir besoin de préciser davantage la position de notre parti en matière économique, nous rappellerons que nous faisons nôtres, les revendications du commerce et prin. pa ement celles qui sont relatives à l’aboutissement de la propriété commerciale intégrale Enfin, nous entendons assurer à chacun la libre disposition des produits de son travail dans le respect de la liberté et des lois économiques fondamentales.
La crise financière.
Il importe d’assurer au plus tôt l’équilibre du budget. Pas d’impôts nouveaux • des compressions de dépenses et des économies. ^ . 3
Une réforme administrative s'impose dan, le cadre envisagé par les intéressés eux p.:™d“t 6““,il,é“ - «*■» “ P— employés
uormibmeurrS8 «-» ‘■P-** d, charge, qm tiennent
d=p,”,m"„tÏ,.‘le P0UraU'vre 13 réalisation d. la réforme de, finance, communal., .t
.•a,.iïïrifVéS,“ f‘St!SU P'™111"' dans des condition, meillenres
de 1 impôt, en répartiseant plus équitablement les charges des contribuables.
Politique sociale,
,D,TiS que not,re Parti a Pris l’initiative de la loi sur les accidents du travail il na nas
::z;izTer à 1 adaptation' sans cesse en évoiution’ du c°de ** ï
La loi, si profondément humaine des assurances sociales doit être complétée, modifiée,
simplifiée pour la rendre plus souple, plus pratique dans son application, sans formalités excessives.
L’accès à la petite propriété, les possibilités d’édification d’babiUüons a bon marché doivent être facilitées. Tous les risques de la vie du travailleur doivent être garantis.
Le chômage appelle des réformes profondes dans l’organisation même des secours qu’il faut envisager concurremment avec la nécessité d’apporter aux chômeurs involontaires, les moyens d’assurer leur vie matérielle.
fl faut aussi que la main-d’œuvre étrangère ne puisse pas concurrencer celle de nos
concitoyens offrant les mêmes garanties de ■travail.
A l’artisanat sous toutes ses formes, nous entendons donner les plus grandes facilités pour -l’apprentissage et les installations indispensables.
Nous poursuivrons la création des Chambres de métiers et l’organisation du Crédit
Immobilier. . , , , , .
L’amélioration des lois d'assistance, d’hygiène et de protection de 1 enfance fera 1 objet
de nos soins assidus.
Déjà F école unique est amorcée; il est indispensable de la réaliser tout entière.
Nous voulons aussi donner à l’éducation physique et aux sports la place qui leur
revient. .
Comme par le passé, en plein accord avec la Confédération nationale des anciens
combattants et victimes de la guerre, il faudra poursuivre l’aboutissement des légitimes
revendications de itous rceux qui en ont souffert.
Politique agricole et viêiçok.
Dans le domaine agricole, nous préconisons la politique des contingentements destinés à stabiliser les cours des céréales, assurant ainsi à l’agriculteur la rémunération légitime de son travail.
Les problèmes agricoles sont nombreux et variés, et dans leur ensemble ils feront 1 objet de toute notre attention* plus spécialement, il faudra obtenir pour le Crédit agricole des sommes plus importantes que celles qui lui sont attribuées, pour permettre ainsi de satisfaire à toutes les demandes des agriculteurs et des viticulteurs.
En ce qui concerne plus particulièrement la région viticole champenoise, il importe de renforcer le service de la répression des fraudes, tant en France qu’à l’étranger, poursuivre le développement des organisations syndicales et coopératives et, assurer en un mot, la défense du vin de Champagne en même lemps que les intérêts des vignerons champenois.
Obtenir rapidement le vote par le Sénat de la loi interdisant la fabrication des mousseux dans la Champagne viticole. .
Envisager en un mot toutes solutions destinées à favoriser la vente du vin de Champagne, qu’il s’agisse du négociant ou du producteur, et persévérer dans la ligne de conduite que nous nous sommes toujours imposée pour qu'enfin, nos vins de Champagne ne soient plus la rançon des accorda commerciaux.
L’intensité de la crise qui sévit sur le vignoble champenois appelle des mesures
urgentes et efficaces, ,
Un parlementaire vigneron, mêlé de tous temps aux luttes économiques champenoises,
ne saurait manquer à son devoir*
Politique de paix.
Nous restons fidèle à la politique de paix, inaugurée par Léon Bourgeois, poursuivie par Herriot et Painlevé et, dans ces dernières années, par Aristide Briand.
Nous condamnons la diplomatie secrète, la politique des alliances et préconisons en-
tente entre les peuples.
Convaincu de la nécessité de réaliser îa fédération européenne définie par « 1 homme oe la paix >î, nous estimons servir la cause même de la Société des Nations,
Si nom sommes partisan résolu delà limitation des armements, par contre, nous estimons nécessaires de doter la S. D* N* &’ une force- susceptible d’arrêter tout conflit qui conduirait à la guerre» .
Nous considérons ainsi servir la cause du désarmement général, progressif Bimmane
et contrôlé but 3e tous les peuples pacifistes,
La formule du Président Herriot conserve plus que jamais- sa portée dans Tordre où luirmême Ta définie ; arbitrage, sécurité, désarmement.
Et par là même, nous condamnons toute politique de force.
La cause de la paix étant d’ordre mondial,- il rTapparaîi pas exagéré que nous ta mettions au premier plan de nos préoccupations»
Nious pensons ainsi répondre aux aspirations de La grande majorité des électeurs qui veulent voir dans notre pays le guide le pins sûr et en mêirqg temps le plus sincèrement animé de l’esprit et de la volonté de paix.
Vive: la République démocratique, laïque, sociale l Vive la paix I
Gaston POITTEVIN
Propriétaire-vigneron*
Député sortant*
2? circonscription de REIMS*
M. MARCHAI* DE AU, radical-socialiste*
Désigné à l’unanimité comme candidat par la Fédération radicale, radicale-socialiste et républicaine socialiste de la deuxieme circonscription de Reims, je viens à nouveau solliciter vos libres suffrages*
Je ne crois pas avoir trahi, depuis que je vous représente au Parlement, la confiance dont vous m’avez honoré. Tous ceux qui, usant de leur droit, ont fait appel à mon concours, toutes les communes qui ont eu besoin de mon aide, m’ont trouvé empressé à les servir* J ai apporté le même soin scrupuleux dans la sauvegarde des intérêts généraux de notre région et de la France républicaine»,
M’élant attaché à soutenir tous mes concitoyens dans leurs légitimes revendications, sans faire entre eux aucune distinction de situation ou d'opinion, je n ai pas davantage fait preuve de sectarisme dans les manifestations de mon attachement aux idées et au programme sur lesquels j’avais été élu*
J’ai défendu, chaque fois qu elle m’a paru possible, la conciliation la plus large entre républicains et je ne compte mettre encore dl autre condition à 1 union politique de tous les Français que la sincérité do leur attachement aux institutions démocratiques*
Mais c’est précisément parce que la sauvegarde de ces institutions ne s’accommode d’aucun recul, d’aucune prédominance de Tinteret particulier sur 1 intérêt general, d aucun renoncement au progrès^ que je reste fidèlement attaché aux principes de laïcité, de justice sociale, de rapprochement entre les peuples qui sont à la base même des aspirations de tous les sincères républicains et qui inspirent le programme que j’ai l'honneur de vous présenter ;
Politique financière.
Je veux le rétablissement de l’équilibre budgétaire, sans création d’impositions nouve les mais par la compression des dépenses. Réorganisation administrative et suppression des services inutiles, meilleur aménagement de la dette, trêve aux libéralités et renflouements ruineux, disparition des gaspillages militaires sont, avec la réforme fondamentale des finances et de l'organisation départementale et communale, les mesures qui doivent permettre de ne pas aggraver les lourdes charges pesant sur le contribuable, de les mieux répartir, do faire disparaître l’encombrante paperasserie et de donner aux autorité* locales es moyens de pourvoir aux besoins effectifs des populations, notamment en ce qui concerne e bon entretien des routes dpdes chemins et la réalisation des mesures d’hygiène et de bien-être justement attendues dans les communes rurales.
Je veux également qu’un contrôle rigoureux s’exerce sur les opérations financières qui au cours de ces dernières années, ont abouti à l’écrémage éhonté de l’épargne française. ’
Politique économique.
Je veux, dans le respect des droits de tous, en particulier des anciens combattants et des victimes de la guerre, la protection égale des travailleurs des villes et des campagnes ouvriers de 1 industrie ou de l’agriculture, artisans, cultivateurs, vignerons, commerçants’ ndustnels trop souvent victimes, actuellement, de la spéculation aussi préjudiciable au producteur qu’au consommateur et qui, au seul profit de quelques cartels ou consortium dont la puissance tend à dominer l’autorité de l’Etat lui-même, maintient la vie chère aggrave les dangereux conflits économiques, rançonne le salarié et écrase ces classes moyennes dont la sagesse a jusqu’ici garanti la stabilité française.
Politique sociale.
Je veux le maintien et le meilleur aménagement des lois qui, comme celles sur les accidents du travail, sur les assurances sociales, sur les habitations à bon marché, sur la protection de la santé publique, sur l’assistance et sur le rôle à étendre de la mutualité, consliuent et doivent développer ou créer la garantie du travailleur à l’égard dos risques qu’il
W viIille!seSéCUnté de t0US 163 Clt0yenS P°Ur k dig'nité de leur vie et la tranquillité de
En presence du chômage, qu’il ne faut laisser ni s’étendre, ni se perpétuer, je veux que a création du travail soit substituée au secours insuffisant et ruineux et que l'emploi de la
main-d'œuvre étrangère le cède à l’appel fait à nos concitoyens privés du moyen d’assurer dignement leur subsistance- 17
Je veux aussi que par l’instruction plus répandue et accessible à tous sans distinction de situation de fortune, par le développement des œuvres post-scolaires, par la pratique aisonnée des sports, notre jeunesse soit mieux préparée à l’usage de libertés plus grandes at * .acceptation de devoirs plus étendus*
Politique extérieure ,
Je veux que les institutions dont tous les pacifistes sincères et avertis reconnaissent la nécessité Société des Nations, Union Européenne, ne soient plus paralysées dans leur action et leur développement par le retour aux pratiques dangereuses de la diplomatie secrete et les campagnes perfides d’un chauvinisme inquiétant.
Le désarmement est la condition du rétablissement de l’équilibre financier et éconoque, non seulement en France mais dans le monde. Je veux que notre pays, sans
No 2145
s’exposer aux dangers, générateurs de guerre, d’un désarmement unilatéral, poursuive avec continuité et sincérité la politique de rapprochement des peuples et d’accords internatîo naux qui, lorsqu'elle a pu être conduite par Aristide Briand, continuateur de la -rande oeuvre de Leon Bourgeois, sans être démentie par les injures et les calomnies d’une partie de la majorité de droite, a apporté à la France des sympathies et un prestige inégalés dans Je monde.
Mes chers Concitoyens,
Telles sont, sur les grandes questions qui, par dessus touteslesautrespréoccupalions me paraissent devoir actuellement retenir l’attention du Parlement, les principes dont îene puis ici que fournir une énumération rapide, h
Mais n'ai-je pas, au cours de la dernière législature, donné la preuve de ma volonté de mettre en application ces principes, lorsque je suis intervenu, sur les questions touchant aux intérêts spéciaux à notre région comme dans les débats portant sur les grands problèmes auxquels est lié l’avenir du Pays. *
C’est avec la même impartialité et la même ardeur au travail que je voudrais poursuivre ma tâche.
L honneur de vous représenter s'accompagne plus que jamais de la nécessité d'agir.
Si je fais fi de la politique mesquine qui rabaisse le rôle de l’homme public à l’attaque eu a la défense dans de vaines querelles de personnes et de clan, j’estime, par contre, qu’il est indispensable de savoir prendre des responsabilités et de ne pas se vouer à l’inaction en prétendant s’abstraire de toute préférence doctrinale et de toute adhésion à un idéal.
Ma doctrine est celle sur laquelle s’est fondé et doit progresser le régime démocratique.
Mon idéal est tout entier vers la liberté et vers la paix.
C’est eux que je veux servir en même temps que vous tous, que la deuxième circonscription de Reims, que la République laïque, démocratique, sociale et pacifique.
Paul MARCHANDEAU
Chevalier de ta Légion d’honneur. — Croix de guerre. Maire et Conseiller général de Reims.
À&cièn S ou ^Secrétaire d’Etat.
Député sortant.
Circonscription de VITRY-LE- FRANÇOIS.
M. FÉRIN, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. - 6.357 voix.
Mes chers Concitoyens,
fin ^ ^^am^re nouveEe, il appartiendra de réparer les erreurs accumulées, de mettre ux équivoques mortelles pour le pays et pour la démocratie, si, par sa volonté nette- ' rimé®;,Ie Sl,flfrase universe1’ que les cartellistes de droite voulaient mutiler pour de la réaction66 6CÜOn C0mpr0mise’ 3ibère enfin Ia ^publique de l’influence prédominante
C'est à cetle tâche primordiale que je vous convie, mes chers Concitoyens, et je vous
demande vos suffrages pour la remplir.
La politique financière sera, forcément, au premier rang des préoccupations de la législature prochaine. Il faudra donc parer au déficit, équilibrer, unifier le budget désorganisé par la multiplication dee caisses spéciales; il faudra parer au plus vite au déficit énorme des réseaux de chemins de fer, importante question budgétaire dont le Gouvernement, pour ne pas gêner sa majorité, ne s’est inquiété qu’en apparence et sans rien
,eh° fiscalité que l’on a pas modifiée, malgré les promesses de M. Poincaré, est écrasante pour la production et pour îe commerce, écrasante pour le travailleur.
mie est une des causes du déficit, l’impôt trop lourd ne rendant plus ec que l’on attendait de lui. Il faudra donc entreprendre une sérieuse refonte de tout le système fiscal, de meme qu’il faudra réaliser la réforme des- finances communales.
L’inflation des dépenses est déplorable. Une déflation est nécessaire, mais elle doit porter non sur tous les services indispensables : protection de ta santé publique, aide aux familles nombreuses, pension du combattant, œuvres sociales assurant à l’ouvrier dignité et sécurité - mais sur les dépenses qui sont exagérées et sont un indice de gaspillage, telles ■ celles qui résultent d’une mauvaise conception de l’organisation de la défense
nationale, laquelle ne peut plus être ce quelle était il y a vingt ans.
La politique économique présente, elle aussi, un aspect nouveau. En raison du trouble causé par la guerre partout dans le monde, en raison de la rapidité toujours accrue des moyens de communication, en raison de ^interdépendance des peuples, les solutions ne
doivent plus être considérées aujourd’hui sur le plan national seulement, mais aussi sur le
plan international. Sur le plan national, il faut une économie dirigée et contrôlée, non pour détruire les initiatives et la liberté, mais pour empêcher quelques gros capitaines d’industrie de constituer une féodalité, au besoin internationale, pour écraser la petite et moyenne industrie, le petit et moyen commerce, l’artisanat, l’ouvrier, le consom-
La politique sociale doit être poursuivie et l’on ne peut admettre quelle marque un temps d arrêt, comme îe voudrait le cartel des droites, en invoquant la rupture de 1 équilibre budgétaire qui est son fait. Une démocratie doit résoudre, en premier heu, la question du chômage qui n’est pas seulement le résultat d’une crise passagère, mais encore le résultat
du développement extraordinaire du mécanisme. ,
U faut aussi que les droits des mutilés du travail soient reconnus comme les droits des mutilés de la guerre, comme les droits des anciens combattants que nous ne laisserons pa»
prescrira t ^ ^ un0 œuvre sociale-de tout premier ordre - que l’admirable
épargne française soit protégée contre l’avidité des requins de la spéculation et de la
finance- ;
La politique agricole doit être organisée et développée de façon à donner à nos agriculteurs, à tous les travailleurs ruraux, de quelque catégorie qu’ils soient, une sécurité qu’ils n’ont pas encore, bien qu’ils la méritent, étant de ceux précisément que, [par leur goût de l’épargne, par leur labeur, assurent à la France qu’ils ont courageusement defen ue pendant la guerre, une bonne partie de sa sécurité au point de vue social. ,
Vous savez, mes chers Concitoyens, quelles propositions j’ai présentées en faveur l’agriculture. Le Gouvernement et sa majorité ne les ont pas retenues. Je compte qu e « auront un meilleur sort dans une Chambre républicaine vraiment soucieuse des intêrer
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J’ai été et je reste un partisan sincère, résolu de la laïcité de l’Etat qui n a d’agressif et dont le but, simple et logique, est de sauvegarder la suprématie du pouv
civil et la liberté des consciences. , .
L’école laïque doit doit être défendue, la scolarité prolongée : les œuvres poslsco a ^ doivent être multipliées. La République qui ne s’inspire que ,des idées de justice, a
devoir de poursuivre l'organisation de l'école unique que consacre le droit de tous les citoyens à l’instruction.
La condamnation de la guerre est à peu près générale en France. On diffère sur les moyens d’exécution. La droite a Fmipar obtenir du Gouvernement qu’elle a protégé et qu’elles protège, le congédiement d’Aristide Briand, l'homme de Locarno, du pacte de Paris, de l’ Union 'européenne, étapes pacifiques vers le désarmement — considérées par la réaction comme autant de trahisons — llhomme qui s’est efforcé de faire de la paix une création continue, afin de la consolider toujours davantage.
Je reste fidèle à la politique de Briand, à la politique extérieure délime par Herriot. Je veux le respect des traités, mais je veux aussi que l’effort soit soutenu pour aboutir à une réconciliation franco-allemande qui serait la plus sûre garantie de la paix du monde. Je veux que la Société des Nations — la noble réalisation de Léon Bourgeois — poursuive l’œuvre commencée par Briand., du désarmement moral : je veux qu’elle soit l’arbitre des peuples et que, pour qu’elle puisse remplir utilement ce rôle, ses pouvoirs de sanction soient assurés comme le suggérait Léon Bourgeois, et je veux qu’en attendant on prescrive une réduction générale, simultanée, progressive et contrôlée des armements : car, même sans la guerre, si la folie des armements n’est pas enrayée, ce sera la ruine du monde entier, et, à défaut de la guerre extérieure, la plus redoutable des révolutions provoquée par la plus cruelle et la plus insupportable des misères.
Mes chers Concitoyens,
Voilà dans ses grandes lignes, le programme que je défendrai. 11 vous prouve que je n’ai rien abandonné des idées qui étaient les miennes, il y a quatre ans, et qui étaient les vôtres aussi puisque vous m’avez élu.
Je n’ai pas démérité et c’est avec confiance que je sollicite de votre fidélité, égale à la juienne, 1® renouvellement .d’un mandat que j’ai exerce, sans défaillance, pour le bien de la France, pour la défense de la laïcité, pour la sauvegarde de la République démocratique et sociale.
J’altends sans crainte votre jugement en vous disant que mon dévouement sans borne vous reste tout entier acquis.
Vive l’arrondissement de Vitry !
Vive la République laïque, démocratique, sociale et pacifique 1
Raymond FÉRIN
Maire de Sermaize-lea-Bains.
Conseiller général.
Député sortant.
Candidat du parti radical et radical-socialiste.