‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 126 sur 260 · MARNE (HAUTE · texte numérisé non relu

MARNE (HAUTE

Circonscription de CHAUMONT.

M. LÉVY-ALPHANDÉRY, radical-socialiste* Elu au premier tour de scrutin. — 7.966 voix.

Messieurs et chers Concitoyens,

Je viens solliciter de vous le renouvellement du mandat que, depuis huit ans, je tiens de votre confiance*

Le souci continuel que j'ai eu de répondre à cette confiance par mes actes, la fidélité aussi dont vous m'avez donné tant de témoignages éclatants et émouvants, me dispenseront de longues déclarations.

Vous m'avez vu à l'œuvre depuis de longues années, comme maire de notre belle cité de Chaumont, comme Conseiller général, comme Député. Vous avez pu, depuis le lointain début de ma carrière politique, suivre au jour le jour les manifestations d'une activité que je n'ai jamais cessé de consacrer à la vie locale, au bien publie, à mes compatriotes.

D'un mot, je résumerai le devoir que je me suis tracé et que je me suis efforcé de T’emplir en toutes circonstances : ma plus grande joie et ma fierté sont, tout en travaillant de mon mieux au développement des principes de justice et d'humanité sans lesquels la République ne serait qu'une caricature de démocratie, de rendre service à tous, sans distinction de condition ni de fortune.

Nul n'a sollicité mon dévouement sans que j'aie répondu avec empressement à son appel. En contact étroit et incessant avec mes mandants, j'ai toujours été non moins heureux d'aider les collectivités comme les particuliers : les maires qui m'ont fait le grand honneur de me choisir comme président de leur association départementale, savent qu’ils trouvent près de moi la collaboration la plus amicale et l'appui le plus énergique pour la solution des projets d'utilité communale, urbaine ou rurale ; et les groupements de toutes sortes, corporatifs ou professionnels, connaissent ta bonne volonté avec laquelle je me fais le défenseur de leurs légitimes intérêts.

Loyauté politique.

À cette constance dans la tâche essentielle d'un représentant du peuple, j’ai voulu ajouter le respect d’une obligation que comportent les suffrages qui m'ont désigné : la loyauté de l'attitude politique.

A cet égard, je crois pouvoir me rendre cette justice que je n'ai pas démenti l'attente des républicains. Appartenant â un parti de gauche, élu par une majorité de gauche, j’ai

observé non seulement la rectitude (Tuîig conscience profondément attachée à ses convictions démocratiques, mais encore le voeu même de ceux qui m’ont investi.

C’est ainsi qu’avec mon parti, j’ai marqué mon opposition à des Gouvernements qui, soutenus par Je cartel des droites, ne pouvaient répondre aux aspirations de ma foi républicaine, et qui, au surplus, ayant à faire face aux plus graves difficultés, n’ont rien résolu, en dépit d’alïirmalians, téméraires démenties1 par les réalités ou nous nous débattons.

Je n’ai jamais été I ennemi de, la concorde je n’ai jamais pratiqué l’intolérance.

Ceux qui me voient à l’œuvre peuvent l’attester : mais je n’ai pu accepter l’union avec des partis de réaction dont la violence dans la haine, loin de désarmer, s’accroît d’autant plus qu’on consent à faire la trêve avec eux,.

Crise économique et financière -a

Au lieu de la prospérité promise à grand fracas, une crise sans précédent, dont nous n’avons cessé de dénoncer la menace l’heure des prévisions les plus optimistes, en même temps que nous réclamions les mesures préventives indispensables, s’est abattue sur notre pa^s comme sur le monde entier. Au marasme économique, à la dépression profonde de l’agriculture, de l’industrie, du commercev de Fartisanat, qui a accumulé les ruines, paralysé la production, entraîné le chômage avec son cortège de souffrances, s’est ajoutée une inquiétude plus- angoissante encore : celle d’une insécurité internationale qui est à la source de la crise et qui en augmente et en prolonge les effets désastreux.

Notre situation financière, si forte au début de la législature, s’en est trouvée compromise : le déficit s’est installé dans* nos budgets ; les réserves du Trésor se sont épuisées; l'amortissement de notre énorme dette a été annulé par le retour à 3a politique, plus ou moins dissimulée, des emprunts. Demain, sous peine d’ébranler notre solidité monétaire, il faudra parer à une lourde insuffisance budgétaire, artificiellement compensée pour 1932, et léguée, d’un cœur léger, h l’exercice 1933, alors qu’il est impossible de demander le moindre supplément à des impôts dont la charge, déjà excessive, écrase le contribuable.

La tâche urgente .

Aux imprévoyances hautaines qui ont abouti à ces résultats ; à la majorité qui n’a cessé de les approuver, j’ai refusé de m’associer, sans aller, comme l’opposition de droite de 1924, jusqu’à refuser le vote du budget.

A chacun ses responsabilités : je n’ai pas assume celle d’une gestion dont le bilan ne satisfait personne, si ce n’est ceux qui se font gloire d’en être les auteurs.

La tâche urgente, tâche de salut public, sera d’abord d’en finir avec les gaspillages au profit d’entreprises défaillantes qui rejettent le contrôle de F Etat, mais non ses libéralités ; de réserver, selon la règle des bonnes finances, les deniers de la nation, sévèrement évalués et dépensés seulement à bon escient, aux œuvres d’intérêt général ; de diriger et de soutenir F économie du pays; non par dès largesses accordées à des spéculations douteuses, mais par une aide efficace au travail et à toutes les activités saines et productives ; de développer le crédit, non au profit d’une oligarchie qui prétend mettre. l’Etat en tutelle, mais au bénéfice de la collectivité laborieuse et épargnante ; d’aménager aussi notre système fiscal en s’inspirant des exigences de l'équité et des possibilités de la prudence.

Di f fieu liés in ternâfiona tes.

L’ordre remis dans la maison, l’Etat revenu aux méthodes qui, jadis et pendant si longtemps, ont assuré au pays la stabilité du bien-être, sous des Gouvernements républicains dont Faction, pour être modeste, n’en était pas moins féconde, le labeur courageux

des citoyens fera Je reste , pour peu qu’il ne soit pas alarmé par ceux qui prétendent toujours mettre leurs erreurs et leurs fautes au compte de leurs successeurs*

À condition aussi qu’une solution de justice soit apportée au problème des dettes et des réparations, dont la liquidation définitive, solennellement affirmée à La Haye, a été, une fois de plus, remise en cause.

Il sera indispensable de trouver la formule de conciliation qui ajustera nos obligations de débiteurs à la rentrée de notre propre créance, dans un accord cordial et non plus dans des négociations négatives qui nous ont isolés de nos anciennes amitiés, dans ce rapprochement des peuples, qui est la clef de voûte à la fois de notre sécurité et de la paix.

Il faudra poursuivre cette difficile négociation, non pas dans l’esprit de nationalisme négatif et agressif qui a paralysé les efforts du grand apôtre de la paix, Aristide Briand, mais avec cette bonne volonté qui a dicté ïe protocole de Genève, les traités de Locarno, la proposition de fédération européenne.

Il faudra encore consentir à un arrangement qui, tout en sauvegardant notre sécurité, mette réellement fin à la course aux armements, génératrice de nouveaux conflits, La France, pacifique entre toutes les nations, ne peut revenir de la conférence de Lausanne sans qu'un pas décisif ait été fait dans la voie du désarmement général et contrôlé, et sur Je chemin de l’apaisement.

En l’état présent des choses, c’est ainsi, seulement, que nous arriverons à réaliser une déflation budgétaire massive, par la diminution de dépenses militaires énormes, en même temps que le pays sera rassuré contre le péril aujourd’hui grandissant de la guerre et se remettra à la besogne sans crainte de l’avenir.

Les anciens combattants, à qui je n’ai jamais cessé de témoigner activement ma sollicitude au Parlement et dans le département, souscriront, j’en suis convaincu, à cette politique d’universelle réconciliation. Mais, pour la mener à bien, il est nécessaire de revenir aux méthodes généreuses et habiles de Briand, mises en œuvre non par ceux qui, après s’être félicités de sa disparition du pouvoir, s’efforcent d’accaparer sa popularité sans suivre son exemple.

V œuvre de demain .

Du même coup, et par une entente internationale étendue à tous les domaines, la crise dont nous souffrons sera vite atténuée et jugulée. Les mesures nationales de restriction des importations, de contingentement; de protection douanière, les guerres de tarifs, qui attirent d’inévitables représailles, sont des palliatifs insuffisants qui, employés sans esprit de suite et de manière fragmentaire, sont parfois susceptibles d’aggraver le mal au lieu d’y remédier. Le retour à la normalité des échanges, par des conventions qui permettent à toutes les économies nationales de se développer dans une harmonie restaurée, c’est à quoi doit tendre notre effort.

Cette restauration — et cette restauration seule — sera source de véritable prospérité.

Alors, avec des finances assainies, avec un budget équilibré et consolidé par un souci particulier d’économies, nous pourrons poursuivre la réalisation des œuvres bienfaisantes de toutes sortes qu’un régime républicain d’humanité, de bonté et de justice, se doit d'entreprendre inlassablement au profit de toutes les catégories de travailleurs.

Lutte contre le chômage {à laquelle j’ai apporté une contribu Lion personnelle contrariée par une injustifiable lenteur gouvernementale), jusqu’au jour où tous ceux qui ne demandent qu’à s’employer auxonL retrouvé, avec leur gagne-pain, l’aisance de leur foyer ; extension d’un programme d’outillage national qu’il n’a pas dépendu de nous de rendre plus vaste et plus efficace ; perfectionnement des assurances sociales qui, en dépit des attaques portées contre elles par ceux qui les ont votées à leur corps défendant, demeurent la grande loi d’assistance ouvrière ; sollicitude vigilante et effective à l’égard de l’agriculture, par la politique des engrais moins chers, des transports réorganisés ; par l’ouverture dedébouchés nouveaux ; par la continuation, plus active encore, du programme d’électrification rurale,

d'améliorations routières, dradduction d'eau potable , de développement du crédit et de la mutualité, d’accession à la petite propriété, d'enseignement agricole, de rétablissement du droit des bouilleurs de cm, décidé déjà par le Sénat républicain ; refonte de la législation financière qui accable le commerce et l’industrie, et notamment de la taxe sur le chiffre d’affaires et des impôts superposés qui sont à la base des prix élevés et de la vie chère ; protection de l’artisanat, qui constitue Tune des armatures de ia nation ; encouragements au travail clans une paix sociale fortifiée dans le respect des libertés syndicales ; élargissement des institutions d'hygîène, de prévoyance ; achèvement de l’édifice de l’école unique, afin de donner aux plus humbles la faculté, due à leur intelligence et à leur ardeur studieuse j de bénéficier du savoir et de prendre place dans l'élite de la nation - voilà, en bref, les grandes idées auxquelles j'entends me conformer, comme je l’ai fait jusqu’ici.

Je n’ai pas besoin d'ajouter que je demeure résolument attaché aux lois de laïcité qu'on a justement appelées « fondamentales ;ï et que le cartel des droites, sans oser les attaquer de front, a cherché à détruire par un effritement sournois. Elles sont la condition même de la paix religieuse, de la pleine liberté de conscience, dont je me suis toujours montré respectueux*

Pour la République et là paix !

C'est ce programme, mes chers Concitoyens, que je vous demande d'approuver sur mon nom, au cri de ; Vive la République \ Vive la Paix î

11 est en accord, j’en ai la conviction, avec le sentiment des républicains fidèles à la tradition démocratique et aux principes de la révolution française, partisans d’une souveraineté populaire qu’une majorité aux abois a tenté de violenter par son acharnement à vouloir substituer un scrutin faussé aux droits légitimes du suffrage universel, A cet attentat manqué contre le peuple, le peuple répondra en manifestant sa volonté de n'êire ni trompé, ni brimé*

Pour ma part, je vous offre mon concours le plus dévoué et le plus désintéressé* Je n’ attends du renouvellement de votre cordiale confiance qu'une satisfaction, la plus haute que puisse ambitionner un élu : celle de pouvoir me consacrer, de toutes mes forces, de tout mon cœur, avec toute mon ardeur de républicain éprouvé, au bien d'un arrondissement qui m’est si cher, au relèvement, dans la paix enfin acquise par nos douloureux sacrifices, de la Patrie et de la République, toujours plus bienveillante aux faibles et aux malheureux^ toujours plus soucieuse de progrès, toujours plus désireuse d’universelle fraternité î

G. LÉVY-ÀLPHÂNDÉRY

Candidat républicain radical et radical- socialiste* Député sortant*

Conseiller général de la Haute-Marne.

Maire de la ville de Chaumont*

Oificier de la Légion d'honneur*

Circonscription de LANGUES.

M. PERFETTI, radical-socialiste.

Élu au deuxième tour de sera tin. — 9,603 voix

Messieurs et chers Concitoyens,

Il y a quatre ans, cédant aux instances de mes amis, vos élus cantonaux de gauche, et à celles des maires républicains de l'arrondissement de Lan grès, j’acceptai detre votre porte-parole aux électioïis législatives ; le succès couronna votre bel esprit de discipline, votre foi républicaine.

Aujourd'hui, je viens solliciter de vous le renouvellement du mandat que vous m'avez confié, n’ayant d’autre ambition que de mettre à votre service toute mon activité, tout mon dévouement.

Je me suis efforcé, durant la législature qui s'achève, de suivre la route que je m'étais tracée dans ma profession de foi en 1928. Ceux qui m'ont vu à l'œuvre savent que je n y ai jamais failli. Etre représentant du peuple n'est pas qu'un titre honorifique, cfest une tâche vaste et accablante si Ton veut la prendre à cœur, comme je crois l'avoir fait.

Trente années de pratique médicale dans nos campagnes m’ont lié intimement aux populations rurales; je me suis toujours tenu en contact avec elles, recueillant leurs réclamations ou leurs désirs avec dévouement, avec acharnement, avec désintéressement ; je me suis appliqué à défendre leurs intérêts, à faire valoir leurs droits et à faire aboutir leurs revendications.

Les associations corporatives, en particulier les syndicats d'élevage, les associa lions agricoles d’une part, les agriculteurs, les vignerons, les bouilleurs de cru, les producteurs de houblon, les vanniers, les petits commerçants, les petits fonctionnaires, les cheminots, les artisans et les ouvriers de la ville comme de la campagne, les communes et les particuliers, les victimes de sinistres, les victimes de la guerre, sans oublier les mutilés du travail, d’autre part, ont toujours trouvé en moi le meilleur défenseur de leurs intérêts dans le même esprit de justice et do tolérance qui a toujours guidé mes actes.

A la Chambre, tous mes efforts, tous mes votes ont tendu k préparer et à poursuivre le regroupement des républicains dans une large majorité de gauche. Il y a seize mois encore, j'accordais mon suffrage au Ministère Steeg, composé de républicains modérés, mais sincères et animés d'un grand sentiment d'union laborieose et féconde.

Vous savez ce que nous ont valu trois ans de politique équivoque : l'épuisement de la trésorerie, le déficit dans les budgets alors que la majorité qui s'en va avait trouvé 19 milliards 250 millions d'excédent de recettes. Le parti radical et radical-socialiste dont jo suis membre, représente à la Chambre les idées les plus saines, les plus raisonnables sans aucune exagération de part et d'autre, et s'il a fait de l'opposition aux Gouvernements de droite pour ne point s'associer aux fautes lourdes qu'ils ont commises, son vote a toujours sanctionné les heureuses initiatives et les lois justes.

Est-il possible, en effet, d'approuver des renflouements complaisants, des prêts au dehors, alors que notre agriculture, notre commerce, nos industries ont besoin d'encouragement et de soutien efficaces ?

Est-il possible d'approuver un projet Mande! qui ne tient plus compte de la majorité du peuple dans les consultations électorales en mutilant le suffrage universel?

Est-il possible d'approuver ces membres de la majorité qui, prêtant leurs noms à des sociétés financières, se sont rendus complices de tant de scandales?

Finances.

Au point de vue finances, j'estime que nos charges fiscales ont atteint le plafond; 110s dépenses doivent désormais faire F objet d'un contrôle sévère et se limiter à ce qui est indispensable à la vie de la nation. Tout doit être mis en œuvre pour que rien ne vienne plus ébranler noire franc dont la stabilisation nous a coûté de si durs sacrifices.

S it u a t io n s oc File.

Au point de vue social, je reste attaché au principe de la propriété individuelle/ et je suis partisan d'en favoriser F accession au prolétaire.

Une de mes préoccupations constantes a été de procurer aux chômeurs un travail justement rétribué favorable à Féconomie générale, au lieu de leur servir des allocations qui semblent un attentat à leur dignité sans grand profit pour la collectivité.

Economie.

Je souhaite une bonne entente douanière qui facilite, en même temps que nos exportations, les importations rationnelles de produits manquants, seule méthode pour lutter efficacement contre la vie chère.

Le système des contingentements mal compris n'a pas donné satisfaction car l'organisme qui ie régit n'a pas eu le souci de se renseigner sur les besoins de notre agriculture, de notre commerce et de notre industrie. C'est ainsi que l'entrée massive de bétail etranger a fait baisser d'un seul coup la valeur de notre cheptel national ; c'est ainsi que nos frontières se sont ouvertes aux bois étrangers, alors que nos scieries en regorgent et les offrent à meilleur compte ; c'est ainsi que nos usines se voient refuser des commandes par notre aviation de guerre, alors quW fait appel à l'Angleterre et à F Allemagne,

Agriculture .

Dois-je insister encore sur mon attachement bien connu aux populations rurales ? Il n’est pas nécessaire de rappeler les efforts que j'ai faits pour l'électrification de nos campagnes et des écarts, F amélioration du système routier, la réalisation de projets d'adduction d’eau potable, le développement des moyens de transport, l'organisation des services postaux dans l'arrondissement, le renforcement des institutions de crédit agricole.

Dois-je rappeler l'amendement que je déposai avec mon collègue Jaubert tendant à verser aux coopératives et aux associations agricoles la remise des bons destinés à l introduction en franchise des blés exotiques comme aussi mes interventions en faveur des producteurs de houblon, des caisses de crédit agricole et. des pupilles de la Nation.

Résolu à faire aboutir les droits légitimes des bouilleurs de cru, j ai pris part à toutes les interventions dn groupe parlementaire qui s'est occupé de leurs revendications, et si je suis votre élu, j'appuierai de toutes mes forces les projets déposés en leur faveur*

Laïcité : éc oie unique.

Je reste le partisan convaincu de la laïcité, de la neutralité de l’école, qui doit admettre sur ses bancs fils de pauvres et fils de riches sans distinction, de classe, de fortune de panache social.

Les camaraderies qui se forment sur les mûmes bancs entre élèves de milieux différents prouvent que la question sociale est résolue à l'école. L’école unique est le but de nos aspirations, car tous les enfants doivent-ûtre égaux devant l’enseignement. L’instruction et l’éducation ne doivent pas se terminer, pour les enfants, au sortir de l’école primaire • chacun d eux doit pouvoir aller où l’appelle son mérite, sans que jamais la pauvreté puisse constituer un obstacle.

L’école unique implique la gratuité à tous les degrés, elle a été votée pour les grandes écoles de I Etat ; etj pour que les citadins ne soient pas les seuls favorisés, le budget a été doté de crédits importants pour des allocations d’entretien, des attributions de subventions ou des créations de bourses.

Je suis également partisan de bourses d'apprentissage tendant au développement des humanités techniques et au perfectionnement de renseignement professionnel.

Extérieur,

Deux problèmes dominent la situation: le désarmement et les réparations ; la réduction des armements ne peut se concevoir que réciproque et contrôlée et, si souhaitable qu’il soit, le désarmement ne renfermant pas la sécurité à lui seul, doit se compléter du respect des pactes d’arbitrage et de sanctions contre l'agresseur éventuel. C'est l’effort auquel doivent participer tous les adhérents à la Société des Nations, afin d’éviter le retour de ce terrible fléau ; la guerre, dont le spectre ne doit plus être agité jamais.

Quant aux réparations, dettes sacrées envers la France, aucun Gouvernement ne peut y renoncer; elles doivent être indissolublement liées à nos dettes de guerre, leur remise devant être subordonnée seulement à rétablissement dune paix réelle et durable*

Mes chers Concitoyens,

Telles sont les grandes lignes du programme auquel je suis resté et resterai fidèle. Je vous demande de m’accorder vos suffrages avec le même enthousiasme qu’il y a quatre ans, sachant désormais que tons vous pouvez compter sur moi, que le mandat que vous m’avez fait 1 honneur de me confier n a été employé qu’à servir vos intérêts à tous, assurés que dans la prochaine législature ce mandat sera exercé avec plus d’autorité encore.

Docteur C. PERFETTI

D épaté sortant.

Conseiller général du canton de Yarennes-sur-Amance.

Maire de Mortes.

Chevalier de la Légion d’honneur.

Croix de guerre.

Candidat républicain radical et radî caî-a odalUte.

Circonscription de WASSY.

M, RGLLIN, radical socialiste.

Elu au premier tour de scrutin. — 8.545 voix.

Messieurs et chers Concitoyens,

De très nombreux amis .sont venus, avec insistance, me demander d'accomplir un devoir : celui de représenter la Démocratie des campagnes et des villes de la circonscription de Wassy à l’élection législative du mai.

Et, seule, la considération de ce devoir à remplir dans ï1 intérêt du pays et de la République ni a incité à répondre favorablement aux appels affectueux qui me parvenaient de tous les points de l'arrondissement,

G est donc en dehors de toute question d’ambition ou de prestige que je viens demander au corps électoral de me faire confiance.

Car, si cette confiance m’est octroyée, mon unique souci sera, loin de toute préoccupation subalterne, de servir passionnément la France républicaine, dont le haut idéal de paix, de justice et de fraternité, réclame impérieusement, pour le soutenir, des hommes riayant en vue que l’intérêt général, la bonne et ferme administration do pays.

L heure est sérieuse : l'Europe est inquiète ; l’économie mondiale souffre d’une crise indéniable ; on se demande même — avec quelque anxiété — de quoi demain sera fait.

Cependant, il ne convient pas de faire preuve dJun pessimisme excessif. Ce qu'il faut, en effet, c'est prendre, sans tarder, les mesures efficaces susceptibles dJaméliorer la situation actuelle et de ramener rapidement la confiance, la tranquillité dans les esprits.

Et, tout d abord, s’attacher à faire de la paix une réalité vivante, solide et tangible. La foi pacifique doit entrer résolument dans le cerveau des peuples. Sur ce point, la France 1 sans r*en abandonner de son passé, ni de ses traditions, ni de ses libertés, ni de ses droits — peut jouer un rôle de tout premier plan en poursuivant avec persévérance l'œuvre généreuse que, la première, elle a ébauchée à Genève : œuvre de sagesse et de raison. On ne s abaisse jamais en exaltant Js paix, seule créatrice de quiétude, de bonheur et de progrès.

Mais d'autres grands problèmes appellent aussi des mesures pressantes., énergiques.

Le budget de l'Etat doit êLre mis en rigoureux équilibre, non par la création de nouveaux impôts, mais par de judicieuses économies et une meilleure répartition des charges de chacun ; il faut s'orienter résolument vers un allégement de l’écrasant fardeau qui, paralysant les affaires et entretenant la vie chère, pèse sur les épaules de tous les contribuables.

Un désordre économique évident règne depuis quelque temps sur le monde ; se prolongeant, il risquerait d'avoir, dans tous les domaines, les plus graves conséquences.

Aussi, dorénavant, chaque Etat se doit-il de discipliner, de contrôler minutieusement tout ce qui touche aux grandes questions de crédits, de transports, de productions, d échanges et de consommation. L'intérêt général, qui prime tout, ne saurait être mis en echec par des forces occultes qui lui sont contraires.

Au point de vue social, la Démocratie doit tendre à donner aux travailleurs — qu'il soient de la ville ou des champs — le maximum d'indépendance, de dignité, de bien-être et de garanties. La France est un pays de petites gens. A ces petites gens, qui sont l'armature

de la Nation et de la République, les Pouvoirs publies doivent assurer la justice, le travail et la bienveillance : dans une Démocratie bien organisée, il ne devrait pas y avoir de déshérités, pas davantage de bras inemployés.

Ai-je besoin d’ajouter que je suis nettement partisan de l’égalité de tous les enfants devant Pinstruction, de 1 nitangibilitê des lois scolaires et sociales de la République ? À ces différentes questions, mon passé répond de lui -meme.

Et il répond encore de l'attention que je prêterai aux choses de L’agriculture. Bien que représentant, depuis longtemps, la plus grande cité ouvrière du département, j’ai toujours été Pami des agriculteurs, dont j’apprécie le noble et dur labeur. Ils peuvent compter sur moi, absolument, pour faire valoir leurs justes revendications: je ne méconnaîtrai jamais leur cause, qui est aussi belle que méritoire.

En particulier, c’est en s’orientant vers l'équilibre des échanges que nous nous assurerons des débouchés à l'extérieur, défendant ainsi efficacement, contre une fâcheuse concurrence, notre agriculture.

Et, soucieux de ne négliger aucun élément utile à la vie, à la prospérité du pays, je ne manquerai pas do prendre en considération les légitimes désirs de nos artisans, commerçants et industrie k.

Les victimes de la guerre et du travail, les familles nombreuses ne seront jamais, par moi, délaissées. Quant aux questions si importantes de l’habitation, de F hygiène, de la santé publique, je leur prêterai la plus scrupuleuse attention, comme je Fai toujours fait jusqu’ici.

On ne saurait itout dire, tout traiter, dans une profession de foi. Du reste, plutôt que de trop promettre, ne vaut-il pas mieux, par un labeur soutenu et consciencieux, arriver k tenir au delà des promesses ?

Depuis bientôt trente ans — n’ayant pour guide que Fintërêt de mes concitoyens — je me suis efforcé dé réaliser, dans la légalité, dans l’ordre, quelques progrès profitables à la collectivité. La seule satisfaction que j’ai pu ressentir, c’est d’y avoir quelquefois réussi, ce qui m’a valu là précieuse et haute sympathie des hommes de bonne foi.

C’est di're que, demain comme hier — et quelle que soit l’issue du scrutin du lftr mai — je resterai ce que j’ai toujours été ; le serviteur fidèle de l'idéal démocratique, du progrès sous toutes ses formes.

Je me présente donc à vous sans détours, respectueux dé là propriété et de la liberté Individuelles, respectueux aussi de toutes les croyances, de toutes Iqs libertés de la pensée.

Eloigné de tout sectarisme, homme d'action plus que de formules, je n’aurai, si vous voulez bien m accorder votre précieuse confiance, qu’un seul objectif, que je poursuivrai sans relâche, obstinément : servir la France, la République démocratique, la paix, l'humanité.

Tous, vous pourrez compter sur moi : je iTai jamais marchandé ni mon temps ni ma peine, même à ceux qui se situent en dehors de mes conceptions, de mon idéal.

Depuis toujours attaché à la terre haut-marnaise, serviteur passionné de la Démocratie, je mets mon entier dévouement à votre disposition.

Henri ROLLIN

Maire de SaintrDizîer.

Conseiller général de la Haute-Marne.

Candidat républicain radical et radical -socialiste.

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