‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 226 sur 260 · C. — Politique sociale · texte numérisé non relu

C. — Politique sociale

Lutte contre le taudis et les fléaux sociaux.

Protection des familles nombreuses.

Généralisation des allocations familiales.

Accession à la propriété ; facilités h tous.

Assainissement de nos lotissements.

Collaboration du travail et du capital.

Protection du syndicalisme en dehors de toute action politique.

Organisation du crédit pour les petits artisans, commerçants, industriels et agriculteurs. Réforme de la loi sur les assurances sociales par leur rattachement à la mutualité,

À la lutte des classes, génératrice de misère et de ruine, nous opposons la collaboration loyale des classes, dans la justice sociale, pour la sauvegarde des intérêts de chacun et le mieux-être de tous,

D, — Politique agricole.

Protection des produits agricoles par des mesures appropriées, sauvegardant à la fois les intérêts du producteur et du consommateur.

En particulier protection des fruits et légumes français qui n'ont pas encore fait l'objet de mesures de sauvegarde.

Vote rapide du statut de la coopération agricole.

Extension et souplesse du crédit agricole.

Création de la caisse contre les calamités publiques,

Meî Meure politique des engrais pour leur obtention à un prix plus réduit.

Création de tribunaux d’agriculture à l’instar des tribunaux de commerce. Représentation des cultivateurs, comme des industriels dans toutes les commissions nationales et internationales de production et d'échanges,

E, — - Politique extérieure .

Collaboration internationale dans le respect des traités.

Recours obligatoire à l'arbitrage*

Sécurité d'abord par un pacte d'assistance mutuelle,

D ésa r m c m 0 n L e n s u i te .

F. — Politique d'intérêt régional .

Nécessité d'apporter dans l'avenir comme dans le passé, la même ardeur h défendre les intérêts particuliers des populations de la banlieue parisienne et lutte active pour Tassai” nissement de la vallée de Montmorency, assainissement dont d'ailleurs l'exécution est commencée par des travaux provisoires que complétera la construction d'égouts collecteurs » grand débit.

Amélioration des transports en banlieue par tous les moyens susceptibles d’obtenir, avec le confort des voyageurs, la rapidité des communications, notamment par la création de lignes d'autobus et aussi la délivrance des cartes d abonnements ouvriers dans les deux sens de la circulation et pour toutes les gares.

Construction d'une école primaire supérieure et d'un établissement d'enseignement secondaire dans l*une des communes du centre de la circonscription*

Continuation de l'aménagement des lotissement défectueux et dans l’avenir, sauvegarde des droits des acquéreurs des parcelles loties.

Enfin, amélioration des services télégraphiques, téléphoniques et postaux imposée par l'augmentation constante de la population.

Le Comité de ta Fédération.

Circonscription de RAMBOUILLET,

M* Raymond PAT EN OTRE, radical indépendant. Élu au premier tour de scrutin. — 10*437 voix.

Là crise économique.

La quatorzième législature a coïncidé avec te développement d'une double crise ; crise économique et financière dont les perturbations se sont étendues au monde entier, crise morale et psychologique qui a enrayé l’œuvre de paix internationale.

Sans m'attarder à rappeler les causes complexes de la crise économique, je me borne à en souligner 1 s cruels effets sur fa population ouvrière, en partie condamnée au chômage, et dont on comprend l’amertume en face d'une épreuve que devrait lui épargner une société où elle n'a aucune part dans l’organisation du travail.

Les secoure arrachés à un budget que grèvent trop lourdement des dépenses stériles ne compensent que bien insuffisamment les diminutions ou les suppressions de salaires.

Animé d aucun préjugé à l'égard de la main-d'œuvre étrangère, j'estime néanmoins que le travail doit d'abord être réservé aux Français*

La question du chômage, qui ne se posait pas autrefois dans l’économie française, exige dans l'avenir des mesures de protection.

Le plan d'ou Liilage national aurait pu, il est vrai, assurer du travail à 500,000 chômeurs pendant deux ans. Il n’a pas dépendu de la Chambre qu'il fût voté en temps utile.

Les remèdes a une situation générale où s'atteste la solidarité économique des peuples sont avant tout d’ordre international. Je reste convaincs pour ma part que parallèlement à une meilleure réglementation de la production, la réforme du système monétaire mondial, en élargissant lotis les marchés, aurait des effets décisifs sur une crise qui est avant toutune crise de sous-consommation* Des ententes douanières, des accords commerciaux, des efforts d’adaptation et de coopération doivent être poursuivis en vue de cette union européenne ébauchée par Aristide Briand, et qui, pour !■ ensemble des nations, reste la formule d'un meilleur avenir.

No 2145

Politique financière.

Si notre situation financière ne présente pas le même caractère de gravité que celle de certains pays, elle n’en pourrait pas moins devenir sérieuse et réclame toute notre attention.

L’ërc des déficits est ouverte ; plus de 2 milliards et demi pour l'exercice 1930-1931 ; 4 milliards à 5 milliards pour l’exercice 1931 1932; 6 ou 7 milliards pour Je prochain

exercice*

D’autre part, toutes les possibilités de fiscalité sont épuisées. Le commerce, l'agriculture* rindustrie, malgré un dégrèvement de quelques milliards réalisé en surface mais non sous la forme massive, ce qui aurait été plus efficace, sont incapables de supporter des charges nouvelles.

Je m’associerai à une politique de compression budgétaire indispensable pour nous garantir contre une nouvelle chute du franc. Néanmoins, je me refuserai b souscrire à des réductions qui porteraient sur fi hygiène sociale — la santé publique devant demeurer la préoccupation essentielle du Parlement — et sur renseignement, qui est la sauvegarde de toute démocratie.

Pour éviter de nouveaux impôts, j'estime que Ton devrait recourir plutôt à la diminution de l'amortissement, car des charges fiscales nouvelles — j’y insiste — en écrasant le contribuable, compromettraient Lout l’équilibre économique du pays.

D’autre part, il ne faudra plus dans Favenir mettre le Parlement devant la prétendue nécessité de venir au secours, avec les deniers publics, de certaines banques*

De même, le Gouvernement de demain devra s’abstenir d’octroyer aux puissances étrangères des crédits dont nous pouvons faire un meilleur usage chez nous, l’expérience nous enseignant que l’argent prêté a l’étranger nous le retrouvons rarement, et qu’il sert même, dans certains cas, à armer les peuples contre notre pays*

Enfin, la Conférence du désarmement dont je parle plus loin, doit nous permettre d'opérer des économies qui amélioreront notre état budgétaire.

La politique agricole, je le reconnais, ne mérite pas les mêmes critiques. Tant par l'initiative gouvernementale que par l'initiative parlementaire, des mesures dont certaines, il est vrai trop tardives, ont néanmoins servi la cause de notre agriculture, qui s’est trouvée à certaines heures dans une situation si critique. Protection douanière, lois sur les blés, réforme de Fadmission temporaire, emploi obligatoire des céréales indigènes, élargissement du crédit agricole, accords avec la Banque de France pour financer la récolte, réforme de la Bourse du Commerce, vote d’un milliard pour l'électrification* le génie rural, les adductions d’eau : cet ensemble de mesures a amélioré les conditions générales de la production. La spéculation a été enrayée, les cours du blé se sont stabilisés, nos cultivateurs aujourd’hui sont moins à la merci des intermédiaires.

Néanmoins, les statistiques de l’année dernière révèlent que nous avons importé pour 13 milliards de produits alimentaires de Fétranger, alors que nous n’avons exporté qu'à peme 4 milliards* II faudra donc réserver dans la consommation du pays une plus large part a nos produits alimentaires, et ainsi tout en favorisant notre agriculture, conserver ces capitaux à l’économie nationale.

La réforme des baux ruraux, votée par la Chambre et en instance devant le Sénat, le statut légal des coopératives, qui attend depuis trop longtemps sa mise à l’ordre du jour, devront à bref délai figurer dans la loi*

Il en est de même de l'indemnité aux fermiers sortants, votée en 1928 par la Chambre et qui n'a pas encore été discutée au Sénat.

11 est indispensable, d'autre part, de procéder à la révision de la loi sur les assurances sociales, dont le fonctionnement devra être confié à la mutualité.

Quand, sans aucune réserve, je me suis associé ii la politique des tarifs élevés, j'avais le sentiment de défendre non seulement notre vaillante démocratie rurale, mais encore notre commerce et notre industrie dont notre agriculture reste le meilleur client.

Mais nos commerçants sont fondés à réclamer une réforme fiscale qui allège leur situation ; aussi je reste fermement partisan de la révision de l'impôt sur la patente, ainsi que de la substitution totale de la taxe unique à la production à la taxe sur le chiffre d’affaires.

D'autre part, l’ épargne elle-même a besoin d'être défendue, contre ceux qui la ran çonnenL, par une législation appropriée aux circonstances.

Ai -je besoin de dire enfin que j’aurai Lou jours à l’égard des anciens combattants une particulière bienveillance, d’autant plus que j'appartiens à une génération qui n’oublie pas ce qu’elle doit à leur héroïsme.

Politique de paix .

La politique de paix représente le problème le plus aigu de l'heure présente.

Dettes, réparations, désarmement, tout est remis en cause. L'incertitude de l'avenir paralyse l'activité des peuples. Les ententes internationales se heurtent à la méfiance. L’atmosphère de Genève s’alourdit. Faut -il renoncer à l’œuvre de salut poursuivie par Aristide Briand ?

« Sa politique ne lui survivra pas », s'est écrié à la Chambre M. Marin, le chef de la droite.

Parole audacieuse, parole démoralisante, à laquelle le Parlement a inflgé un démenti en décrétant qu' Aristide Briand avait bien mérité du pays.

Entre la politique des alliances, de la course aux armements, que certains nous représentent comme offrant les meilleures garanties de paix, et la politique d'union et de conciliation internationale, j’ai, voue le savez, fait mon choix depuis longtemps. La raison et l'expérience condamnent des méthodes qui mènent infailliblement à la guerre. Pourquoi écarter celles qui peuvent mener à la paix organisée?

La délégation française a déposé h Genève un projet. Elle aura d'autant plus de chance de rallier à ses vues les autres Etats qu’elle ne s opposera pas à la limitation des armements prévue par les traités.

Ce sera le point de départ d'une entente avec les autres peuples, élément essentiel de notre sécurité, car l'isolement est le plus grand danger pour une nation.

La limitation sera la condition dTun contrôle unilatéral — notamment chez nos anciens adversaires — contrôle sans lequel toute sécurité est illusoire,

G est enfin l'unique moyen de faire obstacle au réarmement de l'Allemagne, qui ferait courir à l’Europe les pires dangers et imprimerait un rythme vertigineux a la course aux armements qui anéantirait les contribuables.

Le Gouvernement sera d'autre part bien inspiré en nous assurant des concours précieux comme celui de l'Italie, avec laquelle il serait facile, ainsi que je l’ai longuement exposé, de dissiper un malentendu qui a pris la forme d'une véritable rivalité.

Les mois qui viennent seront décisifs. Pour ma port, j'ai confiance. Au-dessus des nationalistes qui, en tout pays, font entendre leurs éternelles clameurs, la volonLé plus forte des masses maintiendra l'humanité dans les voies de la paix.

- 1333 - No 2145

Mes chers Concitoyens,

La prochaine Chambre se trouvera devant une tâche complexe et difficile, elle devra concilier les devoirs de la justice sociale avec les dures réalités de l'heure

C’est de ce double souci, si vous me continuez votre confiance, que j'entends ni inspirer, 1 4

Insensible é certaines attaques dont vous connaissez les origines et qui sont la rançon de ma faveur démocratique, résolu à persévérer dans mon indépendance, mais acquis aux formules de conciliation républicaine, je servirai de mon mieux, demain comme hier les intérêts de la France, son idéal social et pacifiste.

Vive rarrondissement de Rambouillet !

Raymond PÂTENÛTRE

Réputé sortant.

lre circonscription de VERSAILLES,

M. PERI, communiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. — 12.222 voix.

Notre programme de revendications immédiates,

P — Contre la misère,

a) Pour les travailleurs :

Contre toute réduction des salaires et des traitements, pour leur augmentation, pour la journée de sept heures et la semaine de quarante heures sans diminution de salaires. Pour c e venLn es assurances sociales comprenant I/âssurance-chômage et aux seuls frais de PElat et au patronat.

Egalité de droit entre les ouvriers étrangers et les ouvriers français.

Institution des délégués à l'hygiène et à la sécurité. Congé annuel payé d’au moins Es" J°UrS P°Ur t0US 168 *raVail!eurS' Retraite k 55 ans, à 50 ans pour les métiers insa-

En attendant l’institution de l’assurance-cliôroage, le Parti communiste réclame des secours immédiats d’au moins 20 francs par jour, l’exonération des loyers et des impôts pour tous les chômeurs, *

b) Pour les jeunes travailleurs ;

Interdiction de l’exploitation des jeunes au-dessous de 14 ans. Elévation de l’âge ° f'™ ' “ 4„anS avec rétribution aux jeunes de 32 à 14 ans, rétribution prélevée par l’Etat

. e.nef!Cef Patronaux. Droit de vote pour les jeunes des deux sexes à partir de 18 ans.

* urn e de six heures dont deux heures d apprentissage,

c) Pour les femmes :

et P0htiques pour les femmes, égaux à ceux des hommes. A travail égal, p t ^ obligatoire paye à salaire entier deux mois avant et deux mois après

1 C 1CmLI ^ ^I0^r ** I avortement avec garantie médicale, suppression des lois de répression existantes.

d ) Pour les paysans travailleurs :

Subventions immédiates pour tous les paysans travailleurs touchés par la crise. Exonération complète des impôts directs pour les paysans pauvres. Révision des baux en faveur des fermiers. Partage de la récolte sur la base des deux tiers au minimum pour le métayer j suppression de toute redevance, prestation ou corvée ; suppression des dettes hypothécaires,

IL — - Contre la. guerre .

Contre la guerre impérialiste, pour la délense de LU. R, S, S, et pour la paix :

Rappel immédiat des troupes et des navires de guerre de Chine et d'Indochine. Contre les transports d armes et de munitions.

Licenciement des militaires de carrière. Pour l'abolition des périodes de réserve et de la préparation militaire. Pour 1 expulsion des gardes blancs.

Pour l'annulation de toutes les dettes de guerre et des réparations. Pour V abolition du système des traités de Versailles, du plan Young, du plan Hoover,

Pour le soutien de la révolution indochinoise. Retrait immédiat de tous les corps de Lroupc d’occupation et des fonctionnaires français des colonies et de l’ Alsace-Lorraine.

h) Pour les soldats et les marins :

DroiL de vote, d'organisation, de lecture de la presse ouvrière et de fréquentation des réunions publiques par les soldats et les marins. Prêt à 2 francs. Soixante jours de permission avec voyage gratuit.

Rajustement des pensions dns victimes de la guerre au coût de la vie.

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