YONNE
irû circonscription d’AUXEBRE— AVALLON,
M, RENAITOUR, radical indépendant.
Elu au premier tour de scrutin, - — 10*467 voix.
Mes chers Concitoyens*
Quand vous m’avez fait l'honneur, il y a quatre ans, de m’envoyer vous représenter au Parlement français, vous m’avez élu sur un programme précis, programme, j’y suis resté fidèle*
J*ai pris par devers vous, alors, des engagements formels,
Ê» Ces engagements, jcles ai tenus*
El, à l’heure où je viens vous demander de me renouveler votre confiance, je puis dire que c’est le même homme, avec le même idéal, qui sollicite à nouveau vos suffrages*
j’ai seulement, en outre, un peu plus d’expérience de la vie publique, je connais mieux les problèmes à résoudre, je me sens plus apte encore à pouvoir défendre vos intérêts.
Au reste, depuis la consultation législative de 1928, vous m’avez, par deux fois déjà, réitéré votre confiance :
Aux élections municipales de 1929, la ville d’Âuxerre, augmentant ma majorité, élisant toute ma liste au premier tour de scrutin, m’a donné la lourde charge d’administrer le cheflieu de notre beau département ;
Et aux élections cantonales de 1981, les communes du canton de Seignelay, me renouvelant mon mandat de conseiller général, m’ont accordé également une majorité accrue.
Je pense donc n’avoir pas démérité de votre confiance.
Et j, par ailleurs, comme chaque semaine, j’ai consacré tous mes samedis eL tous mes dimanches à parcourir les villages pour rendre compte de mon mandat, ainsi que je 1 avais promis (et c'est une promesse encore que j’ai tenue, car j'ai rendu compte de mon mandat au moins une fois dans toutes mes communes), j’ai pu m'apercevoir, restant ainsi en contact permanent avec les électeurs, que ceux-ci approuvaient ma ligne de conduite politique et mon attitude dans les diverses questions de la législature.
Presque chaque semaine, en effet, un ordre du jour fut voté, après avoir entendu ou sollicité mes explications, pour m’engager à persévérer dans la même voie, c’est-à-dire la défense, pied à pied, du régime républicain.
Car, il faut bien le dire* J a législature qui s’achève n’a donné que de piètres résultats, et la majorité de droite qui a soutenu je Gouvernement au pouvoir a bien sa part de responsabilité dans le gâchis actuel et dans la crise qui nous étreint.
Pour ma part, ayant voulu garder toute mon indépendance d’action — et m étant ms-
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crit à la Chambre au groupa des « Indépendants do gauche » — j’ai refusé de m'associer, par mon vole, à certaines des mesures néfastes dont nous subissons les conséquences.
L'ancien combattant que je suis s'est refusé* par exemple, à reconnaître vis-à-vis de l'Angleterre et. de l’Amérique, nos anciens alliés, une dette que nous devrions payer, même si nous ne sommes pas payés nous-mêmes par T Allemagne, notre ancienne ennemie.
Et l'évènement, hélas! prouve combien j'ai eu tristement raison!
!>e même, aujourd'hui, je me refuse à approuver une politique fiscale qui consiste h faire de la France le banquier du monde, à laisser croire que nous sommes trop riches, et k prêter sans retenue à tous les peuples étrangers, comme à renflouer, chez nous, toutes les entreprises financières en déconfiture, alors qu'on ne trouve pas assez d'argent pour aider fi agriculture française, pour augmenter la retraite de nos mutilés et pour subvenir aux besoins dés chômeurs.
Il faut, mes chers concitoyens, que la prochaine législature fasse un effort plus considérable pour enrayer la crise qui s'aggrave, pour éviter la faillite qui menace et pour empêcher la guerre qui revient.
11 faut que les gros capitalistes, les fabricants de canons et de munitions ne soient plus les maîtres du monde.
U laul que nos gouvernants ne subissent plus les directives de la haute finance internationale.
Dans la mesure de mes moyens, c'est à cela que je m’emploierai.
Vous savez, d’autre part, tout ce que j’ai entrepris en faveur des petits commerçants et en faveur des cultivateurs.
Les cultivateurs, en particulier, se souviennent de mes propositions de loi pour la taxation du prix du pain et pour le contingentement de l'industrie laitière.
Ils n'ont pas oublié mes interpellations en faveur des producteurs de blé et en faveur des houilleurs de cru.
Eh bien! si je suis encore votre élu, je continuerai.
Je continuerai, comme par le passe, à consacrer à mon mandai le meilleur de mes forces, tout ce que je puis avoir d’intelligence et d'activité.
Je continuerai à venir, chaque semaine, donner dans toutes les communes des réunions où s'affirmera la collaboration féconde des électeurs et de leur élu.
Je continuerai à voter avec les républicains, à maintenir haut et ferme le drapeau de la démocratie et à défendre énergiquement la cause dé jà paix.
Jean-Michel RENAITGUR
Candidat de Ftlnion des Gauches.
Vice-Président de la Commission de l'aéronautique.
Secrétaire la Commission de renseignement et des beaux-arts.
G roi * de guerre.
2e circonscription cTAUXERRE -AVALLGN.
M. P.-E. FL ANDIN, républicain de gauche*
Mes chers Concitoyens,
Votre confiance toujours renouvelée m’a investi d'un mandat législatif que j exerce depuis dix-huit ans.
Au cours d'une si longue période que j'ai consacrée tant au service de la France et de la République qu'à la défense de vos intérêts régionaux et personnels, vous avez pu me juger sur mes actes.
N’ayant jamais cessé d'habiter parmi vous, vous me connaissez personnellement tous, ou presque. Ainsi suis-je garanti contre le3 calomnies que la passion politique de mes adversaires a déchaînées contre moi.
Plus s'accroissent le rôle et l'action d’un homme politique, plus il est attaqué : viceprésident de la Chambre des Députés dès le début de la législature, Ministre du Commerce et Ministre des Finances dans trois Gouvernements qui sc sont succédé, deux fois délégué de la France à la Société des Nations, constamment engagé dans Faction politique intérieure et dans les négociations internationales, j'accepte toutes les batailles d'idées et je méprise les basses querelles des partisans.
J'ai toujours lutté et je continuerai de lutter pour la paix et contre la démagogie.
Pour la paix extérieure, par l'organisation de la sécurité et de l'arbitrage qui conditionnent la réduction si désirable des armements. Contre 'la démagogie pacifiste qui, sous prétexte de désarmement unilatéral, livrerait une fois de plus la France à la guerre et à l'invasion.
Pour la paix intérieure, qui repose sur la liberté de conscience, la neutralité de l'école laïque, la justice fiscale, le progrès social, la protection des activités industrielles, commerciales et surtout agricoles qui créent la prospérité. Contre la démagogie socialiste qui, partout où elle a exercé le pouvoir, a ruiné l’Etat, les contribuables et les épargnants, compromis l’avenir des travailleurs, paralysé Fœ uvre civilisatrice des démocraties.
Agriculteurs, les Gouvernements dont j'ai fait partie sont ceux qui, en trois années, ont fait davantage pour vous que Ions les autres depuis quarante ans : droits de douane! contingents, lois organiques, crédit agricole, électrification rurale, adductions d’eau, subventions aux chemins ruraux, etc.
Vous rappellerai-je que, Ministre du Commerce, j’ai dénoncé les traités qui vous étaient défavorables, réglementé l’admission temporaire et mis fin h la spéculation à la Bourse de commerce, assurant ainsi au cours du blé une stabilité qui s’est maintenue à 160 francs le quintal alors que le même quintal est vendu aux Etats-Unis 55 francs, au Canada 53 francs et 45 francs en Europe centrale.
Contribuables, les Gouvernements dont j’ai fait partie sont ceux qui, en 1939 et en 1930, vous ont fait bénéficier de 6 milliards de dégrèvements.
Fonctionnaires et retraités, souvenez -vous que la péréquation de vos traitements et de vos retraites a été réalisée par cette législature.
Victimes de la guerre et anciens combattants, rappelez- vous tout ce que vous avez obtenu grâce à nous : augmentations du taux des pensions, allocations spéciales aux tuberculeux, aux amputés, aux victimes d'infirmités multiples, etc., retraite du combattant.
Commerçants et industriels, comparez en ce temps de crise votre situation à celle de l'étranger.
Rentiers, souvenez-vous que grâce à la restauration du crédit public et à la bonne gestion des finances de l’Etat, malgré la crise économique et financière, le cours des rentes a été maintenu exceptionnellement haut.
Travailleurs, ne perdez pas de vue que les assurances sociales sont noLre œuvre et que, si le chômage ne sévit guère en France comparativement aux 9 millions de chômeurs américains, aux 5 millions de chômeurs allemands, aux 3 millions de chômeurs anglais, au million de chômeurs italiens, c'est grâce aux programmes d'outillage national que 'j’ai personnellement défendus et fait voter.
Français, soyez fiers des 77 milliards d’or de la Banque de France qui garantissent votre monnaie, ïa première du monde.
Le scrutin du Ie mai aura, sur votre avenir y une influence décisive*
Si vous vous laissez entraîner à la démagogie, apprêtez-vous à succomber sous le poids de nouveaux impôts et craignez une deuxième faillite monétaire.
Pour maintenir et poursuivre dans la paix l’œuvre de progrès démocratique et social, vous me renouvellerez une fois encore mon mandat.
Vive la République !
Pierre- Ktiehn k FL ANDIN
Député portant.
Ministre dea Finances*
, Conseiller général de TYonne,
Maire de Dûmecy-sur-Cum,
1TC circonscription de J OîGN Y— TONNERRE.
M, Maxjsnce RO L DES, S. F. R O,
Elu au premier tour de scrutin* — 10.076 voix.
Plutôt qu’un programme détaillé, contenant un lot touffu de promesses à échéance plus ou moins lointaine, l’électeur attend des déclarations nettes, des propositions pratiques, des réformes positives susceptibles de réalisation immédiate ou prochaine.
C est en nous plaçant à ce point de vue, avec la préoccupation de mettre au premier plan les questions les plus pressantes que, sans rien abandonner de notre idéal social nous avns pu résumer ainsi l’œuvre qui nous apparaît comme la plus urgente, comme répondant aux graves exigences du présent*
Action politique et sociale ,
Suprématie du suffrage universel*
Institution du référendum (les lois les plus importantes ne devenant définitives qu’après avoir été ratifiées par le pays, directement consulté).
Reforme électorale comportant scrutin de liste et représentation des minorités.
Interdiction, à la Chambre comme au Sénat, du vote par procuration.
Suppression du cumul du mandat législatif avec les fonctions cl administrateur ou. d'avocai-conscii de sociétés industrielles, commerciales ou bancaires.
Interdiction à la Chambre de relever le montant de l’indemnité parlementaire ou de prolonger la durée de son mandat sans avoir, au préalable, procédé à la consultation du corps électoral.
Gratuité de renseignement à tous les degrés.
L'intelligence, le mérite, les aptitudes des élèves devant seuls — et non le privilège de la fortune — leur ouvrir les diverses avenues du savoir. Participation des associations ou groupements des parents d’élèves à l’élaboration des programmes et au contrôle des organes d'enseignement.
Maintien intégral des lois de laïcité.
Education civique et politique de la femme.
La loi des assurances sociales, remaniée, simplifiée, fortement adossée aux organismes de mutualité, complétée par l’assurauce-chômage, doit devenir le statut de santé, de dignité, de sécurité de tous les travailleurs,
Mise en œuvre, pour remédier au chômage, de vastes travaux d intérêt national dont les plans sont depuis longtemps arrêtés : Réfection de nos canaux, cauai des Deux-Mers, Rhône navigable, etc*
La dette contractée à l'égard des anciens combattants et des victimes de la guerre est une dette sacrée. Elle doit être acquittée, sans abus et conformément aux desiderata das associations d'anciens combattants.
Suppression des périodes de réserve.
Sécurité par l'arbitrage et le désarmement progressif de toutes les nations rigoureusement contrôlé ; maintien des relations avec la Russie ; reprise des négociations en vue de la reconnaissance et d'un règlement des créances françaises sur la Russie,
Finances et fiscalité*
Economies et contrôle :
Sévère révision des dépenses. Suppression méthodique de tous les crédits relevant de la politique de prestige, contrôle rigoureux des dépenses administratives, dénonciation des gaspillages de tradition dans les divers Ministères et plus particulièrement ceux de la Guerre et de la Marine*
Réduction des gros traitements.
Révision des emplois dans les administrations centrales et suppression méthodique des fonctions inutiles.
Remplacement de l'impôt sur le chiffre d'affaires par une taxe unique à la production. , .
Dégrèvements en faveur du petit commerce, de l’artisanat et des petits proprietaires
ou fermiers, t ,
Assistance aux familles nombreuses avec contrôle des délégués des chefs de
famille .
Services publics et Offices "
Il ne faut pas les abandonner au capitalisme privé, mais les transformer, en éliminer les routine.-i bureaucratiques, les constituer en organismes distincts, dotés de la personnalité civile, les faire gérer par des conseils d’administration où, à côté des délégués de i Etat, siégeront 'des délégués techniques du personnel, des représentants des producteurs et des usagers, enamores de commerce, agriculteurs, etc.
Par ries participations aux bénéfices, tous, ouvriers, employés, chefs de services, administrateurs, doivent être stimulés à une gestion économe, directement intéressés à r augmentation des bénéfices.
C’est sous cette forme qu’il faut poursuivre la transformation de la régie des tabacs, du monopole des allumettes, de la régie domaniale des potasses d’Alsace, du réseau ferré de l'Etat, etc.
C'est sous cette forme qu’il faut poursuivre egalement la transformation en organismes nationaux des monopoles capitalistes de fait, tels ceux des engrais, des mines, des compagnies de chemins de fer, d’électricité, des assurances, des pétroles, des raffineries de sucre, des grands établissements bancaires qui sont, entre les mains des puissances capitalistes, lutan t d'instruments d’exploitation économiq ue de corrup lion parlementaire e t d e domination politique.
C’est sous cette forme, source de profits pour la nation, moyen essentiel d’allégement considérable des charges fiscales que devront cire aménagées, exploitées les richesses naturelles de la nation non encore concédées.
Pour V agriculture.
Encourager l’agriculture, la défendre, ce n’est pas seulement servir la cause des cultivateurs, c’est servir aussi l’intérêt national, c'est hâter l'œuvre de relèvement économique du pays, la solution de nos difficultés financières.
Protection douanière garantissant aux producteurs agricoles La légitime rémunération de leur effort.
Réorganisation et contrôle des Bourses du commerce. Interdiction de la spéculation par marchés fictifs sur les blés, le sucre, l’alcool, si dommageable pour les cultivateurs. Toute opération d’achat ou de vente devant obligatoirement porter sur des marchandises existantes, être suivie de livraison.
Constitution d’un Office national du blé et d’un Office national des engrais appelés à régulariser, à contrôler le commerce des blés, la vente, les prix, la qualité des engrais, leur teneur, et à réprimer les manœuvres, les abus dont sont victimes les producteurs agricoles. Ces derniers doivent participer par des délégués de leurs organisations syndicales et mutuelles à l’administration de ces offices,
La dotation du crédit agricole manifestement insuffisante doit être fortement élevée pour satisfaire aux besoins des petits et moyens possédants et répondre à l’importance de la production agricole dans l’économie générale du pays.
Fonctionnement, trop longtemps ajourné, de la Caisse des calamités agricoles.
Application des lois sociales aux travailleurs agricoles q ne l'insuffisance de garanties incite à émigrer vers les villes.
Révision des baux de fermage.
Action convergente de l’Office national du commerce extérieur et de nos agents éconc* iniques à l'étranger pour aider an courant d’exportation des produits de notre sol et en particulier de nos vins de crus réputés.
Régime de liberté pour les bouilleurs de cru, et, en attendant cette réforme, consommation en franchise proportionnelle au nombre des membres de la famille ou de l'exploitation .
Amélioration des conditions de vie rurale par l’accélération de Y électrification des campagnes, par l’aide apportée par l’Etat aux adductions d eau, constructions d’intérêt communal. A cet effet : extension à toutes les formes de jeux dans les cercles et casinos des prélèvements effectués par lpEtat afin d’augmenter les subventions aux communes pour cette œuvre importante de rénovation rurale.
Le réseau routier national, départemental ou vicinal constitue un tout; son extension et son entretien doivent être mis à la charge exclusive de l’Etat.
Déclaration personnelle*
Chers Concitoyens,
Je me présente à vos suffrages comme candidat du parti socialiste, après avoir été désigné à ï’ unanimité des sections socialistes du Jovinien, puis des sections socialistes de la fédération de l’Yonne.
Quoi qu’en disent certains adversaires, je ne suis point un étranger parmi vous, puisque, depuis trente ans, après avoir habité le département de l’Yonne, je l’ai parcouru en tous sens à l’appel des groupes socialistes et d’autres organisations démo-
cratiques. „ H . ,
Je suis électeur dans l’Yonne ; j’ai des enfants qui y sont nés, un autre qui s y est
marié. . '
Si vous me faites l’honneur d’être votre élu, toutes mes forces physiques et intellectuelles seront consacrées à servir vos in 1ère Ls en défendant le programme que vous avez lu d’autre part.
Je résiderai au centre de la circonscription et serai à jours fixes à votre disposition pour vous renseigner ci vous servir.
Je prends L'engagement de rendre compte de mon mandat dans chaque commune au moins une fois pendant la législature, et de venir vous consulter, dans de vastes assemblées cantonales, chaque fois qu’une grave question se posera.
Persuadé qu’une liaison étroite entre tous les corps constitués et les élus est la condition d’une bonne administration, je me ferai un devoir d être le collaborateur de tous les maires pour toutes les questions d’intérêt public à la solution dequelles ils voudront bien m'associer.
Citoyens,
Depuis la guerre, la réaction politique et le conservatisme social sont encore devenus
plus puissants. 1
Je dénonce le danger que fait courir au pays la coalition des forces, des egoismes
capitalistes. Magnats du rail, des mines, des engrais, des pétroles, du Comité des forges, etc., reconstituent de nos jours une féodalité, tyrannique, oppressive, exploiteuse .
Nos pères ont abattu )a féodalité nobiliaire.
Nous devrons, à notre tour, faire échec à la féodalité de l’argent qui pressure le pays, et fait obstacle à toute réforme démocratique.
Le programme ci-dessus est tout imprégné de cette pensée.
Ce programme résume le sens de mon effort, précise le cadre de l’action que je poursuivrai à la Chambre et dont je viendrai, dans chaque commune, vous rendre
compte. , ,
Vous direz si toute une longue existence de labeur, une pensée, iormee, mûrie par
l’étude, par l’expérience et l’observation sont un gage de la fidèle exécution de mes enga-
gements. #
Vous direz si vous croyez que je puisse avec énergie traduire à la Chambre vos aspirations, y soutenir vos intérêts régionaux et particuliers, apporter à vos municipalités un concours sérieux, efficace. Ayant, sans ambition, accompli loyalement mon devoir, ma mission de candidat, j’attendrai, calme et confiant, votre décision.
Màxence ROLDES
2e circonscription de JOIGNY — TONNERRE*
M, PERREAU- PRÀDÏER, républicain de gauche*
Mes chers Concitoyens,
Je vous répéterai à nouveau aujourd’hui ce que je vous disais hier*
Ce qu'il faut, c’est :
Au point de vue financier :
Que le budget soit maintenu en équilibre, que les dépenses soient réduites et que les contribuables, qui sont à la limite de leurs forces contributives, ne fassent pas îes frais de la surenchère des partis qui ne volent pas le budget*
Au point de vue économique :
Que notre agriculture — base même de notre économie nationale — soit protégée par des tarifs douaniers et des contingentements, qu'elle soit à l’abri de la spéculation et qu'elle obtienne, ainsi que notre viticulture, des prix rémunérateurs :
Que nos bouilleurs de cru utilisent plus librement les produits de leurs récoltes ;
Que le crédit et la coopération agricole soient développés ;
Que les adductions d'eau potable, l’électrification des écarts, l'outillage national, l'amélioration des chemins ruraux, l'extension des services d’autobus, la généralisation du téléphone rural retiennent à la terre ses producteurs si laborieux *
Que le commerce et l’industrie, surtout pendant la période de crise difficile à traverser, bénéficient de facilités de crédit, que la taxe sur le chiffre d’affaires soit plus généralement remplacée par la taxe unique à la production, que la métropole et ses colonies tendent à ne former qu’un seul et vaste marché.
Au point de vue social :
Que les assurances sociales, sans surcharger les contribuables, donnent aux travailleurs la sécurité dans la maladie, l'invalidité et la vieillesse ;
Que les établissements d’assistance, de bienfaisance et d'hygiène soient multipliés ;
Que les familles nombreuses soient efficacement encouragées ;
Que les anciens combattants et les victimes de la guerre (mutilés, ascendants, veuves et orphelins) conservent les avantages qui leur ont été accordés ;
Que la gratuite de renseignement et l’extension des bourses d'internat au profit des ruraux ouvrent largement aux enfants de toutes les classes sociales un avenir meilleur. Que la laïcité et la neutralité de l'Etat, respectueux de toutes les opinions et de toutes les croyances, et la liberté de 1 enseignement, restent à la base de nos institutions républi-* cames ;
Que l’équilibre étant maintenu entre la production, la distribution et la consommation, le chômage soit réduit et meme supprimé.
Au point de vue politique :
Que notre organisation administrative s’adapte à la vie moderne; que les fonctionnaires voient leurs droits, leurs devoirs précisés et maintenus ;
Que notre politique intérieure tende à Fanion de tous les bons citoyens au service de l'idéal républicain ;
Que notre politique extérieure continue d'être dominée parle souci d’établir solidement la paix dans le monde par l’arbitrage, la sécurité et le désarmement.
Mes chers Concitoyens,
Sans hésiter, vous voterez ;
Pour le maintien de la propriété individuelle ;
Pour la liberté du travail et de l'initiative privée;
Pour le progrès dans F ordre et la légalité ;
Contre le communisme et le socialisme, partisans F un et l’autre de la révolution ;
Contre la lutte de classes, source de la misère, de quelque parti qu’elle vienne;
Contre la démagogie et la surenchère,
A ceux qui m’ont fidèlement élu depuis plus de vingt ans et que je n ai jamais trompés, j’exprime ma reconnaissance. Qu'ils soient assurés que, sans faire de promesses irréalisables, je continuerai à lutter de mon mieux pour la défense des intérêts généraux de la France, des intérêts particuliers de la circonscription de Tonnerre, ainsi que pour l'aboutissement de tontes les justes et légitimes revendications de mes compatriotes.
Enfant du pays, toute mon ambition sera toujours de mieux servir la République et la France,
Votre dévoué,
Pierre PERËEÀU-PRADIER
Docteur en droit.
Député sortant.
Sou s- Secréta ire d’Etat des Finances, Républicain radical.
No. 2145
Circonscription rïs SENS.
M, B0ULLY, républicain socialiste*
Elu au deuxième tour de scrutin* — 7*016 voix.
Citoyens,
La législature qui s’achève lègue à la prochaine une tâche des plus lourdes.
Cinq ans après la stabilisation, la situation budgétaire est redevenue lamentable.
Les exercices 1930 et 1931 ont été déficitaires. Le budget de 1932, imparfaitement équilibré, ouvre des perspectives de déficit grandissant. La trésorerie est vide.
La balance commerciale s'abaisse de plus en plus- Industriels, agriculteurs, commerçants souffrent de Ja crise.
Les ouvriers connaissent la misère du chômage et des salaires réduits.
A la prétendue prospérité vantée par le Gouvernement qui se maintient au pouvoir depuis 1929 a succédé un marasme général.
Au point de vue extérieur, les conceptions et les plans des gouvernements représentés à Genève se heurtent les uns les autres, et, bien que les volontés populaires réclament l’élaboration des généreuses formules d'accords internationaux sur lesquelles la paix du monde pourrait s édifier, on ne voit point sortir des débats des solutions précises, réelles, de désarmement et de sécurité.
Ensemble de problèmes délicats, sans doute, complexes et urgents à la fois, pour la solution desquels il faudra beaucoup de mesure, mais aussi et surtout beaucoup d'énergie et de courage, si I on veut vraiment s'engager dans la voie des réformes et des réalisations hardies que nécessite l'intérêt supérieur du pays.
En matière financière, il s’agit d'introduire dans notre fiscalité les principes d’équité dont elle devrait s’inspirer. Plus la contribution publique est lourde, plus s’impose le soin d’une juste répartition. Plus aussi Ja situation est obérée et plus il convient de gérer avec économie les deniers publics, au lieu de jeter au veut les excédents de trésorerie qui ont résulté de perceptions excessives.
L’intérêt de la démocratie est que l’Etat soit fort. Il s’avère trop faible souvent en face des coalitions d’intérêts que représentent les forces d’argent.
Arbitre des intérêts privés, l’Etat ne doit pas s’incliner devant les puissances économiques qui prélèvent sur la collectivité des profits démesurés, mais exercer sur elles un contrôle qui mettra fin au régime de privilège et d’injustice dont elles bénéficient.
U s’agst d’orienter l’activité économique générale vers une organisation sociale plus juste et telle tfue ne puissent plus se produire des crises comme celle qui, actuellement, fait souffrir des millions d’êtres humains dans le monde entier.
Cette organisation n’est possible que dans une atmosphère de paix internationale.
La paix à construire doit être envisagée non comme un simple pacte de bonne volonté réciproque, mais comme une œuvre positive qui solidarise les peuples sur le terrain économique, réglemente la production, contingente la répartition et crée entre les Etats des '* ^erdépen dances analogues à celles qui ont fini par édifier chez nous, au-dessus des rivalités de villes et de provinces, une unité nationale qui a, depuis^ défié les siècles et qui reste une des forces morales du monde,
C est en m’inspirant de ces vues idéales et de ces nécessités constructives que j 'inscris
a mon
— mo —
programme de propagande civique et d’action législative les points essentiels suivants :
Au point de vue financier :
Inventaire fiscal à établir au début de la législature.
Redressement de la situation déficitaire actuelle :
1° Par un meilleur aménagement de l'impôt general et progressif sur le revenu,, préférable a Fein prunt, à l’impôt cédulaire et aux impôts indirects, injustes, vexatoires, et de plus en plus élevés.
2° Par de sévères économies dans les budgets de guerre, et, dans tous les services publics, par la suppression des emplois inutiles qui entravent le fonctionnement de la machine administrative*
Opposition à tout impôt indirect nouveau.
Remplacement de V impôt sur ks chiffre d affaires par une taxe unique.
Rigoureux équilibre du 'budget*
Contrôle des banques.
Au point de vue de la politique intérieure ;
Maintien des lois laïques* J
Sauvegarde des libertés individuelles.
Respect des droits afférents au pouvoir législatif, expression de la volonté nationale. Protection de 1J épargne.
Défense des droits des victimes de la guerre et du travail.
Au point de vue économique :
Pian id’ outillage national et ouverture de grands travaux en vue de remédier au (Chômage.
Contingentement de la main-d'œuvre étrangère.
Défense de l'artisanat, du petit commerce et de la petite industrie, par des allégements (fiscaux, l’extension des œuvres de crédit populaire, toutes mesures de protection contre la conçur renne des grands établissements.
Au point de vue agricole :
Protection du travail agricole et amélioration de la vie rurale par la détermination d un prix de vente juste et stable.
Organisation du marché intérieur*
Discipline du contingentement.
Développement du crédit agricole ; dotations d Etat aux coopératives de production et de t r ans f o r m a tio n .
Création d'une caisse nationale contre les calamités.
Abaissement du prix des engrais et des transports.
Adaptation de la loi Loucheur aux besoins ruraux; amélioration de la voirie, des services postaux, perfectionnement du service scolaire peu favorable aux enfants campagnes.
Au point de vue social :
Perfectionnement de la loi des aBSUirsme.es sociales dans le sens de la sinnphhcatio nécessaire et de l’obligation mieux définie; amélioration du système aoluel par 1 institutif de la. retraite gratuite aux vieillards*
No 2145
Défense des libertés syndicales.
Lutte contre les lléaux sociaux (en particulier contre la tuberculose et le cancer).
Protection de la famille.
Institution de l'école unique, c’est-à-dire d'un régime scolaire fondé sur l égalité des enfants dans le droit à l'instruction et sur la gratuité de renseignement à tous les degrés.
Au point de vue extérieur :
Politique de paix et de sécurité orientée vers l'arbitrage obligatoire des conflits, le désarmement partiel, simultané et contrôlé e( la collaboration économique qui inspira le projet de création des Etats-Unis d’Europe,
Ce programme, sur lequel doit pouvoir se faire Punion des républicains, fidèles aux traditions démocratiques qui font de la République un régime de progrès indéfini, se réfère aux conceptions doctrinales et aux méthodes d’action du Parti socialiste français, ainsi qu'aux lignes essentielles du manifeste de la gauche démocratique du Sénat,
De la lutte qui s’engage, il faut que la démocratie sorte triomphante, et dans des conditions de succès telles que la législature prochaine réalise les espérances populaires, consolide et améliore le régime qu une crise politique et sociale prolongée risquerait d'ébranler.
^ appartiendra à cette législature, si les électeurs le veulent, de vaincre la routine des partis de conservation économique et sociale, qui ont dominé la majorité parlementaire actuelle, de donner au travail, sous toutes ses formes, les satisfactions légitimes qu’il attend, d édifier une paix solide, de traduire en actes les aspirations des républicains épris de justice et désireux de progrès.
A cette œuvre difficile, mais nécessaire, je me consacrerai avec toute P activité, là ténacité et l'esprit d'initiative que P on doit exiger d'un élu.
Vive la RépuMique laïque, démocratique; eli sociale I
Georges BOU3bL¥
Ancien Député de l’Yonne.
Candidat de l’Union des groupements républicains du Sésonais, Parti socialiste français.
Parti radical et radical-socialiste*
Cercle républicain.
Comité républicain du Commerce, de rinduatrîü ee de l'Agriculture.