‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 252 sur 260 · ALGER · texte numérisé non relu

ALGER

lre circonscription d'ALGER-

M. FIORI, républicain-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. - 16.433 voix.

Mes chers Concitoyens,

Point n’est besoin de me présenter à vous. Vous me connaissez tous. Vous savez quelle a été mon attitude durant mon passage au Palais-Bourbon où j’ai accompli, sans reserve, pendant huit ans, mon devoir de Français et de républicain.

Je vais donc simplement vous exposer les grandes lignes de mon programme de demain, programme'qui est celui de tous les partis de gauche (radical ; radical-socialiste, socialiste français ; républicain socialiste) qui m’ont honoré de leur confiance.

Politique sociale :

Maintien et renforcement des lois de protection ouvrière et paysanne. Vacances payées.

Vers la mutualité plus ample et plus efficace. , , , ,

Vote de la proposition de loi concernant le statut professionnel des représentai! s e voyageurs de commerce.

Participation des travailleurs à la gestion'-et aux profits des entreprises.

Création de banques populaires.

Lutte contre la vie chère par des mesures à prendre contre les spéculateurs.

Crédits à accorder aux petits commerçants et petits agriculteurs.

Plafond pour les loyers des commerçants et locataires.

Moyens à employer pour éviter le chômage. ,

Reconnaissance du droit syndical à tous les fonctionnaires et salaries.

Amélioration du sort des petits pêcheurs et des inscrits maritimes.

Protection et avantage h la constitution de la petite propriété.

Prêt d’honneur aux ouvriers, petits fonctionnaires, retraités, etc.

Amélioration de la loi sur la propriété commei ciale.

Création d’un office du blé ci d’un office du un. . .

Donner plus d’extension à l’Office national pour la construction d habitations

marché.

Vote de la proposition de loi concernant la retraite des clercs de notaire.

Pour les sans-filistes :

Défense des sans-filistes. Création d’un statut de la radiophonie.

Mesures de défense antiparasilaires,.

Questions algériennes :

No 2145

Amélioration de l'autonomie financière et du régime des Délégations.

Certain Gouvernement a considéré que la politique financière des Assemblées algériennes, ainsi pratiquée, était de nature à compromettre la sécurité de l’Algérie,

M. Antorielïi, rapporteur du budget, a fait des critiques, a la Chambre, tant sur la politique financière que sur les évasions fiscales. Ces critiques n'ont pas été réfutées.

Equilibre budgétaire et réforme fiscale :

II' doit être bien entendu que la clarté des écritures exige l’unité budgétaire et que l'équilibre du budget (qui conditionne la stabilité de la monnaie) ne saurait être obtenu par une aggravation des charges fiscales qui frappent déjà durement les classes moyennes et laborieuses.

Que cet équilibré ne peut être obtenu que par une réduction continue et progressive des dépenses improductives et un meilleur aménagement dé l'impôt sur le revenu et les muta lions à divers titres.

Par la limitation au droit successoral au quatrième degré.

La réforme fiscale exige l'élargissement des abattements à la, base dans l’impôt des salaires, traitements et pensions.

Unification du taux, de cet impôt.

Aménagement plus rationnel et une meilleure utilisation de la législation fiscale existante en même temps qu’une compression maxi ma des dépenses militaires.

Sports :

Création de stades officiels, de piscines,, de manèges, de salles de gymnastique.

Encouragements moraux et financiers du Gouvernement aux sociétés sportives.

Avantages à accorder aux sportifs au point de vue service militaire.

Familles nombreuses :

Institution de primes à la natalité*

Réformes de notre système fiscal en vue de tenir compte des charges de famille.

Augmentation des avantages faits aux familles nombreuses en matière d’habitations à bon marché*

An point de vue politique :

Respect dru suffrage universel et maintien' des deux tours.

Initiation des femmes à la vie politique. La femme française peut et doit participer à la marche des affaires de la nation.

Vote par procuration pour les marins dm commerce, cheminots, aviateurs, douaniers en service aux frontières, etc.

Pas d ennemis à gauche.

Défense et intégralité des lois laïques.

Ecole unique, c'est-à-dire égalité devant F instruction.

Amelioration du sort des cheminots pour T unification des réseaux. Bonification coloniale.

Soutien des desiderata des fonctionnaires, des mutilés du travail, des retraités- dont le soi- oit être constamment lié à celui des fonctionnaires en activité ; de toutes les victimes e a guerre. A cet égard, je déclare donner mon appui aux revendications matérielles ai retees, à Versailles, par les Etats généraux de la France meurtrie.

S’élever contre toute politique de réduction des traitements, salaires et pensions, la vie

étant toujours à un taux excessif. .

Au point de vue politique extérieure, orienter cette politique vers la paix mondiale par

îa continuation de l’œuvre du grand Français Briand et le respect des signatures.

Au point de vue financier :

Equilibre du budget et sans emprunts ni impôts nouveaux.

Interdiction au Gouvernement de faire aucune avance sur la Trésorerie autrement que

par 'pel 'opérations de placement des titres des fonds d’Etat et de la Caisse d’amortissement seront réservées aux trésoriers généraux et aux comptables du 'trésor.

Rétablissement du plafond des billets de la Banque de France, seul moyen d empeeher

l'inflation et le drainage de l’or.

Contrôle efficace des banques, des trusts, des cartels et des compagnies d assurance. Renforcement de la surveillance et poursuite rigoureuse de la fraude fiscale.

Extension des abattements à la base.

Substitution sur le chiffre d'afïaires d’une taxe à la production.

Protection de l’épargne publique :

Interdiction des actions à vote plural qui livrent la direction des sociétés anonymes à

une poignée d’actionnaires privilégies.

Contrôle des ententes industrielles et des cartels.

Nécessité de déposer un cautionnement pour les particuliers qu> veulent exercer h profession de banquier égal à 200 fois la valeur de l'immeuble où est installée la banque.

Inspection annuelle de la comptabilité des banques par l’inspection des finances, avec droit pour l’inspecteur de saisir, en cas d’urgence, le procureur de la République et le tribunal? de commerce*

Application stricte de la loi sur les incompatibilités parlementaires.

Au point de vue économique :

Suppression du marché spéculatif à la Bourse du commerce.

Représentation de l'Etat dans les entreprises commerciales subventionnées au renflouées*

Révision du régime douanier.

Interdiction de détruire aucune denrée susceptible d’être consommée.

Suppression de l’impôt sur les transports et réorganisation du régime des chemins de

fer

Plus grandes facilités de transport (voyageurs et marchandises) entre la France et l’Algérie (et vîce-versa).

Développement de la production et des échanges.

Accords commerciaux de longue durée, , ,

Extension du Conseil national économique et sa liaison avec les pouvoirs pim i

Parlement.

Protection de l’artisanat et du crédit immobilier.

Au point de vue administratif :

Soulagement des finances départementales et communales.

Réalisation de la caisse de prêts aux départements et aux communes. ^

Simplification de la paperasserie administrative et, spécialement, de celle des assurances sociales.

Garanties aux fonctionnaires départementaux et communaux*

À u point de vue international :

Multiplication des ententes économiques entre les nations européennes, afin d'arriver h une organisation de l'Europe.

Mise à la disposition de la Société des Nations de l’aviation militaire et civile. Interdiction formelle du commerce des armes de guerre.

Limitation progressive et simultanée des budgets et des effectifs des diverses nations. Contrôle international des armements et des budgets.

Contre l’excitation à 3a guerre.

Publication annuelle des budgets et des effectifs.

Interdiction de la guerre chimique et bactériologique.

Plus de haines entre les nations. Efforts à faire pour arrivera l'arbitrage, la conciliation et le désarmement.

Foi absolue dans le développement et l’idéal de la Société des Nations.

Pour une politique constante de paix et de fraternité humaines

Je m'engage à soutenir le programme ci -dessus de toute ma volonté.

Je fais appel à F union de tous les républicains à seule On d'arriver à une action pratique, El c’est par la majorité des gauches, qui se formera au Parlement au 1er juin prochain, que sera assurée, à force d’énergie, une politique nécessaire de salut public.

Vive la France 1 Vive Y Algérie I

Vive la République démocratique et sociale !

j Henri FIOKI

Ancien Député.

Candidat républicain socialiste.

2e circonscription dv ALGER,

M. MALLARMÉ, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin, — 5,435 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les députés de la gauche radicale manqueraient à leur devoir s'ils n’indiquaient pas au pays les solutions qu’ils recommandent. Elles sont à la fois d’ordre international et national.

Sur le plan international, les gouvernements responsables ont décidé d’étudier à Lausanne et à Genève les moyens de rétablir la confiance et la sécurité.

Au programme de la Conférence de Lausanne annoncée pour le mois de juin prochain, figurent les questions des dettes interalliées, des réparations, des accords économiques, financiers et douaniers.

Au programme de la Conférence de la limitation des armements, qui siège à Genève* s’inscrit le problème de l’organisation de la paix et de la sécurité fondée sur l’arbitrage et l'assistance mutuelle.

Do succès ou de F échec de ces deux conférences dépend l'avenir du monde civilisé. Le rôle que la France est appelée à y jouer est considérable,

La gauche radicale est prête à soutenir toute politique qui rétablira des .relations confiantes entre les peuples. Elle appuiera tout gouvernement qui, .maintenant la sécurité et. les droiLs essentiels de la France , recherchera dans Je respect des traités nu» accord «ntre les puissances intéressées. Faute de cet .accord, elle estime qu'il serait vain d’espérer cette restau ratio a de la confiance internationale sans laquelle aucune reprise de prospérité n'est concevable.

Dans le cadre de notre activité nationale, 3a gauche radicale met au premier rang de ses préoccupations la nécessité d’alléger les charges qui pèsent lourdement sur les contribuables et qui risquent de rompre T équilibre de nos finances.

Pour permettre le développement du progrès social dans la collaboration organisée des classes, la seule politique qui réponde aux exigences de l’heure est une politique de déflation budgétaire sévère, de réformes fiscales, d’économies rigoureuses dans les services publics et de mise en valeur de nos richesses métropolitaines et coloniales.

Maintenir l’ordre contre les organisations révolutionnaires qui visent à détruire la société moderne, équilibrer harmonieusement toutes les forces de notre activité économique, unir dans une collaboration plus étroite les divers facteurs de la production, protéger F agriculture, favoriser le retour à la terre, défendre le commerce, Fin dus trie et l’artisanat, soutenir et protéger Fêpargne publique, assainir le marché financier, dispenser largement l'instruction sons toutes ses formes et à tous les degrés, défendre la famille, encourager la natalité, appliquer et contrôler par la mutualité la loi sur les assurances sociales, décentraliser et adapter aux nécessités modernes nos administrations, régler le statut, des fonctionnaires, raffermir l’autorité de F Etat pour qu’elle se consacre tout entière à Fintérêt général et domine les syndicats d’intérêts particuliers qui trouveront leur juste et légitime représentation dans un Conseil national économique réorganisé : voilà tracée à grands traits, l’oeuvre intérieure qui s’impose à la future législature.

Certaine d’interpréter ainsi le vœu de l’immense majorité de la nation, la gauche radicale se tourne avec confiance vers le suffrage universel et l’adjure de ne penser, à Fheure du scrutin définitif, qu’à la France et à la République !

C’est ce programme que nous avons discuté et arrêté en commun, au groupe de la gauche radicale, il y a quelques semaines*

Ï1 contient la directive de Faction que chacun de nous entend suivre»

J’y ai adhéré et je l’adopte pour moi-même.

Je suis certain que la grande majorité de mes électeurs, qui sont des républicains fermement attachés à nos institutions et ardemment soucieux de Fa venir de notre pays, accueillera ce programme favorablement, en me donnant mandat de le soutenir et, de le défendre.

A n i>r iï MALLARMÉ

Professeur de droit constitutionnel et administratif à rUmveraité d’Alger.

Ancien Ministre. — Conseiller général.

Député sortant

Candidat d’Onion des Républicains de gauche*

3b circonscription d'ALGER,

M. GUÀSTÀViNO, radical-socialiste*

Elu au deuxième tour de scrutin. — S. 331 voix.

Aux Electeurs de la 3* circonscription,

Répondant à l'appel des élus républicains du département, je me présente à vos suffrages. Je le fais en toute sérénité, certain — dans îes circonstances troubles que nous traversons — d'accomplir un devoir» Si ce geste n’était dicte que par la seule ambition, il y a longtemps que mon nom aurait été mêlé aux compétitions passées.

Nous nous trouvons — vous le savez — à une heure grave de notre histoire. Budget de la métropole en déficit, malgré tous les camouflages, encerclements douaniers, chômage, désarroi économique : tel est le bilan de la législature qui expire. Certes, ces tristes résultats atteignent surtout la France, mais F Algérie, € prolongement de la France », n’est pas seulement une ligure de rhétorique dont on use et abuse à la fin des banquets officiels. Elle est aussi une réalité dans les périodes de prospérité comme dans les heures douloureuses. Les temps présents ne sont pas réjouissants, certes, mais convient-il de désespérer? Que non 1 Le redressement est proche. A une politique de parti, étriquée, mesquine, dérivant de formules périmées, se substituera la concentration des bons citoyens, résolus à défendre les conquêtes de la République et à assurer la continuité du progrès social.

Ce sont ces mêmes citoyens qui sauront faire triompher 3 idéal de paix d'un homme pour lequel nos adversaires n7 ont pas eu assez de sarcasmes, durant sa vie, pour reconnaître, après sa mort, qu’il avait bien mérité de la Patrie.

Notre pays peut-il assister avec indifférence à l’œuvre de rénovation qui se prépare ? Je ne le crois pas. Ce département, qui, dès les premiers jours du régime, manifesta courageusement son amour de la liberté, sa foi profonde dans les destinées de la démocratie, son désir ardent d’émancipation humaine, ne peut souscrire à une politique de régression ou de stagnation,

11 ne peut, non plus, tolérer les assauts qui tentent de juguler- — et même d’anéantir — un effort colonisateur de cent années qui a grandi 1 image de la France dans le monde. À ceux qui, par un égoïsme inconscient, risquent de faire périr, à nouveau, les colonies, nous devons opposer — sans hostilité, mais avec fermeté — cette vérité éclatante que l’Afrique française est la sauvegarde et le suprême espoir de la Nation.

On Ta dit, dans ces derniers mois, nous entendons être traités dans un esprit de stricte justice. Nous avons trop prouvé — par des sacrifices de tous ordres — notre attachement à la mère-patrie, pour constituer une sorte de monnaie de transaction dont le troc s établit au moment des marchandages douaniers. Nous n entendons plus voir sacrifier nos intérêts agricoles pour l’unique profit d une autre branche de l’activité nationale, avide d exportations massives, contre partie d’une fabrication désordonnée. Ce que nous voulons, c’est le retour à eet admirable équilibre économique qui fit 3a force de la France dans le passé.

Telle est précisée, en quelques lignes, dépouillée de tout l’or vie Lan habituel, ma future ligne de conduite. Comme gages de cet avenir, je veux rappeler mon attitude au moment de la discussion des questions algériennes : statut de la viticulture, liberté du pavillon, amélioration des relations maritimes, gratuité de l'instruction à tous les degrés, refonte de l’assistance publique, amélioration du réseau routier, création d abris maritimes, défense contre les crues, habitations à bon marché, extension du crédit mutuel, populaire et agri-

colû, protection des transports automobiles, défense de la production maraîchère et fruitière, warrantage des huiles, création de stades municipaux, etc.

J’ai consacré — beaucoup d’entre vous- le savent — le meilleur de moi-même à la défense de vos intérêts moraux et matériels, il vous suffira de consulter mes votes, mes interventions, pour vous convaincre d’une action entièrement vouée au bien public. En toutes circonstances, je me suis efforcé de venir en aide aux humbles, aux déshérités. J’aurais trahi mes origines et oublié le dur combat de mes débuts dans l’existence en agissant autrement.

Vous direz par vos votes si ce passé mérite vos suffrages. Mon seul désir est de vous consacrer intégralement mon activité. Ce sera, si vous le voulez bien, la grande fierté de ma vie d’avoir été investi de votre confiance.

J.-M, GUASTAV1NO

Ancien vice-président du, Conseil général.

Délégué financier.

Membre du Conseil supérieur de GouTernement, Candidat d’union des républicains de gauche.

CONSTANTÏNE

lre circonscription de CONSTANTÏNE*

M. MORIN AUD, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin, — 5,401 voix.

Chers Concitoyens,

Vous êtes appelés à élire celai qui aura, demain, l'honneur de vous représenter à la Chambre des Députés.

Quarante-deux années passées au Conseil général de Constantine, trente et une a la Mairie, dix-sept au Parlement, deux ans au Gouvernement, vous ont permis déjuger mes actes en fonction des mandats publics que la volonté populaire a bien voulu me confier et me maintenir depuis plus de quarante ans.

Les habitants de la circonscription Constantine-Philippeville peuvent être assurés que, s’ils veulent bien me réélire, je continuerai à défendre avec dévouement leurs intérêts et leur droits.

Leurs groupements (amicales, associations, syndicats), en tête desquels je place ceux des victimes de la guerre, des anciens combattants et des familles nombreuses, trouveront toujours, chez moi, demain comme hier, T accueil le plus cordial ; je m'efforcerai de faire triompher leurs requêtes, généralement modérées, raisonnables et justes.

Les communes ont besoin d’une aide constante. Mon action auprès des pouvoirs publics leur est absolument acquise*

Notre département, représenté par nos dévoués Conseillers généraux, fait souvent appel à notre intervention. Elle ne lui manquera jamais,

L'Algérie, si parfaitement soutenue par nos délégués financiers, peut compter que je demeurerai, dans l’avenir comme je n'ai cessé de l'être dans le passé, son fidèle porteparole auprès du Gouvernement et du Parlement. La réforme des ses assemblées s'impose* Elles sont les premières à les demander.

J'ai déposé — en 1920, en 1924, en 1928 — une proposition de loi conforme à leurs vœux* Elle n’a pas encore pu être discutée par la Chambre. Je la renouvellerai et insisterai jusqu’à sa réalisation.

L'agriculture algérienne, qui doit recevoir une protection sérieuse pour ses lièges, agrumes, primeurs, huiles, etc., — la colonisation, qui a le droit, grâce aux cinquante millions à verser pour les œuvres agricoles par 3a Rauque de l'Algérie, d'obtenir le crédit à 2 0/0 dont bénéficie le cultivateur métropolitain — le commerce, pour lequel nous devons renforcer l'excellente action de nos banques populaires, l’industrie, en général, et en particulier nos mines, qui ont un grand besoin de bénéficier rapidement du soutien admis en principe par le Gouvernement — les travailleurs de l'Algérie, qui demandent si justement l'application à notre pays des lois sociales, avec leur ajustement à notre milieu spécial — toutes les forces économiques dont vit notre grande colonie ont droit à notre constante sollicitude.

Leurs représentants savent que je ne négligerai rien pour faire aboutir — en liaison avec leurs associations — leurs légitimes demandes.

En politique algérienne, tous*les^Françai s de notre Algérie sont pour la continuation de l'excellente politique de collaboration fraternelle entre les citoyens français et les indi gènes — étant entendu que le principe de la prédominance française doit être maintenu dans toutes nos assemblées et qu’iljne saurait être question, en faveur de qui que ce soit de naturalisation obligatoire — . les portes sont largement ouvertes — il faut s’en féliciter — à la naturalisation volontaire et individuelle pour quiconque est digne d’entrer dans la grande famille française.

En politique^extérieure, je res te, "comme tous les Français, profondément attaché à h polilique de paixfsi noblement soutenue par Briand et par tous les Gouvernements qui sc sont succédé. Nous^désironsfleVapprochement des peuples, mais nous voulons, avant tout la sécurité de la Patrie. Ravagée par quatre invasions en un siècle, la France, qui veut de toute évidence, voir diminuer ses’ lourdes charges de défense nationale, n’entend le faire que lorsqu’elle sera garantie contre le retour d’aussi atroces calamités par la Société des Nations disposant enfin d’une force capable de faire respecter ses arrêts.

En politique intérieure, je demeure ce que j ai toujours été : un républicain attaché à la laïcité de l’Etat, laquelle n’est autre que sa neutralité absolue en matière religieuse * un libéral respectueux de toutes les croyances, fidèle au principe sacré de la liberté de conscience ; un démocrate 'pour qui les réformes sociales, au premier rang desquelles je place la gratuité de l'instruction à tous les degrés, doivent, aujourd’hui, être le principal souci des assemblées républicaines; un patriote ayant toujours en vue la grandeur matérielle et morale de notre France.

Pour réaliser tous^les^ objectifs 'économiques et sociaux d’où doit sortir une France toujours plus heureuse et plus prospère, il n est, à mon avis, qu’un moyen : cette union, cette concentration de tous les républicains, de tous les démocrates, que je n’ai cessé de préconiser dans mes . programmes de 1920. de T 924, de 1928, que j’ai contribué à réaliser en 1926, et que je persisterai défendre de toute mon âme.

Efforçons-nous de réaliser et de pratiquer celte féconde politique de concorde républicaine et, comme en 1926, nous triompherons de toutes les crises qui nous menacent.

Pour nous. Français algériens, la France est un grand pays de 75 millions d'habitants qui s’étend sur les deux rives dé laldéditerranée.,

Par des navires rapides, par l’auto, l'avion et le rail nous avons le devoir d’en former Laide de la mère patrie — un seul bloc qui pourra d autant mieux contribuer à assurer la Paix qu’il sera plus uni et plus fort.

Telles furent toujours mes directives, vous le savez, mes chers Concitoyens.

Si vous m’accordez de nouveau vos suffrages, je continuerai à m’y conformer.

Avec toute l’energie dont je suis capable, je me consacrerai à F couvre nécessaire :

1* De la lutte contre la vie chère ;

2* De relèvement economique et budgétaire;

3° De la justice sociale qui^doit passionner tous les républicains démocrates.

Vive la France !

Vive l’Algérie l

Vive l!a République !

Emile MÔRINAUD

Député sortant.

Ancien Sons-Secrétaire (FEtat.

Candidat d'union républicaine.

2e circonscription de CONSTANTINE,

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