‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 253 sur 260 · M, S ER DA · texte numérisé non relu

M, S ER DA

Election législative du 26 yum 1932,

Electeurs,

Le congrès des élus du parti républicain qui avaient soutenu la candidature de notre regretté et éminent députe Gaston Thomson m'a désigné, àT unanimité comme candidat de ce parti. Je me présente donc à vos libres suffrages avec Tunique désir de mettre toutes mes forces et toute mon activité au service du pays.

J adresse tout d abord un souvenir ému à la mémoire du grand républicain qui nous représenta si dignement pendant cinquante quatre ans et dont la ligne de conduite politique sera la mienne si vous me faites T honneur de m'envoyer siéger au Parlement.

Démocrate convaincu, patriote ardent, défenseur énergique des intérêts de l'Algérie et de la circonscription de Bône en particulier, Gaston Thomson a indiqué la voie à suivre et, si vous m appelez à liai succéder, je m’efforcerai de marcher sur ses traces et de réaliser le programme que je soumets à vos libres suffrages.

Polit iq u e in té rie are .

Liberté de conscience :

Au point de vue intérieur, j’estime que la concorde entre citoyens, dans la paix républicaine, le respect de toutes les opinions sincères, la liberté de conscience et de culte sont des conditions indispensables au progrès social et à la prospérité économique du pays.

Amélioration du sort des travailleurs :

Les travailleurs de toutes catégories présentent de légitimes revendications que je soutiendrai avec énergie quand se poseront, dès le début de la législature, de multiples problèmes à leur sujet. îî faut améliorer la législation ouvrière notamment au profit des mutilés du travail. Le prolétariat ira pas re^u de la loi Sur les assurances -sociales les satisfactions qu’il espérait. Une refonte de cette loi V impose de plus en plus. Il faut assurer bmx ouvriers mineurs la même retraite qu’à leurs camarades métropolitains.

La loi Louche ur \

La lutte contre le taudis est à poursuivre sans- relâche. Tous 1 s travailleurs doivent avoir la possibilité de s'assurer le toit familial. Le bénéfice de la loi Louchour n'est pas à subordonner a un apport en espèces que beaucoup d’ouvriers ne peuvent pas fournir. Une nation qui doit sa prospérité au travail est tenue de faire crédit à celui-ci, d’autant plus que es travailleurs associés sont à même de donner toutes les garanties nécessaires.

Je poursuivrai 1 extension à TAlgériè de la loi sur les anciens lotissements.

Les travailleurs de la nier et le crédit maritime :

Les pécheurs réclament une réglementation mieux comprise de la pêche maritime. Je m’efforcerai de leur faire donner satisfaction. Je puis, d’ores et déjà, leur annoncer qu’une institution de crédit maritime, duc à mon initiative, fonctionnera dans quelques jours à Bône pour leur procurer le crédit nécessaire à leur industrie. ,

Les fonctionnaires :

4mi des fonctionnaires, dont le rôle est si important en Algérie, ami des ouvriers, je soutiendrai leurs légitimes revendications, je m'opposerai à la solution siu pliste des difficultés actuelles qui consisterait à réduire leurs traitements et salaires sans s’inquiéter de leurs besoins et de la nécessité de leur conserver un standard de vie acceptable. Ami aussi des retraités qui ont consacré leur vie à un service public, je n’oublierai pas que le paya doit assurer la sécurité de leurs vieux jours.

Les cheminots :

Les cheminots doivent pouvoir prétendre à toutes les bonifications coloniales et aux mêmes avantages qui sont assurés aux autres catégories de fonctionnaires*

Au cours de l'examen et de la discussion des nouvelles conventions je soutiendrai l1 unification des réseaux ferroviaires algériens sous la maîtrise et le contrôle effectif de

ITÈtaU

Les services de police :

A Bône j comme dans toutes les grandes villes d Algérie , 1 institution d une police d'Etat s'impose aussi bien en faveur du personnel que d un meilleur fonctionnement des services de police*

Employés et ouvriers communaux :

Dans le même ordre d’idées, je considère que ia plupart de nos communes ne peuvent, en raison de leurs ressources budgétaires réduites, assurer à leur personnel des traitements et des salaires suffisants et j’ai toujours estimé que la colonie dont les personnels communaux assurent de nombreux services d'Etat doit attribuer aux communes des subventions plus larges et mieux réparties au titre de participation dans les dépenses de leur personnel. Je ne cesserai de m’inspirer à cet effet des vœux émis par la fédération algérienne des employés et ouvriers municipaux*

Mais ces problèmes particuliers ne sauraient nous faire perdre de vue les graves questions qui préoccupent si légitimement Fopinion publique*

La crise économique :

La crise actuelle, dont il ne faut pas se dissimuler la gravité f sera résolue par une réorganisation économique susceptible d'accroître la production nationale et de favoriser son écoulement à T exportation, en facilitant les échanges internationaux.

Le commerce :

Le commerce* durement éprouvé par la crise, n'arrive plus à compenser ses frais gène raux par les bénéfices réalisés. 11 est atteint d’impôts trop lourds qui le paralysent. Des

aménagements s’imposent en sa faveur* La protection de la propriété commerciale est une de ses légitimes préoccupations. Toutes ses revendications trouveront auprès de moi l'appui qui leur est dû*

La lutte contre le chômage :

I! faut entreprendre sans délai la lutte contre le chômage et pour cela mettre d'abord à exécution le plan d1 outillage national* Il n’est pas admissible que, dans une société civilisée* les énergies ne trouvent pas à s’employer, alors que par le monde il y a encore tant à faire pour donner à tous les humains le minimum de satisfactions matérielles indispensables.

L’instruction publique ;

L’instruction du peuple doit être poursuivie par F extension de la gratuité de l’enseignement à tous les degrés aux intelligences susceptibles de la recevoir avec fruit, tant dans leur intérêt que dans Fintérêt social.

Les victimes de la guerre :

Les victimes de la guerre, mutilés, anciens combattants, veuves ou orphelins de guerre ont des droits que je ne laisserai pas prescrire.

L’assistance sociale et les familles nombreuses :

L7 assistance sociale, sous toutes ses formes* s’impose à l’attention des représentants de la nation. Les familles nombreuses ont droit à toute la sollicitude du législateur. Elles peuvent compter sur mon entier dévouement.

Les sports :

Les sportifs et les sociétés de sport* dont le rôle est si grand dans l’éducation physique du pays seule susceptible de donner des corps sains et robustes à des esprits sains et droits, méritent la sollicitude des Pouvoirs Publics. Mon concours entier est acquis au programme de construction de stades et d’encouragement aux sports.

Politique extérieure.

L’entente économique entre les peuples, l’arbitrage, la sécurité ;

Au point de vue extérieur, je suis partisan du respect des traités et d’une entente économique entre les peuples, La guerre est un fléau dont nous désirons tous éviter le retour. Tous ceux qui Font faite, et je suis Fun d’eux, Font définitivement condamnée. Les conflits internationaux doivent pouvoir trouver leur solution dans l'arbitrage et au sein de la Société des Nations.

Mais je suis aussi de ceux qui veulent la sécurité et qui pensent qu'une France désarmée serait une tentation trop forte pour les éléments de désordre qui subsistent en Europe et dans le monde, bien que le progrès moral tende heureusement à les faire disparaître, trop lentement à notre gré.

L’interdépendance économique des nations est aussi une garantie de paix. Le jour où les peuples auront su régler leurs rapports à ce point de vue, une cause importante de conflits armés aura disparu. Le problème des échanges mondiaux et de Faménagement du marché international doit donc retenir, au plus haut degré, l’attention de ceux qui ont la charge de diriger les destinées du pays.

Po H ticfu e a lgérien ne *

L'union douanière, les problèmes agricoles :

Au point de vue algérien, nous n'admeitrons jamais que l'Algérie qui vit, avec la France, sous le régime de l’union douanière, poisse faire l'objet d’un traitement d’exception.

Aucun des problèmes qui intéressent T agriculture en général et la viticulture en particulier ne m'est étranger et je saurai défendre leurs intérêts avec toute 1 énergie que j’ai déjà montrée.

Les transports maritimes, le port et l’aéroport de Boue :

L amélioration des transports entre la France et l1 Algérie est une question essentielle en raison des relations commerciales si importantes entre la métropole et la colonie qui se complètent au point de vue économique et aussi en raison du mouvement des populations entre les deux rives de la Méditerranée, et avec la Corse. Le port de Bons ne devra pas être oublié quand il s'agira de régler le nombre, la rapidité et la régularité des services.

Je suis tout acquis au programme de construction d'un aéroport à Bône.

Les lots de colonisation :

L'attribution des lots de colonisation aux algériens doit pouvoir être faite à tous les citoyens français, dès l'instant ou le candidat présente toutes les garanties désirables.

Application des lois: sociales :

II convient d étendre au plus tôt à l’ Algérie le bénéfice des lois sociales avec les aménagements que peut nécessiter la situation spéciale de la colonie.

Lutte contre la tuberculose :

La création de sanatoria et de préventoria en Algérie s'impose de toute urgence et je ne cesserai d'intervenir pour leur réalisation rapide,

Ennemi des vaines promesses, ceux qui me connaissent savent que je ne perdrai pas mon temps si je suis votre élu et que je m'attacherai à chercher des solutions pratiques à toutes les questions qui se poseront dans l’intérêt de la France, de l'Algérie et de la deuxième Circonscription.

Vous pouvez compter sur mon dévouement absolu.

Vive la France.

Vive la République.

Vive l'Algérie,

Vivent Bône et la deuxième circonscription.

J ose pu SERDA,

Ancien combattant, Croii de guerre.

Délégué financier.

3° circonscription de CONSTANTINE,

M. CUTTOLI, radical- socialiste.

Elu. au premier lotir de scrutin. — ■ 4*910 voix.

La poli ligue extérieure .

Sur le plan international, la législature qui s’achève a été marquée par des actes essentiels* Les accords fixant notre delte à l’égard de l’Angleterre et des Etats-Unis ont été ratifiés. Le Plan Young, qui devait être un règlement définit! des réparations et qui établissait un lien effectif entre les dettes et ies créances^ a été adopté* 11 n'a pas dépendu du Parlement français que les obligations qu'il imposait à nos débiteurs aient été suspendues. Notre pays ne saurait, en tout cas, rien abandonner de sa créance, sans la garantie d une réduction équivalente de sa dette. C'est dans cet esprit que devront être conclus les accords à intervenir ultérieurement.

Sous la direction donnée à ïa politique extérieure par le minent homme d’Etat et très regretté Président Briand, la France n’a cessé de manifester sa volonté de paix aussi bien dans les délicates négociations des dettes que par sa collaboration sincère aux institutions internationales, a Ja Société des Nations, à la création de TUnion européenne, à l’élaboration du pacte de renonciation à la guerre. Mais la paix est une création continue* A son ogranisalion méthodique et rationnelle, le Parlement et le Pays devront, au cours de la prochaine législature, consacrer des efforts redoublés Dans cet ordre d idées, la conférence du désarmement apparaît comme une heureuse étape dans la vole du rétablissement de la confiance entre les peuples et je n’hésite pas à dire que, soucieux autant que quiconque de la défense, de la sécurité et de l'intégralité nationales, je vois dans une réduction progressive et contrôlée des armements une garantie de paix.

Li économie et la production.

Ce n est pas seulement sur le pian politique, c'est aussi sur le plan économique que l'organisation internationale doit se réaliser. Une crise sévère pèse sur le monde. Elle est née du déséquilibre des facultés de production et de consommation.

Pour en conjurer les effets, les Etats dressent des barrières douanières de plus en plus élevées. Or, de telles mesures, loin de guérir le mai, l'aggravent parfois. Aussi, tout en reconnaissant que la production nationale doit être protégée, je considère qu'il est également d’autres remèdes aux maux dont souffrent les agriculteurs. C’est d’abord l'organisation et l'extension du crédit agricole. A cet égard la loi portant élévation du maximum d'émission des billets de la banque de l’Algérie et la loi de finances algérienne qui viennent d'être votées ont apporté à nos colons de nouvelles facilités. Ma satisfaction personnelle est grande d'avoir pu contribuer efficacement à les élargir. Mais le problème de la colonisation ne peut être envisagé sous le seul angle financier. De nombreux centres périclitent Le peuplement français est en régression; cette situation fait l’objet de ma vigilante attention. Pour la résoudre, de nouvelles mesures sont nécessaires. L'action concertée et disciplinée de vos élus dans les diverses assemblées saura les obtenir des pouvoirs publics.

La. situation financière.

Sans doule vos représentants au Parlement ne participent-ils pas au vote du budget de l’Algérie qu’une loi liberale a confié aux Délégations financières dont les prérogatives sont parfois méconnues et tenues en échec par une bureaucratie métropolitaine tracassière. Mais en fait, le budget de la Métropole conditionne les finances algériennes.

C’est ainsi, notamment, que la majeure partie des dépenses de personnel votées parle Parlement s’imposent inéluctablement à la Colonie. Il est donc nécessaire que je m'explique

Le budget de la Métropole, que la stabilisation monétaire réalisée en 1928 avait assaini, est maintenant en déficit, par suite de la crise économique. La nouvelle Chambre aura à bref délai à se préoccuper de le combler. Elle devra .demander un aménagement plus rationnel et une meilleure utilisation de la législation fiscale existante en même temps qn'une compression des dépenses. Il faut réaliser la réforme des services publics qui doit permettre une réduction du nombre des fonctionnaires ainsi que la révision des pensions qui est expressément demandée par les associations et groupements des victimes de la guerre qui peuvent compter, en ce qui concerne leurs légitimes revendications, sur mon agissante sollicitude. Les sages règles économiques doivent être enfin rétablies car on ne saurait indéfiniment demander aux finances de l'Etat de compenser les imprévoyances des entreprises privées qui, parfois, ont abusé de la confiance publique,

La politique intérieure.

Or, le redressement nécessaire ne pourra être réalisé que par la restauration du principe d’autorité sans lequel la démocratie ne peut tramer qu une vie précaire. Le mal réside dans l’mstabiilité gouvernementale, fruit de la lutte des parfis ci du développement immodéré des ambitions individuelles. Je proclame hautement que le régime parlementaire no pourra subsister que si ses représentants savent, en dehors de toute démagogie et par des moyens appropriés, assurer au Gouvernement l’unité et la continuité de vues nécessaires pour diriger la politique générale et l’administration du pays.

Foncièrement démocrate, homme de gauche, je suis partisan d un gouvernement d’union et de concentration des vrais républicains qui, établi en dehors des fractions extrêmes, sera délivré du souci de vivre au jour le jour et pourra avec la liberté desprit nécessaire se consacrer aux affaires publiques.

Fermement attaché aux principes de laïcité qui est le fondemenL de la République et l’assiette des libertés politiques, je reste fidèle à ma doctrine en répétant que la démoctatie, respectueuse de toutes les croyances, doit poursuivre sa marche en avant en distribuant l’enseignement à tous les degrés, à tons les enfants aptes à le recevoir, abstraction faite de toute considération de fortune, en développant les législations ouvrière et sociale ; habitalions à bon marché* aide aux familles nombreuses, institutions d assistance*

Tel est mon programme. Tels sont les principes directeurs qui guideront mon action politique si vous me renouvelez mon mandat législatif. Je puiserai dans ce nouveau témoignage de confiance une ardeur nouvelle pour défendre, avec une autorité accrue, en meme temps que les grands intérêts du pays, ceux de la 3e circouscription à laquelle m’attachenl des liens indéfectibles.

Jules GIjTTOLI

Député sortant*

OKAN

lre circonscription d'QRAN.

M. PARES, républicain de gauche.

Elu au deuxième tour de scrutin. — 10*981 voix,

Mes chers Concitoyens,

Il y a douze mois à peine, vous m’avez envoyé à la Chambre pour représenter la pre** mière circonscription d’Oran, et pour y prendra la place de celui qui fut le plus affectueux des amis en même temps que le plus respecté des chefs, M, le docteur Molle. C’était une tâche difficile : les sympathies ferventes, la grande puissance de travail, l’estime générale dont jouissait le regretté disparu laissaient une succession très lourde. Je Fai recueillie pieusement. Je me suis efforcé de continuer V oeuvre entreprise, avec îa seule idée de me rapprocher de mon prédécesseur dans toute la mesure du possible. Ai-je bien réussi? A vous de me le dire le 1er mai prochain, car je viens, aujourd’hui, solliciter le renouvellement de mon mandat.

Politique générale.

Ni mon programme ni mes principes ne peuvent avoir varié; l’expérience de ces quelques mois passés au Parlement les a seulement mûris et par cela meme fortifiés.

Les événements de ces derniers temps indiquent que, du point de vue cle la politique générale, les années 1931 et 1932 marqueront leur place dans l’histoire des peuples ; les nations, mal érorganisées depuis la paix, subissant encoreles dernier scontrecoups des catastrophes de la guerre, traversent des crises graves dont la Chambre qui va se constituer, doit trouver les solutions.

Les Gouvernements qui sont succédé depuis 1926, soutenus par une majorité nationale à laquelle j'appartiens et dont j’ai toujours accepté Strictement la discipline, ont trouvé en toutes circonstances 1 énergie et la clairvoyance nécessaires pour sauvegarder à la fois îa securité du pays, sa prospérité, et pour lui reconquérir, par une habile politique internationale, le grand prestige et l’influence rayonnante qu'il a toujours exercé dans le monde,

A de certains moments, il a paru que, jamais depuis la guerre, la paix n’avait été aussi incertaine et aussi menacée. En Allemagne, l’idée de revanche avait pris des proportions inquiétantes; I‘ Italie a pu nous inspirer quelques inquiétudes; en Europe centrale se sont manifestées quelques agitations nationalistes; l’Angleterre a subi un crise économique qui pouvait donner à sa politique une orientation nouvelle et, dans le lointain, la Russie mystérieuse a fixé notre attention anxieuse.

La France veut la paix. Tous les Français, sans aucune exception, la désirent. Mais cette paix a pour première garantie la sécurité de la France; cette sécurité a pour condition le maintien de notre armée et le respect des traités qui constitue l’élément essentiel de 1 équilibre européen. Eu face des internationalistes qui, sous prétexte d assurer la paix, déclarent qu’ils veulent désarmer îa France, les républicains nationaux demandent l’observation d’une attitude prudente et ferme, exempte de tout nationalisme provoquant. Ils cher-

chcnt, pour le salut de la France* à conserver les amitiés précieuses qu'elle s'est acquise avant et pendant la guerre.

Le travail français doit être défendu par la protection de l'épargne, de l’agriculture, de l'industrie, du commerce, et des forces morales du pays. Le travailleur français* qui paye l’impôt et remplit ses obligations militaires* mérite toute la sollicitude du Gouvernement.

L industrie française sous toutes ses formes doit être protégée contre la concurrence étrangère. Les produits de la France et des colonies doivent trouver dans le sein de la grande France métropolitaine et d’outre-mer tous les encouragements et toutes les protections nécessaires pour éviter la concurrence étrangère.

L’épargne* le bas de laine français, doivent être protégés contre les requins de la bourse et mis à l'abri des combinaisons de la finance internationale et alimenter tout d’abord le travail français.

Il faut que l'agriculture de la France et de ses colonies soit également encouragée et protégée, et que les produits de notre sol apportent au travailleur des champs la juste rémunération de ses efforts.

Politique sociale „

Elle est basée sur un seul principe : t L'amour de la France doit se concilier avec l’amour du peuple. » Tous les problèmes sociaux doivent se résoudre, non pas par de folles surenchères démagogiques ou électorales, entreprises sous le prétexte d améliorer le sort des travailleurs, maïs par les seuls enseignements du bon sens et de 1 équité.

Je répudierai tout ce qui peut provoquer le bouleversement de 1 ordre établi.

Dans la crise économique considérable qui s est abattue sur le monde entier et dont la France se trouve actuellement atteinte^] fauL apporter les solutions appropriées aux besoins du peuple, à ses difficultés et à ses souffrances; le plan d équipement national, la constitution des caisses de chômage et une série de lois sociales qui viennent d être votées constituent la première étape efficace vers ces réalisations nécessaires, hiles sonL insuffisantes; il est indispensable de les compléter sans aggraver trop lourdement les charges qui pèsent sur le contribuable et en laissant intacts les facteurs essentiels de la prospérité du pays.

L'appHcation des lois sur les habitations à bon marché et p articulièmii en t de celles relatives aux anciens! combattants, est entravée par des formalités trop langues; la loi sur les assurances sociales dont le principe d’humanité et de nécessité sociale est incontestable doit être rendue applicable à Algérie dès que les réformes indispensables y auront été apportées : l'expérience indique que cette loi doit être rendue facultative et placée dans le cadre de la mutualité*

Les institutions d'hygiène et de prévoyance publique, de solidarité profession nelle et de mutualité agricole particulièrement, ont reçu de larges subventions; il convient maintenant de leur donner un statut définitif.

Trop souvent l’initiative privée - a dû se substituer à l’Etat détaillant pour encourager et défendre la famille; c'est cependant autour de oeite cellule que doivent être réalisés les plus beaux progrès sociaux. La protection de l'enfance, l’assistance aux mères, Taide effective aux familles nombreuses que quelques lois ont déjà favorisése, seront toujours >u premier rang de mes, préoccupations.

Dans ce sens, il apparaît comme indispensable de réaliser par le vote des femmes, dans un avenir aussi prochain que possible, la collaboration de tous les éléments actifs du pays.

Poli tique a lg ê rie n ne *

La situation économique de nos trois départements algériens subit une crise douloureuse, conséquence de la grande crise mondiale, de me suis efforce de taire hâter la i * point des projets tendant à réaliser le chemin de fer transsaharien> qui donneiait un t v loppement considérable au département d’Üran, en même temps^ qu’il ouvrirait de grau

possibilités de travail aux industries et aux ouvriers de la France et de l'Algérie; des emprunts ont été votés, permettant à l’Algérie de commencer sans retard un vaste programme d'outillage colonial.

Par-dessus tout, la plus grave préoccupation de l'heure présente, celle sur qui repose l'avenir du département, c'est la situation de F agriculture. En matière de viticulture, la loi du 4 juillet 1931 et les décrets qui ont été pris pour en régler l'application sont loin de donner satisfaction aux viticulteurs algériens. Les producteurs méridionaux, sans se rendre compte de l’injustice de leur attitude, semblent vouloir provoquer une nouvelle offensive contre les vins algériens. Cependant, le principe de solidarité nationale a été définitivement établi par le gouvernement de M. Tardieu et par le Parlement tout entier. Il ne doit y être porté aucuue atteinte ; c’est le premier devoir du représentant de i’arrondïscement d’Oran que de veiller rigoureusement à la sauvegarde et au maintien intégral de ce principe, II doit également étudier, dans une collaboration étroite avec les intéressés et leurs représentants professionnels, Les modifications qu’il faut apporter à la loi du 4 juillet 1931 dans l’intérêt de la production algérienne.

Les nécessités actuelles imposent une politique douanière sévère pour la sauvegarde des eéréaiicuUeurs, des primeuristes, des producteurs d’agrumes et des éleveurs de bétail oranais ; le Gouvernement actuellement en fonctions et sa majorité en ont toujours été les partisans. La réalisation de ces mesures ne saurait souffrir aucune difficulté.

Nos céréalieulteurs sont, en ce moment, durement frappés par une série de calamités d'une gravité exceptionnelle. Les producteurs de coton sont ruinés. Il est d'un intérêt vital, pour la colonie, que toutes mesures soient prises sans délai, pour L’organisation des secours, par des caisses spéciales, la constitution de crédits plus ^largement dotés et le vote de mesures de bienveillance exceptionnelle en faveur de toutes les victimes.

Le statut des chemins de fer algériens doit trouver sa solution dans l'unification de leur exploitation ; il est nécessaire de mettre au point un régime ménageant à la fois les intérêts des cheminots et des usagers, en dehors de tout système qui serait uniquement basé sur des tendances d’ordre purement politique.

Les compagnies de navigation sont maintenant frappées dans leur activité et dans leurs possibilités financières ; certaines ont recherché l’appui de l'Etat et de sa trésorerie ; U est indispensable de saisir cette occasion d’apporter dans leur mode d’uxploitaiion et dans leurs tarifs les améliorations et modifications qu'imposent actuellement à la fois les progrès techniques réalisés au cours de ces dernières années, la concurrence étrangère et la situation des chargeurs algériens.

Enfin, plus que jamais, les fonctionnaires algériens de tout ordre appellent toute l’ attention des pouvoirs publics; leur tâche devient chaque jour plus difficile et plus compliquée ; leur mérite s'en accroît ; ils doivent trouver les légitimes satisfactions auxquelles ils ont droit; ils savent qu’ils peuvent compter sur moi.

Electeurs latins de la lrfl circonscription I

Je suis resté fidèle au programme local que je vous avais exposé dans ma dernière proclamation ; la récente consultation électorale qui m a valu le mandat de député a montré que tous les électeurs latins, sans aucune exception, s’étaient rangés autour de moi et avaient fait un iront unique sur mon nom et mon programme. J’ai lutté pour eux tous du même cœur, obtenant déjà des résultats dont j’ai le droit d’être fier. Par une propagande active que j’ai poursuivie dans la France entière, j'ai dénoncé Les procédés et les buts de la haute finance judéo-germano- américaine. Dans le scinde ma circonscription, j’ai renforcé les barrières élevées sur le terraain politique ; l'œuvre commencée avant moi par le regreLLé docteur Molle s’élève, intacte, et plus forte que jamais.

Je renouvelle l'engagement de m’opposer avec énergie au vote d’une loi dont l’objet serait de faire naturaliser en masse les isra élites marocains et tunisiens.

Je m engage, en outre, à combattre la politique du Cartel des gauches et à lutter

contre une minorité ethnique qui, pour des buts poltiiques ou des intérêts locaux, se met au service des partis de désordre et de révolution.

Les bons citoyens, les bons Français, notre bon peuple oranais et oranien, qui a puisé dans les sources de la latinité un esprit sain, un admirable instinct de la conservation, ceux-là me donneront leur confiance.

Je sais que pour chercher à nous diviser., certains de nos adversaires politiques les plus acharnés tentent une manœuvre trop facile à concevoir. Ils ont appelé à leur secours un homme qui, sous le couvert d’affirmations jamais établies ni prouvées, profane tout le passé de lutte, d’abnégation et de courage civique qui est celui du parti dont j’ai été l’élu. Cependant, malgré tous les efforts accomplis de l’autre côté de la barricade, la manœuvre est maintenant déjouée. Plus que jamais, plus étroitement que dans les périodes d'union profonde, il est nécessaire d’aller à la lutte en rangs serrés, coude à coude, dans la certitude d’un triomphe de dignité et de fraternité.

Vive rOranie î Vive l1 Algérie 1 Vive la France î Vive la République 1

Michel PARES

Chevalier de la Légion d'honneur.

Croix de guerre.

Avocat au barreau d'Qran.

Conseiller municipal Député aortant.

2e circonscription d'ORAN.

M, B R 1ÈRE, républicain de gauche.

Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,2ÜS voix.

Mes chers Concitoyens,

Vous m’aviez fait l’honneur, il y a quaLre ans, de m’envoyer siéger au Parlement parmi les 450 déptrtés qui s’étaient réclamés de la politique de M. Poincaré ; je suis l’un des 330 qui ont été fidèles â leur parole et soutenu les Gouvernements successifs Poincaré, Laval, Tardieu.

Durant ces quatre années de mandat, j’ai fait mon apprentissage parlementaire, et si mes interventions à 'la tribune furent assez rares, c’est que j’estimais, pour commencer, devoir les borner aux sujets que je connaissais bien, particulièrement 1 agricultuie.

C’est ainsi que j’eus à prendre la parole sur la protection des blés durs, le contingentement des légumes secs, la viticulture. Le travail réellement utile étant, non pas les dbcours en séance, mais bien les discussions dans les commissions, j'ai eu la lourde tâche de rep seater, arec mon collègue Ricci, l’Algérie à la Commission interministérielle de la viticulture. Et je revendique, comme un résultat personnel, l'incorporation, dans la 01 (u

No 2145

4 juillet 1931, de la disposition autorisant la plantation jusqu'à 10 hectares, selon le texte d’un amendement que j'avais déposé un an auparavant.

En collaboration avec mes collègues algérois, j’ai contribué au vote des projets intéressant r Algérie -

" Emprunt de '3.400 millions pour les grands travaux.

— Convention avec la Banque d’Algérie, qui va mettre à la disposition de la colonie, AS millions pour le crédit agricole et 31 millions pour les oeuvres d’assistance sociale.

— Mise à exécution du chemin de fer Zoudj-el-Üeghai — Nemours.

— Déclassement d’une partie dos terrains militaires de Nemours.

Je n’ai pas perdu de vue, non plus, les grands projets de iiaisonT par terre et par l’air, entre la France et son empire africain. Grâce à de fréquents échanges do vues entre représentants de i Algérie, sous les auspices dn Comité d’études du transsaharien , noos sommes arrivés a une formule acceptée par tous et qui prévoit le tracé ouest aboutissant à Oran.

Pour les lignes aériennes auxquelles je me suis particulièrement intéressé, comme membre de la Commission de l’aéronautique, je me suis efforcé, en m’opposant au projet d une ligne Tunis — Tchad, de faire admettre la priorité en faveur de ï’itinéraire par Gram., qui sera presque certainement celui adopté par la Compagnie belge pour la jonction Be Igi que— France —Go ng o — M ada g asea r .

En vue du développement de l'aviation civile, j’ai obtenu des subventions en faveur des aéro- clubs de la circonscription, notamment de Bel-Àbbès, et j’espère en faire bénéficier aussi ceux de TIemcen et Témouchenl*

Le rôle d’un député algérien ne se borne pas à la défense des intérêts particuliers de la colonie; on peut même dire que, s’il a à s’en occuper, ce n’est que pour seconder l’action des assemblées algériennes qui, chargées d’établir le budget, conservent l’initiative des projets.

Aussi la tâche la plus vaste du députe embrasse-t-elle toutes les questions d’ordre national.

Qu'il s’agisse d’équilibre financier, de remèdes à apporter à la crise économique, de secours aux chômeurs, de développement des oeuvres d’assis Lance sociale, de revalorisation des traitements et retraites, d outillage national, je me suis constamment associé aux efforts des Gouvernements successifs, en vue d’accorder aux intéressés l’aide la plus large, limitée seulement — il Ta fallu plus d’une fois — par les possibilités de nos finances qui doivent, avant tout, rester saines, dans l’inLérôt de tous les Français, quels qu’ils soient.

Nos préoccupations, dans la prochaine Chambre, devront être de maintenir T équilibre budgétaire et d’assurer notre sécurité extérieure. Fidèles à l’idée de collaboration internationale et de rapprochement entre les peuples, qui fut la pensée constante de notre illustre Ministre des Affaires étrangères, M. Aristide Briand, nous sommes disposés à poursuivre et amplifier les arrangements déjà conclus, ou actuellement en cours, pour arriver à la réduction des armements sous la réserve :

4~— que nous ne serons pas les seuls à désarmer ;

qu’une organisation internationale, encore à créer, sera en mesure d'assurer notre tranquillité, faute de quoi nous devrons y veiller nous- mêmes ; ’

— que le respect des contrats demeure intangible ;

enfin, que nous n ayons pas à décaisser, pour nos dettes de guerre j plus que nous ne recevrons de nos débiteurs.

La paix, condition première de 1 activité économique féconde, étant garantie, nous devrons nous employer à réaliser au moins quelques-unes des réformes qu’attendent les citoyens français et il faut se borner à énumérer seulement les plus urgentes ;

i,J Réformes potiliquàs. — Réduction d’un tiers du nombre des députés et sénateurs.

Vote de la représentation proportionnelle intégrale, avec organisation de grandes régions. Suffrage féminin et vote familial.

2“ Réforme administrative. — Suppression des départements et réorganisation par régions, qui permettraient l’économie par extinction de 60 préfets et 200 sous-préfets. Parallèlement, simplification de tous les rouages administratifs et judiciaires : allégement de la paperasserie-

3® Réformes financières. — Simplification des impôts, établissement du casier fiscal individuel, dégrèvement du travail, diminution des impôts de consommation.

Ces réformes — et beaucoup d’autres qui seraient non moins nécessaires — exigent, en premier lieu, la continuité politique et la collaboration de tous les éléments d’ordre.

Nous espérons que tous les élus acquis aux idées essentielles de paix intérieure et extérieure de collaboration des classes, de défense de la propriété et de la famille, sauront s’unir en une large majorité républicaine, sans attendre le jour où il laudrait le faire, sous l’empire des nécessités pressantes, comme en 1914, devant la guerre, comme en 1926, devant la faillite. Ces idées, ce programme, qui étaient les miens en 1928, ils le sont encore aujourd'hui, et si les électeurs me renvoient au Parlement, je m’appliquerai à le9 faire triompher, comme je m’y suis dévoué durant quatre ans, ferme toujours et loyalement fidèle à mes promesses, ce qui est le premier devoir d’un élu républicain, soucieux de l’avenir de la patrie ; la petite comme la grande, l'Algérie comme la 1< rance.

Henry BRIÈRE

Député sortant..

Chevalier de la Légion d’houneur.

Croîs de guerre.

3e circonscription d'ORAN*

M. ROüX-FREISSINENG, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin. — 8 160 voix.

Mes chers Concitoyens,

C’est en 1919, que, sur l’invitation expresse des anciens combattants de l'Oramequi tenaient essentiellement à envoyer au Parlement un des leurs, j'ai paur la première fois brigué vos suffrages. Depuis celte époque, d’abord avec mon ami Petit, j’ai représente tou le département, et ensuite a partir de 1928, la 3e circonscription.

Mon programme n'a jamais varié. Programme très net et d'union républicaine » on 7 il y a quatre ans, dans ma profession de foi, je résumais ainsi les grandes lignes*

La République intangible :

Le maintien des principes qui en sont considérés comme le fondement : lois de laïcité. L’enseignement accessible à tous, liberté de cet enseignement dans l’observance tes ois. Respect absolu de toutes les croyances et libre exercice de tous les cultes.

Dans l’ordre social :

Etablissement par tons les moyens appropriés de la bonne harmonie entre le capital et le travail dont les cors Hits ont pour tous des conséquences désastreuses. Coopération toujours plus étroite (et de la part du patronat généreuse) de ces deux facteurs puissants de la prospérité nationale.

Amélioration de la situation des fonctionnaires.

Augmentation des retraites et aussi leur péréquation depuis si longtemps réclamée.

Aide aux chefs de familles nombreuses.

Dispositions propres à faire disparaître définitivement la crise des logements.

Au point de vue économique :

Augmentation de protection de îa production agricole et de la protection industrielle.

Au point de vue financier :

Achèvement du redressement de îa situation si gravement compromise par la guerre (Amortissement de la dette. Rétablissement de Y équilibre budgétaire) œuvre si courageusement commencée par l'homme éminent qui présidait a cette époque aux destinées de la France.

J'ai, cette fois-ci, comme par le passé — - je crois avoir le droit de l'affirmer — * rempli loyalement mon mandat.

Je n'ai pas cessé, sans me départir, d ailleurs, du plus grand libéralisme, de défendre les idées républicaines lorsqu'elles ont été mises en cause. J'ai repoussé les propositions el combattu les entreprises tout à la fois de ceux qui tendent ouvertement ou par des menées obliques à faire dévier nos institutions vers un régime de dictature, et de ceux aussi qui, suivant une voie en apparence opposée, s'efforcent de bouleverser notre société pour y instituer finalement, sous prétexte d'égalité et de nivellement social, une autre tyrannie qui ne serait pas moins lourde à supporter et qui étouffer ait délibérément et par avance toute initiative privée, toute liberté individuelle.

Je me suis opposé à toute suggestion de nature à faire revivre les querelles religieuses — dont le pays ne veut plus — ou à établir une distinction quelconque enLre les citoyens d'origine différente.

J’ai soutenu toutes les mesures qui pouvaient rendre meilleures les conditions d’existence des combattants et des victimes de la guerre.

Je me suis associé à toute action parlementaire ayant pour but d'apporter au sort des fonctionnaires, des cheminots qui doivent normalement leur être assimilés, des retraités, des chefs de familles nombreuses et des ouvriers de toutes catégories, les améliorations qu'ils réclamaient, cela dans l’extrême mesure permise par l'étaf de nos finances.

Je me suis efforcé, d’une façon générale, de venir en aide à tous ceux qui, au milieu des choses de la vie sociale, semblaient dans l’impossibilité de se défendre.

Je n’ai pas hésité, à cet effet, de heurter même fortement, toutes les fois qu'il a fallu, ces puissances financières ou économiques qui semblent par instant constituer comme un Etat dans l'Etat. C'est ainsi que j'ai poursuivi sans arrêt la lutte que j’avais engagée contre tout fermement français pour la réforme des connaissements et que je suis parvenu à faire voter par la Chambre des Députés la loi interdisant l’insertion dans ces connaissements des clauses par lesquelles les compagnies de navigation se sont exonérées jusqu'à présent de toute responsabilité ou ont imposé aux plaideurs le tribunal qu’elles avaient choisi.

J’ai enfin, politiquement, ainsi que je l’avais solennellement promis, donné au président Poincaré mon appui lé plus complet pour lui permettre de mener à bonne fin la grande et lourde tâche qu'il avait avec tant de bonheur entreprise.

En dehors de celte activité d'ordre général, je me suis tout naturellement préoccupé d'une façon plus particulière des questions qui intéressaient spécial eme ni l Algérie,

Au cours de la législature précédente et entre autres travaux, j'avais fait voter :

D’abord, la loi sur la propriété foncière qui a donné la sécurité aux acheteurs de ferres non encore francisées et aux indigènes d'en disposer librement alors qu’ils en avaient auparavant (au moins quand elles revêtaient le caractère arch) qu'une possession précaire.

Ensuite, la loi organisant le crédit agricole à moyen terme par la création de la Caisse foncière agricole, que j’ai pu soustraire à l’emprise (dont les résultats auraient été bien fâcheux) de la Caisse nationale agricole métropolitaine.

J’étais intervenu, d'autre part, avec le succès et les résultats que vous connaissez dans la discussion ouverte au sujet de la guerre du Riff — qui constituait un danger si sérieux non seulement pour le Maroc mais encore pour 1 Algérie limitrophe.

J’avais fait adopter l’emprunt relatif aux chemins de fer marocains, parmi lesquels celui de Fez à Oudjda destiné à relier l'Empire chérifien à notre colonie.

Au cours de la législature dernière je me suis occupé, avant toutes choses, des problêmes du blé et du vin.

Blés :

Avec les membres du groupe de défense paysanne et nos collègues de la représentation algérienne-, j’ai fait admettre qu’un pourcentage des blés tendres indigènes (métropolitains et algériens) serait imposé dans la panification — ^ pourcentage qui peut vaiiei suivant la nécessité de l1 heure.

Une disposition analogue a été obtenue — non sans peine — pour les bl'és durs (que La métropole ne peut produire) dans la fabrication des semoules et des pâtes alimentaires.

J’ai déposé et fait voter un amendement réduisant à 0 fr. 55 le droit d importation de 2 0/0 sur les blés durs, et suis arrivé dans la dernière loi de finances à faire supprimer ce droit complètement.

Je me suis associé énergiquement au nom de la Commission de l’Algérie à tous mes collègues algériens et coloniaux pour empêcher que les majorations du droit d importation, prévue pour les marchandises étrangères, fussent appliquées aux autres produits d origine algérienne ou coloniale et nous avons eu gain do cause.

Vins :

J’ai combattu de toutes mes forces les propositions faites sous Y inspiration des viticulteurs du Midi, d’abord pour faire contingenter les vins algériens, à leur entrée dans a métropole, ensuite pour limiter les plantations de vigne (interdiction qui devait atteint re

plus particulièrement l’Algérie) . . . .

Depuis que les décrets des 20 et 23 décembre 1931 sur le blocage et les réquisitions d’alcool ont été promulgués, je me suis attaché à en démontrer l’illégalité et l’moppor unité, et encore à en atténuer l’interprétation primitivement très rigoureuse donnée a l1 administration).

Agrumes :

J’ai fait voter un amendement relevant les droits de douanes et demande dune lato» continue ramélioration des conditions de transport*

Colonisation :

Je me suis, avec persistance, employé à augmenter le crédit agricole, et sais Intervenu auprès de la Banque de l'Algérie (avec mes collègues algériens) pour qu’elle consentît, à 1’occaaîon de la modification de ses statuts, à élever de 50 à 80 millions l’avance sans intérêts qu'elle doit consentir à la colonie — avance qui doit être consacrée en majeure partie à intensifier le crédit — à intérêts réduits aux cultivateurs, surtout à moyen et long terme.

j ai, de plus, demandé à la même banque de consentir des prêts aux caisses agricoles, sans l’intermédiaire des établissements de crédit.

J ai obtenu des améliorations très appréciables de la situation si malheureuse des colons de certains centres tout à fait déshérités (notamment dans le Sersou).

Pour les victimes de sinistres, j’ai fait de grands efforts pour activer les secours (Mostaganen, Perrégaux et tous autres).

De même pour les victimes de la mévente des cotons, des oranges, des artiehauds, etc.

Enfin, et en toute occasion, j ai fait des interventions pressantes pour hâter îa construction ou l'achèvement de travaux hydrauliques (barrages de toute nature et canaux).

Finances :

J ai etc rapporteur de tous les projets d emprunt algériens, et suis parvenu à applanir les difficultés, quelquefois grandes, qu’ils soulevaient.

Récemment : emprunt de 30 millions pour les sinistrés. — Emprunt de 100 millions a p$ur ks territoires du Sud. — Emprunt de 3 milliards 400 millions réduit provisoirement à 2 milliards 400 millions avec l’agrément du Gouverneur général. 800 millions demeurant à la disposition de la colonie qui rendront possible la continuation des travaux commencés et Fou ver turc de nombreux autres chantiers pour supprimer le chômage.

Magistrature algérienne :

La question des traitements n’a cessé d'éveiller tonte ma sollicitude. *

J ai, comme conséquence du relèvement de la compétence des juges de paix de la métropole, provoque le décret qui a étendu la compétence des juges de paix de l’intérieur en Algérie — et déposé aussi la proposition de loi définitivement votée qui a mis en accord avec les juges métropolitains nos juges de paix siégeant dans les vilEes où se trouvent installés des tribunaux de première instance.

A la suite de la suppression des tribunaux répressifs, j’ai fait suspendre un certain nombre de nominations de présidents et procureurs, pour ne pas priver des nominations supplémentaires, imposées par la réforme, les magistrats qui allaient dans un avenir prochain être portés au tableau d’avancement.

Confins algéro- marocains ;

Je n’ai pas perdu de vue un instant la sécurité du Sud-Oranais mise en danger par les incursions des dissidents marocains, qui est si importante pour V Algérie tout entière

J ai suivi sans arrêt la pacification des confins algéro -marocains, j*ai suggéré et faij adopter par mes interventions répétées le commandement unique. Fréquemment je suis allé sur place dans les derniers postes créés afin de pouvoir fournir au Parlement les renseignements les plus précis, ne négligeant rien pour inciter le Gouvernement à intensifie/u ne action qui, finalement, a abouti à l’occupation — sans effusion de sang — du T afilalet.

Territoire du Sud :

J ai apporté une sollicitude toute spéciale aux territoires du Sud qui, à part les membres des commissions spéciales, n’ont d'autre représentant élu que lear député.

J’ai saisi le Parlement d’un projet d'annexion à l’Algérie d'une partie de ces territoires et de réorganisation de ceux qui ne seraient pas l’objet de ce rattachement.

Transsaharien :

Je n’ai cessé de suivre de très près l’affaire du transsaharien. Le premier, j’ai déposé devant la Chambre une proposition de résolution tendant à faire recluser cette œuvre grandiose et d’un intérêt si puissant pour l’avenir de l’ Afrique du Nord a ms, que de nos possessions de l'Afrique centrale (A. 0. F., A. E. F.). H deviendra 1. tra -africain-

J'ai été rapporteur du projet qui a organisé un comité d et, ides J a, soutenu les conclusions de ce comité devant la grande Commission qui a décide de la construction et du

tracé ; j’ai défendu le tracé par Oran, qui a été à la fin adopte.

Le proje L définitif — élaboré à cette heure par le Ministère des Tra vaux pub ics sera sûrement déposé devant le Parlement et voté, dès le début de la prochaine législature.

Affaire (le Nemours:

Je me suis opposé de toutes mes forces et suis intervenu pour cela à la tribune de la

Chambre, nu projet conçu par le Maroc de créer une vo.e pas ée8 avec

port en ce point de la côte marocaine (en violation manifeste des conventions passées avec T Algérie! port qui n’aurait pu être qu’un grand port, du genre de celui de Casablanca, du coût minimum d. 300 million. (r.pporL d. Pio.pcctcnr gé.ér.l d»*™» ds f" r“‘*‘ neilïis) et serait devenu la tête du transsahanen pour le plus grand dommage „ ■ .

Le Président du Conseil, sur mes objurgations, a obligé le Protectorat à renoncer à ce projet et à exécuter l’engagement pris vis-à-vis de notre colonie.

Projet de rattachement du réseau cranais de 1 Elut au P.-L.-M. .

Pal de même, fait opposition, en accord avec mon collègue Parcs, à ce qu’il fût donne .nuA 11 oûSiL conclue avec le P.-L.-M.; M. le Gouverneur généré e'e.i, .» derme lieu, rallié à l'unification immédiate des réseaux algériens pour laquelle il va proposer projet aux assemblées algériennes et au Parlement.

Aviation :

Je lutte depuis fort longtemps pour faire passer par l'Orame la ligne aerienne Bruxelles

CWo— Madagascar. Je l’ai demandé à la tribune.

L’accord qui vient d’être signé avec la Belgique prévoit les deux voies Oran, et les prévisions sont que la compagnie française utilisera le paicoui =

Alger et que la compagnie belge suivra l’itinéraire Oran. , , r

b Je suis intervenu de façon très pressante pour hâter la mise en tram de la ligne Casa

Enfin, j’ai apporté tous mes soins à favoriser la création et le développement de champs d’aviation d'ordre touristique; j’ai réussi tout dernièrement à faire accorder a 1 Aero Uuh de Tiaret un terrain de la jumenterie pour y installer son aerodrome.

La situation actuelle de la France.

La grande œuvre de redressement financier accomplie par le Président Pomcare u a pas eu, hélas 1 de suite durable. , ■. , u raonde

Une véritable tourmente s’est abattue sur 1 univers et ehe a pio entier un bouleversement sans précédent. très vive.

La secousse a été en France peut- être moins forte qu ailleurs, mais «pendant tr^^^ , La crise est tout ensemble d'ordre financier et d ordre économique, et nous en éprouver cruellement les effets.

À l'intérieur :

La catastrophe a été financière tout Sabord, la Bourse a vu des dépréciations de valeurs que l’on avait pas enregistrées depuis la guerre.

La répercussion sur les banques et le crédit a été immédiate et brutale.

L’agriculture est durement atteinte. Des barrières douanières se sont subitement élevées autour de nous, qui ferment â nos produits leurs marchés les plus anciens.

D'autre part, nous avons été envahis par des productions de pays étrangers.

Il a fallu des contingentements rigoureux pour arrêter le flot qui nous submergeait.

L'industrie, de son côté, a été sévèrement éprouvée* Nombre d'usines ont fermé leurs portes. D'autres, au prix de grands sacrifices, demeurent ouvertes, mais Remploient plus quTun personnel restreint, ou ne l’ utilisent que quelques jours par semaine.

Gomme conséquence terrible, un chômage qui va sans cesse grandissant.

On a essayé par tous les moyens de combattre ce fléau : Secours aux chômeurs, vote d'une nouvelle tranche de Fou tillage nation al. Mais si Ton a pu en atténuer quelque peu les effets, l'on n’est point parvenu à le faire disparaître.

Nos finances enfin ont subi le contre-coup de tous ces troubles. Nos recettes ont fléchi. 11 a été indispensable de renflouer certaines entreprises d'intérêt général et national. Les caisses du Trésor ont été vidées et notre équilibre budgétaire a été rompu.

A l'extérieur :

De gros nuages obscurcissent l’horizon ;

La proposition du président Iloover, qui a eu pour effet immédiat F ajournement du payement des dettes interalliées, a suspendu aussi celui des réparations, D'ou un déficit sensible dans le budget.

Elle a incité; de plus, l’Allemagne à déclarer sans ambages qu'elle serait désormais dans l'impossibilité d'exécuter le plan Young et de satisfaire à ses obligations,

La conférence de Lausanne, provisoirement renvoyée à une date ultérieure, doit, suivant elle, avoir pour objet de consacrer définitivement cette défaillance.

Cependant la France; quel que soit soit son désir de conciliation, est en droit, honnêtement, d’exiger :

1# Que les traités soient respectés et qu’il n'y soit point apporte de modifications sans le couse n terne ei t de toutes les parties contractantes ;

%° Qu’elle ne puisse être tenue d'acquitter les dettes interalliées queutant que l'Allemagne fera face à ses engagements.

En ce qui concerne le désarmement, la France a soumis elle-même, à la conférence de Genève, un projet mûrement étudié, avec une sincérité absolue, qui tend à doter la Société des Nations d'une force internationale lui permettant, dans l'avenir, d’assurer Fexëeution de ses décisions.

Elle a ainsi apporté, une fois de plus, la démonstration de ses intentions éminemment pacifiques, qu’elle n'a cessé d’ailleurs de manifester publiquement depuis le traité de Versailles.

Certes, la guerre, avec ses atrocités, nous fait à tous horreur*

Ce projet aurait dû recevoir un accueil enthousiaste; iï a pourtant soulevé les critiques les plus acerbes et les moins justifiées.

Nous ne pouvons cependant accepter de renoncer aux précautions prises pour la défense nationale tant que ne sera pas tout à fait certaine, en dehors de ces précautions, notre sécurité et celle de nos colonies.

En présence de ces problèmes redoutables il apparaît que plus que jamais sont nécessaires, pour parer aux dangers qui nous menacent, la collaboration et [‘union étroites non seulement de tous les républicains, car Ton peut craindre un ébranlement du régime, mais aussi — je ne crains point de répéter ce que j’afnrmais déjà en 1923, puisqu’il s’agit du salut du pays — de tous les bons Français,

C’est dans cet esprit, si vous voulez bien me renouveler 3a confiance flatteuse dont vous m’avez fourni les témoignages continus depuis douze ans, que tout en demeurant fidèle à mon programme auquel je n’ai rien a changer, j’emploierai à nouveau de plein cœur, toute mon activité, toutes les forces de mon intelligence, de mon expérience et de mon dévoue^ ment, à bien servir jusqu’au bout la République, F Algérie et la France,

ROUX-FREISSINENG

Avocat,

Ancien bâtonnier.

Officier de la, Légion d'honneur, Croîï de guerre.

Député sortant

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