‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 36 sur 260 · NT · texte numérisé non relu

NT

Circonscription de VIRE.

M. CAUTRU, U. R.D.

Elu au premier tour de scrutin. — 8.843 voix.

Mes chers Concitoyens,

La législature qui s'achève a poursuivi l'œuvre de restauration financière commencée par le Président Poincaré en 1926; depuis cinq ans, près de 20 milliards de notre dette publique ont été amortis; les impôts de l’Etat ont été réduits de 6 milliards en 1930 et notre monnaie nationale est aujourd’hui gagée sur une réserve métallique qui ne fut jamais aussi importante. J

Dans le meme temps qu'elle rétablissait son crédit, la France démontrait au monde, en toute occasion, son ardente volonté de conciliation et de paix.

La I- rance a affirme sa volonté de paix. Elle accomplissait récemment, à Genève, l’acte décisif qui doit en faire la réalité de demain.

„ Organiser la paix sur des bases solides et durables, dans le respect des traités sera la tacne essentielle de la législature prochaine.

Assurer contre toute surprise la sécurité de nos frontières, régler les difficultés qui peuvent s'élever entre les [peuples par la voie de l’arbitrage sous le contrôle de la Société es isations, fixer et organiser les sanctions qui doivent en assurer le respect, tel est le programme à réaliser si nous voulons bannir à jamais la guerre, réduire la charge de plus en plus lourde des armements et permettre à tous les peuples de consacrer désormais leurs efforts au développement de leurs facultés productives et de leurs œuvres sociales en vue de procurer à chacun le maximum de bien-être et de sécurité.

Grâce a l'harmonieux équilibre des ressources de son sol et h la sagesse de ses dirigeants, notre pays a résisté plus longtemps qu’aucun autre aux atteintes d'une crise économique sans précédent. Nous la subissons à notre tour, atténuée par la mise en œuvre du plan d outillage national pour lequel les pouvoirs publics ont, dès maintenant, ouvert un crédit de a milliards ; toutes mesures devront être poursuivies pour soulager les misères qu engendre le chômage total ou partiel au sein de nos populations laborieuses.

Menaces par une concurrence étrangère désordonnée, nos agriculteurs, nos industriels nos artisans, nos commerçants doivent être l’objet d’une protection douanière vigilante’ ann que soit assurée à chacun la légitime rémunération de son travail.

Protéger le travail, l'épargne et la propriété individuelle, supprimer tout formalisme mu ,1c et toute ingérance inopportune dans les affaires privées, répartir d’une manière équi- 8 J 0 eS char£es fiscales, enlever à leur perception tout caractère inquïsitoral ou traeassier respecter en toute occasion le domicile des citoyens et le secret de leurs affaires, ménager les familles nombreuses, venir en aide aux déshérités de la fortune et à ceux qui souffrent : tel est, a mes yeux, le devoir de l’Etat.

C’est dans cet esprit que j'ai demandé et que je continuerai de poursuivre la sobstitun°n a l impôt vexatoire sur 1e chiffre d’affaires, d’une taxe unique à l’un des stades de la po nction déjà réalisée pour treize articles, et que je ne cesserai de réclamer au profit des couilleurs de cru ïe libre exercice de leur droit.

Les impôts d Etat, auxquels s’ajoutent les taxes locales du département et de la com-

murte, constituent une lourde charge pour le contribuable et ne sauraient être augmentés sous aucun pré texte.

C'est dans une sérieuse compression de certaines dépenses publiques que devront être recherchées les ressources qui permettront à la République de manifester aux anciens combattants, aux victimes de la guerre ou du travail, aux vieux serviteurs ou employés, qui honorent leur profession, la juste reconnaissance qu’elle leur doit.

La loi des assurances sociales ne tient aucun compte de la situation particulière des salariés de l'agriculture et du commerce. J'ai voté contre l’obligation et le précompte dont je demanderai la suppression.

Le réseau routier a été amélioré, mais il doit être bien tenu compte, dans l'aménagement de nos grandes voies de communication, des revendications de l'agriculture.

Toutes les mesures propres à rendre k vie plus douce et plus agréable aux habitants de nos campagnes et à donner le maximum de facilités et de bien-être ; électrification, construction et entretien des chemins vicinaux, assainissement des chemins ruraux, etc., doivent être soutenues et encouragées.

Avec fardent désir de vous être utile, je me suis consacré à cette tâche et je lui demeurerai fidèle.

Mes chers Concitoyens,

Depuis douze ans que vous m avez vu à l’œuvre, vous pouvez méjuger sur mes actes.

Mon unique ambition a toujours été de servir le bien public et les intérêts de notre cher Bocage, je l'affirme sans crainte d'être démenti.

\ ous le savez : chacun de vous, quelle que soit sa conditionj peut s’adresser à moi en toute occasion et faire appel à ma bonne volonté.

Trois fois déjà, à des majorités toujours plus fortes, vous avez approuvé mes idées et m o n pro g ram m e .

S ncèi emenfc républicain, je place au-dessus de tout le respect dos consciences .

Je réprouve la lutte des classes ; le progrès ne se réalise que dans Tordre et la confiant 1 collaboration du capital et du travail.

Je réprouve les querelles de personne et les intrigues de parti. Le bien commun doit être la seul souci de tous ceux que la confiance de leurs électeurs a investi d1 un mandat public : pour ma part, je ne veux pas dkutre inspiration ni d'autre guide.

Si ce programme est demeuré ïe vôtre, vous T affirmerez sur mon nom au scrutin du 1er mai.

Vive la République dans l'ordre, dans l'union et dans la paix l

Cajmille CAUTRU >!aire de Laesy.

Candidat républicain nationale.

Député sortant.

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