‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 37 sur 260 · CANTAL · texte numérisé non relu

CANTAL

Circonscription d'AURILLiAG.

M. BASTID, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin, — 9,641 voix.

Mes chers Concitoyens!

Vous m'aviez dort né le mandat de défendre les intérêts locaux — spécialement vos intérêts agricoles — dans îe cadre d’une politique républicaine* A ce mandat, dont Fexereiee a concentré tous mes efforts et absorbé tous mes instants, j'ai conscience d'avoir été fidèle. Investi par la confiance des gauches, je viens en solliciter le renouvellement*

Un long exposé de programme me parait inutile. J'ai eu l'honneur de rédiger la déclaration du parti radical-socialiste en son dernier congrès. Cette déclaration contient ma pensée tout entière. De plus, nous nous connaissons de longue date. Mes votes et tous mes actes méjugent. Inspirés par l'intérêt des classes laborieuses — qui coïncide avec l'intérêt du pays™ ils portent en germe tout ce que je pourrai faire dans l’avenir. L'orientation de ma vie politique n'est ni improvisée ni incertaine, mais délibérée et constante. Formé a l'école des républicains d autrefois, je garde l'empreinte ineffaçable , de leurs enseignements, II* m'ont appris à ne jamais diviser les démocrates en face de leurs adversaires, A travers toutes nos divergences de vues, le sentiment commun des injustices sociales doit, suivant la belle parole d'Edouard ïlerriot, nous unir. Entre les membres de la famille républicaine, attachés aux principes traditionnels du régime, la conciliation est un devoir. C'est grâce à elle que nous avons remporté dans ce département tous nos succès. Je ne cesserai jamais pour ma part dy travailler*

L accord des gauches est bien facile à réaliser lorsqu'il s’agit de combattre la majorité parlementaire sortante, émanation de ces milieux de grandes affaires qui ont remplacé les partis anticonstitutionnels d'autrefois eL dont toute la politique démocratique est d'ailleurs infiniment plus redoutable.

Le cartel des droites qui a dominé cette législature a prétendu pratiquer la politique de h prospérité. Il achève son existence au milieu d'une crise économique qu'il n'a rien fait d'utile pour atténuer et d’une crise financière dont il porte la responsabilité intégrale. Je m'honore d'avoir toujours voté contre lui.

La tâche qu’il lègue à ses successeurs sera lourde. 11 s’agit de redresser par une politique d économies sévères (militaires principalement) les finances de ce pays, d*y restaurer l'ordre économique, d'y maintenir l'esprit de laïcité, d'y défendre avec une résolution inébranlable la cause de la collaboration entre les peuples et de la paix.

En matière budgétaire, c'est la grande masse des contribuables qu'il faut protéger et c est sur elle qu'il y aura lieu de s'appuyer pour endiguer le Ilot des dépenses publiques.

En matière économique, le contrôle de la nation doit se concilier avec le droit de propriété et permettre l'harmonisation de forces qui, abandonnées à elles-mêmes, engendrent trop souvent l'oppression ou l'anarchie. Il est notamment impossible qu’une législation protectrice de la petite épargne ne mette pas fin au pillage du public par les grandes organisations financières et bancaires.

En matière scolaire, je pense qu'il n'y aura pas dans ce pays de démocratie vérïLable tant que l'instruction ne sera pas répartie selon les seules aptitudes intellectuelles de chacun abstraction faite de toute considération de fortune, La réforme, amorcée par Ilerriot, est en marche. Aux républicains de la poursuivre»

En matière internationale, je suis fidèle aux principes d'arbitrage, de sécurité et de désarmement tels qu'Herriot et Briand les ont successivement conçus et appliqués. Je considère en particulier la réalisation progressive et simultanée du désarmement comme une nécessité pour nos finances. Je me suis toujours prononcé pour une politique de collaboration franco-allemande, européenne et, mondiale et contre la vieille méthode des alliances et de l'équilibre. Il a y a au surplus à ce sujet qu'à suivre les vœux unanimes des victimes de la guerre, avec lesquelles, dans ce domaine comme dans les autres, j'ai toujours loyalement collaboré.

Les intérêts agricoles ont été sacrifiés par le cartel des droites, soit au profit des intérêts industriels, soit du fait d'une simple et inexcusable négligence. Il faut protéger notamment le bétail et îe fromage contre la concurrence étrangère, qui ruine nos producteurs sans faire baisser les prix à la consommation» Tant qu'il n’existera pas d organisation interna tionale de la production et de la répartition des denrées, un pays comme la France devra défendre son économie agricole comme il le pourra, La politique des contingentements est un de ces moyens de fortune et sans doute le plus efficace, mais à condition qu'elle soit adoptée à temps, rationnellement conçue et strictement appliquée. Les mesures prises par le Gouvernement n ont répondu ù aucun de ces desiderata.

Président du groupe de l'élevage à la Chambre, je n'ai cessé de harceler les pouvoirs publics en votre faveur. Je continuerai et aucun insuccès ne* saurait me décourager. J'ai fait et je ferai tout mon devoir. Au Gouvernement de faire le sien.

Je me suis associé aux mesures qui ont été votées ou proposées en vue de procurer des allégements fiscaux à la classe rurale (exonération par exemple des petites succesions, amélioration ou atténuation du régime de l’impôt sur les bénéfices agricoles).

Quant au parti d’équivoque qui s'intitule parti agraire et qui sème la division dans les milieux ruraux au bénéfice de la droite, il a sa parL de responsabilité dans la poliLique agricole de M. Tardieu, qu’il a approuvée par son organe La Voix de lu Terre , alors que les républicains en dénonçaient les insuffisances. Au surplus, la démagogie et la lutte des classes dont il essaie de vivre heurtent les principes de paix sociale et de solidarité qui me sont chers. On ne me verra jamais pour ma part exciter les corporations les unes contre les autres* Ce que je préconise, c'est le groupement des agriculteurs eu organisations professionnelles indépendantes de toute attache politique. J ai d'ailleurs collaboré activement avec toutes celles qui existent déjà. Entente paysanne, Syndicat des producteurs de fromage Syndicat des fermiers, etc. Elles se sont adressées à moi comme à d’autres parlementaires dont le programme politique était différent du mien et je mets au défi qui que ce soit de prouver que je ne leur ai pus apporté en toute circonstance le concours le plus actif et le pins dévoue. L'est la bonne méthode. Il y a lieu d’y persévérer.

Les partis de gauche sont en tout cas mieux qualifiés que d'autres, en vertu de leurs doctrines pour dé! end re 1 agriculture contre les trusts et les cartels industriels détenteurs des monopoles de fait, qui rançonnent les cultivateurs (engrais, machines, électricité).

La législation ouvrière de la République doit être considéré ecomme intangible. Il faut la promouvoir encore et la perfectionner, notamment par des mesures intéressant les chômeurs, j os ouvriers agricoles, les mutiles du travail et l’artisanat et par des améliorations apportées a la loi des assurances sociales, dont le mécanisme, en ce qui concerne surtout l'agriculture, doit être simplifié et assoupli.

La protection du petit et. moyen commerce a eu et aura toute ma sollicitude. J’ai vote avec la gauche on certain nombre de mesures fiscales en sa faveur — dont toutes malheureusement n’ont pas abouti. La majorité de droite a préféré dégrever les opérations de bourse. Rappellerai-je également que j'ai déposé avec M. de Monzie une proposition de loi qui généralise la taxe unique en vue d'épargner aux commerçants les ennuis qui résultent encore pour eux de la législation sur le chiffre d'affaires ?

Rien de sérié ux n a été fait par la majoriLe de droite contre la cherté de la vie- Il y a lieu cependant de défendre avec énergie les consommateurs; les éléments principaux de cette défense sont la lutte contre les congrégations économiques, qui faussent les conditions du marché, une politique de la coopération et l'éducation du consommateur lai-même.

Les intérêts proprement départementaux , qu’il s'agisse de 4 'équipement économique du Cantal ou de l'exploitation de ses richesses touristiques, ont toujours eu et auront toujours en moi, soit au Conseil général, soit à la Chambre, un défenseur vigilant*

Citoyens,

La situation du pays est grave. Une France en partie isolée dans le monde, en proie au déficit et à la crise économique; a besoin du concours de toutes ses énergies morales : la arge collaboration qui est indispensable pour nous sauver doit être inspirée, dirigée et dominée par les milieux populaires, où le régime et la nation ont toujours trouvé le meilleur de leur force. La sève démocratique est appelée à vivifier une fois de plus nos institutions et à en étendre le rayonnement. Que les élections du Pr mai marquent enfin chez nous le réveil si longtemps attendu de l'esprit républicain !

Vive la République î

Vive l'arrondissement d'Àurillac 1

Paul BÀSTID ,

Conseiller général de Laroquebrou,

Député sortant.

Candidat Républicain radic&Lsocialîate et d’union des gauches.

Circonscription de MAURIAC.

M. EONTÀNIER* S. F. I. 0.

Élu au deuxieme tour de scrutin. — 5.600 voix.

Désigné par la Fédération socialiste (S. F. F O.) du Cantal comme candidat aux élections législatives du 1°r mai 1932 dans l’arrondissement de Mauriac, je viens solliciter vos suffrages et vous exposer, en termes simples et. nets, les principaux points de mon programme.

Finances t

La situation financière eaL grave ; un déficit de 4 milliards pour 1032 -et pour 1933, un déficit à prévoir d'au moins 7 milliards. Voilà le bilan du Gouvernement de droite,

La restauration de nos finances, condition indispensable de toute politique sérieuse de réformes, exige des mesures audacieuses et énergiques,

H ne saurait être question d’augmenter les impôts actuels, Loui au plus peut-on songer h mieux aménager l'impôt sur les successions elles articles de l’impôt sur le revenu concernant les grosses fortunes, afin de demander davantage à la richesse acquise.

Des ressources nouvelles peuvent être obtenues par la nationalisation des assurances. Il est évident que la situation des employés actuels serait respectée. Cette réforme nous procurerait les moyens de supprimer les versements patronaux et ouvriers, imposés par la loi des assurances sociales, et en outre de pourvoir aux frais de I1 assurance contre les calamités agricoles que les socialistes veulent créer.

Des économies devront être faites en réorganisant les administrations et en ramenant au chiffre de 1928 les dépenses militaires qui, depuis cette époque, ont augmenté de 7 milliards, passant dè 11 à 18 milliards. Elles représentent actuellement le tiers du budget.

Lutte contre la guerre :

Bien que nous soyons à 14 ans de f armistice, la paix n’est pas encore établie sur des bases suffisamment fermes.

De nouveaux efforts dans ce domaine s’imposent tout de suite. Tl faut, tout d'abord, arrêter la course aux armements qui a repris comme avant la guerre. Les principales puissances du monde dépensent à l'heure actuelle pour les armements 18 milliards de francs de plus qu'en 1913, L'ensemble des peuples civilisés consacre 103 milliards par an à leurs budgets militaires.

Nous devons mettre fin à ces gaspillages et soulager les peuples du lourd fardeau qui les accable.

Le désarmement nous permettra d'y parvenir,

Le désarmement doit être général, c'est-à-dire s’étendre à tous les peuples, simultané, c'est-à-dire être réalisé partout en meme temps, enfin, porter sur toutes les armes et sur toutes les catégories de forces militaires,

11 faut, en outre, nationaliser la fabrication des armes et des munitions et l'enlever à l'industrie privée.

lî est, d’autre part, indispensable d'organiser un contrôle extrêmement sévère de tous les armements et d'en charger la Société des Nations*

Le système de l’arbitrage par lequel doivent être réglés les conflits entre les nations, sera développé et renforcé.

Une réorganisation économique, s'étendant à toute F Europe et même au monde entier, complétera les mesures que je viens d’énoncer.

Enfin, le parti socialiste propose E organisation des milices, ce qui permettrait de réduire à six mois la durée du service militaire.

Questions sociales et économiques :

Je suis en plein accord avec" mon parti sur toutes les propositions tendant à lutter contre le chômage et à développer les institutions d’hygiène et d’assistance.

Pendant les quatre ans (19244328) où j’ai siégé à la Chambre, dans toutes les questions intéressant les organisations ouvrières, je me suis attaché à déterminer mon aLtiiude après entente avec les syndicats. Si j’ai l’honneur d’être votre élu, il en sera encore de même.

Les années que nous venons de vivre ont été marquées par de nombreux scandales financiers qui ont allecté la petite épargné et qui sont pour une grande part dus a la spéculation.

Le parti socialiste les a dénoncés à la tribune et il a déposé un projet tendant au contrôle des banques et à la protection de la petite épargne* Il les reprendra dès le début de la prochaine législature.

Enseignement :

Le parti propose une réforme générale de renseignement qui permettrait à tous les enfants sans distinction d’accéder aux divers degrés de renseignement suivant leurs aptitudes. C’est ce que l’on appelle F école unique*

Questions agricoles :

Les questions agricoles seront naturellement T objet de mes préoccupations constantes. Je ne les ai d ailleurs jamais négligées pendant les années où j'ai représenté le Cantal à la Chambre.

Je suppose que 1 histoire des socialistes partagea x ne trouve plus guère créance parmi les paysans. Elle ne repose sur rien et elle est absurde. Elle a été ifnagmée par les capitalistes et les hobereaux en vue d'effrayer les habitants de la campagne et de les empêcher de se joindre à leurs frères les travailleurs de la ville* Dirigée autrefois contre les républicains, elle l'est aujourd’hui contre les socialistes* Mais le bon sens populaire en a, je pense, fait justice*

Parmi les mesures que propose le parti socialiste et que je défendrai, j'indique tout particulièrement :

Le développement de renseignement agricole, l'extension des associations agricoles, la réorganisation du crédit agricole de façon à permettre vraiment l'accès de la propriété aux salariés agricoles, aux petits fermiers et aux métayers; ïa création d’un système d'assurances contre les calamités agricoles ; l'organisation de la vente des produits agricoles par un système d offices où les paysans seraient représentés; P électrification générale des campagnes et la nationalisation des concessions capitalistes ; l’aménagement des forces hydrauliques au profit de la collectivité, etc.

Je m’engage en outre à proposer et à voter, en accord avec mon parti, toutes les mesures propres à améliorer la situation des ouvriers agricoles.

b.ïihn, toujours avec mon parti, je suis d'avis d’opérer une modification des impôts rappant les paysans, et notamment la suppression de l’impôt foncier pour les propriétaires

cultivant eux-mêmes et non soumis à l'impôt sur les bénéfices agricoles, de même que la suppression des droits de mutation pour les propriétés à titre onéreux au-dessous de 25.000 francs et à titre gratuit au-dessous de 40*000 francs.

Citoyens,

Tel est dans ses grandes lignes mon programme qui se confond avec celui du parti socialiste.

Pendant les quatre ans où j'ai représenté à la Chambre le département du Cantal, je me suis constamment tenu en contact avec mes électeurs auxquels je venais rendre compte de mon mandat. J'ai ainsi visité presque toutes les communes importantes. J'agirai de meme si je suis de nouveau votre élu.

Ancien combattant, pour toutes les questions qui intéressent ceux qui ont fait la guerre, j'agirai en plein accord avec les associations qui les représentent.

La politique de progrès social dont je viens d’indiquer les grandes lignes, exige, pour cire menée à bien, le concours de toutes les forces de gauche et en particulier la collaboration au Parlement des radicaux et socialistes.

Appartenant depuis bientôt trente ans aux organisations socialistes, je reste profondément attaché a mon parti, mais j’estime que si nous voulons apporter une amélioration immédiate et sérieuse à la situation des travailleurs de toutes catégories, restaurer les finances et consolider la paix, il est nécessaire de pratiquer une entente avec nos voisins de gauche. C’est dans cet esprit que j'exercerai, si vous me le confiiez, le mandat que je sollicite de vous.

Vive le socialisme !

Vive la République !

Hënrv FONTANIER

Chevalier de la Légion d’honneur. — Croii de guerre. Professeur, Agrégé de T Université.

Ancien député.

Candidat du parti socialiste (S. F, 1. O.) et de l'aoion des gauches.

Circonscription de MURAT - SAINT-FLOUR.

M. de CASÏËLLANE, républicain, de gauche.

Elu au premier Leur de scrutin. — 8.86:2 voix.

En m'élisant en 1926, vous entendiez faire triompher sur mon nom une politique d'union républicaine la politique même que représentait alors au pouvoir M. Raymond Poincaré et dont le but était, avec la rénovation économique du pays, la restauration de l’ordre et de l’autorité dans P Etat,

Cette politique est toujours la mienne. ChesL la seule qui soit efficace pour résoudre les douloureux problèmes que des circonstances graves posent à l'attention de tous les électeurs conscients et impartiaux.

Une crise est venue qui a submergé le monde, qui a détruit le crédit de plusieurs grandes nations, qui menace de la ruine la plus complète des populations entières, qui a condamné au chômage et à la misère des mitions d'individus. Notre pays qui a résisté mieux que d'autres, est atteint, tant par la carence des nations débitrices que par Fini possibilité où se trouvent les producteurs de tout ordre de trouver à l'étranger autre chose que des marchés ruinés ou soigneusement interdits.

Un homme politique connu annonçait, il y a quelques années, Fapproche d'une ère de pénitence* Ces temps paraissent arrivés.

Plus que jamais l 'union est nécessaire dans le pays, pour que dans la prochaine législature puissent prévaloir les solutions d’économie et de prévoyance, les solutions de conciliation, les solutions de paîxJ seules capables de ramener en France une prospérité durable.

Pas d'impôts nouveaux.

Les questions de politique intérieure passent actuellement au second plan* Les pro~ blêmes économiques et financiers d'une part, les problèmes extérieurs d'autre part, nous pressent de leur actualité parfois dramatique.

Je ne pense pas qu'on puisse accroître encore les charges des contribuables ; les dégrèvements qui leur ont été consentis ces dernières années ont été absorbés, et au delà, par les exigences toujours plus grandes des budgets locaux ; et en raison même de la crise qui atteint Loutes les classes il serait puéril de croire productif un supplément d'imposition.

Il faut donc envisager un programme d'économies sévères, réduire un train de maison supérieur aux ressources, renoncer aux dépenses dont la nécessité n'apparaît pas certaine. Les nations voisines nous ont d'ailleurs précédé sur ce chemin et nous ont donné parfois l'exemple d'une sévérité qui, je Fespère, ne nous sera pas nécessaire*

Mais ces économies n’auront un effet utile que si elles sont accompagnées d’une réforme de l’Etat ; celui-ci a vu, au grand détriment de son autorité, augmenter de jour en jour ses attributions, il doit être à la fois décongestionné et modernisé, son administration débar rassée des rouages inutiles et allégée d'un formalisme qui gêne la bonne marche des affaires publiques.

Ainsi éviterons- no us de voir s'augmenter encore le nombre des fonctionnaires.

Les assurances sociales.

Les assurances sociales, héritage de la précédente législature, grèvent lourdement le budget national et pèsent d un poids, intolérable en certains cas, sur nos commerçants nos artisans et nos agriculteurs.

J aurais voulu, sans discuter le principe généreux qui est la base de cette loi écarter d'eux ce présent redoutable, au moins tant qu'ils ne l'auraient pas sollicité eux-memés par la vo.e de leurs organismes corporatifs. C'est dans cet esprit que j’ai voté notamment les amendements i’inbault et Montigny, qui malheureusement ne furent pas 'adoptés.

Cette loi, si souvent modifiée, a besoin encore de profondes retouches. Je’suis favo râble à toute réforme qui lui enlèvera son caractère d’obligation et qui modifiera son apparence d institution d’Etat, ruineuse pour tous, défavorable aux assurés eux-mêmes qui ignorent leurs droits, se heurtent à des complications infinies et s’exposent à de cruelles déceptions.

L’expérience a suffisamment prouvé que le coût de l'assurance est hors de proportion avec les services qu'elle rend, 1

La crise agricole.

L agriculture trunçaise, et tout particulièrement l’élevage et la culture de nos régions souffrent durement de la mévente et de la. baisse des prix, alors que subsistent de redoutables difficultés de main-d’œuvre que le chômage des villes n’est pas venu résoudre.

Des mesures ont été prises contre l’invasion massive du bétail et des produits étrangers, contre les « dumping » savamment organisés pour ruiner chez nous notre production nationale,

Cette protection des, agriculteurs français a été souvent gênée par l’existence d’accords ou de traités conclus à des périodes très diiféreutes de la période actuelle.

Membre, puis président de la commission des affaires étrangères, je crois avoir mis au service de nos .cultivateurs Loute 1’ 'influence dont je pouvais disposer. Je continuerai demain, comme je I ai déjà tait, à demander, avec énergie, une protection plus efficace de nos sci0 es, i, nos lentilles, de nos céréales secondaires, de nos produits laitiers.

Lu le 1 aisant, je croirai travailler au bien de tous : le sort des consommateurs, le sort de nos artisans, des commerçants de nos bourgs, et de nos petites villes n’est-il pas intimement lié à la prospérité ou à la misère de nos campagnes.

Coopéra lion et crédit agricoles.

Notre région a vu depluis plusieurs années une belle floraison d'œuvres coopératives

et mutualiste. ; Je souhaite quelles se développent encore et quelles forment un réseau serre eL puissant,

r. Pay®atls pouri ont ainsi mieux se protéger, lutter plus avantageusement soit avec

usine soit avec les producteurs étrangers, soit meme avec leurs concurrents de régions’ plus favorisées. € est le seul moyen pour eux de faire entendre leurs revendica- H îptiines. Je persiste à penser qui! n j a pas de 4salut pour l'agriculteur français, quelle que soit la sollicitude des pouvoirs publics à son égard, tant qu’il restera isolé. Je

eirül 1 10 ut projet qui favorisera l’esprit de coopération paysanne ou qui contribuera

d mieux organiser la profession paysanne.

El il^iu lL la tuberculose bovine sévit dans notre région avec une intensité particulière. Une loi vient d’êli'c votée par h Chambre - et j'ai fait tous mes efforts pour qu'elle

:01: ïbCU ^ séparation de celle-ci — qui constitue ua indéniable progrès sur la

législation en vigueur, o

A a -î**13 ÏÏÜI1 eH,?aClt^ Serait multlPlléeî s'ii pouvait se créer des organisations mutuelles c te dise contre a tuberculose, qui, plus facilement que les particuliers, pourraient se sei mi ls ai mes mises par 1 Etat à la disposition des propriétaires, assurer ceux-ci contre

les pertes considérables subies par les élevages consignés, surveiller les fraudes, poursuivre efficacement les profiteurs de la tuberculose.

Mais qu’il s agisse de tuberculose bovine ou de fièvre aphteuse, je m’efforcerai d’obtenir qu’on épaargne aux agriculteurs de bonne foi d’inutiles tracasseries administratives, toujours conteuses et toujours odieuses, comme je demanderai qu’on évite, en matière fiscale ou en matière administrative, d’abuser de formalité désuètes ou vexaloires.

L'institution du crédit agricole, qui eût pu rendre a nos campagnes de très grands services, s’est révélée insuffisamment souple, trop compliquée, beaucoup trop lente. Elle a besoin d’être notablement perfectionnée.

Commerçants, artisans, petits rentiers.

Les commerçants moyens et petits, les négociants voyageurs, les artisans, les petits rentiers sont une portion considérable de la population de celle circonscription. A ceux qui furent touchés si gravement par la dépréciation de notre monnaie, il me paraît difficile qu'on demande des sacrifices supplémentaires ; les autres se plaignent, souvent avec raison, d’une fiscalité inquisitoriale et vétilleuse, fis peuvent être certains que j’examinerai avec soin leurs doléances.

Les communes rurales.

Notre région est pauvre. Les communes rurales qui doivent faire face h des dépenses toujours plus grandes et assurer le service d emprunts toujours onéreux, sont souvent dénuées de ressourcess pour entreprendre des travaux pourtants urgent : amenées d’eau, chemins ruraux, etc.

En attendant que puisse se réaliser la reforme des administrations et des finances locales, je me ferai un devoir, comme je l’ai fait jusqu’ici, d’être auprès des pouvoirs publics l1 intermédiaire dévoué des municipalités et de leurs administrés et de mettre toute mon influence à leur service.

Les anciens combattants.

Ancien combattant moi-même, j’ai toujours soutenu les revendications légitimes des anciens combattants et des victimes de la guerre. Comme par le passé, j’examinerai leurs vœux tivec la plus scrupuleuse la plus fraternelle attention. En particulier, je m’opposerais, le cas échéant, à toute proposition qui tendrait à réduire la retraite du combattant.

La paix.

Parce qu ils ont souffert, les anciens combattants elles mutilés se sont faits en France les ardents protagonistes de la paix, et ce désir de paix est partagé par Funanimité des citoyens français.

La paix, il la faut à l’intérieur.

Je suis donc partisan de 3a paix des consciences et plus particulièrement de la paix religieuse. À mon sens, le mot neutralité ne peut signifier que le respect scrupuleux de la hberté que doit avoir chacun de nous d’organiser sa vie comme il l’entend.

Cette liberté a pour corrolaire obligatoire la liberté d’enseignement

Soucieux de donner à ceux qui ne sont pas favorisés par la fortune les moyens de parvenir au rang que leur intelligence et leur valeur leur assignent, j’estime que ces moyens sont dus également à tous et que c est faire injure a la justice que de discerner, suivant les opinions, entre l'indigence des uns ou des autres.

Je suis partisan de la paix sociale et par conséquent ennemi de toute doctrine qui comme le socialisme révolutionnaire, s’essaie à dresser les unes contre les autres les rlai ’ de la nation. s

Je suis partisan de ïa paix extérieure.

J’ai approuvé de mon vote toutes les tentatives faites pour organiser et consolider la

paix, pour amener entre les nations un rapprochement et une conciliation de plus en p]„a nécessaires, pour rendre plus important et plus effectif le rôle de la Société des Nations pour mettre la guerre hors la loi internationale.

Cette po itique, bien que marquée parfois d’amères déceptions, n'a pas échoué Si nous n’avons pas le droit de sacrifier la sécurité française, ce qui serait le moyen le plus propre de tuer la paix, nous pouvons espérer qu’un jour viendra où il sera impossible de régler un conflit, autrement que par des moyens pacifiques.

Le fardeau des peuples en sera allégé et la prospérité des nations facilitée.

Je souhaite ardemment que les électeurs français [fassent triompher, le 1« mai pro cham une République pacifique, large et tolérante, oô tous les citoyens puissent continuer dans les meilleures conditions possibles, leur effort vers l’amélioration de leur condition et le redressement du pays,

Vive la République S

Vive la circonscription de SaintPlour -Murât!

Stanislas de CÀSTELLANE

Président, de la Commission des affaires étrangères, Vice-Président de la Chambre des Députés.

Candidat d’umon républicaine et de défense paysanne.

Page 1