‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 38 sur 260 · M. GO UN IN, S. F, L O · texte numérisé non relu

M. GO UN IN, S. F, L O

Élu au premier tour de scrutin* — 02.981 voix*

Citoyens,

Mon programme est celui du parti socialiste* de ce parti qui a déjà une longue histoire et qui est né d'un acte de foi du peuple et d’une volonté résolue de réalisations démocratiques.

Politique extérieure :

Ue socialisme veut la paix* Il répudie en politique extérieure, tout acte, tout geste susceptible de fournir un prétexte au renouvellement des catastrophes dont la France garde le poignant souvenir. Il observe avec angoisse les convulsions qui secouent l'Europe et le monde et dirige son action pacifique vers un plan d’ensemble de coopération internationale et de désarmement simultané et contrôlé de tous les peuples.

Politique économique ;

Le parti socialiste veut protéger les travailleurs contre les fâcheuses conséquences de la crise économique (chômage, baisse des salaires, mévente des produits agricoles). Il veut proléger contre les mêmes conséquences l'ensemble des consommateurs, menacés dans leur pouvoir d’achat par les prix qu’imposent souverainement les industries fortement concentrées. Il estime qu’il y a lieu de nationaliser les monopoles de fait : assurances^ pétroles, chemins de fer, sucres, mines, engrais.

La majorité actuelle laisse un déficit considérable dû à sa politique de gaspillage et d’imprévoyance. Un redressement financier s’impose par une réduction des dépenses militaires excessives*

Le poids des impôts est lourd, il est surtout mal 'réparti et risque de paralyser la production et de décourager l’épargne* Il convient de simplifier notre régime fiscal et aménager les charges proportionnellement aux facultés contributives de chacun en différen ciant les revenus du travail et ceux du capital.

Politique sociale :

Préoccupé de l'amélioration du sort des travailleurs et de l'enfance, le parti socialiste se prononce pour : l'organisation de l'inspection du travail, les congés payés, le développement des contrats collectifs, une large dotation du budget de l’hygiène et de Insistance afin de combattre les fléaux sociaux : tuberculose, cancer, etc.

Politique agricole ;

Le labeur des travailleurs des champs ne doit pas Être destiné à enrichir les spéculateurs , il est donc nécessaire de prendre toutes mesures utiles pour éviter dans les cours des produits agricoles les fluctuations injustifiées. Le parti socialiste affirme, de plus, la nécessité d’organiser, sur des bases plus larges et plus démocratiques, le crédit agricole.’

1 ar le oéveloppement de 1 artisanat rural et de l’enseignement agricole, une hyriène améliorée, l’équipement -hydroélectrique renforcé, les adductions d'eau multipliées, ^extension du téléphone, il faudra briser l’isolement rural si préjudiciable aux intérêts vitaux du pays*

Politique de renseignement

Dans le domaine de l’enseignement, nous veillerons d’abord à protéger la laïcité, dont 1 idéal est fait de raison, de tolérance et de sollicitude pour tous les enfants de la Nation, Par l'institution de l’école unique, nous nous proposons d’assurer l’égalité de- tous les enfants devant l’instruction. Ainsi se renouvellera une élite dirigeante qui devra tout à son mérite et à son labeur et non au hasard de !a naissance et de la fortune*

Il va de soi que les victimes de la guerre, les anciens combattants trouveront toujours en leur camarade de tranchées un défenseur, non seulement au Parlement, mais aussi auprès des administrations parfois tatillonnes et renfrognées.

Electeurs,

C est avec ces litres et votre confiance et avec ce programme que ie me présente à vos libres suffrages.

Républicain et socialiste, pour moi ces deux mots se complètent en ce sens que le Second n’est que l’épanouissement du premier. En effet, le socialisme seul apporte dans 1 ordre economique et social la justice et l’équité que la République prétend réaliser dans I ordre politique. Je vous appelle à affirmer votre foi dans un avenir meilleur ;

-Contre toutes les guerres et les fléaux qu’elles engendrent ! Contre la réaction et Je fascisme !

Pour une République vraiment humaine !

Pour la paix ei la liberté des peuples !

René GO UNI N

Ancien combattant, croix de guerre.

Président de la Fédération charentaïse.

de la Ligue des Droits de rflomme* Membre de la Commission de renseignement. Secrétaire de la Commission de la marine. Conseiller général* Député sortant.

Circonscription de BÀRBEZIEUX.

M. MALETj républicain de gauche.

Élu au deuxième tour de scrutin. — 6,148 voix*

Mes chers Concitoyens,

La France est en présence d’une série de problèmes de la solution desquels dépendent la prospérité publique, f essor économique et le progrès social.

Convaincu que cette solution ne peut intervenir que par l'accord de toutes les bonne» volontés et par funion de tous les républicains, c’est sous le signe de la concentration républicaine que je me présente à vos suffrages.

Le peuple français ne veut pas être gouverné par de vaines formules. Il considère avec raison que pour conserver et accroître tous les biens matériels, sociaux et moraux qui sont le juste fruit de son travail et d’un long effort familial et national, il doit être représenté au Parlement par des hommes qui lui apportent un programme clair et franc, la fidélité à leur» idées, et le souci du progrès dans Tordre et la liberté.

Habitué par vingt années de fonctions publiques à faire passer avant tout autre souci la préoccupation de Y intérêt général, attaché par les liens les plus étroits à notre région barbezilienne, je m’efforcerai de porter en toute conscience mon effort à T accomplissement de» réformes suivantes :

Politique extérieure.

Le problème qui s’offre à nous le premier et qui domine tous les autres est la sauvegarde de la paix.

Confiant dans le rôle éminent de la Société des Nations, je souhaite la voir dotée par tous les moyens possibles de la haute autorité morale nécessaire à l’accomplissement du rôle d’arbitre qui lut est dévolu.

Mais il ne faut pas se dissimuler que faction delà Société des Nations, comme d ailleurs tout arbitrage, ne pourra être efficace que le jour où seront obtenus l’apaisement des esprits, l’aboi ition des rancunes et des haines de peuple à peuble, en un mot le désarment de» cœurs.

Jusqu’à ce jour, ce sera pour nous une obligation impérieuse que de continuer à assurer par nous-mêmes notre défense éventuelle. Nous ne pourrons entrer qu’avec une grande prudence dans la voie d'un désarmement pour lequel la condition indispensable est qu il soit établi simultanément dans l’ensemble des pays européens, compte tenu des forces de terre et de mer, des ressources industrielles et des situations géographiques.

Enfin, nous devons nous attacher à faire respecter le traité de Versailles, qui, tout imparfait qu’il soit, est la charte actuelle de l’Europe, Comme Tout dit tout récemment encore de grands républicains, la société pacifique de l’avenir devra reposer sur le respect de» traités, et ce serait lui donner une étrange préface que de commencer par déchirer celui- cL

Politique intérieure.

A 1 intérieur comme à 1 extérieur, la paix est indispensable pour la prospérité de la nation, notamment la paix religieuse, assurée par la laïcité appliquée dans un esprit de tolérance et de liberté*

Une politique d’économie, des budgets rigoureusement équilibrés doivent nous assurer une stabilité qui est Ja condition nécessaire de toute prospérité véritable.

Les lois sociales doivent être développées pour la plus grande protection des travailleurs. Mais il convient quelles soient établies judicieusement, d’un fonctionnement simple et commode, de façon à remplir véritablement leur but et à ne pas être une cause de gêne et de tracasserie. La loi des assurances sociales en particulier, monument de complications et d’un fonctionnement trop onéreux, doit être améliorée. Elle doit à mon sentiment être rendue, pour commencer, facultative pour certaines catégories de travailleurs, dont les travailleurs agricoles, et tenir compte de 1 existence de sociétés antérieures de seeours mutuel, de retraites, etc., qui concouraient au même but et qui eussent permis, dans de nombreux

cas, d’aboutir au résultat cherché avec un personnel déjà existant et à de bien moindres frais .

La réforme administrative dont on a tant parlé sans jamais la réaliser, doit être enfin entreprise. Elle doit consister dans la simplification de nombreux rouages de l’Etat, dans la réduction des formalités administratives. Elle doit en même temps apporter aux fonctionnaires un statut qui les protège contre les changements perpétuels qui ont pour effet de modifier sans cesse les conditions de leur avancement ou de leur retraite et qui les garantisse contre le favoritisme. Ils doivent être moins nombreux, mieux utilisés, et, d’ailleurs, payés comme il convient, pour pouvoir servir l’Etat avec zèle.

La protection de la natalité doit être une de nos préoccupations les plus instantes. Les prîmes allouées aux familles nombreuses doivent être relevées et l’égalité de traimenl établie entre tontes les familles rurales, qu'il s’agisse de cultivateurs ou d’artisans, ou de fônetien na ires.

Notre système-d’impôts doit être simplifié.

Sous le couvert de la taxe sur les mutations, le patrimoine rural est dévoré par le fisc.

Sous le couvert de la taxe sur le chiffre d’affaires, le commercant est tracassé et accablé.

J’estime que les commerçants de détail ne devraient pas être astreints à cette taxe. Ils devraient également obtenir un abattement à la base au même titre que les autres catégories de contribuables des professions non commerciales, car ils ont besoin pour vivre, comme 1 ouvrier ou 1 employé, d’avoir à leur disposition un minimum de ressources net d’impôts.

11 faut en résumé que les deniers publics soient administrés avec la conscience de la peme qu ils ont coûtée à gagner aux contribuables.

Folüique agricole .

La défense des intérêts de l’agriculture doit préoccuper avant tout Je représentant d’une circonscription aussi foncièrement agricole que îa nôtre.

Ayant adhérer au programme de l’ Entente paysaune, je suis partisan des réformes qu elle réclame pour la prospérité de l'agriculture.

J’estime qu’un sérieux effort doit être fait pour parvenir à la régularisation du cours du e, par organisation de coopératives, et même, si besoin est, d’un Office national du blé. enseignement agricole doit être diffusé, et comporter notamment des cours faits dàns lés écoles primaires de nos campagnes.

Je suis partisan de la suppression de la taxe à l’abatage, qni se reporte intégralement sur le producteur.

i\” Zi1* J

,, v„i, de nos vins, de nos cognées, doit être fscil.tée per le soppre.s.on complote de , JX, de. alcools de rÈtroeeseion. Cette faculté donnée an négociant de suppléer .nos ‘ mts naturels per des alcool, d'industrie est absolument insoutenable dans la période Je Ee“ue traverse 1. viticulture et je m'engage tout spécialement 4 demander eu Parlement

'partisan de la ratification par la Chambre du tente voté par 1. Sénat pour l'éla- Mi^ement d'un régime libéral pour les bouilleurs de cru.

b Enfin, j’estime qu’il conviendra de développer de toute manière la création et le rôle de

syndicats pour la vente de nos vins et de nos produits agricoles.

Améliorations locales ♦

Un grand mouvement a procuré ces dernières années ou procurera incessamment au olus grand nombre de nos communes les bienfaits de f électrification. Je m honore personnelîlmeid d’avoir contribué un des premiers à ce progrès et j’estime que toutes nos commu

doivent en bénéficier s bref fielui ♦ , ^ .

l 'entretient des petites rivières de nos campagnes, trop négligé depuis t e nom reuscb années par les pouvoirs publics, doit être convenablement assuré, de façon à en régulariser le cornet à éviter les inondations fréquentes desquelles résulte le plus grand dommag

PUU 11 faut également prendre des mesures pour que ces ruisseaux, en particulier dans les agglomérations jj cessent d’être des égouts fangeux, nauséabands et malsains.

J’estime que la pèche doit être autorisée dans ces petits cours d eau avec le tram. .

g Les adductions d’eau, rendues possibles par la présence de l’ électricité, devront eLre favorisées pour le plus grand profit de l’hygiène et du bien-être de nos campagnes. .

Je fais les vœux les plus ardents pour le triomphe d’une République large , toleran e, hardiment réformatrice, seule capable d’assurer la prospérité du pays et a me mra son <sort de tous les citoyens.

Vive la République I

Vive la circonscription de Barbeaieux î

Henri MALET

Ancien étèvû de FEcolc polytechnique, ingénieur en chef des ponts «L chaussées.

Membre du Comité consultatif des chemins de fer.

L i om ci è èlt scie n ces , i i ce n ci ê e o droi i.

Président du Syndicat d'électrification de Devtu.Mmw et Sa int-Eù trope. Président du Syndicat d’éleetriflf atipn de la région de Barton «n. Conseiller municipal de Déviai,

Officier de la Légion d'honneur.

Croix de guerre française.

Titulaire de la carte d'ancien combattant*

Candidat républicain de gauche*

Circonscription de COGNAC.

M. MÉNIER, radical-socialisle.

Elu au premier tour de scrutin. — 9.334 voix

Mes Chers Concitoyens,

* L?j7::™adra'°r de t

certü,„B points en.nfel, quelques éclaiteissement. et ,ùel,„e,“peXis“'„,” ""

À l’intérieur .

tSt .un. i„,Ht. tes tnu. , ^ U a) Laïcité :

attachons, nouvel d&i/n'fp1 S6]°n T ^ CeId qU6 n°US y

catholique ou protestant ou mahomélan ou'athée69" “ à “ S’i! *

d'aucune confession des directives et surtout des ^ k"8’ rel°Ur’

La liberté pour tous ! Tolérance ! Tolérance 1 t a n.;, i p. .

d’emprise religieuse, sous quelque forme qu’elle se diwJ t j"1’ par dessus lout- Pa» et social. 1 4 q 6116 se dlsslmuIe> dans le domaine politique

A) Egalité devant l’instruction :

Hosiii- 4 nd*-

onl tr‘v*"lé “ ,ravai"e“t cnc"4

.nranbX'Ü^rtor'mSrpoÛH0^ i'Tu“ deS*! *“ plus éle,és à to“

ces Plus.e™,,d bi“ d« un quoique detneuse que

t ’éli.„ tl 7 . chautmere> atelier, maison bourgeoise ou château.

de la société. U 7agit de^'-enVurlirr^t d11’ ,7 puis9ance> dans iout<* les classes

les lumières de briller. C d 1 rer. Il ne faut pas que la misère empêche

c) Justice fiscale :

des impôts - pLinlercTrécrimhmZ14? ^ ^ P'ainteS Ct de récrim^ations que celle e> t „ , . . b et récriminations trop souvent justifiées. *

S est évident que 1 Etat doive demander aux citoyens les ressources qui lui permettent

vivre et d’agir; s’il est indiscutable que ceux-ci doivent répondre à son appel, il est de toute équité aussi que chacun prenne une part de la charge commune correspondant aussi exactement que possible à ses facultés et à ses moyens* C’est à la plus juste répartition des impôts que doit s’attacher l'effort du Parlement. C’est le devoir du député de fournir au* Commissions d’études les données précises qui leur font trop souvent défaut.

Je n’ai pas manqué à ce devoir, et je n’y manquerai pas.

d) Progrès social :

Le progrès social, c’est raménagement d'une organisation qui, de plus en plus, soulagerait la misère et diminuerait la souffrance*

Dire que des efforts très nobles et très généreux n ont pas été faits dans ce but serait une grande et coupable erreur. De plus en plus, F État et des initiatives privées, infiniment louables, développent les œuvres existantes eL en créent de nouvelles, pour venir au secours des déshérités de tous ordres ; hôpitaux, dispensaires, asiles de vieillards, maternités, gouttes de lait, etc. Mais on n’aura le droit de s'arrêter dans celte voie que le jour où la société pourra affirmer qu’elle ne compte aucun être qui n’ait ce qu’il faut pour manger à sa faim, dormir au chaud sous un toit, et recevoir jusqu’à sa dernière heure tous les soins qui s’imposent.

N’oublions pas non plus que les familles nombreuses ont droit à des égards et à des appuis particuliers. C’est très bien qu’il naisse beaucoup d’enfants — mais il ne faut pas qu’ils viennent au monde pour souffrir. On a, dans ce sens, fait quelque chose. O11 peut et on doit faire davantage*

A F extérieur.

En ce qui concerne la politique extérieure, mon programme se résume en peu de mots : Union des peuples. Paix dans la sécurité, par le désarmement progressif et simultané* Société des Nations*

* C’était le programme de cet homme dont la gloire ira grandissant dans la mémoire des hommes, à mesure que le temps balayera les immondices sous le monceau desquelles la stupidité, l’égoïsme et l’ingratitude ont essayé, sans y parvenir, d’étouffer son harmonieuse et puissante voix. C’est ce programme auquel il faut s’attacher ; et qu on ne dise pas que c'est une utopie !

Quand une apparenté utopie a pour la soutenir, pour la servir dans le monde toutes les femmes, mères, épouses et filles, et, parmi les hommes, 1 immense majorité de ceux qui joignent un bon cœur à leur naturel bon sens, cette utopie ne tarde pas à devenir une réalité.

Telles sont, mes chers Concitoyens, les grandes lignes de mon programme politique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Mais il est d’autres questions vitales qui réclament notre attention, et, en première ligne :

La situation financière ;

Elle n’est pas brillante* Si le budget semble bouclé sur le papier, la législature qui s’achève nous laisse avec un déficit de plusieurs milliards* Il faudra combler ce déficit* Comment ?

Je déclare tout d’abord que je m’opposerai à la création de tout impôt nouveau* La France, en cette matière, est arrivée, si elle ne la dépasse pas, à la limite extrême de ses possibilités* À côté des grandes firmes, des grandes exploitations, des grandes industries

qui peuvent plus aisément supporter (non sans en être gênées, il faut le reconnaître) des sacrifices prolongés, il y a les petits commerçants, les petits industriels, et tout le monde des artisans et des ouvriers pour lesquels la résistance est moindre, et qui, sous le poids de la vie chère et du marasme actuel, sont menacés les uns par la faillite, les autres par \ chômage.

Pour parer à ces maux, je vois surtout deux remèdes.

Le premier qui peut être d’application assez rapide, c’est la compression des dépenses par le remaniement des services administrasifs et la suppression radicale des emplois parasitaires. Ce qu il faut réformer, c’est une organisation surannée qui laisse subsister surtout dans les hautes sphères administratives, des emplois dont la suppression ne troublerait nullement la marche des choses; ce sont les dépenses somptuaires qui ne répondent à aucun besoin sérieux, à aucune nésessité réelle. Il y a beaucoup à faire de ce côte.

Le deuxième, remède, je le trouve dans le désarmement progressif dont Aristide Briand poursuivait la réalisation.

C’est près de *20 milliards que la K rance consacre tous les ans à son appareil militaire Qui oserait soutenir qu’on ne pourrait pas faire sur ce chapitre d’énormes économies? Et Briand n avait-il pas raison quand il travaillait à démontrer aux peuples qu'à se tenir armés jusqu aux dents, quinze ans après la plus ruineuse des guerres, ils s’interdisaient tout grand progrès social et tomberaient à bref délai dans l’épuisement final,

SiLuation agricole et viticole ,

J’en arrive enfin à la question qui, en même temps que toute la France, intéresse au premier chef notre petite patrie des Charentes,

Les quatre cinquièmes de notre population vivent de la terre et par la terre, de la vigne et par la vigne. Protéger les intérêts de la terre et de la vigne est donc un des premiers devoirs de vos représentants,

A la Chambre, je fais actuellement partie de tous les groupes qui s'attachent à U défense paysanne, et, pour avoir vécu toute ma vie dans le milieu paysan et agricole, je suis, non pas seulement en théorie, mais d’une manière pratique, au courant de vos aspirations et de vos besoins.

Je ne puis entrer dans l'examen détaillé de toutes vos préoccupations. Il faudrait un volume, et je n’ai ni le temps ni la place ; mais je puis vous affimer que je connais et appuie vos desiderata pour tout ce qui touche :

A la main-d'œuvre ;

A la vulgarisation du machinisme agricole ;

Aux achats collectifs et à l'emploi des engrais ;

Aux transports actuellement encore trop onéreux et trop lents.

Aux assurances mutuelles les plus capables de donner aux producteurs protection et sécurité;

Au développement de l’instruction agricole, qui doit être intensifiée;

A 'amélioration de la vie des populations rurales par l’aménagement de chemins et 1 électrification des campagnes.

Enfin, examinant la question do point de vue purement viticole, on a le droit de réclamer du Gouvernement tous les moyens de ïutLer contre la fraude assassine qui rend vaines et illusoires les qualités de notre cognac,

U y a un tait que nul ne peut mettre en doute, c’est que si tout se boit en France, en Europe et dans le monde, sous le nom de c cognac » était d’origine ch aren taise, trois mois suffiraient à absorber la récolte.

C. eJ. donc un devoir impérieux pour 1 htat de nous donner des armes, contre la fraude, et de nous assurer, dans la plus large mesure, le respect de notre inimitable produit.

No 2145

Mes chers Concitoyens,

Mon exposé est an peu long, et cependant les questions qui vous intéressent réclame-* raient un plus ample développement.

Je conclus donc :

Républicain laïque, je reste indéfectiblement fidèle aux idées politiques et sociales que j'ai toujours proclamées et servies ;

Je reste le citoyen épris de tolérance jusqu'à l’extrême limite au delà de laquelle on u est plus qu'une dupe ;

Je reste enfin, en vue du bonheur de tous, partisan passionné de Funioa et de h paix, à l’extérieur comme à l’intérieur.

Vous m'avez, une première fois, fait l’honneur de m'accorder votre confiance.

J’ai eu à cœur d'y répondre,

EL tant que vous me la maintiendrez, me donnant, par là même, tes moyens de vous lire utile, je consacrerai toute ma volonté et toutes mes forces à la défense do vos intérêts et à la prospérité de noLre petit pays, qui s inscrit pour une belle parLdana la prospérité et la richesse de la grande France.

Je compte sur vous.

Vous pouvez compter sur moi.

Tous aux urnes pour le triomphe de la République, démocratique et sociale I

Georges M EN 1ER

Député sortant.

Maire honoraire de Cognac.

Chevalier de la Légion d’iionneur,

OiEcier de Htistructiûû publique*

Candidat unique des républicains*

Circonscription de GONFOLENB.

M. PÀSCÀUD, radical-socialiste.

Elu au premier tour de scrutin, — 7.867 voix*

La République seule a su organiser toutes les libertés, elle a poursuivi l'œuvre de la Révolution en consacrant dans tous les domaines le respect de la personne humaine. Elle a donné aux nations l'exemple d’une démocratie laborieuse, ordonnée. Elle a relevé le prestige et le crédit de la France dans le monde*

Conscient de cette œuvre, je prends la résolution de ne pas la laisser détruire, mais au contraire, de la défendre et de la poursuivre :

Uans Tordre politique :

En affirmant la souveraineté du suffrage universel et en repoussant toute pratique avouée ou occulte du pouvoir personnel. Je considère comme intangibles ks kù^kuques qui

complètent les libertés civiles, garantissent la liberté de conscience, condition indispensable de la paix religieuse.

Dans Tordre administratif ;

Il est de toute nécessité d’étendre les libertés communales. Rendre responsables tous les cliets de service qui ont le pouvoir de prendre des décisions, défendre les grands services de l'Etat contre les prétentions et la main mise des intérêts privés, industrialiser ces services par la participation des techniciens et des praticiens à leur direction et sous le contrôle des usagers Créer une collaboration intime entre l'Etat et les producteurs de tous ordres poui 1 exploitation et l’aménagement des richesses collectives.

Dans Tordre judiciaire ;

Justice rapide, moins onéreuse, égale pour tous. Réforme du Code de procédure, révision du taux de la compétence des juges de paix et des tribunaux civils. Protection effective de la liberté individuelle contre les abus de l'arrestation et de la détention préventive, Garanties d indépendance de la magistrature. Suppression urgente des conseils de guerre.

Pour les fonctionnaires civils de tout ordre :

Garanties de leurs interets civiques et des droits professionnels et syndicaux.

Pour les combattants et mutilés :

La Patrie a une dette de reconnaissance envers les défenseurs et pour cela, faubiî h opposer à la révision de la loi du 31 mars 1919 sur les pensions en ce qui pourrait diminuer les droits des mutilés; exiger le maintien de la présomption d’origine pour les maladies et protester contre l'accaparement, par certains groupements, des offices prévus par la législation des pupilles de la nation ; respecter d'une manière intangible la retraite du combattant qui doit s’étendre à des formatons qui ont été au danger et dans les zones de première ligne ; secouer ï apathie, la négligence des services du Ministère des Pensions qui semblent oublier à dessein les vieux combattants de 1870, des colonies et les mutités, ascendants ou orphelins, qui attendent encore ce qui leur èst légitimement dû.

Dans le domaine de renseignement ;

Il est de toute nécessité de fortifier l’œuvre de renseignement laïque et- rendre effective l'obligation scolaire. Organiser dans toute la France les caisses des écoles et octroyer à ces caisses de larges subventions. Egalité de tous les enfants pour une éducation intégrale suivant leurs aptitudes et en facilitant! accès, sans privilège, à renseignement secondaire et supérieur. Rendre obligatoire l’enseignement post-scolaire et technique.

Dans l’ordre économique :

Assurer le développement de notre outillage national. Maintenir les monopoles de l’Etat qui existent. Reprise par la nation des monopoles de fait là où f intérêt publie l'exige, la gestion étan t assurée par la collabora lion de l'Etat, du personnel et des usagers. Politique hardie qui protégera la production française et l’ensemble des citoyens contre tous les trusts et toutes les formes de l’accaparement.

Elaboration progressive du statut économique de la démocratie par l’association étroite de toutes le* branches de la production, des producteurs et des consommateurs, des individus et de l’Etat, de l’agriculture et de l'industrie,

leur Je commerce ; Révision de tous les tarifs douaniers et de certains impôts,

réformes des élections consulaires et recrutement des chambres de commerce selon les règles démocratiques. Protection effective de la propriété commerciale.

Pour l'agriculture : Faire cesser au plus tôt les abus scandaleux qui révoltent le paysafl dont la prospérité n'est que chimère. ÏI n'est que temps de faire participer l'agriculture à ï exploitation et à ta fabrication des produits qui lui sont nécessaires pour mettre à sa disposition toutes les ressources de la science et de la technique, des engrais naturels et artificiels, comme aussi l'énergie électrique.

Développer le crédit des assurances agricoles. Etendre les pouvoirs des chambres d’agriculture, permettre aux travailleurs d accéder à l'exploitation de la petite propriété par ic jeu du crédit agricole. *

Dans le domaine social :

Le programme doit être réalisé avec autant de sincérité que le programme politique. Profondément attaché au principe de la propriété individuelle, il est néccssaise de lutter contre les abus qui pourraient en détruire la légitimité. Le salariat ne saurait représenter un régime définitif et pour cela, faut-il développer la législation du travail, assurer à. l'ouvrier l'indépendance morale, Laccès à la propriété.

Partisan des assurances sociales qui peuvent être améliorées en cc qui concerne leurs applications, il faut lutter contre le taudis, pousser à la construction des habitations à bon marché. Accorder à la femme les droits auxquels elle peut prétendre et enfin par les lois immédiates, s’inspirant du respect de/ la maternité et de Pamour de F enfant, alléger les charges de famille et aider les parents dans l'accomplissement de leur devoir d'éducateurs.

Dans !e domaine financier :

Exiger la sécurité absolue et l'équilibre rigoureux du budget* L’emprunt doit cire réservé au développement de notre outillage national et, des économies s'imposant, elles doivent être, sans retard, réalisées par une organisation profonde des services publics civils et militaires.

Résolument, il faut s'attacher à 1 abaissement du coût de la vie qui ne peut être obtenu, ainsi que l’essor économique du pays et le progrès social, que par T assainissement des finances publiques.

Politique extérieure :

La Patrie n’appartient à aucun Parti, ceux qui en font une exploitation intéressée compromettent la cause qu’ils voudraient défendre.

Pour que la France recouvre toute son autorité dans le monde, il faut qu elle pratique une politique vraiment démocratique à l’intérieur. Seule, la Société des Nations, élargie fortifiée, peut assurer une paix durable, fondée sur la solidarité internationale et le droit des peuples, La France, montrant l'exemple aux autres nations, doit s'engager résolument dans une politique de désarmement, en supprimant sans retard, en attendant mieux, tous ks organes inutiles de l’armée, de la marine eL de l'aviation, toutes les sinécures et tous les canonicats militaires. L'entente entre toutes nations ne sera possible que par une reconstitution économique et une solidarité effective qui consolideront la paix en Europe.

Tel est le programme, forcément succinct, mais dont je saurai m'inspirer, certain d’être 1 interprète fidèle de vos aspirations, comme de vos pensées. La France a, grSce à U République, un statut politique. Il appartient de lui donner un statut économique et social : c est la l'œuvre la plus urgente de la nouvelle législature.

Citoyens, les heures sont trop graves pour qu'on ne réfléchisse pas mûrement à l'importance delà consultation électorale qui va se faire dans quelques jours. Derrière vous est tout un passé fait de discours et de promesses mais dont les réalités se font encore attendre ;

It vie économique est paralysée et s’il n'est porté remède à cette situation inquiétante, qtil peut répondre de l'avenir T

Seuls, les partis qui ne voient que l’émancipation de la démocratie ne se laisseront j Bimais intimider par certaines oligarchies.

Seuls, ifs sont capables d'opposer le respect de Hntérêt général à des coalitions d'intérêts privés,

Le bel arrondissement de Confolens, auquel je suis si profondément attaché, est resté la citadelle avancée des partis de gauche et il mérite bien que Je représentant qu'il choisira librement se consacre, toujours plus, à la défense de ses intérêts et à son essor économique.

Citoyens, eu sollicitant *tos suffrages, en vous demandant de me continuer votre confiance, noua affirmerons, les uns et les autres, notre attachement à lu République, à U politique que je défends, celle du travail, du progrès économique, dos lois laïques, de la justice sociale et de la paix.

E d o u a un P AS CA U D

Maire de Chasseneuih Conseiller générât Député de la Charcute,

Circonscription d© RUFFEC.

M. FAYS, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin, — 8.425 voix.

Citoyens,

La ühfttnbre de demain aura une lâche grave et lourde* Tl lui faudra revenir à la saine tradition républicaine, aux méthodes éprouvées de contrôle minutieux et de stricte administration : restaurer le respect de T oeuvre laïque, garantie de la liberté de conscience,

'Pratiquer une politique financière sévère, extirper le régime scandaleux de privilège et de bon plaisir dont le pays est justement inquiet ; une fiscalité inspirée du souci de la justice, allégeant réellement les charges des petits, au lieu de cette poussière impalpable de dégrèvements illusoires*

One politique 'économique, préoccupée de révolution internationale, protégeant le consommateur contre le spéculateur sans scrupules, le commerce et l’industrie, contre les almsd'ime fiscalité archaïque et vexa to ire : rabattement à la base sur la cédule de l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux ; Vex tension de la taxe à la production, en remplacement de l'impôt sur Te chiffre d'&iîaires, la patente établie seulement d’après les locaux commerciaux*

Une politique agricole énergique, assurant la stabilité des cours, garantissant le culti-

dateur contre les abus clés trusts et de la spéculation ; qui procure à nos populations rurales fa juste rémunération de leur labeur; une protection sérieuse des marchés agricoles et de celui du bétail.

Une politique sociale prévoyante, généreuse eL juste, réparant les imperfections des lois sociales actuelles, capable d'assurer aux travailleurs un sort toujours meilleur et la sécurité des vieux jours.

Une politique extérieure compréhensive, s'élevant à cette conception, que la sécurité ne saurait être désormais fondée sur la force exclusive des armes, que le rapprochement des peuples, que la substitution des procédés juridiques aux moyens de violence, dans le règlement de leurs eonflils, s'avère de plus en plus nécessaire : pour éviter les retours de barbarie sanglante, pour soulager les Nations du lourd fardeau qui les accable et les menace de la ruine.

Citoyens, cette politique n'est pas nouvelle. Elle est le développement direct et légitime des grands principes de 3a Révolution française. C'est celle qu'en 1928 nous avons fait triompher ensemble dans cette circonscription. Elle fut, elle est toujours celle des grands républicains dont nous vénérons les noms.

je suis et reste au service de cette politique, avec vous jusqu'au bout.

Pour nos libertés ! Pour la justice i Dans la paix et pour la paix!

Vive la République laïque, démocratique, sociale et pacifique !

Vive la circonscription de RufTecI

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