MÉ RIVIÈRE, S, F.L
Élu au premier tour de scrutin. — 9. 130 voix.
Aux travailleurs de France,
Citoyens,
Une fois de plus, votre sort et le destin du pays vont dépendre de votre décision.
Le parti socialiste sollicite les suffrages de tous ceux qui forment l'armée du travail : cultivateurs* ouvriers, employés, artisans, petits et moyens commerçants; de tous ceux que le nouveau capitalisme dépouille et que le socialisme veut libérer.
Nous avons conscience que les sociétés modernes ne peuvent plus refuser, ne peuvent plus même retarder l'application des mesures de salut public qui s’imposent devant révolution rapide des événements, devant la grande crise économique et sociale qui a déjà provoqué tant de souflrances, tant de déboires et tant de ruines*
Les découvertes de la science, le développement prodigieux du machinisme et des transports auraient dû créer partout du bien-être et de la sécurité. C'est le contraire qui se manifeste. Un chômage mondial livre à la misère des millions de travailleurs, démoralise toute une jeunesse en la condamnant à l'oisiveté, paralyse les affaires du commerce et de l’industrie, ruine l'agriculture et les ressources financières de toutes les nations civilisées.
Un déficit croissant dans les budgets, une situation économique sans précédent obligent les Etats à chercher un remède précaire et incertain dans les lois improvisées et souvent contradictoires.
Une diplomatie nationaliste ne réussit ni à organiser la paix, ni k rapprocher les peuples, ni même à empêcher les conflits.
Les dépenses d'armement continuent leur course insensée. Cependant, la finance dépouille les épargnants et ruine les petits rentiers; les spéculateurs rançonnent tout à la fois le petit et le moyen commerce, l'artisanat, la production agricole et la masse découragée des consommai eurs.
Les fabricants d’engins meurtriers entretiennent une presse et un parti politique qui viennent chaque jour ajouter aux difficultés présentes la grandissante menace d'une nouvelle guerre d’extermination.
Citoyens, il faut en finir S Exigez de la franchise !
Plus d’hommes aux attitudes plus ou moins contradictoires.
Plus de programmes attardés, plus de formules timorées, mais des solutions hardies et rapides vers Tordre nouveau qui sauvera la civilisation en abolisant les motifs de guerre.
Citoyens,
Des républicains mal avertis s’inquiètent devant les quatre lettres initiales du parti S, F, I. 0. qui, aux dires des profiteurs réactionnaires, énoncent la pire menace contre Tordre social et la propriété individuelle.
Nous dirons, pour ceux qui pourraient 1 -ignorer encore, que ces quatre initiales signifient ; section française de l'internationale ouvrière.
Le parti socialiste est international ; il est par son essence un parti de défense et de protection des travailleurs de toutes les professions et de tous les pays. Le mot ouvrier veut dire travailleur.
Il est pour F accord des peuples et L'abolition des guerres.
U n’est pas contre la propriété individuelle.
It n’a jamais été pour le partage des terres.
C’est contre les spoliateurs internationaux, contre les spéculateurs internationaux, contre les grands rapaces tie F argent-papier, contre les auteurs de misère sociale gL contre les organisateurs de guerres que le parti socialiste veut défendre ceux qui produisent et ceux qui travaillent.
C’est pour ceux dont le labeur enrichit l'humanité, contre ceux dont les entreprises frauduleuses la ruinent.
C’est pour les laboratoires scientifiques contre les usines d'instruments guerriers.
C’est pour le petit retraité et le petit rentier contre les requins de la Rourse, dévorateurs d’épargne et contre leur presse vénale qui répand à jet continu les mensonges et les fausses nouvelles.
C’est pour l’artisanat, le commerce et l'industrie, personnellement exercés, contre la spéculation financière.
C’est pour l'agriculture, éternelle victime des incohérences du marché mondial, contre les associations capitalistes qui entretiennent ces incohérences.
C’est pour les salariés de tous les métiers et de toutes les conditions, contre le chômage et 1 insécurité de l’avenir.
C’est pour renseignement à tous les degrés ouvert aux enfants du peuple. C’est pour lé devenir meilleur de Fhumanité. C’est en un seul mot pour le progrès humain.
C’est pour tout cela que travaille et agit le socialisme international; et c’est tout ce programme que le parti socialiste entend réaliser.
C’est ainsi qu’il faut voir Le sens des quatre lettres S. F, LO. indicatrices de la section française du parti socialiste international.
Pour la réalisation de ce programme de raison et d’humanité, il faut et il suffit que lar niée du travail se mette en marche disciplinée et résolue derrière le drapeau du socialisme.
Dans la nuit que la réaction capitaliste étend sur le monde, une lumière s’élève qui doit guider vos pas vers la République véritable, vers une civilisation aux horizons de justice, d’ordre, de sécurité et de paix.
Aux urnes partout pour les candidats socialistes.
Libérez- vous travailleurs et libérez le monde !
Vive la République sociale î
Programme local. — Manifeste des candidats socialistes.
C’est dans le cadre de la vie locale, dans la petite commune où il a son champ, où son métier rattache, que le travailleur a sa véritable petite patrie; c’est pour lui que le parti socialiste veut la doter des charmes et des bienfaits que le capitalisme concentre dans les grandes cités. Universaliser les facilités de vie, les commodités de relations, Fhygiène ; alléger le labeur par adaptation du machinisme aux travaux agricoles. C’est l’œuvre que nous nous devons d’accomplir parce qu’elle est possible dans la société moderne où surabondent les richesses et les moyens d'action.
Vicinal lté j électrifi cation * adduction d’eau, coordination et extension des moyens de transport, des relations postales et téléphoniques; organisation des services d’assistance hospitalière et médicale pour la lutte rationnelle contre les grands fléaux (cancer, tuberculose) pour la protection de l’enfant et de la mère; perfectionnement de la vie scolaire*
lutte contre l'ignorance, développement moral et intellectuel de notre jeunesse : toutes ces œuvres de progrès, c’est dans le cadre du département qu'elles doivent se réaliser, par l'action combinée de T Etat et des autorités locales.
Le chemin, Y électricité, beau pour tous I Peut on demander moins au xxc siècle?
Mais il y a encore en Creuse un millier de villages enclavés. La construction des chemins ruraux commence à peine et se poursuit avec une lenteur exaspérante. L'entretien de b ensemble des routes et chemins est médiocrement assuré, souvent lamentable. Des centaines de kilomètres de chaussée, coûteux, périclitent faute de rechargement et de proteclion. L’amenée d’eau potable dans les villages est entièrement à réaliser.
L électrification va s’achever, mais la dépense, concentrée d ailleurs sur un petit nombre d’années, est trop lourde pour la part laissée à la charge du département et des communes. Dans ces dernières, elle représente des majorations d’impôt de 25 à 40 0/0 et pour nos maigres budgets, des sacrifices qui se chiffrent par des centaines de centimes additionnels. Grand progrès, mais par la carence de l’Etat, ruineux pour les finances locales. Pris entre la nécessite d’assurer au moins le fonctionnement des services publics de première nécessité, dont un seul, la vicinal! té est une charge excessive, et le devoir impérieux de ménager 1 effort fiscal, injustement demande pour les dépenses locales aux seuls travailleurs, Conseil général et municipalités ont une tache au-dessus de leurs forces.
Pendant ce temps, 1 Etat qui ruine la nation en dépenses militaires improductives et continuellement accrues, ne consacre qu'une poussière de crédits à l’œuvre de rénovation de nos campagnes et de nos petites villes; elles s’anémient et meurent.
L’unité de vues et d’effort drune représentation homogène, animée d'un meme idéal, apparaît de plus en plus indispensable pour défendre le département contre l’arbitraire qui,* trop souvent, préside à la répartition des subventions.
Elle est indispensable également pour tenir en échec la puissance oppressive des grandes sociétés de production et de distribution d’énergie électrique. Ï1 faut sauvegarder les droils des usagers : unifier les prix, supprimer où il existe, le minimum de consommation, obtenir des tarifs dégressifs pour la petite force motrice agricole. Dans certains secteurs, les conditions du cahier des charges constituent une véritable barrière prohibitive* Si le département disposait, comme le veut la loi du 16 octobre 1919, des quantités d énergie suffisante et à bas prix qui doivent être réservées dans toute concession hydraulique? il ne serait plus à la merci des féodaux de l’électricité.
Les candidats du parti socialiste vous offrent, pour la défense des intérêts départementaux, la garantie de leur solidarité absolue. Mais ils pensent aussi que le succès en cette matière, implique une coordination étroite de l’effort des municipalités. L'avenir est au syndicalisme communal. 11 mettra fin à la dispersion ruineuse de "éparpillement des activités et des ressources. Il arrachera les petites communes de l'isolement et de l'impuîs* sauce.
Pour la prospérité de la Creuse, les élus socialistes s’efforceront d’être les animateurs de ce mouvement*
Albert Pi ï VI ÈRE
i Conseil général*
Député sortant*
Circonscription de GUÉRET.
M. FERRAND, radical-socialiste.
Mes chers Concitoyens,
Cultivateurs, ouvriers, petits commerçants, travailleurs de toute sorte, je vous ai âprement défendus, mais hélas, il, reste beaucoup à faire!
Cultivateurs :
Mon honneur est d’avoir ardemment contribué à créer à la Chambre un courant en votre faveur. Ce courant doit s'amplifier.
Je dis que, en attendant les traités internationaux, ou tout au moins européens, où sera ordonnée la production, où cette production sera conciliée avec les besoins de la consommation, il vous faut être protégés contre la surproduction mondiale par des droits de douanes et des mesures de contingentement,
(Si 1 on supprimait, par exemple, le droit de douane sur les blés étrangers, votre blé se vendrait 70 francs le quintal.)
Il vous a été accordé, vous bavez lu, des subventions nombreuses pour vos chemins, en particulier pour les chemins intéressant les villages de plus de 50 habitants dits de désenclavement. Mais un gros effort reste à faire.
Il res Le un nombre important de réseaux à créer et il faut entretenir convenablement ceux qui existent,
(J’ai fait augmenter les subventions de 4 millions, c’est encore insuffisant.)
En ce qui concerne la politique des engrais, un contrôle rigoureux, continu, de l’Etat s'impose, La baisse des engrais aurait dû suivre la baisse générale des produits de la terre.
L électrification des campagnes doit être poursuivie sans relâche.
Il y a lieu de créer un comité de secours aux paysans victimes de calamités atmosphériques.
En un mot tout doit être mis en œuvre pour améliorer le sort, des cultivateurs,
La France est avant tout un pays agricole. Toutes les branches de l’activité nationale étant solidaires les unes des autres, si l’agriculture subit une crise, cette crise s’étant aux autres branches dé I activité ; commerce, industrie, etc.
Ouvriers :
Des crédits ont déjà permis à beaucoup d'entre vous d'acquérir la maison, rêve de votre vie; ces crédits doivent être augmentés pour vous permettre le plus largement possible Taccession à la propriété.
Je suis pour l’application stricte et sévère de Iq loi votée par le Parlement et limitant 1 emploi de la main-d oeuvre étrangèfe, ce qui permettra à l'ouvrier français de traverser cette crise de chômage qui, espérons-le, se résoudra bientôt dans Tordre et la reprise des affaires.
M y a lieu de reviser la loi sur les assurances sociales dont Inapplication est défectueuse*
Petits fonctionnaires :
Je vous ai défendus. J'ai fait réparer souvent pour vous plus d’une injustice; je contin uera L
Commerçants :
Je suis pour la révision de l’impôt dit « patente i> appliqué actuellement sous le régime de la loi du 15 juillet 1880 et dû non seulement sur la valeur locative des locaux personsonnel s mais encore sur la valeur locative de l’habitation de l’exploita tant. Ainsi plus le patenté a d’enfants, plus il a de charges de famille qui l’oblige à se loger plus grandement, plus il est imposé I
Pour que la patente deviennent un impôt équitable et supportable, elle doit être proportionnelle à la fortune et progressive!
Je suis partisan de la suppression de la taxe sur Je chiffre dallai res qui serait remplacé par une taxe unique à la production (produits agricoles exceptés).
Il faut que le petit et moyen commerce puisse se maintenir et se développer. Les abus de la production massive et la rationalisation ont montré 1 utilité des entreprises moyennes,, et nous savons que ces entreprises contribuent à conserver l’esprit d’initiative, le goût de Indépendance, l’amour du travail, qualités essentielles d'une démocratie et vertus dominantes de notre race.
Je veux que soient protégés tous les producteurs, ceux qui vivent de leur travail, les ouvriers et les paysans, le commerce honnête, l’industrie laborieuse, mais non les spéculateurs invisibles dont l'action à si largement contribué au désordre actuel de l'économie mondiale.
Je ne crois pas, d ailleurs, que le rétablissement de cette économie puisse être opérée sans des accords entre les nations, soit dans Tordre économique, soit dans Tordre politique : accords qui, d ailleurs, sont la condition essentielle de la paix.
Garantir à chacun la libre disposition des produits de son travail dans le respect de la liberté individuelle et dans la paix générale. Tel doit être notre but.
Dans Tordre fiscal, je suis pour une application plus sévère de l'impôt sur le revenu, pour la refonte des administrations, avec compression des dépenses de toutes sortes.
Je sms contre la politique ruineuse, pour Je pays, qui s’oppose au contrôle de l’Etat sur les grandes entreprises, mais apporte des ressources publiques au secours de ces entreprises lorsqu'elles se sont imprudemment mises en péri î*
Nos plus grosses ressources devront provenir du désarmement des peuples vers lequel devront tendre tous nos efforts.
Société des Nations, Fédération européenne : Voilà l’avenir.
" Mais lout ert préparant le palais des temps nouveaux, il faut surveiller la vieille maison de lamilîe française^ qu'encerclent tant d intrigues et de jalousies. »
En ce cf ni concerne I instruction, il faut que 1 enfant du peuple, s’il présente une réelle intelligence, puisse poursuivre ses études secondaires par la gratuité de renseignement.
Je ni honore d’avoir fait augmenter, à la suite d'une demande d’interpellation, les crédaireal °UéS aUX b°UrSeS de l ei)sei£rement primaire supérieur et de renseignement seeon-
La tolérance doit rester l’apanage de la République.
De cette République qui n’est pas seulement un nom, mais le régime qui, à l’intérieur, en eue protéger le faible contre les abus du fort, s'appuyer sur les masses laborieuses, axsmu Loutes }eB réformes sociales réalisables par le progrès continu sans secousse violente, ^ prendre l'initiative' de toutes les mesures propres à assurer la réconciliation des peuples e“ sur fraternité dans la paix!
Citoyens î
La situation, quoique sérieuse, n'est pas désespérée ! Cette pauvre humanité est en proie aux convulsions violentes qui se répercutent sur tous les pays!
Mais la France résisterai File doit mériter, plus que jamais, son beau nom de première nation de F uni vers, et redoubler de labeur, d’énergie, d’initiative pour reprendre plus avant sa marche vers ses destinées qui sont de travailler à l'amélioration du sort de l'humanité I
Citoyens!
Je vous ai défendus de mon mieux sans m’inquiéter des opinions politiques de ceux qui s’adressaient à moi.
Je ne connais pas le sectarisme.
J’ai conscience d’avoir rempli fidèlement mon mandat,
Je^ m’adresse à votre jugement et j’ai confiance en votre reconnaissance.
Si, comme je l’espère, vous faites de moi à nouveau votre élu, je continuerai là-haut à mener le bon combat pour le progrès, le mieux- être, ïa justice. Et vous, vous continuerez à avoir en moi l’ami sûr et dévoué!
Vive F arrondissement de Guéret!
Camille F E R R À N D Député sur tau L
Secrétaire du groupe radical-socialiste de la Chambre dos Dé pâté & *
Président du Comité de l'arrondissement de Guéret.
Candidat du -Parti.