‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 50 sur 260 · M. SIM OU N ET, S. F, I. O · texte numérisé non relu

M. SIM OU N ET, S. F, I. O

Elu au deuxième tour de scrutin* — 9 *781 voix*

Electeurs,

La Fédération socialiste du département de la Dordogne m’a de nouveau chargé de représenler mon parti à l'élection législative prochaine*

Je sollicite donc à nouveau le reno uv elle ment du mandat que vous m’avez confié.

Vous me connaissez : vous savez tous les idées que j’ai développées dans toutes les communes de cet arrondissement, que de nombreux amis dy Parlement sont venus défendre arec moi devant vous, prouvant ainsi la sympathie qu’ils me témoignent et ï1 estime qu'ils me gardent.

Je n’ai donc pas besoin d? exposer a nouveau très longuement, dans cette profession de foi, la position du Parti socialiste dont Ja principale mission est de lutter toujours sans répit contre les puissances capitalistes qui, avec la protection des foires financières, industrielles ou' commerciales, sont lest ennemis les plus dangereux de la petite propriété que nous voulons défendre et détroussent si fréquemment la petite épargne : nous en avons en ce moment une preuve flagrante trop près de nous.

Cette Eut te contre les puissances d’argent, dont cet arrondissement a pu apprécier les méthodes particulières, nous voulons 1 a poursuivre sans cesse parce qu elle constitue l’œuvre la plus urgente d’assainissement à réaliser* Et nous exigerons que des sanctions soient prises contre ces forbans, trop nombreux de nos jours1, pour lesquels la justice est trop ^débonnaire alors qu’elle se montre toujours cruelle pour les petits.

C’est par là que doit débuter notre effort continu pour assurer la justice fiscale en exigeant que chacun contribue aux charges de I Etat suivant ses possibilités réelles.

Je me suis, depuis deux années! tout particulièrement consacré à défendre les intérêts agricoles qui sont à 3a base même de là prospérité de noire région*

En plein accord avec les idées du Parti socialiste j’ai déposé une proposition de loi pour q u e s o i en V ré glé s dans leur i n L égra lit é et plus v i te les dommages causés à vo s ré col tes par les calamités atmosphériques, en [particulier par le cyclone du 2 juillet 1931 qui a dévasté lune des parties les plus fertiles de notre arrondissement.

Les planteurs de tabac savent la perte qu’une maladie nouvelle (la rouille) a occasionné 1 été dernier a leur récolte : j'ai rédigé une proposition de loi, approuvée par vos syndicats, pour que les maladies soient à l’avenir ajoutées à la gelée, à Linon dation, à la grêle, pour le payement d’indemnités proportionnelles aux perles que vous pourrez subir*

Au titre de membre de la Commission d enquête sur la situation- de la viticulture, j’ai connu toutes lès revendications des viticulteurs de ce pays et collaboré à Lëlaboi aticn de la loi du 4 juillet 1931 qui a fixe heureusement le statut de la viticulture française et dont

1 application a donné déjà les résultats heureux que j’ai exposés dans de nombreuses réunions, en particulier avec mon ami Barthe, Député de l’Hérault, Président de la Fédération internationale, dans les cantons de Vélines et de Villefranche*

J ai déposé trois propositions de loi tendant à modifier certains paragraphes de la loi sur les assurances sociales qui ne répondent pas aux droits des assujettis à la loi.

J’ai été désigné comme rapporteur de plusieurs projets de loi, en particulier parla Commission de l'hygiène, pour des questions intéressant les hôpitaux mixtes et les auxiliaires de la médecine.

Enfin, fidèle à 1 opinion du Parti socialiste sur Je mode des diverses élections, j ai rédigé et déposé une proposition de loi tendant à assurer la représentation proportionnelle dans les élections municipales, ce qui préparerait mieux, à mon avis, la même réforme pour les scrutins législatifs et sénatoriaux*

Vous îe voyez, mes chers Concitoyens, je ne suis pas resté inactif et je me suis attaché en même temps qu aux questions qui se rattachent à Y intérêt général, à celles qui pourraient servir plus particulièrement les besoins de notre région agricole*

Je continue à penser qu’il est urgent, pour protéger à la fois le producteur et le consommateur, de créer les offices nationaux agricoles, de nationaliser la fabrication des engrais* de réduire en faveur des produits de 1 agriculture les tarifs de transport, de favoriser 1 extension des syndicats, des mutuelles, des coopératives et d'améliorer, en augmentant leur dotation, le régime des caisses de crédit agricole*

Les temps que nous vivons, la crise économique si dure, le déficit financier, font un devoir impérieux aux pouvoirs publics d'être de plus en plus vigilants et, s’il est urgent de protéger l’épargne, il faut aussi; contre les firmes capitalistes qui la grugent, défendre le trésor public qui ne doit jamais servir au renflouement scandaleux de banques ou de firmes industrielles ou commerciales qui luttent contre l'Etat quand elles sont prospères et implorent son concours lorsqu'elles sont au bord de la faillite, et l’exigent meme lorsqu'elles ont à leur service une majorité servile.

Et j ose dire qu’une question domine toutes les autres, également impérieuse pour tous Jes pays : c’est l’organisation de la paix.

C’est pour servir la paix qu'en même temps que, par tous les moyens, nous voulons travailler au désarmement moral des peuples, nous voulons qu’on réalise au plus tôt le désarmement matériel qui, pour être réalisable et porter tous ses fruits, doit être — suivant la formule que notre Parti a indiqué le premier — total, simultané et contrôlé.

Vous le voyez, vous le sentez bien, mes chers Concitoyens, Fœuvre qui s'offre à nous est considérable, d autant que chaque jour fait surgir un problème nouveau, une situation qu'on n’avait pas prévu.

Il faut, pour la réaliser, des hommes disposés à s'y consacrer pour elle-même et non pas désireux d’obtenir un mandat pour en profiter*

Je crois avoir donné dans ce pays, depuis vingt-cinq ans que j’y suis fixé comme médecin, après y avoir vécu toute mon enfance, les preuves suffisantes d’activité et de dévouement à la chose publique.

Certes, j ai été violemment attaqué, sans mesure comme sans aménité, pour ma gestion municipale*

Des adversaires sans scrupules ont écrit ou répété que j’étais un « gredin ou un crétin », La \iolence meme de ces attaques donne la mesure de leur équité*

J ose dire que le passé a montré déjà comme l’avenir prouvera que je n’ai été, que je ne suis ni 1 un ni 1 autre, et que dans le cadre étroit de mon activité communale j'ai liavaillléj sans profit pour moi, à ce que j’ai considéré être le bien public.

Electeurs,

11 y a ^euK ans» dans un mouvement spontané, qui marquait votre dégoût pour certains procédés électoraux inconnus jusqu’alors dans notre région, vous m’avez envoyé siéger au Païais-Bourbon.

Je n’oublierai jamais lYnthousiasme qui a suivi la proclamation du résultat et la manifestation éclatante de sympathie qui s’est faite sur mon nom.

Depuis, je me suis attaché à remplir scrupuleusement le mandat que vous m’aviez

confié.

Je crois m’être fermement consacré à la défense de vos intérêts et me suis montré assidu à combattre les injustices qui m’ont été signalées.

Les sympathies que j’ai trouvées si agissantes devant moi, en parcourant toutes les communes de notre arrondissement , me permettent de croire que je n'ai pas démérité à vos yeux.

J’ai la certitude que vous le direz le 1er mai prochain en me renouvelant votre confiance.

Ensemble nous travaillerons encore a réaliser plus de justice.

Docteur G. S IM O U N ET Msiire de Bergerac.

Candidat du Part i socialiate- Dêputé sortant.

Circonscription de NONTRON.

M, MÉGEj radical-socialiste.

Élu au deuxième tour de scrutin, — 8. 699 voix.

Pourquoi suis -je candidat ?

Je suis candidat parce que j'ai été désigné, à une énorme majorité, par le Congrès réuni à Nontron le 6 mars dernier, sur la demande de la fédération du parti radical-socialiste de la Dordogne. A ce congrès, toutes les communes de l'arrondissement étaient représentées par des membres de leur municipalité où par des militants radicaux-socialistes.

Respectueux avant tout de la discipline républicaine, j avais déclare avant le congres que j’étais prêt à m’incliner devant tout candidat qui obtiendrait plus de suffrages que moi et à faire campagne à ses côtés.

Mon programme :

Tout d’abord des réformes démocratiques.

La Chambre élue en 1928 nous a donné des Ministères à son image, qui n’ont cessé de faire une politique rétrograde et qui ont ruiné les finances de notre pays.

Déficit budgétaire de 7 à 8 milliards, trésorerie à sec, avenir financier gravement compromis, telle est l’œuvre de ces ministères. Plusieurs centaines de millions de prêts consentis illégalement à des nations étrangères, des milliards pour des banques ou des sociétés industrielles. 6 milliards de dégrèvement qui ont profité surtout au monde de la finance, et rien pour Tagri culture.

Tel est le bilan î

L’aide à l'agriculture :

La situation du monde agricole est critique ;

Engrais à des prix exagérés, donc difficultés pour la culture ; mévente du bétail et effondrement des cours; par suite, gêne dans les familles agricoles.

De cela, nos gouvernants sont responsables. Alors qu’ils empêchaient l’entrée en France des engrais venus de l’extérieur, établissant ainsi un monopole de fait en faveur des fabricants français d'engrais, ils laissaient la porte ouverte au bétail étranger qui entrait en masse et ruinait ainsi le marché du cheptel français,

Qu ont fait nos gouvernants pour l’agriculture, 'pour l’hygiène des campagnes, pour retenir à la terre la main-d’œuvre agricole en augmentant son bien-être? Absolument rien

Vous avez certainement appris que le Gouvernement a permis récemment aux Compagnies de chemins de fer d’acheter à l’étranger cl bien plus cher qu’en France, 4 millions de traverses. Il en est résulté une méveoLe de nos bois de chêne, la ruine de nos marchands dé bois et l’augmentation du nombre de nos chômeurs.

Favoriser le monde agricole, telle doit être l’œuvre de la prochaine législature.

L'artisanat:

Nos (; amp agneau ojit presque plus d'artisans* Forgerons, chaînons* serruriers, sabotiers, char perd wrs, maçons, tailleurs de pierre, etc., etc disparaissent peu à peu et bientôt nous serons obligés do faire appel aux entrepreneurs et à la main-d’œuvre des villes.

Il serait juste de donner des subventions d’apprentissage aux jeunes ouvriers tout comme on donne des bourses à certains enfants des écoles. On ferait ainsi des arlisans habiles, et eu mettant la force électrique à leur disposition on verrait la prospérité renaître dans les bourgs et dans les villages.

Le chômage :

Le chômage commence à sévir en France, et le Nortronnais n’est pas complètement épargné. Dans plusieurs de nos campagnes, des ouvriers feuillardiers, les scieurs de long sont privés de travail. Il importe de venir en aide à fous les chômeurs, mais au lieu de leur donner une indemnité en argent, à caractère d’aumône, et d’ailleurs insuffisante, il vaudrait mieux leur donner de l’ouvrage, car l’ouvrage ne manque pas : constructions déroutés eL de chemins ruraux, adduction d’eau polable, fabrication de poteaux en ciment pour J électrification, transport cJe matériaux, etc,, etc.

Mais pour cela, il faudrait que l’État vînt en aide aux collectivités départementales et

communales. Ce serait là des dépenses productives et qui savegarderaient la dignité de J ouvrier* -

b. t surtout, il faudrait renvoyer dans leur pays les ouvriers étrangers, qui font à notre main-d œuvré une concurrence désastreuse.

Centimes additionnels et aide de l’État aux communes :

Les centimes additionnels sont la principale et presque seule ressource des communes Ur, ces centimes frappent uniquement k terre, o’mvô-dire- l'agriculteur.

il faut que l'État verse chaque année aux communes une subvention importante calculée suivant un barême qui tiendrait compte à la fois de Lan superficie de la commune et du chiffre de sa popw.alion. Celle subvention serait prélevée sur l’ensemble: des ressources du budget : Douane emiLri.butmns indirectes, impôts sur les hante salaires et les gros revenus Elle permettrait de donner dans, les campagnes un nouvel essor aux œuvres d’assis tance au» vieillards, aux infirmes, aux incurables, aux femmes en couches, et d’allouer des primes d'allaitement plus élevées et des primes aux familles nombreuses

Los anciens combattants et les victimes de la guerre. — La carte du combatfanl :

La dette du pays envers les victimes de la guerre est’ sacrée. On ne saurait y toucher sous prétexte cl économies,

A mesure même que disparussent, hélas! les victimes de la guerre, 11 conviendrait que

le Ministère .des Pensions se montre moite *» '«> “«««** d'“C‘“S

W essés o u de malades qui n’ont rien pu obtenir jusqu’à ce jour. , - .

U serait désirable aussi que les anciens combattants devenus invalides fussent admis a toucher leur modique retraite avant 50 ans, alors même qu’,1 ne pourrait pas faire la preuve • qe l'origine de leur maladie ou de leurs blessures.

” Butin il sérail juste d'activer l'instruction des dossiers militaires et des opérations des tribunaux de pensions. En ce qui concerne la carte du combattant on devrait accorder u „ptains anciens soldats avant appartenu à l'artillerie, au tram des équipages, aux ambulang ou à des territorirux qui ont vécu de longs mois dans la zone des armées et qui, bien

souvent ont risque leur vie.

Taxe sur le chiffre d alfa ires .

Les impôts qui accablent le petit commerce ne sont pas seulement très lourds, ils sont encore fort gênants. Le petit commerçant de nos campagnes ne peut tenir une comptabilité susceptible de fixer le montant de sa taxe sur le chiffre d’alfaires. !.)es lors i es r0P souvent imposé à tort et à travers, l’agent du fisc étant lui-même dans 1 impossibilité de cal-

"*(5 .i U t.» sur 1= chiïïre d'.lhires était »|M| P™

taxe à l’origine. L'État n’y perdrait que fort peu et le commerçant serait debarasse de continuels soucis.

Assurances sociales et mutualité ;

Excellentes dans leurs principes, les assurances sociales donnent lieu, dans la pratique,

à des abus et à des difficultés de tous ordres. , , . t . ,

Comment, par «.temple, ».«« un ouvrier qui bru ville demi de-14, et .ouventden» Jeu

départements différente t Qu’on supprime toutes le, formalités inutiles e quen en

l’ouvrier décide lui-même s’il veut être assuré.

L’école unique :

Je suis un partisan déterminé de l’école unique, à condition qu’elle profite autant aux enfants des campagnes qu’à ceux de la ville. Pour moi, l’école un. que dot Ub» le moy*n de donner l'instruction des lycées et l’entretien gratuit à tous les enfants qu se signa- en pa. tur intelHgence et par dr travail, et de leur permettre ainsi d’accéder à toutes les situations réservées iusqu’ici aux enfants des familles riches. .

LWsnt pauvre, s'il est etudi.ua, doit passer avant l'enfant nche ,m sere.t p.resseua ou inintelligent. C’est une simple question de justice sociale. \

Economies :

Mais direz-vous, comment équilibrer le budget, comment parer à certaines dépenses nouvelles’ sans augmenter les impôts qui ont atteint leur maximum

Problème difficile, et ,e n'ai pas la prétention de formuler des remedes a la fms souve-

ram s et faciles à appliquer.

Il Y a cependant un eiîort à faire. , ,

D’abord un contrôle sévère des dépenses publiques, ensuite des économes sur « ■ -

bre et le traitements des hauts fonctionnaires, un jeu normal de 1 impôt sur le revenu

une réduction des dépenses pour la guerre et la manne

En moins de trois ans, à un bndget en parfait équilibré a succédé un budget en déficit de près de 5 milliards; une trésorerie riche de plus de 20 milliards a fait place à une tresorerie de 2 milliards seulement.

Tels sont les faits. Il ne suffit pas de les déplorer, il faut y remédier, 1 heure est a 1 action plus qu'à la critique.

labo^^/ét^Suf n reC°Ure à de n°UVeaUX împÔtS aüei^ant *« classes

Une compression générale de, dépense, publiée, apparaît nomme l’n„i,„e remède.

lille devra s’exercer:

atteint aujourd'hui 23 0/0 da bûd^géLLrS1!? 0/0^1^^ ™

CeUe compression doit être recherchée :

medle1’:: ^ “ '.'T*- *" “ •**

SMr- — tf-e “i m? ttfisr.SK

Moins d officiers généraux, trop âgés.

Moins de bureaucratie militarisée 1

économies sérieuse. pourront être réabsées^^îB se|niÿnt par^81" ** d“

lima.ee le, intéressé, lendit' paTl^m^

éconornie'dc'traeasae'rlern^ ”” ^ °‘ “ I>™“ tl“ contribX le

augmentation^le tarit, qui “ù'S !££££

a) La suppression immédiate des tarifs préférentiels wnotUe • ... industrie sans aucun profit pour le consommateur ■ * privilège a la grosse

Les fonctionnaires :

fois le nombre de foncdoirndres lues gro^L^te^nïï!81™11003 de réduire à la

!! y avait, en 1914, 617.000 fonctionnaires civils et militaires 1 y en aactmdlcmentTlo.OQO, soit près de 100.000 en plus ’

lion, en «*“»* 1 -«-<• «» -#*«, sort 0 milliard, 710 mil-

6S4 millions, e'est-è.d'ire^O.'io fots 'pius'” “l ,llo‘!alio", comprise., H milliards

Quant aux retraités, it’y en avait 319.000 en 1914.

A heure acLuelIe il y en a 553 000

la „oÏ0"eÛVnt> 6,1 i914’ 300-°OÛ miiU°n3’ S0it 1 »>' |U 300 millions au cours actuel de Ls coûtent actuellement 4 milliards oifi m:ii- >. , .

Eh bien ! i, e.t t,mp. de ,'arît.er U *“ * *+ ,0“ *-

No 2145

L'impôt sur le revenu ;

Il fonctionne mais fort mal. On Ta surnommé te l'impôt des poires' a, car la plupart des gros revenus lui échappent.

Certes, il faut exonérer de \ 'impôt les petits revenus et salaires et laisser aux familles les sommes nécessaires à leur subsistance.

Mais on doit établir une échelle progressive frappant largement les gros revenus. Pour cela, il ne faut pas craindre d'aller aujourd'hui jusqu'au contrôle des banques, qui refusent l'intervention de l'État, mais qui appellent celui-ci à leur secours quand elles sont menacées de banqueroute.

Pour la paix :

Tout le monde en France affirme son désir de paix ; mais il ne suffit pas de s'accorder sur le but, il faut encore s'accorder sur les méthodes. Ï1 n'en est pas de plus nobles et de plus efficaces que celles d’Aristide Briand, Tous les républicains ont le devoir d'assurer la continuation de sa politique.

Sans méconnaître la nécessité de maintenir au service de la France l'organisation défensive indispensable pour la prémunir contre une nouvelle agression, il importe de poursuivre une politique d'entente et de rapprochement entre les peuples.

L'arbitrage international doit être éLendu et généralisé, la Société des Nations doit être pourvue d’un système de sanctions destiné à assurer le respect de ses décisions, et l'organisation de pareil I système doit s’accompagner d'une réduction parallèle, simultanée et contrôlée des armements nationaux.

A la suite d'Aristide Briand qui déclara de son vivant : « Tant que je serai où je suis, il n y aura pas de guerre », je répète avec une foi passionnée encore hantéè des visons d'horreur des champs de bataille : « Faisons tout pour éloigner la guerre ! n.

Electeurs ;

Ma famille paternelle est originaire de Jumilhaû, ma famille maternelle de Firbeix, et je suis né à Thiviers. Fils d’un meunier, petit-fils de métayer, j’ai été moi-même ouvrier mineur jusqu’à vingt ans. Mieux que personne je connais vos peines, vos besoins et vos aspirations.

Je suis installe à Jumilhac, où bientôt j'habiterai d’une façon définitive* Si j’ai le grand honneur d être votre élu, j’aimerai à parcourir cet arrondissement. Tous les cantons recevront souvent ma visite.

Mes Amis,

Je n'ai jamais fait de vaines promesses I Je ne veux promettre que les choses que je suis sûr de pouvoir tenir!

D’abord, je resterai ce que j’ai toujours été : un radical-socialiste fervent, un ami des petits, un ami aussi du progrès social.

Ma vie tout entière a éLé une vie de travail. C'est un travail, un travail de tous ies instants que je mettrai au service de mes électeurs et de ce bel arrondissement de Neutron. Et cette promesse, je saurai la tenir,

\ ive la République des paysans et des travailleurs I

IIlfNRI MEGE.

CongciltciF général

Ve circonscription de FÉRIGUEUX.

M . B 0 N N ET , rud ica l -soc i a 1 i s Le ,

Elu au premier tour de scrutin. — 9.705 voix.

Mes chers Amis,

il y a trois ans, à l'élection partielle du 17 février 1929, vous m’avez élu, au premier tour de scrutin, député de la première circonscription de Périgueux, en m’accordant une magnifique majoriLé. Je vous en ai alors exprimé ma profonde gratitude.

En relations étroites et confiantes avec toutes les populations de la première circonscription, h qui je suis venu rendre compte, chaque année, de mon mandat, j’ai défendu, de toutes mes forces, au Parlement comme au Conseil général, les intérêts de notre belle ville de Périgueux et de nos chers cantons de Périgueux, de Saint-Asüer, de Brantôme et de Vcrgt.

Tous les travailleurs de notre arrondissement, en particulier les agriculteurs, les commerçants et industriels, les ouvriers et cheminots, m’ont toujours trouvé à leurs côtés, prêt à répondre à leur appel, lorsqu’ils avaient légitimement besoin de mon concours ou de mon amitié.

J’ai donc été constamment attentif aux intérêts de la circonscription que j’avais l’honneur de représenter. Mais je n’ai pas oublié que, si vous m'aviez envoyé au Parlement, c était également pour suivre les grands problèmes généraux dont dépend la vie même de la Nation, J’ai exercé, en toute conscience, celle parlïe importante de ma tâche. Assidu aux séances du Parlement, membre de la Commission des affaires étrangères, j’ai pris part aux plus importants débats de cette législature.

Si j ai l’honneur d’être de nouveau votre élu, j'entends continuer ma tâche avec le même soin et les mêmes scrupules que je l’ai fait jusqu’ici,

La situation de notre pays se présente dans des conditions particulièrement difficiles, 11 est nécessaire de dire tonte la vérité pour ne pas laisser à l’étranger l'impression fausse que la France est un pays resté riche et prospère au milieu de la misère générale du monde entier.

L’état de nos finances doit nous préoccuper. De l'aveu même du rapporteur général du budget du Sénat et du Ministre lui-même, le budget comporte un déficit jusqu’ici inconnu dans notre histoire, et notre Trésorerie, à nouveau, vient d'être obligé de recourir aux emprunts.

Enfin, nous souffrons d’une grave crise économique, qui atteint à la fois notre agriculture, notre commerce et notre industrie.

Elfe a atteint, par le chômage, avec une particulière dureté, les classes moyennes et les modestes travailleurs de toutes les catégories. Elle a entraîné des misères, sur lesquelles nous avons le devoir de nous pencher.

Pour que la France puisse se relever, il est une condition essentielle : c’est le maintien de la paix.

La paix, de toutes nos forces, nous devons non seulement la maintenir, mais aussi et surtout 1 organiser ; un nouveau conflit marquerait îa fin de la civilisation européenne. Les anciens combattants effles victimes de la guerre, si durement éprouvés, nous rappelent tous les jouis que Inorganisation de la paix est le premier de tous nos devoirs.

Restaurer nos finances, donner un essor nouveau â notre industrie, à noire commerce ci à notre agriculture, maintenir la paix, tels sont les devoirs immédiats qui s’imposent aux démocrates.

La législation prochaine a, devant elle, une tâche qui dépassera en difficultés toutes

celles qu'ont connues ses devancières. Le pays, après tant d'années d'illusions, où Ton a trop complaisamment entretenu, doit voir en lace la vérité.

Pour remplir celte lâche, il me faut, mes chers amis, votre confiance. Je vous demande de me la donner, le 1er mai prochain, A vous servir, je m'appliquerai de toutes les forces de mon activité, de mon intelligence et de mon cœur.

Voici les grandes lignes de mon programme, que je défendrai avec toute l'autorité que peut me donner le fait d'avoir appartenu cinq fois au Gouvernement, d'avoir été membre de toutes les grandes Commissions de la Chambre et délégué de la France à Genève ;

En politique extérieure :

Nous haïssons la guerre : une guerre nouvelle serait une catastrophe pour notre pays et pour l'humanité. Nous devons poursuivre une politique de paix avec tous les [peuples, sans aucune exception, par l'augmentation de l'autorité de la Société des Nations, l'acceptation générale par tous les pays de l'arbitrage obligatoire en cas de conflit, et la réduction

générale et contrôlée des armements. Lé'chec de la Conférence du désarmement, réunie à o .

Genève, marquerait selon l'expression de Paul-Boncour, un grave péril pour îa paix et pour les finances des nations.

En politique financière :

Nous devons rechercher de sévères économies, la compression rigoureuse des emplois inutiles, la refonte complète de notre système fiscal d'impôts trop compliqués, les facilités données aux contribuables pour que leurs réclamations soient rapidement jugées, et qu'en attendant le jugement, ils puissent différer les payements des impositions contestées.

Pour les commerçants :

Depuis longtemps, nous demandons le remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe unique. Il nJa été opéré que pour un petit nombre de produits. Nous demandons que la mesure soit générale et que, devant le silence de ^Administration des finances, le Conseil d'Etat soit chargé d'établir rapidement un projet de loi qui sera immédiatement soumis au Parlement,

Je demanderai la création du crédit au petit et au moyen commerce. Et je persisterai à proposer la modification de la contribution des patentes, si injuste et si mal répartie. Je pense surtout qu'il faut établir un système d'imposition évitant aux petits commerçants de tenir une comptabilité compliquée, les mettant à l'abri de toute inquisition fiscale, et leur évitant les amendes injustes et arbitraires dont ils sont souvent frappés, malgré leur bonne foi. Ce programme est, dans ses grandes lignes, celui des commerçants détaillants et celui de l'Union fédérale des commerçants et industriels de la Dordogne, que je m'engage à défendre.

Pour les artisans ^

J’ai toujours manifesté aux « artisans » l'intérêt dont ils sont si dignes. Je continuerai à le faire, notamment en assurant aux Chambres des métiers les conditions nécessaires à leur fonctionnement, en votant le crédit artisanal à court et à moyen terme, en venant en aide aux artisans victimes de la crise, et en votant la récente proposition relative à la construction des locaux a usage artisanal, ainsi que les autres réformes nécessaires.

Pour les agriculteurs :

Les agriculteurs sont rudement atteints par la crise, en particulier par la baisse du bétail, provoquée, sans profit d'ailleurs pour le consommateur, par l'entrée en masse du. bétail étranger en France, que le Ministre de f Agriculture a eu le grand tort de tolérer*

Nous devons donc, plus que jamais, veiller au sort des agriculteurs. Voici, notamment quelques réformes indispensables ;

Protection des agriculteurs contre la spéculation des trusts, notamment en ce qui qui concerne les blés, application équitable de la loi qui exempte des droits de succession les petites successions des agriculteurs et des artisans, dont les fils continuent le métieroctroi aux militaires des permissions agricoles ; protection dos produits agricoles; goudronnage des roules adapté aux besoins de la circulation des bestiaux ; le développement du réseau des chemins ruraux ; les subventions sur le produit des jeux applicables aux adductions d'eau pour les villages dépourvus d’eau potable et des moyens d’irrigation ; l’électrification rapide des campagnes; la politique de reboisement; des facilités plus grandes accordées aux cultivateurs pour distiller librement le produit de leur récolte ; le développement des Chambres d’agriculture et de l'enseignement agricole largement dotées" de façon à faciliter 1 accession à la petite propriété ; 1rs encouragements donnés aux agriculteurs qui restent iidèles à la terre ; la modilîealion des centimes départementaux et communaux qui, à l’heure actuelle, pèsent lourdement sur les petits propriétaires foncier** l’exemption temporaire d’impôts pour les cultivateurs qui mettent en valeur des terres en friches ; l’amélioration, par un sage aménagement de la nouvelle loi d’assurances sociales, du sort des petits propriétaires, métayers et ouvriers agricoles.

Satisfaction doit être aussi donnée aux légitimes revendications des planteurs de tabac, que j’ai tou jours défendus ; notamment en ce qui concerne le « feu rouge pour lequel j'ai déposé un projet de loi. IL semble qu’on pourrait acheter moins de tabac à l’étranger et faire moins de pu bliciLé en faveur du tabac étranger pour permettre le développement de la culture du tabac en France*

lïnfin, la Caisse des calamités agricoles, dont nous avons pris l’initiative il y a quelques années avec mon ami Yvon Delbos, doit être dotée d’une façon suffisante pour venir en aide aux agriculteurs victimes de calamités.

Ce programme qui, dans ses parties essentielles, est celui de l’entente paysanne et des associations et mutuelles agricoles, je le soutiendrai de toutes mes forces. Je suis, depuis de longues années, membre de la Société d’agriculture do la Dordogne. Et, le « Conseil supérieur de i’enfente paysanne » m’a dans une lettre publique, remercié <t de mon dévouement à la cause paysanne »,

Au point de vue social :

Il Faut établir l'égalité devant l'instruction, de manière q^uri enfant pauvre mais bien doué puisse recevoir Instruction la plus large et que la sélection soit faite selon le mérite et non selon la fortune* Il faut avoir le souci constant des victimes de la guerre et des mutilés du travail, des anciens prisonniers et des anciens combattants, ainsi que des familles nombreuses. Il faut améliorer, dans toute la mesure possible, le sort des petits porteurs de rente sans fortune et je n oublie pas les porteurs de fonds russes pour lesquels nous nous efforcerons d'obtenir un règlement aussi satisfaisant que possible, II faut maintenir et perfectionner toutes les lois sociales actuellement votées par le Parlement.

Pour les travailleurs, ouvriers et cheminots :

Notie vigilance leur est acquise. Il faut leur donner le plus tôt possible des habitations salubres et à bon marché dont ïîs puissent devenir propriétaires.

ü nous faut comme nous bavons déjà commencé au Conseil général — lutter hardiment contre la tuberculose, fléau de notre département.

Depuis que je suis à la Chambre, je suis membre du Groupe de défense des cheminots.

Les cheminots savent donc qu'en toutes circonstances ils pourront compter sur mon concours, comme par le passé.

Je continuerai donc à demander inlassablement la réintégration des travailleurs des chemins de fer qui ont été les victimes inconscientes des grèves de 1920. Je m'efforcerai d’obtenir, pour les retraites des révoqués, les modifications nécessaires de la loi de 1927.

J'interviendrai, à nouveau, pour que les apprentis du P, O. ayant accompli leur sebviee militaire soient réemployés le plus rapidement possible.

Je continuerai à m’intéresser au sort des cheminots en demandant, notamment, avec eux, le vote de la loi Chariot,

C'est un devoir particulièrement impérieux pour nous de veiller au sort de tous ces modestes travailleurs dans lesquels nous comprenons naturellement ceux des chemins de fer départementaux.

En politique intérieure :

Nous demandons le respect, par tous, de toutes les lois fondamentales de la République et, notamment, des lois laïques ; l’accord de tous les Français sur la liberté de conscience : rolïligaüon, pour tous les élus, de la présence aux assemblées.

Mes chers Amis,

Tel est, dans ses grandes lignes, mon programme.

Républicain ardent et convaincu, épris de progrès social dans Tordre et dans la liberté, ennemi résolu de toutes les dictatures, je veux que la République soit la République du peuple, sauvegardait les droits de chacun, garantissant une existence digne aux déshérités, aux petits et aux humbles.

J’entends donc assurer, par la réforme de l’Etat, son indépendance absolue vis-à-vis de lous les consortiums et trusts^ de toutes les puissances d'argent et toutes les organisations qui voudraient imposer leur tutelle à la Nation.

J’ai lutté hier encore contre ces puissances. Elles m’ont ardemment combattu. Mais, indépendant et libre, je continuerai à lutter demain pour défendre les intérêts et les droits du peuple.

Toute ma vie, je l’ai consacrée sans cesse et sans trêve au travail.

Depuis dix ans, dans cc département comme dans toute la France, j ai défendu les intérêts des travailleurs.

Vous me connaissez. Vous savez que mon dévouement vous est acquis.

Un représentant du peuple doit être le représentant de tous. Il ne doit favoriser aucune catégorie de citoyens au détriment d'une autre. Je suivrai cette ligne de conduite, la seule possible pour un républicain.

Agriculteurs, commerçants, ouvriers, travailleurs de toutes sortes, vous avez besoin qu'une voix indépendante puisse défendre, du haut de la tribune du Parlement, vos justes revendications.

Habitants de la ville et du canton de Fongueux et des beaux cantons de Brantôme, Vergt et SainUAstier, si vous me faites l’honneur de me donner votre confiance, vous savez que je saurai m’en rendre digne.

J’ai confiance en vous !

Vive la République !

Georges BONNET Député,

Ancien Ministre.

Conseiller général.

2e circonscription de PÉRIGUEUX.

M. de MOLHNES, républicain socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. ■— 5.147 vois.

Electeurs,

Chers Concitoyens,

Vous êtes appelés, le 1er mai prochain, à choisir votre représentant à la Chambre des Députés. Désigné comme candidat par le parti socialiste français, je viens solliciter vos suffrages .

Mon programme*

Vous le connaissez; il est celui de mon parti. J'ai eu l’honneur de vous l'adresser dans le journal Përigueux-Beuxième, qui soutienL ma candidature. Ce programme, je l'ai développé devant vous dans mes réunions, toutes publiques et contradictoires, et j’ai eu, à Ja fois, le plaisir et la fierté de constater qu’il représentait bien les aspirations légitimes de tous les républicains et de tous les démocrates de J a circonscription de Périgueux*

Mais, comme je tiens a prendre envers vous clos engagements précis, permettez* moi de vous rappeler quelles sont mes idées, quelles sont les solutions que je propose aux problèmes inquiétants de 1 heure présente, en ce qui concerne la politique intérieure, extérieure, économique, sociale et agricole.

Po liiique e x tè r ie n re ,

An moment où nous constatons tous que l’Europe se trouve dans une situation difficile et particulièrement délicate, j estime qu il faut choisir entre la politique de force et de prestige qui, à travers les siècles, a fait verser tant de sang, et la politique de paix et d entente entre les peuples, qui doit écarter à jamais ce fléau, cette monstruosité qui s’appelle : la Guerre.

Cette paix, je la désire, moi qui ai vécu les heures horribles de la guerre, je la veux de toute mon âme, je la veux par la continuation de la politique de Brian i, je la veux par ce désarmement simultané qui deviendra une réalité plus franche qu’ori veut bien )e dire, car 1 action des démocrates et des républicains de tous les pays aura bientôt raison des vagues nationalistes, dont les triomphes provoqueraient la fin de nos libertés et l’effondrement de notre civilisation. Le renforcement de la Société des Nations et la formation d une gendarmerie internationale permettant ce désarmement et assurant la paix du monde.

Politique intérieure.

D abord, intangibilité des lois laïques et surtout politique républicaine dirigée par de vrais républicains.

Je désire 1 égalité de fous devant l’instruction, l’intelligence et le travail devant seuls présider à la sélection de tous les enfants de France, et quelle que soit la situation sociale de leurs parents.

En attendant que cet idéal, pour lequel je lutterai a chaque occasion, soit atteint, je demanderai que des bourses d'entretien soient accordées à tous les enfants du peuple dont le mérite aura été reconnu, afin qu’ils puissent avoir accès, sans distinction de fortune, à renseignement secondaire et à renseignement supérieur.

Je demanderai, enfin, que l'enseignement postscolaire soit obligatoire.

Politique économique et sociale ,

La situation actuelle de notre pays, sans être tragique, est cependant sérieuse. Le machinisme a fait de tels progrès et la production a été tellement supérieure à la consommation, qu’il en est résulté une crise de chômage dont nous déplorons les effets.

Des mesures énergiques s’imposent, au cours de la prochaine législature, et, si je suis votre élu, je voterai toutes celles qui auront pour but de rendre aux travailleurs une situation qui leur permettra de faire vivre leur famille sans avoir à solliciter le secours de chômage, aussi légitime qu’il soit.

Politique agricole.

La circonscription de Périgueux est essentiellement agricole. Les travailleurs de la terre méritent foute la sollicitude du Parlement à cause, précisément, de la dureté de leur travail et de l’incertitude où ils se trouvent, sans cesse, d'en récolter les fruits.

Et, cependant, la prospérité de l’agriculture est le principal élément de notre équilibre économique.

J’estime qu’il faut donner aux cultivateurs modestes les moyens techniques et les facilités commerciales qui ne doivent pas rester T apanage des grands proprietaires terriens, et cVst pour cela, qu'en plein accord avec mon parti, et ainsi que je vous fai fait connaître, je demande au point de vue agricole :

L’organisation du marché et de la vente du blé ;

Statut des coopératives agricoles ;

Indemnité de plus-value aux fermiers sortants ;

Abaissement du prix des engrais et des transports.

Amélioration du sort des populations rurales :

a) Développement des mutuelles, coopératives et syndicats agricoles T

7j) Création d’une caisse nationale contre les calamités agricoles et assurance de tous les risques professionnels des agriculteurs ;

c) Développement du crédit agricole et prêts à longs termes, notamment pour 1 améliora Lion de l'habitation rurale ;

■ d) Electrification des campagnes en fonction des besoins des usagers et non plus seulement pour le profit des sociétés concessionnaires et de leurs filiales ;

e) Réalisation de moyens facilitant la fréquentation de 1 ecole par les enfants des campagnes ;

f ) Amélioration des voies départementales et communales, des transports, des services postaux et de tout ce qui contribue à l'hygiène et à la santé publique.

P o U l iq u e fi n a n c i ère .

Le problème financier qui se posera devant la nouvelle législature sera, disons le mot, angoissant. Nous sommes loin, hélas I de fère de prospérité prédite par André 1 ardieu. Les 17 milliards, prudemment économisés par M. Chéron, sont volatilisés depuis longtemps et, aujourd’hui, en fait de milliards, nous ne connaissons que ceux du déficit*

Lne politique de stricte économie s’imposera donc, mais elle sera, sans doute m9um

ZLT9™ *“ ^ T ,U1 reVient à tUre C*Ue d’«utre8 mesures devront ÔLre envi-

r ~ ï qUéeS danS Ie P^rammc dl> P«rti socialiste français, cl je me permets de vous les rappeler : 1 J me

utilcsMalntien 0t am°diati0n des monopoles de l'Etat et création de tous les monopoles Contrôle des banques et sociétés financières *

WwfaH.rn.itf des impôt, de façon à dégrever fe, petite contribuable., en J;--..-, 3e. taxes qui pèsent sur la consommation et la circulation *

Barrement de. abattement, à U ta* on matière impôt, .un le. revenu., no,am. mml ,ur ce,., frappant le, sala.ro, et appointements; re, .forcement des grotoes cote, - Ken. ornement du contrôle et poursuite rigoureuse de la fraude ■

uni,™""'"™ ‘‘C ‘'imp4‘ S“r 18 Chiir'“ 'l'"ir""ÎS “ *>" ">»>pï«om=»l par on. Use Simplification de notre fiscalité ;

Application à la comptabilité dite « en partie double », seul moyen technique permet- . t au I a rie ment d exercer un contrôle sur les recettes et les dépenses de l’Etat.

Pour la 2° circonscription .

,J.# V.lenS.de 7“B eKp0SCI’ mon Programme sur les grands problèmes qui intéressent le pays tout entier. Laisses-moi vous dire, maintenant, que si j’ai l’honneur d’être votre élu je saurai delendre avec énergie, avec âpreté même, et surtout à la tribune de la Chamb Je’ les intérêts de la 2e circonscription de Périgtieox. 1

Quel, que .oient vos désir, el vo. aspirations, je serai toujours héraut de m’en entre lemr avec vo»,, pou, le, défendre ensuite do tonte mon énergie et de ton, mon ctnur

voire r»7él7,USà lâ’rt ^ 7* d,“ “"P1" 4 °*”X r«* 4iuSij» devie».

e représentant a a Chambre, je prends, mi, rengagement formel de venir chanue

S^-T fOU””:' leS “P'i--”* 1» rh» complètes sur mou ,„i„rie p„liü„,e’au

Chers Concitoyens ,

Tel *° programme démocratique que j’ai l’honneur de vous soumettre et pour leoue je demande a tous les républicains de combattre avec moi 1 ^

de vos aînés ehS■llUantUcômmeeeuxSpol^rela7épÙHique,apolIr1lBVpa]'x'.7'^OOSren4re^1^,'e,

Vive la République démocratique, laïque et sociale !

Marc de MOLÈNES Ancien combattant,

(Croix de guerre, — Légion d'honneur).

Avocat à J a Coor d'appel de Paris.

Conseiller général de la Dordogne.

Candidat du parti socialiste français.

Circonscription de RÏBÉRAC-

M. B1BIE, républicain socialiste.

Elu au premier tour de scrutin, — 10.462 voix.

Mes chers Concitoyens,

Vous êtes appelés le 1 «r mai prochain à élire votre représentant à la Chambre dés Députés.

J ai 1 honneur de solliciter vos suffrages.

G est donc pour la troisième fois que je fais appel à votre confiance et j’ai la conviction que les démocrates qui m’ont toujours réélu avec cîes majorités accrues, me resteiont indéfectiblement fidèles. J ai conscience au surplus d’avoir rempli avec ponctualité et scrupule 3e mandat que vous m'aviez si largement confié, ^

\qus me retrouvez aujourd hui comme hier, fidèle au même programme de liberté de mstice sociale et de paix qui est celui de tous les républicains. J'ai' continué à suivre la voie droite, dans laquelle je m’étais engagé au début de ma vie politique et qui esL pour vous une garantie certaine de mon acLion publique de demain.

Chers Concitoyens,

Mon devoir à la veille de la consultation électorale prochaine est de vous fournir des explications complètes et précises sur l'exercice de mon mandat passé et aussi de vous indiquer les solutions qui me paraissent nécessaires pour résoudre les grands problèmes sur lesquels la prochaine Chambre sera appelée à décider.

P o hlique exièrie u re ,

La présence à la tête du Ministère des Affaires étrangères pendant presque foute la législature, de M. Aristide Briand a été la certitude que la France pratiquerait une politique orientée nettement vers l’entente internationale et vers la paix. Nous savions noLamment que notre diplomatie s’appuierait constamment sur les institutions nouvelles : Société des Nations. et Cour permanente de Justice de la Haye qui sont nées au lendemain de la guerre de la volonté des peuples d'éviter de nouveaux conflits.

Malgré les attaques de la droite, M. Aristide Briand a pu travailler efficacement à 1 œuvre de réconciliation internationale, en lançant l’idée d’une Fédération européenne, en faisant adhérer la France à l'acLe général d’arbitrage et en élaborant le Pacte de renoncianon à Ja guerre comme moyen de politique nationale,

L œuvre ainsi entreprise doit être poursuivie avec le même esprit desolidarité et de justice,

La Conférence du désarmement qui siège actuellement à Genève, doit décider la créaion d’une force armée internationale destinée à assurer le respect et l’exécution des senences de la Société des Nations et de la Cour de Justice. En même temps elle doit e aborer un plan de réduction générale, simultanée et contrôlée des forces militaires natioj3 es.’ <liin lllettre Uli terme à la course aux armements qui sévit de nouveau en Europe «puis plusieurs années, entraînant la ruine des budgets, et faisant naître de légitimes inquiétudes.

Secrétaire de la Commission des affaires étrangères, j’ai été associé étroitement à l’effort poursuivi par M. Briand dont j’ai pu apprécier au cours de mes voyages à l’étranger la haute autorité morale et le grand prestige. Je m’honore d’avoir été choisi par mes collègues pour défendre devant la Chambre l'important projet déposé par lui en vue d’accroître l’autorité do 3a Cour permanente de Justice et d’améliorer son fonctionnement. Je rappelle aussi que je fus désigné pour exposer les vues de la Commission dans le débat sur la mise en exploitation de nos gisements pétrolifères de Mésopotamie, défendant ainsi les intérêts français contre les trusts internationaux du pétrole.

Polit iq u e fina n c ière .

Au début de la légisture, nos finances étaient dans un état satisfaisant, ce qui permettait l'amortissement progressif de la dette publique et ouvrait la perspective de sérieuses réductions d’impôts. Mais l'annonce de a Fère de la prospérité » a marqué le point de départ d une politique de laisser-aller qui a contribué à creuser dans nos budgets de larges déficits et a liquider rapidement les 19 milliards de réserves dont disposait notre trésorerie.

Les dégrèvements qui ont été opérés, au lieu d’être massifs et de porter sur quelques impôts particulièrement lourds, comme par exemple ceux qui pèsent sur les chemins de fer et les transports, ce qui eût contribué à abaisser le coût de la vie, ont été dispersés sans proOt effectif pour personne ou bien ont porté sur des postes comme les operations de bourse, favorisant surtout les spéculateurs de la finance. D autre part, les dépenses du budget se sont accrues en quatre ans, suivant les déclarations du Ministre lui-même, de 7 milliards 816 millions, dont près de la moïLïé ont été consacrés à augmenter les crédits de la défense nationale. La politique de la facilité et du militarisme pratiquée par la majorité de droite, qui a voulu gouverner sans partage Je pays, et qui doit supporter en conséquence toutes les responsabilités, a donc été particulièrement néfaste.

Par ailleurs, l’intervention du Président Hoover obtenant la suspension des payements de F Allemagne portant sur 2 milliards à percevoir et la crise économique qui, en ralentissant le mouvement des alla ires, a réduit dans k même proportion le rendement des impôts sur les transactions, ont privé notre budget de recettes importantes,

La conséquence de ces accroissements et de ces diminutions de recettes, est que nos budgets sont déséquilibrés et que la Ghambre prochaine aura une tâche difficile à remplir pour remettre de l’ordre dans nos financés. Elle devra pratiquer une politique sévère d'économies, visant particulièrement les dépenses les plus lourdes ou les plus récemment accrues, comme celles de la défense nationale, en même temps qu elle devra veiller à ca que les évasions fiscales soient sérieusement surveillées.

Politique économique et sociale.

Depuis plus d'un an, la France souffre de la crise économique mondiale par laquelle, en raison de l’étroite solidarité qui unit actuellement tous les peuples, elle devait être fatalement atteinte contrairement aux affirmations optimistes de ceux qui parlaient constamment de prospérité. La surproduction dans toutes les branches de 1 activité humaine a conduit à la baisse catastrophique des cours agricoles, à F effondrement d un grand uombie d'établissements commerciaux et industriels, au chômage devenu de plus en plus intense.

Par F élévation des droits de douane, par l'adoption des mesures de contingentement, les producteurs français ont été protégés contre F envahissement de notre marché par les produits industriels et agricoles de Fêt ranger. Mais cette politique de défense immédiate, qui s'est révélée efficace, n'est pas un remède sans danger pour Favenir de nos relations commerciales, et il faut simplement k considérer comme un moyen provisoire permettant de préparer Favenir. Une grande œuvre s'impose en effet aux Pouvoirs publics qui doivent donner à FagricuHure, au commerce et à Findustrie un nouvel et indispensable essor.

No 2145

faut regretter a cet égard que le? projets d'outillage national présentés par les gauches, aient été combattus par le Gouvernement qui n'a fait voter que des mesures imparfaites et insuffisantes, car l'adoption de ces projets eût permis d'enrayer presque totalement le chômage et d'armer fortement notre pays pour négocier avec l'étranger les ententes économiques particulières ou collectives qui seules peuvent assurer l'adapta Lion de la production à la consommation et mettre fin à la crise elle-même.

Noire agriculture si digne de l'attention des Pouvoirs publics, a pu être soutenue par la protection douanière et par les contingentements des produits étrangers, mais elle a besoin de s'organiser, et de tirer profit des derniers progrès de la science et de la technique pour lutter avantageusement sur le marché mondial.

L'enseignement agricole largement ouvert à tous doit être un des premiers soucis du législateur, et c'est pourquoi lors de la discussion du budget, j'ai demandé que soient multipliés les cours et les écoles d’agriculture, dans toutes nos régions. J’ai pu obtenir l'an dernier la création à Ribérac d'une école d'agriculture fd'hiver, destinée à préparer nos jeunes paysans à devenir un jour, grâce à cet apprentissage théorique et pratique, des exploitants éclairés.

Pour maintenir nos jeunes gens à k terre, j'ai proposé avec mon Parti et fait voter la suppression des impôts de succession sur les petits héritages ruraux, quand le successeur s’engage à resLer à la terre pendant au moins cinq ans.

Afin de dédommager les agriculteurs des pertes dues aux intempéries de toute nature qui menacent leurs récoltes, je me suis associé à la défense et au vote de la proposition tendant à créer une Caisse des calamités agricoles, dont le Parlement vient de jeter le« premières bases.

Les planteurs de tabac, avec lesquels j’ai été constamment en contact par l'intermédiaire de leur Syndicat, savent que, dévoué à leur cause, j'ai favorablement accueilli les revendications qu'ils m'ont présentées et fait effort pour les faire aboutir. J'ai notamment soutenu les réclamations portant sur l’indemnisation des pertes causées par le feu sauvage y* et celles relatives au contingentement des cultures qui serait périlleux pour notre production départementale.

Le commerce et l'industrie particulièrement éprouvés par la crise ont besoin, pour traverser la période difficile actuelle, d'obtenir des facilités de crédit et une meilleure législation en matière de règlements commerciaux. Le remplacement de l'impôt sur le chiffre d'affaires par des taxes à la production doit être poursuivi aussi rapidement que possible et je donnerai à l’avenir, comme je l ai toujours fait, mon vote à toutes les propositions faites dans ce but.

Je suis profondément attaché au maintien et au développement des lois de protection des travailleurs, soient qu’elles aient pour objet de leur assurer de meilleures conditions de travail, soit qu'elles tendent à les protéger contre les périls de toute espèce qui les menacent,

La loi des assurances sociales, qui donne aux travailleurs de l’usine et des champs la garantie du lendemain en couvrant les risques : maladie, vieillesse, invalidité, charges de familles, m’apparaît comme une réforme généreuse, qu'il faut conserver maïs améliorer et assouplir en tenant compte des nécessités pratiques.

Les propositions tendant à favoriser tes familles nombreuses et à les aider ont eu mon appui et j'ai réussi il y a deux ans à faire voter que l'allocation d’ encouragement national serait accordée à partir du troisième enfant et non du quatrième, comme auparavant et même quand il s'agit d'orphelins, â partir du second.

Les anciens combattants, auxquels j'appartiens, m'ont toujours trouvé, prêt à soutenir leurs légitimes revendications. J'ai accepté toute les mesures destinées à améliorer le sort des victimes de la guerre. J ai volé la loi instituant la retraite du combattant et j'esüme qu'il faut la maintenir, en ajoutant aux retraites actuelles des bonifications en raison de la durée du séjour au front, des citations et des blessures.

Enfin, j'ai donné mon suffrage avec enthousiasme, aux propositions de M, lierriot ten-

dant à ^organisation de fécole unique, car j'estime que dans une démocratie les enfants intelligents et bien doués doivent pouvoir s’élever jusqu'aux plus hauts sommets de la science et du savoir sans être arrêtés dans leurs études par la situation de fortune modeste de leurs parents.

Chers Concitoyens T

Les élections législatives prochaines fixeront l'avenir politique et social de notre pays pour de nombreuses années ; d'oit leur gravité et qui -die te aux électeurs leur devoir.

Depuis huit ans que je suis votre député* soit que je vous ai rendu des services ou donné des conseils ; soit que vous ayez suivi ma conduite politique* vous avez pu apprécier l'homme que je suis et je m'en voudrais d'insister longuement.

Je fais appel* cette fois encore, à tous les démocrates épris de progrès ; à tous ceux qui veulent que la Nation soit défendue contre l’emprise de la nouvelle féodalité économique et financière qui cherche à l'asservir; à tous ceux qui désirent la paix et qui redoutent avec raison le militarisme générateur de conflits et de guerres*

Venez nombreux dimanche, jeunes et vieux, et donnez à votre député une majorité massive, pour qu’il ait plus d'autorité et de courage pour défendre demain comme hier, h République démocratique, laïque, sociale et pacifiste*

Votre tout dévoué,

Max en ce Ü1BIÉ

Professeur à la Faculté de droit de Bordeaux.

Conseiller général.

Secrétaire de la Chambre des Députés* Député sortant.

Circonscription de SARL AT*

M. DELJBOS, radical-socialiste*

Elu au premier tour de scrutin, — 13,610 voix*

Mes chers Concitoyens,

Par deux fois vous m’avez, à d’imposantes majorités, élu député du Sarladais* Je me représente devant vous avec l’espoir de n avoir pas démérité d’une confiance dont je suis profondément reconnaissant à notre cher Périgord Noir*

Fidèle à mon idéal comme à mes amitiés, la doctrine et le programme que je défends sont ceux que j ai défendus en 1919* en 1924, en 1928* C'est sur mon passé, sur mes actes que je vous demande de me juger et non sur la flatterie de promesses mirobolantes, annonçant la transformation complète de la société, et auxquelles votre bon sens ne se laissera pas prendre, pas plus qu il ne se laissera prendre aux outrances et aux violences de droite ou d extreme gauche* Car vous savez bien que la violence ne mène a rien de bon, tout comme vous savez que, lorsqu’on sème trop d'espérances, on récolte des déceptions.

La doctrine républicaine*

Je crois avoir prouvé la fermeté de mes convictions démocratiques, par mon attitude et par mes votes. Pendant toute cette législature, j'ai combattu fermement la prédominance delà droite dans la majorité et dans les Gouvernements, Ai-je besoin de dire que je continuerais, si cette situation se prolongeait? Je n'ai pas agi dans un esprit d'opposition systématique et de dénigrement stérile; au contraire, j’ai cherché à tirer parti, pour 3es intérêts du peuple, des circonstances, meme des moins bonnes. Mais nul n'a le droit de contester mon indépendance.

Du fosid du cœur, je suis un démocrate que u’ effraie aucune idée de réforme, pourvu qu'elle soit juste et s'accomplisse dans l’ordre et la légalité. Epris de fraternité humaine et de justice -— cette justice dont ont particulièrement besoin les humbles, les petits, ceux qui peinent et souffrent — mon dévouement est acquis aux travailleurs : à ceux des champs, dont le labeur nourricier est le plus indispensable de tous, dont le clair et tranquille bon sens est la meilleure sauvegarde de la République ; à ceux des villes dont les impatiences et les éléments généreux sont des éléments de progrès, à la condition qu'on ne le fasse pas dévier dans de stériles violences ; aux victimes de la guerre dont les droits sont incontestables, ainsi que ceux de la femme, trop inférieure encore devant la loi.

Aimer vraiment le peuple, lui faire pleinement confiance, c'est être pour ia liberté, dans le respect mutuel de toutes les convictions ; c'est être contre toute dictature, pour la souveraineté du suffrage universel. Je ne reconnais comme loi que la volonté de la majorité des citoyens, librement exprimée. Une minorité qu elle soit de droite, comme en Italie, ou d'extrême gauche, comme en Russie, n'a pas le droit d'imposer son joug au reste de la nation. Je combats et je combattrai la dictature du prolétariat, qu'elle se traduise par les formules franchement violentes du communisme, ou, comme chez les socialistes unifiés, par des précautions oratoires, telles que «les vacances de la légalité» qui signifient la même chose, sans qu’on ose le dire aussi carrément.

Il est un autre abus, la dictature occulte de l’argent, que je combats et combattrai avec force. C'est ainsi que vous m’avez vu m’élever, avec mes amis, contre cette politique de défense des privilèges, de renflouement des banques et autres entreprises ploutocra tiques, qui n’a que trop souvent prévalu.

Le problème social et économique,

Àîmer vraiment le peuple, c'est être pour son émancipation intellectuelle et morale, pour le développement de ^instruction, rendue pleinement accessible à tous, selon témérité de chacun, en fonction de ses aptitude.', des besoins de la nation et de la volonté des familles, et c'est être pour une politique de réformes sociales tendant à l'émancipation progressive des ouvriers.

Je suis donc nettement opposé au conservatisme social, aux injustes privilèges des congrégations économiques et financières, comme je le suis au socialisme collectiviste qui, bien qu'il n'ose pas l'avouer dans nos campagnes, est basé sur la lutte des classes, l'appel à la révolution sociale, c’est-à-dire sur la violence.

Or ce n'est pas de la force que vient le progrès. Il ne s’accomplit pas, non plus, par un coup de baguette magique* Les réformes comme les récoltes, ne poussent pas en un jour. C'est pourquoi, tout en combattant autant que quiconque les abus du capitalisme, je ne crois pas possible une transformation soudaine de la société. Je préconise une politique qui défende les grands intérêts généraux contre la main mise des intérêts privés. Je suis contre l'abandon à des sociétés financières des services publics et des richesses nationales, pour le contrôle, par la nation souveraine, de ces services et de ces richesses qui doivent devenir de plus en plus, le bien de tous ; à la condition que ce ne soit pas sous la forme dTun étatisme

routinier et bureaucratique, mais selon les méthodes rationnelles de l'industrie et du com~ rr.erce bien entendus.

Pour les mêmes raisons, je suis partisan de Ja propriété individuelle ; si j’estinie qu’il faut l’étendre le plus possible à ceux qui ne Font pas, ce n’est pas pour la supprimer à ceux qui Pont déjà légitimement. Je m oppose donc, sur ce point aussi, à 3a doctrine collectiviste qu’eîle soit franchement revendiquée, comme c’est le cas pour nos communistes, ou atténuée à l’usage de nos campagnes, comme c’est le cas des socialistes S. F. J, O., car son résultat serait de tuer l'initiative, l'effort, par conséquent le bien-être.

Au point de vue agricole, mon action est trop connue ; les réunions que j’ai faîtes, les journaux que vous avez reçus, vous ont, je pense, suffisamment éclairés pour que jbne besoin d’y revenir ici.

Chacun de vous sait 1 intérêt que je porte à ce problème capital, la place prédominante qu'il occupe dans mou action parlementaire.

Au point de vue ouvrier, j'ai dit, plus haut, ma conception. Je rappelle qu’il n’est pas une foi sociale, pas une mesure en faveur des populations ouvrières que je n’aie votées, J’ai pris également j à ce sujet, des initiatives, qu il s’agisse de la loi des assurances sociales, des mesures contre le chômage, de la défense des artisans.

Au point de vue commercial, j ai agi pour l’extension de la propriété commerciale, la liberté du commerce, la suppression des tracasseries fiscales ; pour la suppression aussi rapide que possible de 1 impôt sur le chiffre d’affaires et son remplacement par la taxe à la production, pour le dégrèvement des petites cotes de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux.

Au point de vue des employés des services publics, je suis pour la simplification de ces services en vue de réaliser des économies (notamment dans l’armée et dans la marine ou pullulent trop d'officiers), en même temps que pour une collaboration loyale de l’Etat avec ceux qu'il emploie et dont il doit utiliser au maximum le dévouement et la compétence. Je me permets de rappeler que j ai donné l'exemple lorsque j’étais au Gouvernement, ou je n'ai jamais eu la moindre difficulté avec le personnel fort nombreux que je dirigeais.

D une manière générale, c est pour les masses populaires, pour les classes les plus humbles que j ai toujours agi et voté, en particulier pour les malheureux chargés de famille, affaiblis par 1 âge et par la maladie et dénués de ressources.

Dans le domaine financier, j ai condamné vigoureusement, avec mes amis, des scandales qui, s ils se généralisaient, éclabousseraient le régime; j’ai énergiquement combattu une politique de gaspillages, de prêts imprudents à certains pays étrangers, de renflouement de banques et de grandes sociétés.

Nous avons dénoncé le déficit du budget et la mise à sec de la Trésorerie Mais nous nous sommes refusés à des campagnes d’alarmisme et de panique, comme celles qu’on a menées contre nous, en 1925 et 1926. Nous avons même contribué de notre mieux, à ce que le budget soit voté en temps utile. Cette sagesse nous autoriserait, le cas échéant* à être à autant plus fermes contre ceux qui, pour empêcher Ja justice fiscale que nous voulons réaliser, n’hésiteraient pas à atteindre le crédit public.

Le problème de la paix.

Le problème capital est celui de la paix. Le premier devoir d’un représentant du peuple est do tout faire pour f organiser et la maintenir. Dans ce domaine, ma conception est celle qui, instaurée par Léon Bourgeois, poursuivie par les Herriot, les Pain levé, les Boncour, a trouvé sa plus haute incarnation dans l'admirable apôtre de la paix que fut Aristide Briand, C est aussi celle que préconise la Confédération des anciens combattants et victimes de la guerre. EUe a oppose à la politique de force des nationalistes, qui prétendent que la France } pour écarter la guerre, n a quà être surarmée. Cette politique, profitable aux seuls muni-

donnâmes aurait, eu sc généralisant, le double vice d’être ruineuse et de conduire les peuples à la guerre en perpétuant la menace et la crainte*

Il faut, au contraire, tendre au désarmement. Non pas au désarmement unilatéral, où la France devrait d’abord donner seule l’exemple, comme le demandent les communistes et le parti S. F. I. O., car cela risquerait d’être une tentation, pour d'autres pays, plus qu'un exemple. Certes, il y a partout une majorité de braves gens qui veulent la paix. Mais les treize millions d'hitlériens en Allemagne, F impérialisme des fascistes italiens doivent nous préserver des imprudences*

Que la France prenne l’initiative du désarmement, qu’elle le propose aussi rapide, aussi complet, aussi juste que possible (en tenant compte de la situation de chacun) ; mais à la condition que tous se mettent co même temps à désarmer sous le contrôle et là sauvegarde de la SociéLé des Nations, qui doit avoir l'autorité morale d’un tribunal et la force nécessaire (blocus economique et aviation internationale) pour imposer ses décisions de justice et de paix.

Mes chers Concitoyens,

Pour réaliser ce programme, il faut le concours de tous les démocrates sincères*

En ce qui me concerne, je n’en exclus aucun, persuadé que, pour 1 oeuvre formidable de redressement qui s’impose, on aura besoin de la bonne volonté, de la clairvoyance et de l’énergie de tous les vrais républicains.

C’est à eux que je m’adresse, avec une confiance que je puise dans 1 accueil si cordial, si affectueux même que j’ai rencontré partout.

Travailleurs des champs et des villes, c’est à vous que fais appel, persuadé que votre bon sens écartera à la fois les candidats de la réaction et ceux de la révolution.

En votant pour moi, votre verdict sera en laveur d’une politique réformatrice, qui ne veut pour se réaliser ni la poigne d’un dictateur, ni l’oppression des puissances financières, ni les violences d’une révolution que rien ne justifie dans un pays de suffrage universel et de liberté; il sera pour F émancipation matérielle et morale du peuple, dans une république de progrès, de justice, de paix et de fraternité.

Yvon DELBOS

Député sortant, — Ancien Ministre* Président du Comice agricole de SadaL Président du Conseil d'arrondissement* Candidat républicain radicab socialiste*

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