III. * — Le logement
Des cités d'habitation à bon marché ont été ou vont être construites dans 3a région par l'Office public tics habitations à bon marché de l'Eure, dont je suis administrateur.
Nous avons encouragé de toutes façons l’action du Crédit immobilier qui permet la construction de maisons dont les ouvriers deviennent propriétaires,
La loi, votée an début de la législature par la Chambre, a permis Ja construction dô plus de 100,000 maisons, et j'ai pris une parL active à sa discussion,
ÏV, — L'épargne :
Je me suis efforcé de réprimer le pillage de l'épargne en renforçant le contrôle des sociétés et les sanctions légales et d'encourager l'épargne en modifiant la législation des caisses d'épargne afin d'étendre leur action et leurs initiatives.
Soit comme député, soit comme président de la Conférence générale des caisses d'épargne de France, ou comme vice-président de la commission supérieure, j y suis sur beaucoup de points, parvenu. Je souhaite que prochainement des succursales de la Caisse d'épargne soient créées dans chacun de nos chefs-lieu de canton,
V, — Les assurances sociales :
La loi des assurances sociales, excellente dans son principe, a été viciée dans sa conception comme dans son application par f influence des idées socialistes.
Elle aurait dû résulter du développement de la mutualité dont elle devait être en quelque sorte le couronnement.
Au lieu de l’imposer, il eût fallu la faire accepter et désirer, en donnant à la mutualité des encouragements efficaces. Je l’avais réclamé à maintes reprises.
Sous l'influence de son rapporteur socialiste, on en a fait une foi d’autorité et de principe étatiste.
J’avais demandé par un amendement qu’elle fût, provisoirement au moins, facultative pour les agriculteurs. Cela meme, on me 1 a refusé. En fait et grâce à nos avertissements, elle ne leur a pas été imposée, mais il faut que dans l’avenir la légalité soit mise d'accord avec le fait, que la menace des sanctions soit écartée et que les assurances sociales confiées à îa mutualité, deviennent facultatives pour tous.
Je le réclamerai en votre nom et voterai la proposition de loi de M, Thibault qui supprime pour tous Pohligçdion.
VI, — Le referendum :
En pareille matière, j'estime que la consultation du peuple est essentielle.
Le Français a une longue pratique de la vie politique, IJ est maintenant, en. ce qui concerne les lois sociales qui constituent en quelque sorte son statut, capable de se prononcer lui-même.
Dès la rentrée des Chambres, je demanderai donc que soit introduit dans notre législation le principe du referendum qui a donné des résultats si intéressants en Suisse*
^ JL — Les anciens combattants, les mutilés de guerre et les mutilés du travail ;
Nous souvenant qu’ils ont des droits sur nous, ainsi que le disait Clemenceau, noua avons voté aux anciens combattants le droit à la retrait-.
Nous nous sommes souvenus qu'ils ont rappelé ces droits seulement au moment où les finances étaient rétablies. Nous constatons ainsi toujours leur esprit civique.
Ils ne réclament rien qu'il soit impossible de leur donner, et savent bien que, compromettre les finances du pays, ce serait compromettre l’exécution même des engagements qu’on a pris à leur égard,
Mon concours et mou affection leur seront fidèles, d’autant plus qu’ils ont su réclamer F extension des résultats acquis par eux à leurs frères les mutilés du travail, s’organisant pour la défense de leurs droits, pour la rééducation, pour l'amélioration de leur situation. Ces derniers le font aussi avec sagesse, en excluant la politique. Je les aiderai dans leur tâche.
Si vous me maintenez votre confiance pour continuer la politique à la fois de sagesse et à initiative que poursuit actuellement M. J ardicu, c est de grand cœur que je continuerai de mettre au service de la France républicaine, comme je fiai fait pendant la guerre et pendant mes douze années de mandat, mon ardent dévouement.
Vive 3a France!
Vive la République!
André J01N-LÂMBERT
lre circonscription cTEVREUX.
M . CHAUVIN, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7.561 voix.
Mes chers Concitoyens,
La majorité qui eut la responsabilité du pouvoir pendant quatre années, laisse la France dans une situation désastreuse au point de vue financier ! Plus de 19 milliards dilapidés en deu.x années, les caisses du Trésor vides, telle est succinctement résumée la gestion d une majorité que Je député sortant soutint indéfectïbleraeut de scs votes.
Aux hommes que vous élirez incombera une rude tâche.
Recherchons les solutions à apporter à d’aussi graves problèmes.
Finances.
Ainsi qu’on Ta proclamé : 1 heure de la grande pénitence a sonné, mais encore faut-il que ce ne soit point ceux qui ont le moins péché; qui soient les plus punis.
Il lant d abord renoncer â la politique de prodigalité, de libéralités trop souvent pratiquée, une rigoureuse économie s’impose. Pour parvenir à équilibrer le budget, plusieurs mesures doivent être prises :
Conversion de certaines rentes ; consolidation de la dette flottante, qui est un danger au point de vue financier et une amie au point de vue politique.
Réorganisation profonde des services publics, permettant la diminution du nombre toujours croissant des fonctionnaires, mais non point diminution des trait emenls, ce qui serait une iniquité, tant que le coût de la vie restera ce qu'il est.
Contrôle étroit et sévère des dépenses publiques*
Remaniement du budget de la guerre et des tableaux des effectifs tout en consentant os sacrifices nécessaires pour assurer la sécurité de la Nation.
Banques.
Contrôle ries établissements bancaires, ceux-ci ne pouvant émettre la prétention de ne connaître l'Etat qu’aux heures rie détresse pour les renflouer*
Agriculture.
Seule une protection vigilante et prudente peut en ce moment permettre à l'agriculture d'être légitimement rémunérée de son rude labeur, en attendant que des solutions d'ordre international résolvent les graves problèmes de la crise agricole mondiale.
La révision des baux ruraux s’impose d’urgente façon. L’indemnité de plus-value culturale doit être accordée, l'électrification de nos campagnes poursuivie jusque dans les moindres hameaux, une dotation de points d’eEiu à l’étude au conseil général pour notre département apporteront aux habitants un mieux être certain et aux propriétés une augmentation de valeur appréciable,
Commerce.
Branche importante de notre activiLé nationale, le commerce succombe sons le poids d’un régime fiscal complexe qui transforme le commerçant en collecteur d’impôts. La taxe unique à la production doit remplacer le chiffre d'affairés.
Qu’il s’agisse de l'artisanat, si intéressant, ou du commerce, L’un et l’autre devront bénéficier d’un crédit moins parcimonieux, et les demandes devront cire examinées avec plus de célérité.
S’il est juste que les coopératives trouvent auprès des pouvoirs publics un accueil bienveillant, il ne faut cependant point qu’elles bénéficient de situations tellement privilégiées qu’elles risquent d’anéantir le commerce.
Assurance? sociales.
Vingt sept nations avant la France ont appliqué les lois sur les assurances sociales. Le principe ne saurait en être remis en discussion. Mais la loi telle qu’elle fonctionne en ce moment doit être profondément modifiée et ce en collaboration avec les organismes patronaux et ouvriers.
Chômage.
Tout être humain a droit au travail IfEtat a le devoir d’assurer l’exercice de ce
droit.
Avant de permettre à une main-d’œuvre étrangère envahissante de travailler sur notre sol, assurons aux Français une tâche suffisante pour qu’ils puissent vivre et faire vivre décemment leurs femmes et leurs enfants
Des travaux d’ulihtë publique innombrables peuvent être mis en chantier. (Travaux départementaux, communaux, etc.) qui atténueront la crise: dont la solution ne se trouvera que sur le terrain international
Sachons s’il est nécessaire de consentir les sacrifices qui peuvent s’imposer. Ceux qui possèdent y gagneront encore — ils auront assuré la paix sociale.
Enseignement.
Partisan déterminé de l’école unique, je m’efforcerai de faire que les enfants même des plus humbles villages puissent profiter de cette mesure d'équité sociale.
Les sports.
Les sports seront toujours l'objet de ma vigilante attention, Je m’opposerai à l’imposition de taxes sur les réunions sportives, qui auraient pour résultat de retirer indirectement ce qui aurait été alloué sous forme de subvention.
Anciens Combattants, Mutilés, Veuves, Orphelins , Prisonniers de guerre,
« Vous êtes les créanciers do la Natisn », vos droits sont intangibles. Avant de vous demander un nouveau sacrifice, d’argent celui-là, qu’on l’exige de ceux qui furent les bénéficiaires de vos souffrances, de vos douleurs.
Votre martyre ne doit pas avoir été vain, si vous avez lutté, il faut que ce soit pour la
Paix,
Encore meurtrie des blessures reçues, frémissante d'avoir entendu les clameurs monter des hécatombes, l'humanité angoissée attend que le Destin décide si, dans le fracas d*une guerre plus horrible encore que la précédente, elle retournera au chaos ou si elle reprendra sa course vers l'idéale fraternité humaine.
La France dira le i 1 mai si elle veut encore faire entendre au monde sa voix généreuse et pacificatrice,
A vous, mes chers concitoyens, il appartient déjuger souverainement*
Vive la République laïque, démocratique et sociale !
Georges CHAUVIN
Conseiller général»
Ancien Sous-SeeréUire d'ElaL Chevalier de la Légion d'honneur.
Croix de guerre.
Candidat du Parti radical et radicafiseoialiste.
2e circonscription d’EVREUX.
M. BRIQUET, radical-socialiste.
Elu au premier tour de scrutin. — 6.018 voix.
Ma profession de foi.
Ma profession de foi est simple, car je n’ai rien à cacher, et ma façon de penser sur les grands problèmes politiques et économiques est nette et précise.
Membre depuis vingt-deux ans du parti républicain radical et radical-socialiste, je sollicite vos suffrages pour aider h consiituer dans la Chambre prochaine une majorité franchement républicaine et démocratique, bien décidée à défendre i\ l'intérieur du pays toutes les institutions du régime, à l’extérieur les intérêts de la France et de la paix.
Partisan résolu du progrès, mais du progrès dans i ordre, repoussant le principe de la lutte des classes et la révolution, toujours génératrice de misères, partisan de la propriété
individuelle dont l'accession doit être favorisée à tous, j'entends réagir contre des pratiques qui ont abouti à F épuisement d’une trésorerie abondante et à des déficits budgétaires que nul ne conteste plus.
Je suis adversaire d'une politique ruineuse pour le pays, qui s oppose au contrôle légitime de l'Etat sur les grandes entreprises, mais qui apporte des ressources publiques au secours de ces entreprises lorsqu'elles sc sont imprudemment mises en péril.
J’apporterai tous mes efforts à la protection de tous les producteurs, de ceux qui vivent de leur travail, les ouvriers et paysans, le commercé honnête, l’industrie laborieuse, l'artisanat, mais je combattrai avec acharnement les spéculateurs qui jouissent aujourd’hui d'une impunité invraisemblable et dont faction a si largement contribué au désordre actuel de l'économie nationale eL même mondiale. Sans oublier le commerce et fin du s trie, lf agriculture, principale source de la richesse et de la stabilité du pays, aura en moi un défenseur ferme et vigilant.
Je suis d’ailleurs persuadé que le rétablissement de cette économie ne peut être opéré sans des accords entre les nations, à la fois dans l’ordre économique et dans l'ordre politique.
Ces accords sont la condition essentielle de cette paix pour laquelle mon parti a lutté sous les injures et la calomnie de ses adversaires et qui, grâce au grand citoyen Briand, nous a conduits du protocole de Genève à Locarno,
Soucieux de toutes les mesures qui peuvent et doivent assurer la sécuriLé et la défense de mon pays, mais sans perdre de vue un idéal de paix universelle, je reste ardemment partisan de tous les efforts qui ont été faits et qui pourront être poursuivis dans le but d’aboutir un jour au désarmement général des peuples.
C'est dire que je suis pour la réduction progressive des armements, à condition que cette réduction soit faîte avec prudence, c’est-à-dire par tous les peuples, simultanément, en procédant par étapes, et contrôlée pour éviter toute erreur.
C'est dire que je suis partisan de la Société des Nations, que je suis pour la Fédération européenne, contre ceux qui n'opposent à nos programmes d'avenir que leurs ironies, leurs préjugés, leurs intérêts et leur volonté de revenir à cette prétendue politique d'équilibre qui nous a valu, dans le passé, tant de guerres.
Je pense que la France doit prendre l’initiative de toutes les mesures propres à assurer la réconciliation des peuples et leur fraternité dans la paix.
Pour moi, la République n’est pas seulement un nom. Elle est le régime qui, à l'inté- 1 rieur, entend protéger le faible contre les abus du fort, s'appuyer sur les masses laborieuses, assurer toutes les réformes sociales réalisables, réformer les lois mal faites, en particulier, refondre entièrement, dans le cadre de la mutualité* celle des assurances sociales qui, pratiquement, n'est pas applicable dans nos campagnes.
Si vous voulez îe maintien de la laïcité qui assure la neutralité dans f école et le respect de toutes les consciences ; si vous voulez l égalité des enfants devaiil 1 instruction ; si vous voulez la justice fiscale, f indépendance et la souveraineté de l'Etat, le progrès continu, sans secousse violente ; si vous voulez protéger îe suffrage universel, les premières institutions de la paix contre ceux qui ont publiquement affirmé vouloir les détruire, votez pour moi.
Vous tous que j'ai toujours défendus et que je continuerai à défendre demain, anciens combattants, mutilés et invalides du travail, joignez vos efforts à tous ceux, petits et moyens, qui représentent les classes laborieuses, à la défense desquelles j’ai consacré toutes mes forces, et assurez sur mon nom Je triomphe d'une République démocratique et juste.
Vous connaissez mon dévouement. Tous ceux qui ont fait appel k moi, au cours de ces quatre ans, m'ont toujours trouvé.
G ami us E RI Q U ET
Député sortant.
Président du Conseil général de l'Eure.
IsT° 2145
Circonscription de LOUVIERS-
M* MË&DÈS-b RANCE, radical-socialisie.
Elu au deuxieme tour de scrutin. — - 6,347 voix
Aux électeurs J
Désigné par l’unanimité dos comités républicains de la circonscription, j'ai l’honneur de solliciter vos suffrages à l’occasion des prochaines élections législatives, les plus graves peut-être qu’ait connues la Troisième République,
Le. monde est en proie à une crise intense, La paix est en péril. 'Notre pays sauvé en 1918, grâce à l’endurance et à la ténacité des anciens combattants, grâces au sacrifice de centaines de milliers de victimes, est menacé aujourd’hui à nouveau par les difficultés économiques, et par l'incertitude cPune paix précaire.
Contre ces menaces et ces, dangers, notre pays doit être défendu avec, énergie. Or, depuis quelques années, les Gouvernements qui se sont succédé n’ont pu mener à bien la tâche qui leur incombait. Certes, la critique est toujours plus facile que l’action. Mais la preuve est faite, par leur échec, qu’il faut aujourd’hui changer de méthodes et charmer d’hommes.
Mon devoir de candidat est de vous soumettre un programme d’action susceptible de rallier tous les républicains auxquels je fais appel.
Avant tout, c’est la paix, dans la sécurité, qu’ils réclament pour notre pays.
La collaboration internationale qui, par Locarno, a réussi à nous procurer des avantages substantiels, doit survivre à la disparition du grand Européen qulétail Aristide Briand. Les nécessités de la défense nationale, qu’il ne faut certes pas méconnaître doivent se concilier avec la nécessité des méthodes d'arbitrage et de conciliation.
Partisan résolu du désarmement progressif et simultané, je pense, que la France doit travadler à l'aboutissement de la Conférence du désarmement. Des accords simples et pratiques doivent permettre d’alléger les charges militaires de chaque État. La France, comme les autres pays, en ressentira un soulagement financier inappréciable.
Nous ne pouvons pas oublier, à cet égard, que nos finances, autrefois florissantes, sont aujourd hui déficitaires. Et les prodigalités des Gouvernements français depuis 1928, au profit de certains États, foyers de fascisme et de nationalisme, n’y sont pas étrangères Plus de cinq milliards ont été ainsi distribués pour entretenir des germes guerriers — cinq milliards qui eussent permis de soulager pendant un an la misère d’un million de chômeurs.
L’heure n'est pas aux prodigalités et aux dépenses improductives puisque (c’est le bilan de la «politique de la prospérité >>) notre budget est en déficit de huit milliards environ, que notre Trésorerie doit aujourd’hui de nouveau recourir à l’emprunt (où sont les vingt milliards d économies de AL G héron ?) et que nos ressources vont se trouver encore réduites par la défaillance de l’Allemagne pour sa dette de réparations.
A cet égard, la France doit proclamer qu’elle ne payera pas les États-Unis si ellemême n’esL pas remboursée par l’Allemagne. Il ne doit y avoir sur ce point aucune incertitude, car )e ne crois pas que nous puissions engager notre pays à de lourds versements qui 1,6 Plongeront soixante ans durant, alors surtout que nous n’avons pas encore fait pour les
anciens combattants, tout ce que nous avons îe devoir de faire pour eux : révision de nombreuses pensions, distribution plus juste de la carte du combattant, liquidation plus rapide de la retraite du combattant, etc, La défense et l’ ex tension de leurs droits figureront au premier plan de nies préoccupations,
L équipement économique de notre région appellera aussi mon activité. Tous ceux qui m'ont entendu parler de ce grand problème — c’est l’immense majorité des électeurs car j'ai tenu à visiter toutes les communes de l'arrondissement, les plus importantes comme les plus modestes — connaissent mes opinions sur ce point : le département de l'Eure, l’un des plus riches de France, a encore la moitié de ses communes sans électricité, sans téléphone. Et je ne parle pas des routes, des adductions d'eau, de tant de problèmes urgents qui mériteraient un effort énergique. Mais cct effort ne peut être entrepris qu'en contrôlant les grandes sociétés industrielles (travaux publics, électricité, etc.) qui rançonnent usagers et consommateurs, grâce à l'absence de concurrence et à la passivité de l’État.
Toute notre vie économique subît d'ailleurs l'influence égoïste de grandes entreprises que la nation a négligé de surveiller jusqu ici : grands spéculateurs, sociétés productrices d’électricité, compagnies de chemins de fer, gros raffmeurs, cartels de l’industrie lourde, etc,, responsables de la vie chère,
La lutte contre la vie trop chère pour les travailleurs est le premier point d'un programme républicain. Elle comporte d'abord la révision de notre système d'impôts qui pèse surtout sur le modeste consommateur au lieu de frapper les grosses fortunes, et aussi la répression de fraudes et de spéculations trop nombreuses.
La lutte contre la vie trop chère est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, par suite de la baisse des salaires et dés-profits. Par suite aussi du chômage, contre lequel l'État doit lutter de la manière la plus vigoureuse f notamment par l'exécution d'un véritable plan d'outillage national (celui qui a été volé était trop modeste et n'a rien donné). En attendant, le règlement des caisses de chômage doit être amélioré et le fonctionnement des assurances sociales simplifie. L'Etat devra poursuivre une active politique des habitations à bon marché, dans les villes comme dans les communes rurales,
La stabilisation de la situation des classes laborieuses assurera plus de sécurité au petit commerce et à l’artisanat, atteints eux aussi par la crise, par des impôts souvent injustes, par l'insuffisance de grandes lois, telles que la loi de la propriété commerciale.
Quant à la culture, elle a droit ù une protection particulière de la part des pouvoirs publics, en raison de l'inorganisation de la profession agricole en face de grands trusts, des grands moulins, des sociétés d’engrais, des ramasséurs de lait, etc.
C'est pourquoi, en modernisant l'équipement économique des campagnes, l'État devra favoriser les coopératives de stockage et de vente, les syndicats d’usagers^ les associations agricoles, les mutuelles.
En un mot, le programme démocratique veut libérer les travailleurs urbains et ruraux de l'hypothèque que des « congrégations économiques a ont prise, depuis Ja guerre surtout, sur notre politique économique et sociale. Fermement attaché au principe de la propriété individuelle, j estime qu'elle doit être respectée par ces grandes sociétés.
Si je suis fidèle sur ce point à la doctrine de la Révolution française, j'adopte aussi sa doctrine en matière de laïcité. L'État doit respecter toutes les convictions, toutes les croyances ; entre elles, il doit rester neutre. L'école publique, pour être obligatoire, doit être forcé ment étrangère aux diverses conceptions philosophiques.
De môme, l'école aux divers degrés doit être ouverte à tous sans distinction de fortune et de rang social Cette idée est à la base de l'école unique, que nous voulons réaliser dans un prochain avenir, au profit des populations rurales, comme des populations urbaines.
C'est donc à une croisade de liberté intérieure, de justice sociale et de paix démocratique que vous appelle le parti auquel j'appartiens, le parti républicain radical et radicalsocialiste.
Ce parti a été attaqué violemment : k On ne jette des pierres qu'aux arbres qui portent
des fruits ». Ses services passés sont en effet garants de son action future. J'espère que vous le favoriserez de votre vote.
Quant a moi, vous une^con naissez, J engage la campagne électorale, au nom d’un programme qui résume vos intérêts et votre idéal, et c est sur cc terrain que je lutterai, nêMigéant toutes les attaques personnelles dont je serai peut-être l’objet, dédaignant d’y recourir moi- même contre les autres candidats.
Je serais lier diîüe demain votre représentant^ si vous voulez bien faire confiance à mon dévouement.
PiERïiE MENDÈS -FRANCE
Docteur en droit. — Avocat à Lauriers.
Professeur à l’Ecole des Hautes Etudes sociales.
Diplômé de t1 Ecole des Sciences politiques.
Ancien chef-adjoint du Cabinet du Ministre du Commerce et du Mi ni 3 ire des P. T. T,
Candidat républicain radical et radical-socialiste.
Circonscription de PON T-ÂUDEMER .