M. LE MIRE, LL R. D
Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.432 voix.
Messieurs les électeurs,
Le rr mai prochain, le peuple français est appelé à élire ses représentants.
Par son bulletin de vote, chaque électeur devra dire si celui en qui il avait mis sa confiance en 1928 a tenu ses engagements.
Electeurs de la circonscription de Ponb-Audemer, vous aurez à porter votre jugement ’Sur mon action parlementaire.
Elu sous le signe de 1 Lnion nationale pour défendre la politique de redressement de M, Poincaré, j’ai soutenu de mes votes cet admirable Français jusqu’au jour ou la maladie la contraint à abandonner le pouvoir, et j’ai voté ensuite sans aucune défaillance pour les chefs de gouvernement qui ont continué sa politique, MM. Briand, Tardieu, Laval et de nouveau, André Tardieu.
J ai conscience d'avoir ainsi tenu mes promesses, de même que lorsque j’ai voté contre les deux essai s\ éphémères de reconstitution du cartel.
Et je persiste à penser que la politique d’Union nationale s'appuyant sur tons les partis oi dre, à 1 exclusion des collectivistes et de leurs alliés, est la seule formule qui permette aux Français de jouir de la liberté et de travailler dans la paix intérieure.
Les difficultés qui se dressent de tous côtés n’appeïlent-elles pas. en effet, l’effort de tous les hommes de bonne volonté?
La terrible crise mondiale, conséquence delà guerre et du déséquilibre entre la production et la consommation qui Ta suivi, n'a-t-elle pas fini par atteindre la France ?
Notre pays a été le dernier touché, mais il ressent quand même durement les effets un chômage qui frappe la plupart des industries et dont l'agriculture perçoit le contre^ coup par la diminution du pouvoir d’achat de toute la population.
Si la France a été frappée la dernière par la crise, c'est parce qu'elle ne s'est pas laissée entraîner k un développement exagéré de l’industrie comme d'autres grandes nations et qu'elle a conservé à Fagriculturé la place de premier plan à laquelle elle a droit*
C’est ce que M* André Tardieu a admirablement compris, comme Président du Conseil Ou comme Ministre de l'Agriculture, quand il a défendu le blé de France dès le mois de mars 1930, par la protection douanière, rapide et efficace, et par toutes les lois qu'il a fait voter pour entraver la spéculation, réglementer le marché, warranter* les stocks de céréales, etc*, et je m’honore d'avoir présidé la Commission des douanes dans la période où ces lois ont été votées*
Après le blé, tous les autres produits agricoles ont été successivement protégés, d abord par des relèvements de droits de douane. Mais ces relèvements sont devenus euxmêmes inefficaces lorsque des pays ont essayé de vendre à la France quand même, à n'importe quel prix; alors je suis allé dès le mois de septembre dernier, en ma qualité de président de 1 Association de l'industrie et de l'agriculture françaises, demander au Président du Conseil et au Ministre du Commerce, d'établir des contingents pour limiter par décrets, les quantités à importer en France, par pays, par espèces de marchandises et pendant des périodes déterminées, et j'ai eu la satisfaction d'obtenir d'eux qu'ils le fassent*
Vous connaissez les résultats, 3a crise agricole est maintenant enrayée.
Beaucoup reste à faire ; notamment : continuer l'électrification des campagnes, régler la question délicate des baux ruraux dont la loi est actuellement soumise au Sénat, aménager la loi sur les assurances sociales, en rendre l'application facultative et en confier la gestion aux Sociétés de mutualité ; rendre aux agriculteurs la liberté de disposer des produits de leur terre par le retour à la loi de 1906 sur les bouilleurs de cru* Des améliorations viennent d'être votées, mais nous devons obtenir la liberté absolue*
Après avoir travaillé pour les agriculteurs, il faut soigner leurs clients pour qu'ils puissent acheter, c'est-à-dire s'efforcer de maintenir en activité l’industrie et faciliter ensuite au commerce 1 échange des produits des uns et des autres, cultivateurs et ouvriers, qui ont besoin de voir le voisin trouver la rémunération de son travail*
Je ne m'étendrai pas sur les désirs du commerce et de l'industrie, je pense que mes trente- trois années d'expérience dans ces branches me dispensent d'entrer dans le détail, qu ils me su (fisc de dire que i'ailègemeni du fardeau fiscal doit être notre premier souci pour hâter le redressement economique dans l'intérêt même des finances publiques*
A cela devront s’ajouter les compressions de dépenses*
Eu ce qui concerne les finances, je n'entreprendrai pas de justifier l'œuvre de la 14 législature puisque tous les hrançais ont lu les démonstrations lumineuses faites par M* André Tardieu clans son magnifique discours du 6 avril dernier*
Qu if me suffise de rappeler que la situation monétaire et financière de la France suscite 1 admiration et quelque peu aussi la jalousie de toutes les autres nations.
Aussi, sommes-nous en droit d espérer que la France, qui a été le derniers pays touché par la crise, sera le premier k en sortir* Le mal a déjà cessé de s'étendre et des améliorations paraissent en certains points*
Maià pour travailler et rétablir une situation difficile même n'en fût-on point responsable, il faut la tranquillité, la paix*
Paix intérieure bien entendu, mais aussi paix extérieure.
S d est incontesté qu'aucun Français ne désire îa guerre, il faut reconnaître que les anciens combattants connaissent mieux que personne la valeur de la paix puisqu'ils l'ont déliée et attendue pendant des années de souffrances, aussi personne plus que nous ne tient à affermir la paix.
t Voulant donner toutes les preuves de bonne volonté qui étaient réclamées de la France, j ai approuvé de mes votes les concessions successives demandées pour arriver à un règlement complet et définitif des réparations, mais j'entends que les engagements signés soient respectés.
Quant à la limitation et à la réduction des armements, elles ne peuvent être consenties
" geuîe condition que soient acceptées par toutes les puissances, les propositions présentées par M. André Tardieu dernièrement à Genève.
Je n'entends point que des imprudences et des faiblesses exposent un jour la France à être envahie de nouveau et que des poitrines de jeunes hommes aient à remplacer comme en 1914, un matériel insuffisant.
Soyons forts et nous ne serons pas attaqués.
Aussi bien, ai je pleine confiance dans la lumineuse intelligence, dans le patriotisme inébranlable et dans la puissance de suggestion de M. André Tardieu pour mener à bien les difficiles conférences de Lausanne et de Genève et d’assurer la Paix sans rien compromettre de notre sécurité.
Tous mes efforts tendront à maintenir au pouvoir cet homme i d’Etat de premier plan* Mes chers électeurs,
Vous voyez que je n’ai pas changé depuis treize ans.
Mon but est toujours le même.
Travailler d’abord à la prospérité de mon cher petit coin de France qui s’appelle l'arrondissement de Pout-Audemer.
Travailler ensuite à la prospérité générale de toute la France et à son rayonnement dans le monde*
Assurer la bonne entente avec les autres pays comme je désire et aime la bonne entente avec mes concitoyens.
Mes chers Amis,
Je ne vous ai jamais fait qu’une promesse, celle de <c travailler
Le dimanche Jer mai, vous me direz par votre bulletin de vote si « j’ai bien travaillé ».
J'ai confiance dans votre jugement et j’ai foi dans votre fidélité vis-à-vis de celui qui veut vous continuer son amitié et son dévouement -
H ex k y LE MIRE
Chevalier de la Légion d'honneur.
Croîs de guerre.
Vice-Président de la Coniroission de» douanes et des Accords commerciaux de ïa Chambre des Dépotés.
Président de l'Association de l'Industrie et de l'agriculture françaises.
Conseiller général de TE tire.
Député sortant
Candidat de Sa Fédération républicaine de France.