M. MASSON, S. F. I
Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.353 voix.
Chers Citoyens,
Vous m avez témoigné, il y a quatre ans, une confiance dont je suis heureux et fier
Au nom de mon Parti, je viens vous demander de me la renouveler.
Vous connaissez notre doctrine, notre programme, notre action. Vous me connaissez.
Vous savez qu’il n’y aura pour les travailleurs de toutes catégories ni liberté, ni sécurité, ni bien-être, tant que les moyens de production, de transport et d’échange seront détenus ou dominés par une minorité de capitalistes maîtres des grands domaines terriens de la grosse industrie, du haut négoce, de la finance cosmopolite.
Vous savez également que la transformation de la société actuelle en un régime plus juste, plus humain : le socialisme sera une œuvre de longue durée qui nécessitera avant tout l’instruction, l'organisation, l’union des travailleurs. Mais en attendant, il est possible de réaliser, dès maintenant, une série de réformes qui amélioreront la situation de la classe ouvrière et paysanne.
Chers Citoyens,
Il convient, en premier lieu, de mettre un frein aux dépenses grandissantes des armements qui épuisent les ressources du pays, au détriment des autres budgets, et d’arriver, par une entente entre les peuples, au désarmement général, simultané et contrôlé de toutes les natims, seul moyen d’empêcher ce crime : la guerre.
Il convient aussi de régler la production, livrée au hasard. Au même titre que la disette, 1 abondance des produits lait la misère du producteur dont elle devrait accroître le bien-être. Elle provoque la mévente» le chômage, les crises.
Des progrès de la science, comme des générosités de la nature , le régime capitaliste a fait un fléau.
Profitant du desordre de la production, des variations de prix qu’il amplifie, du besoin d’argent des producteurs au moment des récoltes ou des échéances, il enlève k ceux-ci leur juste rémunération.
C est pourquoi notre Parti ne cesse de demander la création de grandes organisations économiques qui arracheraient la masse laborieuse à l'anarchique féodalité du capitalisme.
Les o fi ces des engrais, dont les trusts maintiennent haut les cours au détriment de 1 agriculture, assureraient aux cultivateurs ces produits à bon marché.
Les offices des blés, gérés par les délégués des agriculteurs, des techniciens, de i’Efat, permettraient de stabiliser et, au besoin, de fixer le prix des céréales, de telle façon qu’un ju^te bénéfice, à 1 abri de la spéculation, récompense le dur labeur des producteurs sans rançonner les consommateurs, leurs vrais associés.
i\oLre 1 nrti préconise également un grand programme d’outillage national largement dijtc, seul capable de résoudre 1 angoissant problème de ce problème de ce chômage qui frappé durement l ouvrier et atteint par répercussion le commerçant et le cultivateur.
11 est certain que la réduction des budgets de guerre, la nationalisation des assurances, dont les bénéfices annuels se chiffrent par plusieurs milliards, une meilleure gestion des deniers publics, permettraient de faire face aux dépenses nécessaires et, en outre, de subventionner fortement la caisse des risques, agricoles et le crédit agricole, organismes si précieux pour lu monde rural.
Chers Citoyens*
Le Parti socialiste continuera à défendre vos légitimes intérêts.
Son action d’hier répond de celle de demain,
En ce qui concerne les ouvriers, il veillera à de meilleures conditions de travail, d’hygiène, de sécurité et s’efforcera d’obtenir du Sénat le vote de la nouvelle loi sur les accidents du travail.
I! n’aura garde d’oublier les cultivateurs : petits et moyens propriétaires, fermiers, journaliers, garçons de ferme, qu'il unit dans une même pensée de fraternité avec les Iravailleurs de la ville.
Depuis, longtemps, il a déposé des propositions de loi relatives à la révision des baux à ferme d'un loyer exagéré, aux baux à longue durée, à la plus-value de la terre aux paysans, à 1 accession a la propriété, eLc, Et votre élu s’honore d’être intervenu pessonnellemenl à ce sujet, en de molli pl es occasions,
La question des routes* qui joue un rôle si important à la campagne, celles de Télec^ Lrification, de l'habitation, etc, resteront l'objet de son attention.
Les petits commerçants, les petits patrons, les artisans, les employés, les retraités connaissent nos sentiments à leur égard En faveur des premiers, nos interventions sur le chiffre d alïaircs, la propriété commerciale, le dégrèvement à la base des bénéfices commerciaux et industriels sont récentes. Pour les autres, la péréquation n’a pas eu de meilleurs défenseurs.
La défense de l'école laïque nous verra parmi ses militants les plus actifs.
Enfin, la lutte contre la tuberculose, le cancer, etc., l’aide aux mutilés de la guerre, du travail, aux familles nombreuses, aux vieillards, à tous ceux qui peinent et qui souffrent, continueront k être l'objet de nos préoccupations constantes.
Chers Citoyens,
Ainsi donc, l’heure approche où vous serez consultés.
Il VOUS faudra choisir entre une politique de paix et une politique d’armements à outrance, génératrice de guerre.
Il vous latidra choisir entre faire, porter la plus grande part des sacrifices imposés par a gestion financière désastreuse de l’union nationale à la classe qui travaille et produit, oh la laire porter à celle qui exploite et qui jouit-
0 l'otls faudra choisir entre les errements suivis par les précédents gouvernements et les méthodes signalées par le Parti comme les seules susceptibles de déblayer la voie à 1 émancipation des travailleurs.
Chers Citoyens,
Vous saurez choisir*
\ ous irez à 1 urne en hommes libres, dédaigneux de toute pression, n’ayant à prendre guide que de votre seule raison.
Quel qu en soiL le résultat — il sera favorable — je sortirai de la bataille la tête haute, la conscience tranquille.
hh
J'ai 1 allé de mon mieux pour ïa classe laborieuse. J ai fait mon devoir d’homme, d’élu,. de militant*
Vous ferez le vôtre.
J'ai confiance en vous. Certain de îa sympathie, de l’amitié qui nous lie,, je suis convaincu que le 1er mai, fête de la nature, fête du travail créateur, sera l'aube qui verra se lever nos lumineux espoirs dans le triomphe du progrès, de la justice, de la paix.