A. JOURDE
républicain socialiste, député' sortant
4® circonscription de BOHDEîAUX, M. D. RAYNAL,
Élu au 1*' tour de scrutin*
Mes chers concitoyens.
Je viens, pour la quatrième fois, vous demander le renouvellement de mon mandai,
J^invoque en première ligue, à Tappuide ma candidature, la désignation à l'unanimité du Congrès électoral républicain, comprenant des républicains de toutes nuances.
Je n'hèsile pas à faire également appel au souvenir des liens si solides qui m’attachent depuis quinze ans à la quatrième circonscription. J’exctpe enfin de l’accomplissement strict et loyal des engagements contenus dans mes programmes et — pourquoi ue le dirais-je pas? — des services nombreux rendus a mon pays, à mon parti et à ma circouscription'.
C’est en vain que mes adversaires cherchent à défigurer et à rapetisser le débat.
Ils sentent si bien que la République a conquis déûnitivement le pays, qu’ils n'osent plus Tattaquer en face, et ceux mêmes qui, comme M, Benon, se réclamaient fièrement de la monarchie, en 38S9, déclarent hypocritement que, pendant quatre ans, ils n’entreprendront rien contre nos libres institutions.
Je me borne à demander quel serait ie sort et l’avenir de la République si ces monarchistes touches arrivaient à la Chambre en majorité.
Le bon sens de la nation déjouera ces captieuses promesses, et le premier souci du corps électoral sera de ne confier la|garde de nos chères institutions qu’aux mains loyales et sûres de républicains éprouvés.
Et, au surplus, les républicains, qui ont depuis longues années la respousabilité du pouvoir, peuvent-ils éprouver le moindre embarras à Justifier leur gestion politique?
Après avoir trouvé ce pays sans armée, sans argent, et presque sans espérance, ils peuvent se glorifier de lui avoir rendu la prospérité, la puissance et le prestige.
L’ordre maintenu sans efforts, la liberté la plus large octroyée, l’égalité rencontrant sa suprême expression dans le service obligatoire pour tous et la suppression du volontariat, la fraternité se traduisant par l’adoption de nombreuses mesures législatives favorables aux déshérités de la fortune, n’esl-ce pas là le véritable bilan des hommes qui ont exercé le pouvoir ?
iSous nous vantons aussi d'avoir vaincu le césarisme renaissant sous la
forme do boulangisme, et d’avoir ainsi enraciné la République parlementaire
dans notre pays, , . ^
Malgré une dépense de 17 milliards pour la reconstitution de dos forces
militaires, pour T achèvement de routillage national et pour la diffusion de Pinstruction en France, malgré les crises agricoles et induatriellea traversées, la ricliesse privée et publique n’a cessé de s’accroître.
NosRentes, — fait inconnu jusqu’à nos jours, — touchent au pair ; l’encaisse de la Banque de France est, à elle seule, plue considérable que les encaisses des banques d’Angleterre, d’Allemagne et d’Autriche ; les escomptes de ce grand établissement, de 6 milliards en 1869, dépassent aujourd’hui 10 milliards. Le revenu des propriétés bâties s’accroît de plus de 1 milliard, et la valeur des successions de plus de 1 milliard 100 millions. Les fonds de nos caisses d’épargne quintuplent, en atteignant à milliards au lieu de 700 millions. Les produits de ragriculUire donnent, en dix ans, une plus-value de 200 millions.
Depuis l’Assemblée nationale, ààl millions d’impôts ont été dégrevés î les transports des voyageurs et des denrées ont été largement diminués, grâce aux clauses inscrites dans les Conventions. Les budgets extraordinaires de la guerre, de la marine et des travaux publics ont été transportés au budget ordinaire. Depuis 1886, il a été payé sur les ressources normaîes plus de 8/i0 millions de dépenses extraordinaires.
Notre réseau de voies ferrées, dont rinsuffisance explique en partie nos désastres de 1871, a été porté de 17,000 kilomètres à é0,000 kilomètres.
Le budget de l’instruction publique, de 28 millions, atteint aujourd’hui 190 millions, et celui de l’agriculture, de k millions, touche à 112 millions.
N’y a-t-il pas là la meilleure^ des réponses à opposer aux détracteurs des finances de la République î
Daus un pays comme la France, dont la population reste malheureusement stationnaire, ne peut-oo s’applaudir que nos colonies comprennent aujourd’hui 25 millions d’habitants, et que le mouvement d’affaires avec la métropole ait augmenté de 250 millions?
De nombreuses lois ayant pour objet l’amélioration du sort des travailleurs ont été votées. Parmi les plus importantes, je dois citer ;
Loi sur le travail des femmes et des enfants ; lois sur la durée du travail, sur la réglementation des ateliers, sur la responsabilité des accidents, sur l’arbitrage, sur les livrets d’ouvriers, sur l’hygiène et la sécurité du travail.
Qui peut donc soutenir sérieusement que Fœuvre de la République a été inféconde ?
Le premier devoir de la Chambre nouvelle sera de former dans ses rangs une majorité compacte éloignant les crises ministérielles et dans laquelle se recrutera un gouvernement qui gouverne, un pouvoir fort dont l’actioa énergique sur le Parlement est réclamée. impérieusement par nos populations.
Si je suis votre élu, je suivrai la politique de fermeté et de modération que j’ai apprise à la grande école de Gambetta.
Je m’attacherai surtout aux questions économiques, sociales et agricoles.
Je soutiendrai l’essai loyal et complet des mesures douanières votées par
le Parlôiïjeiit i mais je réclamerai des traitéB de cominerca qui peuvent seuls donner à nos vins de la Gironde les débouchés qui diminuent tous les jours.
Je serai le partisan décidé de la suppression de Pexertnce des droits sur les boissons hygiéniques. J’ai participé à l’adoption de cette loi, dans la précédente législature. C'est la droite de la Chambre et les partisans des bouilleurs de cru qui ont la responsabilité de son échec.
Dans l’ordre financier et social, je serai le soutien de toutes les économies compatibles avec le développement intellectuel, moral et industriel du pays, d’une meilleure l'éparlition des impôts, de la continuation des éludes pour la meilleure solution des grands problèmes de l’assistance et de la retraite de la vieillesse,
Électeurs,
La République, qui a donné la sécurité à l’intérieur, a conquis à la France l’eaiime de toute l’Europe et l’alliance d’une des plus grandes puissances modernes.
Comment serieï-vous asse? ingrats on assez aveugles pour l’ouhuej, (e 20 août?
Personnellement, on réédite contre moi, à propos des conventions qui ont permis, sans abdication des droits de l’État et saos faveur aucune pour les compagnies, l’achèvement de notre troisième réseau, des critiques qui ont été jugées par le çorps électoral en 1885 et en 1889.
Fort de ma consuience, fort de la décision de la justice de mon pays, qui, par deux fois a condamné sévèrement mes calomniateurs, je me présente à vous la tête haute et je vous demande de remplir votre devoir comme j’ai rempli le mien.
Vive la République 1