M. SAINT-ROMME
Élu au 1®'' tour de scrutin.
Les électeurs de i’arrondissemenl de Saint-Marcellin assemblés en réunion publique, le 5 août 1893, ont acclamé, à l’unanimité, comme candidat républicain progressiste, le citoyen Saint-Romme, qui a accepté le programme suivant :
1” Union de tous les républicains! stabilité ministérielle ;
2“ Égalité dans la durée du service militaire de trois ans pour tous, sans privilège !
3» Lois sociales; continuation de l’œuvre de la dernière législature. Caisse de retraite pour la vieillesse, règlements d'ateliers, responsabilité des accidents, liberté du travail, droit de séjour sur les ouvriers étrangers;
4» Réforme de l’impôt par une équation plus équitable du taus de l’impôt en se basant sur le revenu réel;
5® Réforme des droits de mutation par le prélèvement des dettes;
6“ Réforme de l’impôt sur les boissons, suppression de l’exercice et son remplacement par un droit fixe; maintien du privilège des bouilleurs de cru, pour les agriculteurs seulement j étude de la suppression des droits indirects sur les boissons et les denrées alimentaires; étude dé la suppression des contributions indirectes et leur remplacement par des droits fixes ;
7" Réforme dos octrois par l’impôt sur la valeur de la marchandise en attendant la suppression des octrois ;
8" Défense désintérêts agricoles et industriels; étude du Crédit agricole ; étude d’une assurance mutuelle contre la grêle et la mortalité du bètaii;
9® Séparation des Églises et de l'État. En attendant cette séparation, défense énergique des droits de l'État contré les empiètements du clergé et par l’application la plus stricte du Concordat ;
10“ Institution agricole et professionnelle dans toutes les écoles primaires j
11® Réforme judiciaire : extension delà compétence des juges de paix; diminution des frais de justice;
12® Épuratiou du personnel; suppression du cumul de tous les emplois rétribués par l’État.
Électeurs,
C*est avec confiance que nous attendons le scrutin. Vous voterez tous pour le candidat des républicains voulant une République sage et nettement progressive, vous voterez tous pour le citoyen SAINT-ROMME
Aux urnes et pas d'abstentions !
Vive la République I
Mm-letr, Gonseilier général du canton de Samt-Marcellio, président de la réunion; Méhit, conseiller général do canton de Vinay, assessenr de la réunion; Liothair, conseiller d'arrondissement du eauion de PonKeïi'Royans, assesseur de la réunion; VuLAflu, conseiller d’arrondissement du canton de Saint-Marcellin, secrétaire de la réunion; Guiuet, conseiîler général do canton de Pont'en- Royans; Gardon, conseiller général du canton deTulIîns; Ackard, conseiller général du canton de Rives ; Cîulvet, conseiller d'arrondissement du canton de Saint-Marcelltn ; Cottdk, conseiller d'arrondissement du canton de Saint-Étienoe-de-Sainl-Geoirs ; Jüvin, conseiller d'arrondissement du canton de Rives ; Robert, conseiller d'arrondïssement du canton de Rives ; Mogniat, conseiller d'arrondissement du canton de Roy bon ; Courrier, conseiller d'arrondissement du canton deTullins; Barbier, conseiller d'arrondissement du canton de Vinay*
circonscription de LA TOUH-DU-PIN* M. Antoniu DGBOST,
Le Comité républicain de la première circonscription de La Tour-du-Pin a adressé aux électeurs l'appel suivant :
Chers compatriotes,
La réunion générale des électeurs républicains des cinq cantons composant la première circonscription a acclamé comme candidat du parti républicain M. Antonin Dubost, président du Conseil général de l'Isère, maire de La Tourdu-Pin, député sortant.
Électeurs, vous voterez tous pour Dubost, Vous le connaissez, vous savez les services qn’il a rendus à notre arrondissement, au département, au pays tout entier, h la llépublîque, h la démocratie, vous pouvez induire de là ceux qu'il est appelé à rendre encore.
Électeurs,
Le pays est fatigué des programmes et des promesses. Ce sont des actes qu’il demande.
li s’agit moins, en eiîet, en ce moment, d’exposer le programme de la démocratie, qui est connu depuis longtemps, que de constituer riostrument nécessaire de son accomplissement.
Ce qui retarde, ce qui entrave les réformes réclamées par l’intérét public, la cause de toutes les lenteurs législatives et de toutes les solutions inauTûeantes, c’est la division et l’émiettement des partis dans la Gkambre, qui rendent impossible ia constitution d’uu gouvernemeot véritable, composé d’hommes ayant des vues communes, liés entre eux par la plus étroite solidarité et capables d’imprimer auxafîaires publiques une direcüou résolue et eMcace.
Les assemblées divisées à Texcès ne peuvent créer que des gouvernements impuissants, Le*^ gouvernements de cette sorte, au lien de ra^îsurer, inquiètent; au lieu d’unir, divisent et ne sauraient faire produire aux institutions républicaines tous les fruits qu’on est en droit d’en attendre,
L’instrument de tout progrès, la garantie d^une bonne administration, capable d’assurer la sécurité du pays, sa puissance, sou développement, c’est donc un gouvernement ayant des vues claires et catégoriques et appuyé sur .des assemblées ayant les mêmes vues, imbues de la nécessité, pour aboutir, déconcentrer les efforts sur des points précis, nettement déterminés par le suffrage universel, et résolus à faire vivre et durer le Gouveruement, qui deviendrait ainsi un agent puîsBant de progrès dans toutes les branches de l’activité nationale.
C’est là le point essentiel de la politique à laqiiélle nous vous demandons de vous aasocier en votant pour M. Dubost.
Le second point, c’est la nécessité non moins urgente de tout faire pour maintenir intacte notre puissance financière. Sans de bonnes fmances, rien n’est possible, aucune amélioration, aucune réforme. Or, le seul moyen d’avoir de boones finances c’est de limiter strictement les dépenses aux ressources dont on dispose. Noue dépensons trop. Il faut mettre résolument un terme aux augmentations de dépenses et se refuser énergiquement à l’accroissement des charges qui pèsent déjà trop lourdement sur les contribuables.
Le troisième point a pour objet de réaliser une série de mesures de solidarité sociale afin d’encourager, favoriser, proléger ceux qui en ont besoin, de manière à rétablir, autant que faire se peut, récpiilibre des forces sociales rompu par les inégalités qui pèsent sur les plus pauvres et les plus faibles.
La liberté ne suffit pas pour cela. La loi doit intervenir pour prendre toutes les mesures qui peuvent avoir pour conséquence de produire la vie à bon marché, de favoriser le travail et ilnitiative des individus dans les villes et dans les
campagnes, de les défendre contre les diances de maladie et de mort, et de placer cens qui ne peuvent plus travailler à Pabrido la misère, par un système de retraites assez puissant pour faire face à toutes les nécessités.
Enfin, pendant les quatre années de législature qui vont commencer, il serait satisfaisant de voir se réaliser un certain nombre de réformes, depuis longtemps à l’étude et impatiemment attendues par le pays :
1" Simplification du Code de procédure civile, de manière à diminuer les frais de justice dans la plus grande proportion possible; 2" extension de la compétence des juges de paix; 3“ répartition plus équitable de l’impôt, notamment en ce qui concerne les quatre contributions directes, de manière à en faire comme la base d’nn impôt sur les revenus et à atteindre ainsi plus exactement toutes les manifestations de la richesse; 4“ régime de l’impôt des boissons; 5“ achèvement de la loi déjà votée par la Chambre des Députés, sur rinitialive de M. Dubost, autorisant les communes à remplacer facultativement les prestations en nature par des centimes additionnels ; 6” loi sur le Crédit agricole; 1° développement de l’enseignement agricole ; 8° loi sur les associalions,
La Chambre qui aura rempli cette tâche aura bien mérité du pays. PoM l’accomplir il lui suffira de s’abandonner aux inspirations du patriotisme éclairé, qui saura discerner la volonté du pays, aussi éloigné des déclam-ations cléricales auxquelles il faut mettre un terme, que des utopies dont le bon sens public fera justice.
lecteurs, ces idées, qui sont les vôtres, et qui, appliquées avec résolution, conduisent à un progrès rapide, sont aussi celles de M. Dubost, qui travaillera avec énergie à les faire prévaloir pour le plus grand bien de la patrie et de la
République I ^ ,
Électeurs, repoussez du pied les calomuies ridicules et bêtes et les sottises grossières du comité anonyme qui soutient un candidat dépourvu de tout scrupule, lequel tente, de concert avec une coalition d’anarchistes et de cléricaux, d’introduire parmi nous des mœurs électorales que réprouvent la République, la loyauté et l’honneur.
Votez tous pour Antonin Dubost, président du Conseil général de l Isere, maire de La Tour-du-Pin, député sortant.
Vive la République 1
Le président, Magmm, du Pont-de-Beauvoisin ; fas assesseurs, Mateieo, deVirieu; Bigaliet, de Panîssage; Dyek, du Grand-Leraps ; Gewn, ' de Bevenais; Fbakce, de Chàbons: Millon, de la Bâtle-Divisin; Hugonnaud, de Colombe ; Gallet, de Saint-Geoire; Giaoun, de Saint- Su Ipice-des-Rivoires; Rivier, de Dolomieu; Rojon, de Vîgnieu; TmRAULT, de La Tour-du-Pin; Guictrer, de Corbelîn; Cbarlin, de Granieu ; Martinet, du Pont-de-Beauvoisin; les secrétaires. Coûta* MIN, de La Tour-du-Pin; Dooblier, de Cessieu.
2° circonscription de LA TOUR-DU-PIN, M. A. BOVIER-LAPIERRE,
Élu au 1®' tour de scrutin.
Électeurs, mes chers Compatriotes,
J’ai l'honneur, pour la quatrième fuis, de solliciter vos suffrages et de vous demander le renouvellement du mandat de député dont la démocratie de 1 Isère m’a investi depuis 1881,
Vous me connaissez depuis assez longtemps pour que je n'aie pas à vous développer un programme polîiique.
Je serai, dans la Chambre de 1893, si votre confiance m’y appelle, le républicain qui s’est inspiré toujours, dans tous ses actes, des devoirs qu imposent l’honneur et la probité politiques et des principes d’une démocratie au^siloyaie, aussi fièrè, aussi ferme, aussi vigilante et aussi honnête que la vieille démocratie dauphinoise; je resterai le républicain n’ayant à cœur et d’antre souci que la défense des intérêts agricoles et industriels de notre circonscription et ta réalisation des réformes que vous appelez de vos vœux.
Parmi ces réformes, celles qui, à mon avis, devront solliciter tout particuliérement l’attention des élus de 1893, ont pour objet une répartition plus équitable de nos impûts; un ensemble de lois sociales pour améliorer la situation matérielle et morale des déshérités et assurer aux ouvriers — tout en respectant le droit et la liberté des patrons — la défense de leurs intérêts et le libre exercice, de leurs droits.
Ma devise restera ce qu'elle a été depuis que j’ai l’houneur de repiéseuter au Parlement les électeurs dauphinois : défendre, avec énergie, le patrimoine des réformes réalisées déjà avec tant de peine et augmenter ce patrimoine en donnant satisfaction aux revendications politiques, économiques et sociales de la
démocratie.
Vive la République!
A. BOVIEH-LAPIERRE, député sortant. Conseiller général, propriétaire à Montferra et Chimilin.
circonscription de VIENNE.
M. C. JOUFFRAY,
Elu au 1" tour de scrutio*
Mes chers concitoyenSi
Le comilé radical de la ville de Vienne ayant bien voulu me désigner une fois dé plus comme son candidat, j^ai l’honneur de me présenter de nouveau à vos sufTrages.
Tel j’ai été, tel je serai encore. Sans doute de douloureuses circonstances personnelles m’ont imposé une grande réserve dans la dernière législature, mais je suis re^té fidèle à mon programme, fidèle à mes promesses, et j'ai gardé ma pleine indépendance.
Ennemi de toute attache, je ne me suis inféodé ni à aucun homme ni à aucun groupe, et j’ai accueil U toujours la vérité de quelque part qu’elle vînt, je hais en effet l’esprit étroit et sectaire qu’on rencontre, hélas î trop fréquemment et qui altère les généreuses qualités de notre race.
Le régime actuel a fait de grandes et nobles choses pour le relèvement de la patrie, mais il a manqué peut-être de principes positifs et sûrs pour le guider, de tolérance, de bienvêil lance et d’équité dans rapplicatiou de ses règlements et de ses lois.
Je conçois une République gouvernant avec Fénergle nécessaire pour le maintien de l’ordre, mais ne gênant point Tessor populaire, et forte surtout par le respect qu’elle inspire. Je ne conçois pas jlavantage la faveur, qui avilit les caractères et corrompt toutes les sources de la justice* Dans une démocratie, la liberté, le plus précieux des biens, doit être égale pour tous les citoyens et n’avoir de limites que celles qui garantissent la sûreté de l’Etat et la liberté d’autrui* Ji n'ai rien perdu de mes anciennes conviciiau s, de celles qui rallièrent presque l’unanimité des républicains avant que le souffle démocratique se fût affaibli sous certaines inlluences néfastes. Si donc vous me faites l’honneur de m’élire, je ferai, dans la mesure de mes moyens, tous mes efforts pour obteuir le triomphe de mon ancien programme.
J’insiste toutefois sur la nécessité de réformer notre système d Impôt, qui est inique, parce qu’il est improportiooneL Je désire la siippresaion des impôts indirects qui écrasent odieuseraent le pauvre, jettent partout la démoralisation et sont onéreux à percevoir, je voudrais leur remplacement par l’impôt sur le capital et le revenu, frappant les signes extérieurs de la richesse, de façon à perdre tout caractère vexatoire.
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J’insisLe égalemecL sur la nacessitô d’organiser l’épargne pour que les capitaux amassés puissent retomber comme une pluie Técondanle sur le sol où ils sont nés; d’organiser surtout l’assislauGe publique conformément au principe inscrit dans la déclaration des Droits de l’homme et de manière à assurer aux invalides du travail, à tous ceux que la vieillesse, la maladie ou le malheur immérité laissent sans pain, sans secours ou sans abri, une assistance digne d’eux et digne de la République, C'est en faisant ainsi acte de solidarité que le régime que BOUS aimons poussera des racines profondes et donnera au monde l’exemple qu'il lui appartient de donner.
Toutefois, pour obtenir ces heureux résultats sans accroître des charges déjà excessives, et pour opérer au contraire certains dégrèvements indispensables, il faut trouver des ressources dans des combinaisons pratiques. Parmi elles, je cite le monopole de la rectification de l’alcool par l’État, 11 aurait l’avantage' de laisser aux agriculteurs pleine et entière liberté de produire l’alcool ordinaire qui sort de leurs alambics, et de tirer de leurs propriétés ie maximum de revenu, 11 sauvegarderait l'hygiène publique et rapporterait annuellement au Trésor des sommes immenses que certains évaluent à plus d’un milliard. Je sais que, dans un but électoral, facile à comprendre, ou m’a présenté comme songeant plutôt aux intérêts de la ville qu’à ceux des campagnes, et cependant je n’hésite pas à dire que le député qui ne comprendrait pas quelle solidarité lie fatalement tous les intérêts de la nation serait indigne de son mandat. En matière d’échange, il ne faut pas entretenir des principes absolus, il faut être de son temps et faire ce que Bécessrte le bien de la patrie.,
C’est pour cela que, contrairement au bruit répandu, et selon ma promesse, j’ai voté le droit sur les blés étrangers sous la réserve que cette surélévation né ferait pas enchérir le prix du pain. C’est également pour venir en aide aux campagnes que j'ai voté les primes sur la sériciculture et la culture du chanvre, l’abolition ou la transformation de l’impôt sur les portes et fenêtres et tout ce qui pourrait véritablement servir au développement de notre vaillante démocratie rurale.
Telles sont, mes chers concitoyens, mes idées et les grandes lignes de mon programme.
Il vous appartient de dire, le 20 août, si les unes et les autres ont votre approbation.
Vive la République!