JURA
Circonscription de DOLE.
M. J* BOUEGEOIS,
Élu au 1*' tour de scrulin.
Mes chers concitoyens,
Lorsque, pour ia première fois, en ISSl, je me suis porté candidat aux élections législatives, je me présentais à vos suffrages avec U0 programme dont voici quelles étaient les principales clauses ;
^ Révision de la Constitution dans un sens dé Eïiocra tique, en vue d’activer les réforuiesî
— Gratuité, obligation, laïcisation de renseignement populaire ; augmentation des écoles normales etcréatioEi de nombreux établissements secondaires pour les jeunes ûlles, chaque chef-lieu d’arrondissement devant être pourvu d’un collège de filles ;
— RéduclLon ï trois ans de la durée du service militaire, obligatoire et égal pour tous î
— Suppression de TimpÔt de prestation, qui pèse lourdement sur les communes pauvres;
— Suppression des impôts sur les boissons et sur tous les objets de consommation, Remplacement de ces impôts par un impôt sur la richesse, taxée dans sa double manifestation ; le capital et le revenu;
— Droit d'association pour les travailleurs manuels ;
— Abaissement des gros traitements administratifs; amélioration du sort des petits fonctionnaires ;
— Réforme de îa magistrature léguée parle régime impérial ;
— Les frais de justice mis à la portée de tous afin que le plus pauvre puisse faire respecter ses droits ;
— Indépendante neuiraïité de TÉtat en matière confessionnelle;
— En dehors des intérêts généraux de la nation qui occupent le premier rang, active sollicitude pour les intérêts locaux et particuliers.
Ce programme qui m’appartenait, que j’avais conçu en étudiant vos be-
mns, en m’inspirant de vos îëgiiimes revendications, s'est trouvé être le programme adopté par la démocratie^ et par les républicains sincèrement progressistes.
Les Chambres élues depuis s^en sont emparies pour en poursuivre, avec des chances diverses, rapplication.
Une partie a pu être réalisée, et je m’honore d*y avoir contribué personnellement depuis 1885, époque à laquelle votre confiance m'investissait du mandat législatif.
Soumis à votre jugement souverain, je me présente à vos suffrages avec le même programme pour la partie qui reste à réaliser.
Il est d’autant plus nécessaire de maintenir Ims anciens engagements, même ceux qui ont été accomplis, qu'aujourd'hui un nouveau parti, formé par la coalition des adversaires delà République, prétend, ^ous une mensongère étiquette d'adhésion à nos institutions, remettre en question les progrès acquis, et retirer au pays les libertés démocratiques consacrées jar notre législation républicaine.
La République à défendre dans toutes les réformes populaires qu'elle a déjà accomplies;
La République à développer par F accomplissement de toutes les réformes restant à réoliaer et devant assurer définiiivement Je bien-être matériel et moral de la démocratie par l'application des principes de justice sociale ;
Voilà, dans ma pensée, quelle est la mission de défense et de progrès qui va s'imposer à la nouvelle Chambre,
Mes chers coucitoyens.
Si un passé de travail assidu, de ûdélité absolue à tenir les engagements pris, vous semble constituer un gage suffisant pour Favenir, vous me renouvellerez le mandat que j'exerce depuis huit ans, et que je couLinuerai à remplir avec le même dévouement aux intérêts de la France démocratique et républicaine.
L’ordre à Fintérîeur, par la défense des libertés républicaines, par l'application continue des principes d'équité et d'égalité, par la protection des faibles cootre les exploitations sociales, legs des anciens régimes, par la scrupuleuse intégrilé des mœurs publiques;
La sécurité à l'extérieur, par une politique prudente, mais ferme, aussi exempte de pusillaniutîté que de provocation.
Voilà dans quelles idées Je retournerai à la Chambre si vous me faites l'honneur de me continuer votre confiance.
Vive la France I Vive la République!
J. BOURGEOIS, Député sortanL
Girconscrîptioîi de LONS-LE-SAUHIER.
M» Georges TROUILLOT,
Élu au tour de scrutin.
Sur Pinvitation des républicains qui vous représentent au Conseil général, au Conseil d^arrondissement et à la tête de nos communes, Je viens vous demander la continuation du mandat qui m^a appelé, depuis 1889, à défendre à la Chambre nos intérêts régionaux et la cause de la République.
Vous me connaissez de longue date. L’arrondissement de Lons-le-Saunier est mon pays comme il est le vôtre. Les liens les plus étroits de la famille, du cœur et du souvenir m^y rattachent comme vous-mêmes. Us m’en ont rendu les intérêts invariablement chers, et, depuis quatre ans, je n'ai rien négligé de ce qui pouvait contribuer à accroître sa prospérité ou à alléger ses charges.
J’ai été au premier rang de ceux dont les eiïorts ont fait échouer la loi qui menaçait le droit des houilleurs de cm, et je ne cesserai de travailler à empêcher qu’il leur soit porté atteinte. J’ai abouti, en obtenant la réalisation définitive du chemin de fer de Saint-Jean-de-Losue, à garantir à notre arrondissement la réparation de longues injustices. Nos tramways sont également assurés, par la publication du décret qui enregistre les engagements otBciels de PÉtat et du département, d’une exécution rapide que rien ne pourra plus compromettre. J’ai fait voter, en ce qui concerne le plâtrage des vins, des dispositions législatives, qui sont à ia fois une protection pour nos produits viticoles et pour Phygiène publique. J’ai enfin, dans les questions douanières, dans celle de la péréquation de rimpôl foncier, dans le dégrèvement des tarifs de transports, appuyé de mes efforts et de mon vote, les sohitions qui nous étaient le plus favorables. J’y travaillerai, dans l’avenir, avec la même ardeur que dans le passé.
Mois la lutte actuelle a une autre portée. Aujourd'hui, comme depuis vingttrois ans, nous avons à défendre la République.
Elle n’est pas moins menacée lorsque les ennemis de la liberté et des lois démocratiques, les calomniateurs de son cauvre, les éternels oppresseurs des consciences, montent à Passant du pouvoir, sous la cocarde républicaine, que lorsqu’ils nous combattent, sous la cocarde monarchique. L’histoire nous montre ce que vaut la sincérité de ces conversions; personne ne doute de ce que devieudrait la République entre les mains d’une majorité cléricale. Le péril ne serait pas moins grand de voir la réaction s’en emparer pour la gouverner que pour la détruire, et nous savons trop que la doiniiiation cléricale est le pire des despotismes.
Noua voulons le mamiien de la paix publique en Fraoce; nons vouIods 6pargoer à notre pa^rs des discordes intestines aussi dangereuses pour son repos à rinlérieur que pour sa sécurité au dehors j nous voulons conserver la loi d*égalité nécessaire qui a supprimé, au point de vue militaire, îes privilèges ecclésiastiques; nous voulons poursuivre et développer l'application des luis fécondes qui ont assuré rinstruction et l'affranchissement moral du peuple; nous prétendons que la République ne peut ni revenir sur ses pas ni rester immobile, mais doit avancer sans cesse dans la route indéfinie que le progrès ouvre devant elle* C’est tout cela que nous avons à protéger contre les attaques pins ou moins déguisées dont nous restons menacés.
Depuis vingt-trois anSi mes chers concîtoyensj le gouvernement démocratique vous compte parmi ses défenseurs les plus fidèles. Vous leur aveï donné, sur mon nom, en 1S89, une majonté considérable. Vous voudrez, aujourd’hui, en la grossissant encore, montrer que notre arrondissemeut n'est pas de ceux qui reculent, mais de ceux qui marchent.
Ce n^est pas sur le Jura républicain qu^il faut compter pour livrer la République à ses mortels ennemis, et perdre ainpi, à k fois, la paix, îe progrès et la liberté.
Vive la République!
Georges TROUILLOT, Député sortant.
Circonscription de POLIGNY.
M, Victor PÛUPiN,
Élu au 2® tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Pour la troMèiue fois, je me présente à vos suffrages.
Vous connaissez mon programme.
il ïi'a jamais varié depuis huit ans.
Le compte rend a de mou mandat législatif vous en a rappelé les points principaux.
Je crois avoir tenu mes engagemenls de sincère et ferme républicain,
J‘ai poursuivi la réalisation des réformes qui s'imposent dans un gouvernement vraiment démocratique.
On a fait beaucoup déjà, mais il reste beaucoup à faire; nous nkvons pas encore obtenu toutes les libertés nécessaires, ni k répression de tous les abus, ni la suppression de ces impôts improportiouuels qui pèsent si lourdement sur les travailleurs.
Si vous m’arcorde2 de nouveau votre confiance, je cootin lierai à défendre les légitimes revendications des classes laborieuses et les üuérôts de nos cuUI^ valeurs et de nos vignerons.
J’aiderai de tous mes efforts à ravènement pacifique de la justice sociale.
le ne C€?^Beraî pas de lutter contre l’obscurantisme, contre toutes les exploitations, legs des anciens régimes, contre les derniers vestiges de ce passé de souffrances et dMniquités dont il faut que le peuple s'affranchisse pour toujours.
Pour me résumer, mes chers concitoyens, je veux avec vous î
A rintérieur, la défense des libertés conquises, le progrès incessant, les charges publiques équitablement réparties, une plus juste rémunération du travail, la protection des faibles, Tassis lance aux déshérités, la prospérité de la République.
A Pextérieur, une politique prudente, mais ferme, le désarmement rendu possible enbn par la paix consolidée, notre drapeau respecté, la grandeur de la France,
Vive la France I Vive la République démocratique I
Victor POUPIN, député sortant.
Circonscription de SAINT-CLAUDE.
M. J. VUn.LOD,
Élu au 2® tour de scrutin.
Chers concitoyens,
A la suite du désistement de M, Reybert, j'ai été appelé, le 29 juillet dernier, par une assemblée à laquelle étaient convoqués tous les maires de l’arrondissement, les conseillers généraux et d’arrondissement, ainsi que les délégués des groupes démocratiques, à Thonoeur d'être le porte-drapeau de la République dans notre circonscription, pour les élections du 20 août 1893»
Je me suis toujours conformé à la discipline républicaine, et, devant la décision de ce congrès, je n'ai pu ni voulu me dérober : j’ai accepté la candidature qui m’était offerte et viens, à ce titre, solliciter vos suffrages.
J'estime que les devoirs du représentant d’un arrondisssement sont de deux natures : les uns concernent Tintérêt local et les autres l'intérêt général.
Les premiers sont surtout de veiller à ce que les subventions, secours et
autres libéralités que l’État accorde à chaque arrondissement ne soient pas détournés par des iiinuences étrangères. Ces devoirs prescrivent aussi au député desioFpirer de la situation industrielle et commerciale de sa circonscription pour la recherche des lois qui doivent encourager et faire prospérer le commerce et l'industrie.
Notre pays est déshérité au point de vue des voies ferrées; il importe que toute la force de persuasion et l’énergie de celui à qui vous confierez vos intérêts tendent à combler cette lacune. Morez et ses environs, en particulier voient leurs industries si frangaises, qui ont à lutter contre la concurrence étrangère, privées de cet élément de prospérité qui s’appelle un chemin de fer.
De môme qu’il faut uu prolougement de Morbier à Morez, il en faut un autre qui relie les deux centres les plus industriels du Jura. L’intérét, non seulement local, mais encore français, impose ces constructions, au nom de notre industrie si vigoureusement attaquée par les fabricants d’au delà de la
frontière.
Du autre point également intéressant reste isolé ; c’est Moirana et les communes environnantes, il est nécessaire que le tramway projeté pour desservir ces localités, qui l’ont acheté par l’abandon du cliemin de fer Verges-.Molinges soit construit à bref délai. Il y a aussi à' ce travail und extrême urgence
Je ue veux pas citer d’autres exemples, pourtant bien intéressants, cette courte déclaration ne permettant pas de traiter les questions en détail.
Quant aux devoirs qui se rapportent à l’intérêt général, ils sont en grande programme politique que j’ai accepté. Ce programme a été élaboré par des hommes dont le républicanisme ne date pas d’aujourd’hui, qm ont toujours été fidèles à leurs opinions, et qui ont su sagement écarter la réaction monarchiste blanche aussi bien que la réaction anarchiste rouge Je m honore d’avoir toujours fait partie de cette phalange républicaine.
Pour aboutir à la réalisation de ce programme, il faut an homme énergique et ferme, dont les antécédents, au point de vue de l’opinion, ne laissent pas de doute sur sa fidélité, dans l’avenir. Il faut un citoyen dont les preuves soient
contenues dans un passé politique irréprochable, il faut une volonté soutenue.
C’est à ce point de vue que les électeurs municipaux de Saint-Ciaude viennent de rendre un verdict dout mes amis et moi sommes fiers parce qu’il prouve que ceux au milieu desquels nous vivons, qui sont à nos côtés, et ont une parfaite connaissance de nos actes, nous accordent leur confiance.
Si vous me faites l’honneur de ni’élîre, je m’efforcerai, comme je l’ai fait au Conseil général du Jura et à la mairie de Saint-Claude, de mériter la haute
approbation de mes commettants en revendiquant hautement les droits de notre chèf0 iDOîitagiae*
Vive la République l
J. VülLLOD,
Ca.ndîdat dQ Congrès démocratique.
phoghamhe accepté pau m- VDIllod :
Le programme suivant, après discussion de chacun des articles, est adopté
à la presque unanimité. .
Révision de ta Constitution dans le sens républicain; limitation des attributions du Sénat au point de vue financier, et sa nomination par le suffrage universel; renouvellement pariiel de la Chambre des Députés, de manière à permettre à une nouvelle Chambre d’utiliser les travaux élaborés par la précédente, rasponsabilitè individuelle des Ministres substituée à la responsabilité colléetive du Ministère,
Oblfgaiion pour les représentants du peuple d’emplo;s'er toute leur influence à ce que les emplois administralifs soient confiés à des fonctionnaires sincère-
ment républicains* . ,
L^Assemblée attire tout spécialement sur cet article rattenlion du candidat
qui sera désigné, .
Extension des droits communaux et siraplitication de la procédure administrative, * J fl* ■
Réforme de la procédure en vue de la rapidité de la solution des affaires et
de la diminution des frais de justice.
Aggravation des peines édictées contre les faillis frauduleux et les banque-
routiers, , . ^ i
Encouragement par tous les moyens possibles de Tarbilrage Internationa U
pour éviter les conflits violents entre nations*
Révision des tarifs douaniers dans le sens du libre échange.
Rentrée du clergé dans le droit GomniuHî adoption des mesures qui tendent à ce but, et, en attendant, application stricte des lois scolaires et militaires.
Suppression de Hinpot des prestations et entretien des chemins vicinaux par FÉtat et le département*
Exteosioo de l'Assistance publique à toutes les communes de France, avec le concours de FÉtai et des départements.
Réforme générale de Vimpôt tendant à le faire supporter surtout par le capital improductif et le revenu.
Réformes socia les conçues, non dans le sens collectiviste, mais dans Fesprit de la Révolution française, c’est-à-dire tendant à accroître la liberté et les moyens d^action de chaque citoyen, FÉtat intervenant en faveur des humbles pour leur faciliter la lutte pour la vie.
Réforme du régime des boissons* Suppression de rexercice vexatoire. Établissement à bref délai du chemin de fer de Saint-^Laurenl à Morex, et de Morez à Saint-Claude.
Loi interdisant aux sénateurs et députés de faire partie du Ckïnseil d'adminisLratioü d’une société financière.