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LA FERRONNAYS

10 février 1894.

Circonscription de CHATEAUBRIANT.

M. Fernand de PONTBRIAND,

Élu au 1®’ tonr do scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

C’est avec la plus grande confiance que je me présente de nouveau à vos suffrages.

Enfant du pays, élevé au milieu de vous, j e connais vos intérêts commerciaux et agricoles et j’ai conscience de les avoir défendus, à la Chambre des députés, avec tout le dévouement dont je suis capable.

Représentant d’un arrondissement profondément attaché à la religion, j’ai

rÊclamô en toutes occasions la liberté de conscience, renseignement religieux dans nos écoles, la pacification religieuse, seul moyen d^assurer à notre chère patrie la grandeur par la liberté.

Pour notre agriculture, cette source féconde de la richesse nationale, j’ai demandé une représentation officielle et légale analogue aux chambres de commerce, Pendant la discussion du tarif des douanes, j’ai fait adopter, par la Chambre des députés, deux amendements en faveur de nos blés noirs et de nos fruits à cidre.

Quand il m’a été donné de voir de près les agisséments de la haute banque, et la jüiverie triomphante, traitant la France en pays conquis, je me suis associé avec plus d’ardeur que jamais à Pétude de ces questions sociales et ouvrières dont la solution doit, dans un avenir prochain, Je Pespère, améliorer le sort des travailleurs.

Il y a quelques jours, je faisais adopter par la Chambre des députés trois ameudements à la loi de l’assurance pour les ouvriers en cas d’accidents dans leur travail, protégeant à la fois les droits des patrons et des ouvriers des villes et des campagnes*

Du reste, mes chers concitoyens, à quoi bon énumérer mon feuvre au Parlement; vous avez pu me suivre, réclamant sans cesse des réformes démocratiques et agricoles, et flétrissant avec la dernière énergie les scandales du Panama, pour lesquels la justice s’estmontrée singulièrement clémente.

Homme d’affaires, avant tout, je demande au gouvernement de mon pays i

La justice et i’boanèteté ;

L’économie dans nos finances;

La diminution des impôts pesant sur l’agriculture ;

La suppression du principal de Timpôt foncier;

La diminution des patentes pour le petit commerce ;

L’augmentation des dispenses à titres de soutien de famille pour Pappel des vingt-huit jours et des treize jours ;

i^Enûn, ne serait-il pas temps de voir les fils de la même patrie, unis sous les plis du drapeau tricolore, travaillant par Punlon, k la grandeur de la France, repoussant la tyrannie de la franc-maçonuerie, qui prétend nous traiter en vaincus et mettre les catholiques hors la loi,

La France appartient à tous ses enfants. Elle ne peut être le patrimoine d’un parti. Elle est à tous*

Messieurs et chers concitoyens, j’ai été et Je veux être un député libéra! qui, sans s’attarder aux querelles des anciens partis, regarde résolument Faveuir, ayant an cœur Tamour de la patrie, le plus profond attachement à la religion et le désir, que rien ne saurait ébranler, de servir partout et toujours la cause du peuple.

Pour Dieu et pour la France 1

Fernand de PÛNTBRli^ND,

Secrétaire du Conseil général, maire d’Erbray, conseiller général de Saint- Julten-de-Vouvantes, député sortant

1” circonscription de NANTES.

M. Maurice SIBILLE,

Elu au 1” tour de scrutin.

COMITÉS DE l’ALUASCE RÉPtlBUCilNE,

Citoyens,

Les comités électoraux ont le devoir d’indiquer nettement le caractère des candidatures des citoyens Sibilie et Rocb qu’ils présentent à vos suffrages.

Ces candidatures ont cette triple signification : alliance loyale de tous les républicains, — réformes et progrès démocratiques, — défense énergique des intérêts commerciaux, industriels et agricoles de la région.

Les questions que les candidats républicains auront à résoudre sont multiples, elles ne peuvent donc être toutes indiquées à l’avance ; mais il est indispensable, pour éviter tout malentendu entre électeurs et élus, de poser les principes dont vos mandataires devront s’inspirer et sur lesquels ils auront à régler leur con-

' C’est ainsi qu’au point de vue politique et administratif uous^ demandons . 1“ La réforme administrative par la suppression des rouages mutiles et ,des

sinéluites;

2° Le service militaire égal pour tous ;

3" L’application intégrale du Concordat;

il® La révision équitable de la loi sur les pensions civiles;

5“ L’unification des retraites ; . v i ,

ô" L’extension des libertés communales; que la commune soit absolument maîtresse de son administration, de sa police et de ses finances, dans la mesure où ces réformes sont compatibles avec l’unité nationale;

7' La facilité laissée aux départements et aux communes de rétribuer les

i'oilctîûo.s éloctivôs *

8® Le secret et la gmcérité do vote assurés par remploi d’un papier uniforme

foîiroi par l'Etat pour les bulletins électoraux ; j + »

Q^Uinterdiction pour les députés et sénateurs de voter par mandataires, et

leur rétribution au moyen de jetons de présence ; . , ^

10^ Et, comme moyen d’assurer les progrès politiques qui sont la raison d’être de la forme républicaine, la révision de la Constitution dans un sens

républicain et démocratique.

Les réformes sociales passionnent, ajuste titre, 1 opinion . la R pu ique se doit à eile-même d’accomplir ces réformes dans l'esprit de la Révolution rançaisSj c’est-à-dire en augmentant la liberté et les moyens d’action deciaqae

citoyen, l’Etat intervenant en faveur des humbles pour leur faciliter la lutte pour la vie.

Dans cet ordre d’idées, les candidats républicains poursuivront les réformes suivantes :

1® Réorganisation immédiate de la caisse nationale des retraites pour la vieillesse des travailleurs. — Subvention aux caisses de retraite et aux sociétés de secours mutuels ;

2® Protection plus efficace de la santé k de la vie des travailleurs, par des lois sur l’hygiène publique, et notamment sur les logements insalubres;

3® Mesures à prendre en vue de faciliter et d’encourager la création d’habitations ouvrières et de logements à bon marché;

Loi déterminant d’une manière précise les responsabilités auxquelles donnent lieu les accidents du travail;

5“ Réduction des frais de justice. —Réforme de l’assistance judiciaire;

6" Réforme du mont-de-piélé. — Abaissement du taux de l’intérêt sur les dépôts ;

7<’ Indemnités aux victimes des erreurs judiciaires ;

8® Allocations de bourses de subventions pour favoriser l’instruction à tous les degrés des enfants méritants et sans fortune ;

9® Réforme des tarifs de chemins de fer dans le but de supprimer les abus qui existent dans leur application et d’assurer la protection des intérêts français contre la concurrence étrangère;

10® Règlementation du travail dans les prisons, couvents et communautés religieuses, afin d’empêcher la concurrence qu’il fait au travail libre.

Il n’y a pas d’amélioration sociale sérieuse sans une réforme de nos lois d’impôts :

1® Révision totale de l’assiette des impôts directs et notamment des prestations;

2® Révision du cadastre;

3® Réforme des patentes;

ê® Réforme des impôts indirects et spécialement de l’impôt des boissons;

5® Suppression des octrois.

N’est-ce pas le devoir strict de tout député républicain de s’attacher à la réforme d’impôts qui, à tant d’égards, ne sont pas même proportionnels, et blessent par suite, profondément l’équité.

Les questions d’ordre général, sociales ou politiques, ne doivent pas nous faire perdre de vue les questions économiques et d’intérêt local, si importantes pour l'avenir et la prospérité de notre ville s

1® Complément de l’outillage maritime du port de Nantes;

2* Canal reliant notre ville à l’intérieur du pays ;

3® Création d’une gare maritime sur ta Prairie-au-üae;

é® Gratuité du bac du quai de la Fosse ;

5" Révision des lois et règlements sur la pêche. — Suppression du barrage d’Indret ;

6® Obligation pour l’Etat de s’approvisionner chez nos nationaux et de n’a-cheter à l’étranger que ce qu’il lui est impossible de se procurer en France.

70 Concession à l’industrie nantaise des fournitures de conserves pour

l’armée; . .

8' Maintien aux ateliers civils des fournitures d’équipements militaires ;

go Réforme des consulats. — Leur rattachement au Ministère du Commerce ;

10" Création d’un ministère des colonies.

Les fonctions de député ont une telle importance et exigent tant de temps pour être bien remplies que nous n’hésitons pas à demander à nos candidats de se consacrer exclusivement à l’exécution de leur mandat et, pour l’avenir, de renoncer à accepter de nouvelles fonctions électives. Ce u’est d ailleuis que l’application du non-cumul de ces fonctions, qui permet d’associer un plus grand nombre de citoyens à la gestion des affaires publiques.

Citoyens,

Vous avez, en 1892, montré aux royalistes que vous étiez fermement attachés à la République. Gagnée sur le terrain municipal, notre victoire reste à compléter aux prochaines élections législatives.

Soyons unis, respectueux de la vieille discipline républicaine, et nous montrerons à nos adversaires comment les petils-flls de ceux qui, il y a cent ans, défendirent si vaillamment notre ville, savent rester fidèles au drapeau tricolore et aux traditions républicaines de leurs ancêtres.

Vive la République!

Les présidents des comités de l’alliance républicaine ;

Blakc, Delhomhb, Goukain, Iollieii, Lanoë, Leiedîje, I. Müreiee, Nicollead, E. SmiQN.

Vu et approuvé :

Maurice SIBILLE,

candidat dans la 1’® circonscription de Nantes.

Mes chers concitoyens,

En 1889, vos libres suffrages m’ont appelé à l’honneur de siéger à la Chambre des députés.

Respectueux des engagements pris envers vous, je me suis efforcé, depuis quatre ans, de préparer et d’assurer le succès de vos justes revendications.

Mes votes prouvent ^e je suis resté le ferme pariisan de l’alliauce de tous les groupes républicains sur un programme de réformes démocratiques. Les différentes proposilions dont j’ai pris l’initiative m’ont été inspirées par la constante préoccupation de contribuer à la prospérité de notre port ou par l'ardent désir d’améliorer le sort des travailleurs.

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