J. DARLAN
Député sortant, — conseiller généra!, maire de Nérac.
Circonscription de VILLEÎNEUVE-SUIÎ.-LOT,
M. Georges LEYGUES,
Élu au 1“' tour de scrutin.
Chers concitoyens,
La République est incontestée. Ses adversaires renoncent à lutter contre elle. Les anciens partis ne sont plus qu’un souvenir. Un courant irrésistible entraîne les masses électorales vers le gouvernement libre que la France s’est donné.
Il ne s’agit donc plus de savoir si on votera pour ou contre la République; mais de déterminer nettemeot l’orientation politique nouvelle et de préciser le programme de réformes que devra réaliser la prochaine Chambre.
Les questions économiques sont les plus urgentes.
Il faut, par tous les moyens, protéger l’agriculteur, qui crée la fortune publique, et .l’ouvrier des villes, qui la transforme et l’augmente.
Les produits du sol doivent être défendus contre la concurrence étrangère iusqu'à ce qu’ils donnent un prix rémunérateur.
Le développement de toutes les institutions capables d’améliorer les rapports du capital et du travail s’impose.
Une loi sur les associations est nécessaire.
Dans l’ordre politique et administratif, il faut simplifier et décentraliser.
Les attributions des deux Chambres doivent être modifiées de manière à ce que le dernier mot, quand il s’agit du budget et des réformes qui y sont inscrites, appartienne aux élus du suffrage universel.
L’opinion publique réclame impérieusement la diminution des frais de justice et des lenteurs de la procédure.
Les finances doivent être gérées avec la plus rigoureuse économie; les dépenses réduites au strict nécessaire.
Mais l’œuvre sur laquelle le Parlement devra concentrer tous ses efforts, l’œuvre à laquelle il devra se consacrer tout entier, c’est la réforme générale de l’impôt.
Cette réforme renferme tontes les antres*
Cest par elle seule que Pon arrivera à la solution des grands problèmes qui touclient à l’asslslance, au salaire, aux caisses de retraite et au crédit populaire.
Les impôts gui grèvent le travail doivent être remplacés par Pimpôt sur le capital et les revenus. C’est sur la richesse acquise surtout que doit porter Pimpot. Suivant le principe posé par la Révolution^ chacun doit contribuer aux charges publiques proportionnellement à ses facultés, c^est-à-dire proportionnellement à ses ressources*
L^impôt foncier, P impôt des boissons, les droits d’octroi, les patentes doivent disparaître.
De cette manière, les ouvriers agricoles et industriels et les commerçants, débarrassés des charges qui pèsent sur eux, pourront lutter plus avantageusement contre la concurrence du dehors et les grands monopoles.
Nous ferons renaître ainsi la prospérité dans le pays et nous résoudrons, du môme coup, la question militaire, car dans la lutte d^armements à outrance où l’Europe s'épuise, la victoire définitive appartiendra à la puissance qui aura le plus d’argent dans ses caisses et qui pourra attendre le plus longtemps.
EnGn, en accomplissant cette réforme générale de Pimpôt, on arrivera à réaliser les réformes sociales pacifiquement, en préservant de toute atteinte rinitiative individuelle, la liberté du travail et la propriété qui sont les trois facteurs de la prospérité et de la force des nations.
Electeurs,
Désigné par les délégués des communes comme candidat auxé lections législatives, je connais les devoirs que ce nouveau témoignage de confiance pose.
Je saurai les remplir.
Comptez sur mon dévouement.
Je servirai toujours sous le drapeau de la République démocratique, de celle qui marche sans cesse vers le progrès dans l’ordre, la paix et la liberté.
Georges LEYGÜES, député sortant.