LOZÈRE
Circonscription de FLORAC.
M. Louis JOURDAN,
Élu au 1“ tour de scrutin.
Citoyens électeurs et chers compatriotes.
L’exposé de mon programme ne saurait être long.
En 1893, aussi bien qu’en 1889, il est le programme des revendications
radicales et sociales de la démocratie.
Aujourd’hui comme alors, je suis partisan de la révision de la Constitution, qui, en modifiant dans le sens républicain les institutions qui nous régissent et les attributions du Sénat, en brisant les entraves qui s’opposent à nos progrès, permettra enfin aux élus du peuple de mener à bonne fin les réformes si longtemps et si impatiemment attendues.
En 1893, comme en 1889, i’afflrme l’absolue nécessité d’une refonte nouvelle des lois de finances, héritage des gouvernements monarchistes et réactionnaires.
Les légers dégrèvements apportés, il y a quelques années, al impôt foncier ne sauraient suffire au cultivateur toujours réduit à n’être pour ainsi dire que le fermier de sa terre et hors d’état, souvent, malgré son labeur acharné, d’acquitter un impôt écrasant dans notre pays.
Il faut en outre doter l’agriculture d’une caisse de crédit agricole mettant au service du plus modeste cultivateur, à des conditions avantageuses, lecapital qu’il ne peut se procurer aujourd’hui qu’à des intérêts excessifs et ruineux.
Il est temps que cette situation cesse et que les pouvoirs publics, épargnant ta misère du peuple, prélèvent leurs ressources là où est la fortune en Irappant le revenu et le capital de contributions proportionnelles et progressives.
De cette réferme primordiale de l’impôt doit découler l’ensemble de toutes celles qui, jusqu’à ce jour, ont eu pour principal obstacle les nécessités ünan— cières et budgétaires.
Réforme du Coda de procédure, mettant la justice à la portée de tous tes
citoyens, faisant disparaître tout ce qa’il peut y avoir d’îoique dans la disproportion de ces frais, accablant le petit plaideur priii ci paiement.
Héforme des droits de succession allégeant les charges qui pèsent sur les hérédités eu ligne directe ou entre proches parents.
Réforme de l’impùt des boissons dégrevant totalement les boissons dites hygiéniques nécessaires à l’alimentatien populaire, supprimant l’exercice si gênant pour le commerce et trouvant dans l’abolition du privilège des bouille ors de cru la compensation pour le Trésor public des pertes que pourrait entraîner
la réforme elle-même. ^
Les administrations de i’Etatne sauraient davantage rester cequ elles sont, et une Chambre véritablement soucieuse des intérêts du pays devra se préoccuper d’y apporter toutes les modifications conformes à l’esprit démocratique qui doit animer notre Gouvernement t
Simplification des rouages administratifs, diminution des gros traitements, suppression des sinécures trop nombreuses et souvent si bien dotées.
Abolition, en un mot, de ce parasitisme qui éuerve la nation et lui coûte si cher ,
Enfin, pour en terminer avec cet ordre de réformes, Adèle aux déclarations faites à la tribune de la Chambre le jour où je dénonçais aux pouvoirs publics i’iutolérance du clergé et ses attaques incessantes contre nos lois et nos institutious, je pense que le Concordat ue com^titue plus un frein suffisant pour empêcher de pareils abus et que l’Église ayant fait sa séparation violente d’avec l’Etat, le moment est venu pour l’Etat de faire sa séparation légale d’avec l’Église.
A ce prix, sont attachés, je n’en doute pas, la paix religieuse et le respect de la liberté de conscience,
Mais ces réformes radicales ne sufüsent plus eîies-mêmes et l’honneur autant que l’intérêt de la République commandent aux représentants du peuple l’impérieux devoir de s’occuper des réformes sociales et de mener à bien leur réalisation.
La révolution politique se continue, la révolution sociale commence. Si la première ii’a pu s'accomplir que dans la douleur et dans le sang, ainsi qu’un enfantement sublime, la seconde, au contraire, peut et doit s’effectuer dans la concorde et la frateruité, grâce à la forme républicaine qui amis la souveraineté et le pouvoir entre les mains du peuple.
U ne faut pas craindre défaire intervenir l’État en ces matières, son concours étant indispensable iiotammeut en ce qui concerne, l’organisation des caisses de ‘retraites ouvrières et des caisses d’assurances agricoles ou contre les accidents; il faut aussi préparer et voter toutes les autres lois sociales destinées àcimenter l’union du travail et du capital.
Votre représentant doit avoir également à cœur tous vos intérêts régionaux et locaux.
A cet égard et dans la limite de mes forces, je n’ai cessé de prendre eu main leur defeuse auprès des pouvoirs publics.
A la Chambre comme au Conseil général, j’ai réclamé avec instance la création d’une voie ferrée reliant notre arrondissement aux voies existantes.
Si je suis votre élu je persisterai énergiquement jusqu’à ce que justice soit faite et satisfaction donnée.
Plus heureux en matière de routes nationales et autres voies de communication, j'ai demandé et obtenu les crédits néceasairea pour continuer les entreprises en cours et exonérer les communes des charges qui leur incombaient, spécialement en ce qui concerne les indemnités des terrains de la route nationale n“ 107 Ms.
Sans vouloir insister davantage sur les services de ce genre qull m’a été possible de rendre, estdl nécessaire de déclarer que je continuerai à me faire rinterprète des aspirations du pays et le ferme défenseur de ses intérêts, facilité dans celte tâche par mon expérience déjà ancienne et par mes connaissances acquises dans la pratique des affaires,
CitoyeDs électeurs,
Ce programme que je vous soumets ne contient pas de vaines promesses, 3^ai déjà affirmé par mes votes ou par mes interpellations, particulièrement en ce qui a trail à la révision de la Constitution, à l’impôt sur le revenu, aux rapports de PÉglise avec PÉîat, mon désir ardent et sincère de faire triompher la politique radicale.
C’est au milieu des républicains réformateurs et progressistes que j’ai siégé et que je siégerai encore si vgtre confiance m*est continuée.
Vieux lutteur républicain, mon passé politique répond de ravenir. J’ai combattu pour notre liberté aux heures douteuses et sombres où nos institutions étaient en péril et Ton ne saurait Poiiblier dans cet arrondissement de Florac qui, aulfi Mai, m^opposait aux hommes de la réaction prête à tous les excès pour assurer son triomphe.
Depuis cette époque, tous mes pas ont été des pas en avant et, comme Tarrondissement que je représentais* j*ai toujours marché vers cet idéal de progrès politique et d’émancipation sociale, but suprême où tendent la société moderne et la démocratie militante.
C'est en vain que mes adversaires politiques, dénaturant mes actes et mes votes, voudraient égarer Popinioo et jeter le trouble dans les esprits î je ne descendrai pas jusqu'à Jes réfuter et à retourner contre eux les armes dont iïs usent à mou égard. La calomnie, quelque habile et quelque iiicidieuse qu^elle soit, ne saurait avoir prise sur vous, ni m'atteindre ï et, comme moi, vous estimerez qu’elle déshûoore ceux-là seuls qui cherchent à s'en faire un moyen de succès ,
Citoyens électeurs,
Si, jusqu’à ce jour, comme j’en ai la confiance, j’ai bien mérité de vous, vous laisserez encore entre mes mains ce drapeau que vous m’avez confié, il y a huit ans, et queje continuerai à tenir haut et ferme pour l’honnéur et pour la défense de nos institutions républicaines.
Vive la République !
Louis JOURDAN, député sortant.
Candidat républicain radical progressiste.
Circonscription de MARVEJOLS.
M. N. AURICOSTE,
Élu au tour de scrutin*
Chers concitoyens.
Le S juin dernier^ un Congrès, ou Biégeaient des représentanta de toutes les communes de rarrondissement de Marvejols, m^a fait îe grand honneur de me désigner, à l^unanimité, comme candidat républicain aux élections législatives de 1393*
Cette décision m^mposait le devoir de me mettre immédiatement en rapport avec vous tous. Ce devoir, je Tai rempli dans la mesure du possible. Pendant deux mois et demi, J’ai parcouru toutes vos communes, tous vos villages, je me suis présenté dans presque toutes vos maisons.
Dans mes nombreuses conférences, je vous ai dit que j'étais fils d^agriculteur, que j'avais tenu la charrue, que je m'étais toujours occupé d'agriculture, que je me ferais honneur, si j'étais votre élu, d'être un député agricole*
Je vous ai exposé quelques idées très simples qui se résument de la manière suivante :
Obtenir que le Gouvernement dépose le projet de budget, sur le bureau de la Chambre des députés, au commencement de janvier, aûn que la Chambre et le Sénat aient le temps de Vètudier avec soin, d’élaguer les dépenses inutiles, de répartir Timpôt plus équitablement*
2® Demander par une loi qu'une partie de l'impôt foncier soit employée à constituer une caisse d’assurance agricole permettant de payer à tous les agriculteurs — fermiers ou propriétaires exploitant eux-mêmes — les récoltes que les intempéries, grêle, gelée, etc*, — leur ont fait perdre.
3“ Refaire le cadastre, étudier l'aménagement des cours d'eau pour l'arrosage des terres. Faire cet immense et utile travail sans augmentation de dépenses en en confiant l'exécution au corps des Ponts et Chaussées,
Je vous ai promis de faire tous mes efforts, d'employer toute mon énergie à faire aboutir ces trois projets que je considère comme la base de la transformation agricole de notre pays*
Je n'ai pas besoin d'ajouter que je prêterai tout mon concours k toute loi qui aurait pour effet de protéger davantage l'agriculture, de vous assurer un produit plus rémunérateur de k vente de vos bestiaux et de vos récoltes;
Que je m'associerai de grand cœur à toute proposition qui tendrait h étendre la compétence dos Juges de paix, à diminuer les frais de juslice ; à tout projet, en un mot, que je jugerai être utile à la France et à la République*
D'ailleurs, pour me tenir sans cesse en communion d'idées avec vous, je
vous ai promis, et je tiendrai parole, que je passerai chaque année au chef-lieu de chaque commune et que je vous appellerai à me présenter vos justes reven-
dications*
Tel est mon programme. 11 est simple et net.
Si vous voulez, mes cliers concitoyens, avoir un député qui s'occupe de 1 mtérêt général et de vos intérêo particuliers ;
Si vous voulez rétablir cette bonne entente qui existait entre les pouvoirs publics et votre représentant quand mon excellent ami, M. Gustave Pelisse, était
votre député j ,
Si vous voulez que votre député marche d'accord avec nos illustres sénateurs, MM. Roussel et de Rozière,
Allez tous aux urnes, le 20 août,
Au cri de Vive la République I
Et votez pour votre compatriote, pour votre ami,
N. AUaiCOSTE,
Chef de division à la préfecture.
Officier de l’instruction publique.
Glrconsci'iption de MENDE.
M. M. BOURRILLON,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers compatriotes,
Vos délégués au congrès républicain m’ayant fait l'honneur de me désigner comme candidat aux élections législatives, je viens, plein de conûance, me pré-
seûter à vos suffrages. .
La République est aujourd'hui le gouvernement reconnu et acclamé par la
France entière. x tt*
Le 20 août sera une nouvelle et décisive victoire pour le parti repUDu-'
caiû.
La Lozère restera-t-elle en arrière?
Non t ses intérêts s'y opposent I
Électeursl Vous comprendrez que le moment est venu de cesser ces luttes stériles qui épuisent les forces vives de notre patrie et de s’unir pour travailler h la protection de l’agriculture, ce bras droit do la France, au développement du commercé et de l’industrie et à la défense des intérêts des travailleurs des villes et des campagnes.
Si voïjs me faites rhonneur de me choisir pour votre représentant h la Chambre des députés, je m'associerai de tout mon pouvoir à rélaboratlou des lois qui tendront vers ce but :
Dégrèvement de l*impôt foncier.
Organisation du crédit agricole;
Création des caisses de retraites pour les ouvriers;
Application de la loi sur rassistance médicale gratuite ;
Tels sont les points qui me paraisseut d'abord devoir retenir l'attention.
Plus tard, viendront d'autres réformes, car le progrès, la marche en avant, c'est l'essence même du régime républicain.
Exerçant la médecine depuis près de quinze ans au milieu de vos laborieuses populations, j*ai pu connaître leurs besoins et me pénétrer de leurs idées que je défendrai avec zèle et dévouement.
En dépit des calomnies et des mensonges, profondément respectueux des convictions religieuses, je m'attacherai à ne rien faire qui puisse porter atteinte aux droits sacrés de la conscience.
Elevé dans les sentiments démocratiques les plus purs et les plus sincères, je me suis toujours montré Fami du travailleur et je continuerai à soutenir la République, qui seule peut nous donner la paix à Testérieur et Tordre et la liberté à llntérieur.
Vive la Lozère! Vive la France 1 Vive la République,
Docteur M. BOÜRRILLON,
Médecin adjoint de Thôpital de Mende,
Président du Comice agricole de Tarrondissement.