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M. GUIGNARD

Élu au 2= tour de scrutin.

Le gouvernement de la République existe depuis vingt-trois ans. Pendant cette période de temps, il a 'accompli de grandes choses.

Avec M* ThierSj il a libéré le sol de la patrie*

Sous la vive impulsion de Gambetta, il a reconstitué l’armée et la manne, et, par là même, il a Sauvegardé l’indépendance nationale. ^ , .«on

Avec le présideot, M, Carnot, il a préparé cette grande exposition de 1889, qui devait, par ses merveilles, rétablir notre influence morale dans le monde.

Devant les 13.000 maires réunis dans le Palais de T Industrie, le chef de l’État disait aux étrangers accourus de tous les points do l’univers : « La Rèpublitrue travaille à la paix du monde et à la fraternité des peuples. » ^

11 a étendu nos possessions coloniales et rétabli partout le prestige de nos

Par sa sagesse et sa force, il a conquis de puissantes amitiés.

Si nous lui devons tant dP biens, gardons-le, défendons-le, contre ses ennemis, contre toutes les tentatives de retour à la monarchie.

Que la famille française s’unisse donc tout entière sous le drapeau de la

Républiq l’honneur de vous représenter, je n’hésiterais pas à voter tous les crédits nécessaires à notre armée. Par sa force, sa d.isciplme, sou héroïsme, elle met une barrière iu franchissable aux entreprises de nos ennemis et rend ainsi

une nouvelle invasion impossible. ,, „t

A l’intérieur, je m’appliquerais à développer l’industne, le commerce, agriculture, en votant des droits protecteurs sagement établis.

J’étudierais avec une attention particulière les moyens de supprimer les octrois, dont l’abolition, réclamée depuis longtemps, rendrait au commerce et aux trausaclions tout leur essor.

Dans nne société démocratique connue la nôtre, il est juste que chacun ait sa place au soleil. Il faut que le moins favorisé de la fortune puisse, par son travail, élever sa famille et assurer le pain de sa vieillesse.

Dans le but de venir en aide au plus grand nombre, j 'estime que la création du crédit agricole, de caisses de retraites, de subventions aux sociétés de secours mutuels, d'orphelinats, s’impose comme un devoir patriotique.

C’est pénétré de ces sentiments que j'ahorderais l'étude de toutes les questions humanitaires, économiques et militaires qui seront soumises aux délibé^ rations des représentants de la France républicaine.

Vive la République I

GUIGNARD, maire d’Angers, chevalier de la Légion d'honneur.

2® circonscription d’ ANGERS, M, Th, de SOLÂND^

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Vous m'avez, à cinq reprises, depuis dix-huit ans, chargé de vous représenter à la Chambre des députés.

Je ne suis donc pour vous ni un étranger ni un inconnu et quand^ à chaque élection, Je vous ai rendu compte de mon mandat, vous m'avez jugé non sur de vaines promesses, mais sur mes actes, mes discours, mes voles, les services que j'ai été heureux de vous rendre et vous avez approuvé ma conduite en me renouvelant votre confiance*

A la Chambre des députés, on fait des loîs et on ne discute ni sur la république ni sur la monarchie. Je vous disais à ce sujet, dans ma circulaire de 1881 ;

(( An -dessus des questions de parti, au-dessus des questions relatives à la « forme du gouvernement, que le pays résoudra lui-même, quand il le jugera K convenable, j'ai pensé que le premier devoir d'un député était de se placer H sur le terrain légal, pour sauvegarder les droits, les garanties, les libertés H nécessaires dans toutes las formes de gouyernement et surtout sous une « République. »

Je n'ai rien à changer à ces déclarations qui datent de douze années, et auxquelles je me suis toujours conformé.

L'intérêt de la France exige plus que jamais que vous soyez représentés par des députés indépendants, ne craignant pas de déplaire et non par des compîal-

sants qm n’osent pas combattre les abus ; les députés qui doivent leur élection uniquement à la protection de, l’administration sont incapables de résister à ceux qui les ont fait élire, et de s’opposer à une politique, qui, si elle continue, ruinera et démoralisera le pays.

Politique finandire des Conservateun.

Les conservateurs ont gouverné la France pendant cinq ans, de 1871 à 1876; pendant ce temps, après payé les dettes de la guerre et celle de la Commune de Paris, ils ont établi le budget de 1876 avec un excédent de 251 millions, ils ont diminué les dettes anciennes de 159 millLons et, en quittant le pouvoir, ils laissaient en caisse un excédent de 98 millions : c’était là une gestion sage e ménagère de la fortune publique qui aurait procuré au pays, si elle avait continué, des finances prospères.

Politique /înonctàre des ripublicaim.

Mais les républicains sont arrivés au pouvoir et se sont jetés sur le budget comme sur une proie, multipliant sans mesure les dépenses, qui, chaque année depuis 1878, dépassent de près de 609 millions les recettes, empruntant sans cesse, et finissant, en 1894, par un budget en déficit d’environ 400 raillions.

Il faudra nécessairement, pour combler le vide de la caisse, ou des emprunts ou des impôts nouveaux ; comparez les deux politiques et demandez-vous sic est seulement en répétant : «je suis républicain», qu’on mettra un terme à ces gaspillages î il ne fant pas craindre de signaler le danger, d^indiqtîer e rem e» de réclamer un contrôle sérieux du budget; pour mon compte, je n’ai pas manqu à ce devoir.

Ce que devient la liberté des communes êl de^ familles avec, les dépiKes républicains.

C'est un droit primordial pour les familles d’élever leurs enfants conformément à leurs sentiments et à leurs croyances, les républicains ont violé ce droit sacré en interdisant dans les écoles renseignement religieux, malgré .le vœu des

^'"Vu nom de la loi qu’ils ont votée, Us chasseront successivement, et Us ont commencé, tous les instituteurs et toutes les institutrices appartenant à un

ordre religieux* , *

Autrefois, les communes avaient le droit de choisir leurs mstitateurs, c était

la Üîjerté

Aujourd’hui, les républicains l’ont confisquée et quand ils auront laïcisé toutes vos écoles, il faudra en construire de nouvelles dans les communes auxquelles on a légué celles qu’elles possèdent à la condition qu’elles seraient dirigées par des sœurs ; il y a cent communes en Maine-et-Loire dans ce cas. ce sera pour elles une perte d’environ 2 millions. . . ^

L’ensemble de la laïcisation en France coûtera près d’un milliard aux con-

tribuables el cela mijqueniûnt pour empêcher qu*ôn enseigne à Técole le catéchisme et la prière, c/est le comble de la déraison et de la tyrannie*

Le devoir des députés indépendants est de demander, sans se décourager, la réformatîoû de ces lois odieuses*

Jusqu’à présent, pas on député républicain, même se disant modéré, ii*a osé le faire*

Ce quû devient la moralité avec députés républicains.

La moralité publique, à l'égal de la liberté, est intéressée à ce que renseignement religieux ne soit plus proscrit de Técole*

Depuis rapplicaiion des lois scolaires, le nombre des enfants et des jeunes gens de moins de vingt ans traduits pour crimes devant les tribunaux âugmente chaque jour, les statistiques criminelles le prouvent, et la cause de celte perversité n’est pas douteuse, c'est le résultat de Técole sans Dieu.

Un juge d'instruction, le plus éminent de Paris, Pa reconnu en écrivant cet aveu :

« L'effrayante augmentation de la criminalité chez les jeunes gens a coïnt[ cidé avec les changements apportés dans rorganisation de l'enseignement M public, :&

Corruption. /

Les hommes les plus en vue du parti républicain ont donné Texemple de la corruption dans les affaires financières et notamment dans celle de PaDama, * ^

1.500 millions avaient été souscrits pour faire le canal, les deux tiers de cette somme ont été employés à dooiter des pots de vio à des ministres, des députés, des sénateurs républicains, à subventionner des journaux républicains et à payer rélection des députés rèpublicaips ; un de leurs minisires a osé dire h la tribune, s'adressant à la majorité : a si je n’avais pas agi comme je Fai fait, un grand nombre d’entre vous ne siégeraient pas sur ces bancs* n

Huit cent mille familles françaises ont aussi été spoliées, au profit de républicains, car pas un membre de la droite n'a pu être soupçonné malgré les recherches de toute nature, de la part du gouvernement, mais, en ce qui concerne les républicains, il n’a eu qu’une préoccupation, entraver Penquête et empêcher toute la vérité d'apparaître* Le peu qu'on a su a été découvert grâce à Pénergie des conservateurs, qui ont réclamé Tenquête et demandé la lumière*

Quêstions dHnîèrêt dépm'tementat et communaL

Les partisans des candidats officiels prétendent que les députés conservateurs ne peuvent rien daus l'intérêt de leur circonscriptioDi Cola n'est certes pas vrai en Maine-et-Loire*

Eu effet, toutes les subventions et tous les travaux d’intérêt départemeniaJ dépendent du Conseil général qui est en grande majorité conservateur et qui, à

la différence des républicains, répartit équitablement entre toutes les communes sans distinction d’opinion les crédits dont ils dispose.

Vous ôtes- vous aperçu, depuis dix-huit ans, que vos intérêts n’ont pas été sauvegardés et qu’un député républicain vous aurait obtenu davantage?

Le Conseil général a entrepris de doter le département d’un réseau de chemins de fer; une partie est déjà construite et celle qui ne l’est pas encore n’est arrêtée que par les exigences par l’Etat de modifications dans les projets de concessions ; ces difficultés et ces retards, qui viennent uniquement du ministère, devront avoir un terme et le Conseil général achèvera son œuvre.

Il a subventionné largement le pont de Rochefort et, sur mon rapport, le pont du Port-qui-Tremble.

A la Chambre, mes amis et moi avons défendu énergiquement les droits de l’agriculture, si éprouvée contre la concurrence étrangère, et nous avons obtenu des droits de douane sur les matières agricoles et sur les bestiaux.

Pendant deux législatures, j’ai réclamé la protection pour les chanvres français et j’ai demandé, en dernier lieu, à la tribune, et j’ai obtenu que la prime à la culture soit attribuée à des parcelles de 10 ares, pour venir en aide à la petite culture.

Quand la loi sur la vaine pâture a été discutée, un amendement que j’ai présenté avec M. Fairé, et qui a été inséré dansTâ loi, a conservé aux communes riveraines de la Loire le droit de seconde herbe, source de leur fortune : droit qui était menacé par le projet de loi.

Enfin, quand, au moment du déclassement du Layon, l’État a voulu s’emparer des arbres du rivage, j’ai pu obtenir, malgré une longuè résistance de l’Administration, xjue les droits des douze communes intéressées ne seraient plus contestés.

Toutes ces questions locales ne peuvent être, vous le comprenez, utilement défendues que par un homme du pays qui les connaît, et dont les intérêts sont les mômes que les vôtres.

J’ai été heureux de mettre à votre disposition l’expérience que m’a fait acquérir une vie tout entière passée au milieu de vous.

Si vous m’honorez de nouveau d’une confiance dont je crois n’avoir jamais cessé d’être digne, je continuerai, comme par le passé, à défendre vos intérêts généraux et particuliers.

Th. de SOLAND,

Vice-président du Conseil général,

Député sortant.

Circonscription de B AUGÉ,

M, E. COÜDREÜSE*

Élu an 1®^ tour de scrutin.

Mes chers condtoyena,

Le âO décembre 1891, vous m'avez fait le suprême honneur de me donner le mandat de vous représenter à la Chambre des députés.

Je vous avais promis de m^associer à toutes les propositions de loi tendant soit à défendre la République, soit à perfectionner Torganisation de notre démocralie-

Je crois avoir tenu ma promesse.

Vous êtes appelés à élire une nouvelle Chambre, qui aura de grands devoirs à remplir envers le pa^s.

Au point de vue extérieur, la puissance militaire de la France, son développement incessant sur terre et sur mer inspirent la respect aux puissances étrangères. Son crédit, cet important facteur de la défense nationale, est hors de toute atteinte.

Aussi, la République française a-t-elle repris dans le monde le rang qui lui appartient. Son isolement a cessé et de précieuses sympathies lui sont venues.

Ce qu*il faut surtout maintenant é notre démocratie, c'est l'ordre, qui donne la sécurité des intérêts, et que seule peut assurer Tautorité gouvernementale.

Ce qu'il faut à notre paya, c'est la paix sociale, c’est une politique large, vraiment nationale, qui réunisse tous les Français à l'abri de la République honnête et tolérante.

Telle doit être la politique des Républicains libéraux et progressistes, défenseurs de la liberté individuelle, de la liberté du travail, principes de notre droit moderne.

Enfin, l'heure est venue de donner la première place à ces réformes qu'attendent de la République ceux qui travaüleot et ceux qui souffrent, de rechercher avec bonne foi la solution de ces problèmes complexes du travail, de répargne et de l'assistance, au moyen de bis qui ne combattent pas seulement la misère dans ses effets, mais qui ratteignent dans ses causes, et réalisent ainsi Pœuvre d'équité sociale.

il importe aussi plus que jamais de faciliter l'essor et le développement de notre commerce, de notre industrie et de notre agriculture. Pour cela, il faut, à mon avis :

Leur assurer l'aide et la protection qui leur sont nécessaires pour [lutter contre la concurrence étrangère ; multiplier la diffusion de renseignement pro-

fessionnel ; organiser pratiquement les caisses d’assurances contre les accidents, la maladie, le chômage et les caisses de retraites ouvrières;

Assurer aux sociétés de secours mutuels une plus large liberté d’action;

Etablir une plus juste répartition des charges et des impôts ;

Organiser au profit des cultivateurs le crédit qui leur permettra de se livrer à toutes les dépenses réellement productives;

Instituer les assurances agricoles et l’assistance dans les campagnes ;

Faire de nouveaux dégrèvements sur les transports et sur l’impôt foncier;

Rendre, par la réduction des frais, la propriété plus accessible aux travailleurs ;

Développer, en un mot, le bien-être et la sécurité du monde agricole, industriel et commercial.

Mes chers concitoyens.

Les électeurs de l’arrondissement de Rangé ont pris depuis longtemps la tête du mouvement libéral dans le département de Maine-et-Loire.

En me renouvelant votre mandat, vous afiSrmerez votre attachement constant à la République et votre confiance dans celui qui la sert loyalement.

Vive la République

E. GOÜDREUSE,

Député sortant.

1” circonscription de CHOLET.

M. le comte de MAILLE Élu au 1" tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens.

Je viens de nouveau solliciter vos suffrages, auxquels vous m’avez habitué depuis vingt-deux ans. Votre confiance me donne un zèle et une ardeur qui remplacent la jeunesse qui me ferait défaut sans vous.

J’éprouve toujours pour mon pays le môme amour et le même dévouement. Pendant la guerre, je marchais à votre tête ; pendant la paix, que Dieu veuille prolonger, je me joins à tous ceux qui défendent vos intérêts.

Vos intérêts, ce sont le travail assuré, la tranquillité au dedans et au dehors amenant les transactions industrielles et commerciales, la liberté individuelle, la liberté de conscience, la sécurité de la propriété de chacun défendue contre les sectes nouvelles qui veulent la détruire.

La fortune publique doit être mise à Tabri des convoitises honteuses pareilles à celles du Panama, qui ont compromis un si grand nombre d’hommes politiques. Vous ayez eu la consolation de voir qu’aucun député de la droite n’a pu être soupçonné.

Le budget de 1894 est plus lourd que les budgets précédents, il se solde par une augmentation de dépense et, ce qui est très grave, par un déficit qui reste indéterminé*

Dans la commission des douanes, dont j’ai eu rhonneur d’être un des viceprésidents, j’ai défendu les droits protecteurs : leur stabilité sera la garantie de la prospérité de la France.

Le conseil général, dans ses préoccupations pour les intérêts du département, a créé dans notre arrondissement deux nouvelle^ lignes de chemins de fer. Les travaux sont commencés sur le chemin de Saumur à Gholet j celui de Nantes à Gholet, avec embrancbement de Beaiipréau à Chalonnes, est approuvé par le conseil d’Etat et sera Tobjet de la campagne prochaine.

Je me suis occupé depuis plusieurs années, avec le plus grand soin, de concert avec radministration municipale de Gholet, des conserves de viande. Quoique le projet de loi déposé par le ministre de la Guerre tendant à Touverture d'uh crédit de huit cent mille francs ait disparu du budget de 1894, fai la certitude que le projet de créer des usines en France, dans les grands centres de production comme le pays choletais, n'est pas abandonné.

G’ est avec une grande satisfaction que j’ai voté, ainsi que tous mes amis, la constitution de l’armée coloniale, que nous réclamons depuis dix ans; grâce à celte loi, Tarmée coloniale ne devant plus être recrutée que par des volontaires, nos jeunes gens recueilleront le bienfait inappréciable de n'être plus envoyés aux colonies.

Je me suis toujours efforcé de voter en faveur des questions où la sécurité publique, les intérêts, la prospérité et la grandeur de la France étaient engagés.

Mes principes royalistes ne m'empêchent pas de considérer comme un devoir d’aider à la marche du Gouvernement lorsqu’il n’attaque pas les libertés nécessaires.

La liberté de conscience est une des Überlés nécessaires* 11 ne suffit pas, en maintenant les lois sur finstnictioo publique, de les appliquer avec une modération intermittente; il s’agit de dire franchement et hauiement que la religion ^ catholique a le droit de vivre übrément; il ne s’agit pas non plus de détruire les lois votées par la République, il suffit d’appliquer à ces lois des modifications qui permettent k l’éducation religieuse d’être donnée, comme en Belgique, suivant la coaviciion de chacun.

îî nous faut cette liberté, et, puisque latlépublique prétendue libérale n’ose pas nous la donner, cous devons la conquérir par nos votes ; elle appartient de droit à la majorité caihoiique.

La République doit protéger tous les cultes, il ne faut pas qu’elle soit uniquement la nourricière d’un certain nombre de citoyens, grands libres penseurs, qui, sans aucun droit, se prétendent les gardiens de la République et ne lui permettent ni la modération ni le respect de la croyance d’autrui.

Préoccupé des conséquences de pareilles idées, je ne puis adhérer à des

principes qui ne sont pas les miens, qui révoltent ma conscience et mes sentiments d’éqnité, de justice et de liberté.

Comte de MAILLE, président du Conseil général, député sortant.

2* circonscription de CHOL£T.

M. le vicomte B. de la BOUBDONNAYE»

Élu au i*' tour de scruUOt

Messieurs,

Je viens vous demander de renouveler le mandat dont vous m’honorez depuis bientôt dix ans. Vous me connaissez et il me semble que toute profession de foi soit inutile. Ce que Je pensais, lorsque, pour la première fois, Je sollicitais vos suffrages, Je le pense aujourd'hui.

Je vous avais promis ma bonne volonté ; J’ose dire qu’elle n’a lait défaut ni aux affaires publiques, ni aux intérêts particuliers. J’ai donné à vos affaires tous mes soins, tout mon temps, toute mon activité ; les lignes de ch^ mins de fer qui intéressent notre arrondissement ont obtenu, enûu, du Conseil d’État, une décision favorable, qui en assure l’exécution à bref délai ;

J’ai compati à vos peines, J’ai cherché à soulager vos souffrances ; ioter- .rogez le passé, U vous dira si vous pouvez me continuer votre confiance ;

Plus que jamais, J’ai besoin qu’elle me donne la force, car l’avenir est gros de dangers et de luttes :

Dangers pour la religion, contre laquelle toutes les vexations, toutes les persécutions semblent permises à un gouvernement qui a déclaré et qui continue sans relâche la guerre au catholicisme î

Dangers ponr la propriété, que met en péril le socialisme d’État ;

Dangers pour nos finances, que le désordre et le gaspillage mènent à la banqueroute.

Dans la prochaine législature, les députés soucieux du bon renom et de la grandeur de la France auront donc à remplir une lourde tâche.

Ils devront unir tous leurs efforts pour obtenir une législation qui assure aux catholiques le respect et la dignité du culte, la liberté de conscience, et les droits du père de famille en matière d’instruction.

Ils auront â discuter les grands problèmes soulevés par les théories socialistes : ils se garderont de ces illusions décevantes, de ces lois, qui sont à elles seules on danger, parce qu’elles promettent plus que la société ne peut faire •

de ces lois qui, en minant l'industrie, amèneraieût la disparition de tout travail et donneraient à tous Tégalitè d© la misère* Mais ils se souviendront que, dans les questions qui iotéressent Je capital et le travail, c'est encore à la religion, à l* esprit d© cliarité qu^elle ordonne et qu^elle inspire, plutôt qu'à FÉtat, qu'il faut demander le secret des solutions qui seules feront Faccord, parce que, servant les intérêts de tous, elles n'auront rien d'oppressif, et ne léseront les droits de personne*

Ils continu efont à lutter contra les pratiques financières qui, depuis quinze ans, ont entraîné le Gouvernement à emprunter chaque année 500 millions, à faire voter, par une majorité complaisante, plus de 400 millions d'impôts nouveaux, à présenter, pour 1894i un budget qui, sous rappareuce d'un équilibre fictif, cache un déficit de plus de 300 millions.

Ils se souviendront qu'ils vous ont promis de ne voter aucun impôt nouveau, et ils réclameront du GouvarDement que le pays subit, réconouiïe, la sagesse, la bonne administration, qui pourraient encore rétablir Fordre dans nos finances.

Ils auront encore un grand devoir à remplir, celui d'assurer dans la mesure du possible la sécurité du travail national, en maintenant et en développant notre nouveau régime douanier pour le plus grand bien de Fsgriculture et de Fiüdustrie, dont les intérêts ne peuvent être séparés*

Ils demanderont, enfin, comme une mesure de justice, le dégrèvement du principal de Fimpôt foncier, qui ne serait, d'ailleurs, qu'une faible atténuation des charges énormes qui pèsent sur la propriété foncière.

Messieurs, c'est à cette tâche que votre confiance m'associera, 3'y donnerai tout mon dévouement et toute Fénergîe que peut inspirer à un homme de coeur, à un chrétien, le sentiment profond des dangers que court la patrie entre des mains indignes ou incapables de la gouverner.

Vicomte R. de la BOURDONNÂYE, conseiller général, maire de Drain, député sortant*

GircoBscripüon de SAUMUR.

M* Georges de GBANDMÂISON, Élu au 2^ tour de scrutin*

Electeurs,

Un comité composé des personnalitési lesfplus respectées de FarrOndisse- .nient m a déclaré que ma candidature était soUicitée par les honnêtes gens de

tous les partis, désireux de voir la circonscription représentée par un homme jeune, actif, propriétaire résidant dans te Saumurois, ayant par conséquent des intérêts liés aux vôtres.

On m'a fait valoir aussi qu’ancien ofûcier je pouvais, grâce à mes relations personnelles, vous rendre de nombreux services, ce qui est à considérer aujourd’hui où tout le monde est soldat.

Devant une pareille manifestation du corps électoral, j’ai accepté de poser ïïia candidature

Si vous m'accordez vos suffrages :

Je respecterai les pouvoirs établis, persuadé que toutes les fonnes de gouvernement peuvent être bonnes, la forme républicaine comme les autres.

Homme nouveau, sans passé politique, je cherche avec ceux de ma génération à fonder un parti conservateur dans la République, c’est-à-dire une droite républicaine.

Mais je combattrai résolument :

Les sectaires qui ont divisé le paya j

Les panamistes qui l’ont dévalisé •,

Les promoteurs des expéditions lointaines et meurtrières}

Les faux hommes d’État qui, après nous avoir fait perdre notre influence traditionnelle en Orient, n’arrivent pas à conclure un traité d’alliance avec la Russie, nous laissant isolés devant l’Europe coalisée.

Je demanderai la révision de la Constitution dans un sens plus conforme aux aspirations démocratiques de notre époque ;

Je demanderai que les communes soient maîtresses de leurs établissements hospitaliers, sous le simple contrôle de l’État, et non pas sous sa direction î ^

Je demanderai que les conseils municipaux soient libres de choisir les instituteurs et institutrices primaires }

Je demanderai l'amélioration du sort si injuste de ces modestes et vaillante serviteurs de la patrie, et, en particulier, la suppression du pouicentage,

Je demanderai que l’école primaire soit, avant tout, une école professionnelle, seul moyen d>rrôter peut-être l'émigration des campagnes vers les villes, où tant d’ouvriers meurent de misère ;

Je demanderai une protection intelligente de nos produits agricoles : vins, lins, chanvres, céréales, bestiaux, ne voulant pas, d’une part, provoquer inutilement les représailles de nos voisins, et, de l’autre, laisser, par exemple, le blé

tomber à 14 francs; ...

Je demanderai la diminution des appels si préjudiciables aux intérêts agricoles, dans les limites imposées par les besoins de la défense nationale ;

Je demanderai la diminution des frais de justice;

Je demanderai et j’appuierai tout ce qui pourra contribuer à l’amélioration du sort des ouvriers et des cultivateurs, convaincu que la société ne peut se déclarer satisfaite tant qu’il y aura' une misère à soulager, une injustice à

réparer ; ' . . , »

En conséquence, je demanderai l’assurance obligatoire contre le chômage et les accidents, l’inscription obligatoire aux caisses de retraites pour la vieillesse;

Je demanderai que les gardes champêtres, nommés par les maires, soient révocables par eux, les conseils mnnicipacx entendus, car l’état de choses actuellement existant est une cause fréquente de troubles dans les communes-

Je voterai contre le projet de loi qui tend à supprimer le droit des bouilleurs de cru et à établir l’exercice chez le propriétaire récoltant ;

Je demanderai, enfin, pour notre département, la création d’une école de viticulture où les communes pourraient, à peu de frais, envoyer les jeunes gens se mettre au courant des innovations, méthodes et découvertes résultant de la science moderne.

Toujours prêt à soutenir les intérêts de l'arrondissement, je tiendrai à honneur de visiter, tous les ans, toutes les communes dont je serai le représentant- En un mot, indépendant avant tout, je m'occuperai le plus possible de questions économiques et le moins possible de poliiique-

Pour arriver à la réalisation de ces vœux d’intérêt local, je soutiendrai tout gouvernement honnête, tolérant, francheméot libéral et sainement démocratique*

Electeurs, au jour du scrutin, vous direz si ce programme est le vôtre-

Georges de GRANDMÂISOK, ancien officier, maire de Montreuil *Bellay, président du syndical agricole cantonal de Montreuil- Bellay-

Circonscription de SEGRÉ.

M- Laurent BOUGÈRE,

Élu au tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

Je viens solliciter vos suffrages pour réiection législative du 20 août prochain. ^

Si vous me faites l’honueur de m’élire, je défendrai vos intérêts moraux et matériels en conservateur et en libéral.

A ce double titre, je voterai toutes les lois destinées à assurer le maintien de l’ordre, le respect de la religion, et à éviter le retour des scandales poHtiques dont nous avons eu le triste spectacle.

Je réclamerai l’écoaomie dans les finances, la protection de i’agricuitura et du travail national.

Tons mes efforts tendront à défendre la liberté de coasclence, à développer la liberté individuelle et à assurer aux départements et aux communes une indépendance plus grande, proportionnée aux sacrifices des contribuables, et permettant à ces derniers de surveiller de plus près l’emploi des impôts.

Ces principes conservateurs sout nécessaires à tout gouvernement.

Une démocratie qui ne les sauvegarde pas et laisse porter sans cesse atteinte à la liberté, compromet son existence,

Élu quatre fois en trois années au conseil d'arrondissement de Segré et au conseil municipal d’Angers, je me suis toujours inspiré de ces idées en dehors de toute préoccupation de parti ou de personne, pour défendre les intérêts qui m’étaient confiés.

J’ai étudié les questions agricoles et commerciales.

le me suis associé aux votes protecteurs des produits du sol.

J’ai réclamé l’augmentation du nombre des étalons et des primes qui leur sont affectées.

l’ai obtenu pour l’élevage, avec le conseil d’arrondissement, un plus grand nombre de prix et une plus grande somme de récompenses pour les concours de poulinières.

Il reste encore beaucoup à faire pour notre agriculture si éprouvée par i’avilissement du prix de ses produits. C’est d'elle seule que le commerce peut attendre les affaires et l’ouvrier le travail.

Je continuerai à apporter dans i’étude de toutes les questions qui l’intéressent, la plus grande sollicitude.

C’est ainsi que je défendrai vos intérêts, vos droits et vos libertés.

Laurent BOUGÈRË,

Licencié en droit, membre du Conseil d’arrondissement de Segré, conseiller municipal de la ville d’Angers.

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