MANCHE
Circonscription d'AVRANCHES.
M. E. RIOTTEAU,
Élu au 1" tour de scrutin.
Électeurs,
Depuis dix-sept ans, pendant cinq législatures successives, vous m’aveï chargé de la défense de vos intérêts.
Au moment où je viens encore une fois solliciter vos suffrages, ces marques de confiance réitérées me dispensent de vous faire une longue profession de foi; elles prouvent que vous avez reconnu la sincérité avec laquelle j'ai au tenir les engagements que j’avais pris devant vous.
Si vous m’honorez de vos suffrages, je continuerai à suivre la ligne de conduite politique que j’ai tenue jusqu'à ce jour et à laquelle je n’entends rien modifier.
Aujourd’hui, la République n’est plue contestée; ses adversaires les plus acharnés renoncent à l’espoir de la renverser.
Désormais, libres du souci de défendre le Gouvernement de la République, vos représentants n’auront plus qu’à s’occuper de l’organiser sur les bases que comportent les exigences de la société moderne.
Je suis partisan des réformes sagement et mûrement étudiées que réclame l’opinion publique, mais je suis l’adversaire des mesures hâtives ou mal établies qui ne servent qu’à jeter le trouble et la désunion entre les citoyens.
l’ai toujours été pour la politique d’affaires. Je poursuivrai le relèvement de notre agriculture en maintenant notre tarif des douanes et en permettant au* cultivateur de disposer librement de sa récolte, par le privilège des bouilleurs de cru.
Je suis opposé à l’établissement de nouveaux impôts et je veux obtenir l’équilibre de nos budgets en réduisant les dépenses.
Je voterai les mesures propres à favoriser le travail de nos ouvriers et de DOS marins.
Enfin, j’entends rester ce que j’ai toujours été, le défenseur fidèle et zélé de vos intérêts auprès des pouvoirs publics.
Electeurs,
C’est avec confiance que j’attends le résultat du prochain scrutin.
Pespère que, par vos votes, vous approuverez la politique ferme et prudente qui vous a donné, sous la République, la paix à l’extérieur et le calme à l’intérieur, et qu’en m’accordant une imposante majorité, vous me donnerez le moyen de défendre avec autorité les intérêts que vous m’aurez confiés.
Agréez, mes chers concitoyens, l’assurance de mon entier dévouement.
E. RIOTTEAU, député sortant,
Conseiller général de la Manche,
Membre du Conseil supérieur des Haras,
Membre du Conseil supérieur des Colonies,
Membre du Conseil supérieur des invalides de la marine, Président de la Chambre de commerce de Granville, Président de la nouvelle Société d’agriculture d’Avranches,
Circonscription de CHERBOURG.
M. Maurice CABART-DANNEVILE,
Élu au 1®' tour ne scrutin.
Mes chers concitoyens,
Lorsqu’on 1889 je me suis présenté à vos suffrages, mon programme contenait les desiderata suivants :
Réduction du personnel des Ministères et réforme de certains abus.
Simplification et économie de la procédure.
Simplification et équilibre du budget.
Réforme des impôts, en particulier de l’impôt foncier; révision du cadastre, absolument urgente pour notre département, qui occupe le septième rang parmi ceux qui payent le plus, — révision de la loi des patentes.
Développement de l’agriculture : — Construction et amélioration des chemins, canaux, voies ferrées; classement et construction des lignes ferrées de Barfleur par Saint-Pierre, d’Auderville par Beaumont, et de Diélette. — Recherche des moyens de mobiliser la propriété pour faciliter les emprunts et
éviter iea frais énormes qm en sont la conséquence. — Modification en favenr de ^agriculture du système actuel des remontes. — Diminution des tarifs de che* mins de fer.
Étude des questions économiques propres à améliorer le sort des travailleurs des villes et des campagnes, des pécheurs. — Égalité de salaire dans tous les ports* — Organisation de ^assistance publique dans les campagues. — Caisses de retraites, unifîcatiou des pensions.
Grands travaux maritimes de Cherbourg et dé défense des côtes.
Ai-je suivi la ligne que je m’étais tracée?
Dans un rapport sur les comptes de 1885^ j'ai signalé des abus financiers j deux autres projets de loi et rapports sur le personnel des ministères et sur le logement des fonclLonnaires dans les domaines nationaux apportaient au Trésor une économie de plusieurs milliouSc
La Chambre a voté la suppression des bugdets extraordinaires î j’y ai pris part soit par mes votes, soit dans les discussions de la Commission du budget,
j’ai voté le dégrèvement de la propriété foncière, la révision partielle du cadastre, celle delà loi des patentes.
Je me suis joint au Conseil municipal de Cherbourg, au Conseil d'arrondissement, à ia Chambre de commerce pour réclamer le doublement de la voie de Caen à Cherbourg et je crois la cause gagnée*
Tai voté la loi sur Tamélioration de la race chevaline, le dégrèvement des tarifs de la grande vitesse et obtenu, par des démarches personnelles, une diminution de dis francs par tonne ponr les pommes de terre et les choux, une autre pour les poissons et les légumes frais.
J’ai organisé un pétitionnement dans toutes les communes de Tarrondissement pour empêcher qu’on frappât la circulation des pommes à cidre d’un impôt de 0 fr. 60 par hectolitre.
Une proposition de loi sur les occupations temporaires de terrain a défendu la petite propriété grevée par les lois antérieures*
J'ai pris part aux travaux de la Commission du travail qui a fait adopter par la Chambre les lois sur le travail des femmes et des enfants, sur les règlements d’atelier, sur la responsabilité des accidents, sur l'hygiène et ia sécurité des travailleurs et qui s’est occupée des assurances et des caisses de retraite.
Par une proposition de loi et à la tribune, j’ai soutenu la défense des instituteurs lésés par la loi de 1S89.
Nommé, en 1S91, membre de la Commission du budget et rapporteur du budget de la Caisse des invalides de la marine, j’ai contribué à obtenir une large augmentation de secours pour les pêcheurs, leurs veuves et leurs orphelins.
A la tribune, par la déposition de projets de loi, j'ai défendu la cause des ouvriers des arsenaux, des dessinateurs, des contremaîtres et des maîtres, des infirmiers dé la marine et des guetteurs sémaphoriques.
Toutes les mesures qui tendent à développer le travail dans les arsenaux, et qui favorisent en même temps rextension du commerce, de l’agriculture et de l’industrie dans les départements où ils sont placés, je les ai réclamées.
A tout développement de constructions maritimes, à tout accroissement de
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bien-être pour Touvrier correspond un dé^veloppemeot du commerce et deTagri» culture dans le département
Sans Farsenai, sans la marine, Parroodissement de Cherbourg serait-il ce qu^l est? Sa prospérité* la consommation des objets nécessaires k la vie y seraient-elles aussi considérables?
L’organisation de Pa sais tan ce médicale dans les campagnes, les amendements ou propositions sur Punification des retraites, je les ai signés ou votés*
Eofin, J*ai défendu à la tribune* dans les commissions et dans les journaux les travaux maritimes et les mesures nécessaires à la défense des côtes.
Voilà, mes chers concitoyens, comment j’ai rempli le mandat que vous m’aviez fait Phonneur de me confier en 1889*
Tous mes actes, tous mes votes ont été inspirés par le désir ardent de vous être utile, de justifier votre confiance,
A vous mamteaant de dire si vous méjugez digne de vous représenter dans la nouvelle Chambre. N’oubliez pas que, si la majorité républicaine à laquelle j’ai appartenu iPa pas réalisé toutes les mesures que vous étiez en droit d’attendre, la responsabilité doit eu retomber sur les partis anticonstitulionneîs qui n’ont: jamaia eu qu’au bot : entraver la marche du Gouvernement, agiter les esprits, semer dans le pays le trouble et la confusion.
Le suffrage universel va prononcer souverainement, 11 dépend de lui que la France ait un gouvernement fort et respecté au dedans comme au dehors, un gouvernement qui inspire confiance aux populations et qui mérite le respect des peuples étrangers. Vous venez dé voir ce que peut un gouvernement qui sait vouloir. H a suffi au Gouvernement de la Hépublique de parler haut et ferme, il y a quelques jours, pour être écouté. Je suis bien décidé, pour ma part, à ne pas lui marchander mon concours, à l’aider, de toutes mes forces, à assurer le maintien de Tordre qui est la meilleure* la seule garantie du progrès à Tintérîeur et de la paix au dehors.
Républicain delà veille, J’ai combattu au premier rang lorsqu'il s’agissait de défendre la République et j’ai la légitime fierté de croire que personne ne peut songer à me réclamer des preuves ou des garanties de k sincérité de mon dévouement à la cause démocratique. Je n’ai pas attendu, pour crier : « Vive la République, w qu'il n’y eût plus aucun danger à le faire, ni que l’intérêt personnel me le commandât. Et c’est précisément parce quejki roujours été rëpu' blicaio que jki le droit de faire appel à ceux qui hésitent encore à entrer dans nos rangs, de leur dire que nous sommas prêts à les accueillir fraternellement s’ils viennent à nous franchement, loyalement, en acceptant sans arrière-pensée nos libres losti tâtions^ Républicain et patriote, c’est grâce à Tunion toujours plus intime de ses enfants que je désire assurer la grandeur et la prospérité de notre chère France.
3’ai parlé de patriotisme, je n'en réclame pas le monopole. Tous lès Français aiment ardemment leur pays et personne n’a le droit de se faire, du patrietisme,un tremplin électoral. Nos braves populations normandes n’ont pas besoin qu’on vienne leur apprendre leurs devoirs envers la patrie; elles les connaissent et les pratiquent depuis de longs siècles, et leur passé héroïque etglorietix justifie leurs réclaraations. Leur sécurité est celle delà patrie elle-même. Je n’ai cessé
de le répéter et non sans succès. Je continuerai à le faire, sans me lasser, mais aussi sans m’en vanter. Le meilleur moyen de servir utilement son pays est de se dévouer pour loi simplement et sans fracas.
Vive la France I Vive la République I
Maurice GABART-DANNEVILLE,
Député sortant.
Ir' circonscription de GOUT ANGES.
M. BRIENS,
Élu au 1" tour de scrutin.
{BÈmissîonnaîre .)
2° circonscription de GOUTANCES, M. REGNAULT,
Élu au 1" tour de scrutin.
Messieurs et chers compatriotes,
Je viens solliciter vos suffrages; ayant déjà eu l’honneur de siéger à la Chambre des Députés, je sais quels nombreux devoirs incombent à un représentant du peuple. Si l’honneur est grand pour celui qui est investi de pareilles fonctions, les responsabilités à assumer sont de nature à effrayer cens qui n’au» raient souci que de leurs propres intérêts ou de leur tranquillité.
Mais, si je brigue à nouveau le mandat de député, ce n’est point pour en porter vainement le titre ; j’ai conscience de pouvoir défendre utilement les intérêts des populations agricoles au milieu desquelles j’ai toujours vécu et que je représente depuis plus de vingt ans, tant au Parlement qu’au sein du conseil générai de la Manche, et aussi comme président do nos sociétés agricoles.
Nos cultivateurs, je le sais, n’aiment point à s'occuper de politique : cela se comprend, ils ont autre chose à faire ; mais ils doivent reconnaître aujourd’hui, avec toute la France, que la politique d’opposition a fait son temps et qu’il n’y a
plufllieti de discuter la forme du gouvernement, L* Église eîie-méme, BousPInspiration de Bon chef, doit cesser une hostilité compromettante pour la religion*
Le moment est donc venu pour cette circonscription de choisir un représentant dont on ne puisse suspecter les convictions. Trop longtemps vous avez souf'* fert d*ê£re représentés par un homme de combat, adversaire déclaré du gonverneuient. C’est ainsi qu'une population respectueuse du pouvoir a pu passer pour hostile au gouvernement légal du pays.
Mon passé peut vous répondre à la fois de la droiture de mes opinions et de mon zèle et de mon dévouement pour vos intérêts.
Depuis 1871, l'aidéfcndu, en effet, comme maire de PérîerB, comme député, comme conseiller général, les idées républicaines contre lesquelles sont venues se briser tour à tour les attaques des anciens partis. Le 24 Mai, le 10 Mai, les surprises du scrutin de liste, en 1885, enfin, le boulangisme, ont ouvert les yeui aux plus égarés et démontré la volonté du paye de maintenir la seule forme de gouvernement qui convienne à une démocratie comme la nôtre. En ces différentes circonstances, je vous ai touiours;dit que Pou vous trompait, et, le lendemain, les événements me donnaient raison. Je ne puis donc être suspecté de combattre un jour ce que je me suis toujours fait honneur de défendre.
Comment ai-je usé d'une influence que !e gouvernement ne pouvait accorder à l'un de ses adversaires les plus acharnés? Je pense en avoir indistinctement fait profiter toutes les coininunes et tous les individus qui ont bien voulu réclamer mon intervention, et cela sans aucune préoccupation de parti.
Quant aux travaux importants et d'utilité générale exécutés ou projetés pour cette circonscription, je revendique une grande part dans leur réalisation, aussi bien pour notre vaste réseau déroutés, dont je veux encore voir augmenter Hrapor tance, que pour les lignes de chemins de fer construites ou k construire chez nous. C'est injustement, en effei, qu'on a cherché à me faire passer comme hostile à la ligne de Carentan-Catteret, elle dessert une partie du canton de Périers et je n’ai cessé de joindre mes efforts à ceux de M. Le Noël, soit au Parlement, soit au conseil général, pour en hâter la prompte exécution; j'ai fait concéder à la compagnie de PÛuest la ligue do Périers à Carentan et j'ai réclamé aussi, comme intéressante pour le pays, Pétude d’un tramway de Goutances à Coutaînville.
Toutes les mesures de nature à alléger les souffrauces de l’agriculture, Je les ai appuyées et réclamées des pouvoirs publics, et, dermèrement, j’ai eu la bonne fortune, après avoir pris Pavis de toutes nos communes, d’obtenir du conseil général un concours éventuel de 30 0.0 08 francs pour rétablissement, dans la Manche, d’une usine de congorvea de viandes pour l’armée.
Notre département se trouve ainsi sur lés rangs pouf être choisi commè centre de fabrication de conserves pour le service de l’armée, et déjà nos plans et devis sont soumis à l’examen du minislre de la Guerre. Je vous demande de me mettre à même de poursuivre, comme député, îa réalisation d’un pareil projet, important à la fois pour la défense nationale et pour les éleveurs de notre contrée.
Le programme politique que je vous propose d'approüvér peut se résumer ainsi : maintien du suffrage pour tous, du service militaire pour tous, de Finslruc-
tioü pour tons. Amélioration progressive du sort des travailleurs par l’établissement de caisses de retraites pour les ouvriers des villes et des campagnes, remaniement des impôts dans un sens démocratique, notamment par ta suppression de tous droits sur les boissons hygiéniques et la disparition de l'exercice chez les débitants, Simplibcation des formalités administratives, réduction des frais de justice. Mais, pour assurer les moindres réformes, il faut placer par-dessus tout et avant tout le respect de la loi et le maintien de l’ordre, garantie nécessaire de la liberté de chacun dans un gouvernement choisi par tous.
Nous voulons donc une politique d'apaisement et de progrès dirigée par des hommes de gouvernement, soutenus eux-mêmes par une majorité unie et compacte, afin de donner satisfaclion, dans la prochaine législature, aux vœux nettement exprimés par la majorité du pays.
Enfin, bien décidés que nous sommes à vouloir le maintien de la paix avec nos voisins, il nous faut cependant toujours avoir une politique vigilante et ferme, protégeant partout nos nationaux, défendant les intérêts de notre commerce 'a l’étranger et tenant haut dans le monde le drapeau de la France.
Veuillez agréer, messieurs et chers compatriotes, l’expression de mes dévoués sentiments.