‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 146 sur 266 · MARNE · texte numérisé non relu

MARNE

Circonscription de ÇHALONS-SUR-MARNE.

M. Léon BOURGEOIS,

Élu au <our de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

Avec l'appui unanime des Associations républicaines de rarrondissement de Cbâlons, j’ai l’honneur de vous demander le renouvellement du mandat tme vous m’avez confié en 1889.

Je n’ai rien changé au programme que vous avez, il y a quatre ans, consacré par vos suffrages.

J y suis resté fidèle et ma volonté est d’en poursuivre, avec persévérance, l’entière réalisation.

Certaines des réformes que je considérais alors comme nécessaires ont été accomplies. D’autres restent en discussion j je donnerai tout mon concours à leur adoption définitive,

A mes yeux, les plus urgentes sont :

La réforme de l’impôt foncier, conçue dans le sens du dégrèvement de la petite propriété;

Celle de la législation des boissons, où la suppression de l’exercice peut être conciliée avec la réglementation équitable du droit du propriétaire, vigneron ou agriculteur, sur les produits de sa récolte ;

Celle des prestations et des octrois;

La loi sur l’assurance des ouvriers contre les accidents de l’industrie ;

Les lois sur les Sociétés de secours mutuels et sur les Sociétés coopératives ;

Et la loi générale des associations.

La prochaine législature devra également poursuivre avec résolution l’étude du crédit agricole et des retraites ouvrières. La difficulté de ces deux problèmes ne doit pas décourager nos efforts.

11 faut que l’État facilite aux travailleurs l’assurance contre les conséquences de la maladie et de la vieillesse.

11 faut qu il offre aux cultivateurs ies moyens de se procurer, à un taux raisonnable, les avances nécessaires à la mise en valeur de leurs biens.

La situation générale de l^agriculture devra d’ailleurs appeler encore ^attention des Chambres- Il y a un intérêt national à ce que le cultivateur français trouve dans la vente de ses produits une rémunération snffîsante pour le retenir sur son domaine et enrayer le mouvement qui entraîne vers les villes les populations des campagnes. Je voterai sans hésiter les mesures qui paraîtront néoes^ saires à cet effet, ^

Messieurs, la République n^est plus discutée ; ses plus violents adversaires se résignent à l’accepter aujourd’hui et viennent se rallier à elle.

Mais, pour que le travail de cette législature soit fécond, il faut qu’il se forme dans la Chambre une puissante majorité politique, d’accord non seulement sur le nom de la République, mais aussi sur l’ensemble des idées qu’elle représente ; il faut que cette majorité soit également résolue à ne rien céder des lois déjà votées^ des conquêtes déjà faîtes et à poursuivre sans relâche Faccomplissement du programme de liberté civile et politique, de neutralité religieuse, d’égalité et de solidarité sociales qui n’est que le développement des principes de la Révolution Française,

Les élections qui se préparent au milieu du calme et de la confiance de tous, semblent nous promettre cette majorité. C’est dans ses rangs que je reprendrai ma place, si vous me faites l’honneur de me désigner de nouveau.

Mes chers concitoyens,

Pendant la dernière législature, la confiance de M, le Président de la République m’a appelé aux plus hautes fonctions de l’État,

Successivement Ministre de l’iniérieur, de Flnslruction publique et de la Justice, j’ai porté, pendant plus de trois années, les lourdes responsabilités du pouvoir.

Appelé au ministère de la Justice, à l’heure la plus périlleuse, j’y ai fait simplement et, je puis îe dire, courageusement mon devoir.

J’ai laissé passer, en les méprisant, les injures et les calomnies, ne voulant alors d’au Ire juge que ma conscience.

Aujourd’hui, j’accepte un autre jugement ; îe vôtre* Étant sans reproche, je l’attends sans crainte. *

Vive la République î

Léon BOURGEOIS.

Député sortant, ancien Ministre,

Les six associations bépublicaines bb l^ahrondissement de Chalons,

A Messieurs les électeurs de l’arrondissement.

Nous avons Thouneur de recommander à vos suffrages la candidature de M, Léon Bourgeois.

Tous, vous connaissez sa belle carrière adininistrativCi la grande situation qu'il s’est faite à la Chambre, son expérieùce consommée desaffaires, sa grande puissance de travail et son infatigable dévouement à la République;^ vous vous souvenez, enfin, de tous les services que notre honorable député n’a cessé de rendre et, pour ne citer que l’un des derniers, vous n’ignorez pas que c’est à son influence auprès des pouvoirs publics que nous devons la création récente

de la Chambre de commerce de Châlons.

A peine réélu au Parlement, eu 1889, M. Léon Bourgeois est nommé Ministre de l’Intérieur, et, en cette qualité, il obtient l’une des plus fortes majorités républicaines que la dernière Chambre ait fournies. Quelque temps après, il occupe le ministère de l’instruction publique, où il se montre administrateur de premier ordre. Il ne quitte ce poste que’ pour accepter, avec une abnégation véritable, dans les circonstances les plus périlleuses, celui de Ministre de la Justice, où sa rigoureuse honnêteté lui permet de triompher de toutes les

attaques. , , j

Constamment honoré de la confiance du Président de la République et de la majorité du Parlement, notre éminent Député a eu l’insigne honneur d’être Ministre pendant plus de trois années, au cours de la législature qui finit.

Chers concitoyens,

La République est aujourd’hui reconnue par l’immense majorité de la nation comme étant le Gouvernement nécessaire; depuis vingt-trois ans elle a subi une épreuve décisive, et ce n’est pas, au lendemain du beau succès remporté par la France sur la question de Siaro, que les bons citoyens songeraient un seul instant à le contester*

Désormais maîtresse de ses destinées, la France peut envisager l’avenir avec confiance; son Gouvernement réparateur, fondé sur l’expression sincère du suffrage universel, a su donner à notre pays toutes les libertés, maintenir l’ordre à l’intérieur, marcher sagement, mais sûrement, dans la voie du progrès et des réformes sociales, reconquérir son rang dans le monde et gagner I amitié précieuse d’un grand peuple.

L’union de tous les bons Français ne peut exister que sur le terrain de la République et de ses lois actuelles. Nos adversaires, qui les ont toujours combattues avec acharnement, ne sauraient donc réaliser ce légitime désir de l’immense majorité des électeurs, car, s’ils parvenaient au pouvoir, ils remettraient fatalement en discussion toutes les précieuses conquêtes dont s’honore notre vaillante démocratie.

Vous donnerez' donc tous vos voix è l’honorable M. Léon Bourgeois, qui, ayant déjà réussi à grouper autour de sa haute personnalité tous les républicains de l’arrondissement, saura réunir dans un même sentiment de solidarité républicaine et d’amour du progrès, tous ceux qui, enfin convaincus,' viendront faire acte d’adhésion sincère à la République.

Chers concitoyens.

Pas d’abstentions ! Tous aux urnes 1 Votons en masse pour M. Léon Bour-

geois, député sortant, qui a rempli loyalement tout son devoir, et qui, mieux qu’aucun autre, pourra faire, dans notre patriotique Champagne et sur celte terre quasi-frontière, l’union de tous les citoyens!

Vive Léon Bourgeois!

Vive la République 1 i

{Suivent «tt grand nombre de signalU7'es.)

Circanscriptlon d'ÉPERNAY * M. Ernest VALLÉ,

Élu au !"■ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Je viens solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez fait l’honneur de me confier en 1889.

Durant les quatre années qui se sont écoulées depuis cette époque, des événements importants se sont accomplis, qui ont donné à la France plus de grandeur et à la République plus de sécarité.

A l’extérieur, nous nous sommes assuré une amitié précieuse; nous avons montré une fois de plus, par les brillants faits d’armes du Dahomey, quelle était la valeur de noire armée ; et nous venons de prouver, à propos des affaires de Siam, que notre Gouvernement sait parler avec fermeté quand il s’agit de faire respecter les droits de la nation.

A l’intérieur, un grand apaisements’est produit, Lespartis qui combattaient avec le plus d’acharnement nos institutions sont aujourd’hui divisés. La plupart d’entre eux se résignent à accepter la République, et ceux qui conçoivent encore quelque espérance d’un retour à la Monarchie, ne forment plus que des groupes isolés, sans importance et sans force.

La lutte peut être considérée comme finie.

Mais si ce désarmement presque général donne satisfaction au parti républicain, qui l’a provoqué par sa sagesse et sa clairvoyance, il ne saurait lui faire oublier aucun des articles de son programme, aucune de ses aspirations démocratiques.

La République a son drapeau, qui renferme dans ses plis le résume des principes sortis de notre grande révolution; c’est ce drapeau qu il faut continuer de défendre et ne jamais abaisser devant les nouvelles recrues.

de nombreuses réformes ont été accomplies dans l’ordre politique et

avons tous la liberté; nos enfants sont égaux à l’école et à l’armée;

Déjé,

social.

Nous

et les travailleurs de toute professioo ont trouvé dans la loi sur les syndicats îiû puî séant instrumeDt d’étnancîpatioû- Ceâ conquêtes^ il importe à tout prix de les conserver,

La dernière législature a fait^ de son côté, une œuvre qui ne restera pas stérile.

Elle a apporté la clarté dans nos finances en unifiant le Budget; elle a transformé notre système économique, qui était devenu ruineux pour ragriculture; elle a facilité les transactions commerciales, augmenté le mouvement des personnes et des marcliandises en abaissant les tarifs sur les transports par grande vitesse; elle a diminué Eimpôt foncier, les frais de justice, et, plus qu’aucune autre législature ne Vayait jamais fait, elle s'est occupée des questions ouvrières,

La Chambre nouvelle aura, elle aussi, sa tâche à remplir.

Il ne manque pas de réformes dont Tétude s’impose au législateur :

Remaniement de notre système d’impôts;

Suppression des octrois;

Abaissement des droits de mutations ;

Simplification des formalités de procédure;

Augmentation de la compétence des juges de paix;

Organisation du Crédit agricole;

Création d’uue Caisse nationale de retrai tes pour les employés et les ouvriers des villes et des campagnes.

Si l'étude de ces réformes peut se faire dans le calme, si elle n’est pas entravée par des discussions stériles, les solutions qui en découleront marqueront un nouveau pas en avant; mais la routé du progrès ne sera pas fermée pour cela aux générations futures, car le progrès lui^même est infini.

Votre député aura, de plus, à s’occuper, au point de vue local, du projet de chemin de fer de Montmirail à Épernay et des différentes questions que ponrrait soulever la présence du phylloxéra dans notre merveilleux vignoble*

Vous n'ignorez pas que vous pouvez compter, mes chers concitoyens, sur mon dévouement à la chose publique et à vos intérêts privés.

Vive la France 1

Vive la République I

Ernest VALLÉ,

Conseiller général de la Marne, député sortant.

1« circonscription de REIMS.

M. Léon MIRMAN,

Éiu au 2* tour de scrutin.

Citoyens,

Pour une fois, la situation électorale est nette. Depuis plus de six njois on manœuvrait, on intriguait; aujourd’liui la fusion est faite de tous les partis réactionnaires et de la fraction ultra-modérée du parti républicain. C’est plus qu’une alliance électorale, c’est la formation d’un grand parti de réaction dont tous les éléments sont unis par la peur des idées nouvelles, des transformations sociales que la démocratie attend et réclame de la République.

Citoyens,

Nos adversaires se rallient à droite, allions-nous à gauche! Groupons pour une action commune tous les hommes résolument progressistes des vieux cadres républicains, tous ceux que ne séparent que de mesquines questions de mots et de formules et qui ont le môme besoin d’améliorations pratiques et immédiates, le même désir de justice, de loyauté civique et de fraternité. 4

Ouvriers — auxquels les réactionnaires promettent, la veille des élections, la défense des syndicats dont ils expulsent les adhérents le lendemain du vote, Employés — ■ de toutes catégories, dont les salaires sont dérisoires, et qui n’avez encore rien fait pour organiser la résistance,

Petits commerçants — écrasés par des impôts et patentes vexatoires, débordés par la coalition anonyme des capitaux,

Républicains — de toutes professious, qui attendez autre chose de la République que vous avez fondée,

Il est temps d’unir vos efforts et, à l'armée menaçante où s’enrôlent les vieilles haines réactionnaires, les antiques rancunes et les jeupes ambitions cléricales, d’opposer enfin un parti de progrès, d’action républicaine.

Le travail ne lui manquera pas. J’indique comme points de repère les réformes suivantes :

I. — Pénalités spéciales et rigoureuses contre les députés et ministres ayant trafiqué de leur mandat. Surveillance étroite des relations entre le monde politique et le monde des affaires.

Interdiction à tout membre du Parlement de faire partie de conseils d’administration de sociétés financières. Suppression des cumuls électifs. iDterdiction aux députés du droit de voter pour les absents.

Organisation du niandat impératif.

]5, — Révision de ia Constitution. Suppression du Sénat.

Maintien et défense des lois scolaire et militaire. Les compléter, les fortiûer; fermer les portes entr’ouvertes par où recommencent à passer trop de privilégiés.

Séparation des Églises et de l’Etat. Suppression du budget des cultes.

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