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III. — Réorganisation complète de la magistrature

Justice rapide avec délai maximum, et gratuite.

Laïcisation du serment. Protection des témoins contre les attaques inju-

rieuses des avocats*

Bevlsion des pénalités (les amendes infligées aux riches constituent une pé ü al i té d ér î soi re) .

Répression draconienne des fraudes dans k livraison des fournitures milit aires,

JY^ Fonctionnaires i diminution des gros traitements, relèvement des petits, gratifications exclusivement accordées à ces derniers.

ReconstituüoD progressive de la caisse spéciale des retraites. Retraites proportionnelles*

Conseils de prud’hommes jugeant les différends entre les fonctionnaires et FÉiat-

Respect absolu de la liberté de conscience,

V. — Impôt unique et rapidement progressif sur le capital ou le revenu.

En attendant, ensemble de lois partielles destinées à atteindre le superflu et à dégrever le nécessaire; suppression des octrois.

Impôt sérieux et rigoureusement appliqué sur les opérations de Bourse.

VE ^ Protection du petit commerce contre les centralisations capitalistes.

Révision démocratique du régime des patentes.

Suppression des monopoles accordés à des particuliers ou à des sociétés (chemins de fer, mines, gaz, etc.)*

VII* — Répression rigoureuse des coalitions, accaparements, spéculations ayant pour effet de fausser les cours naturels des produits nécessaires à Falimentation et à l’industrie.

Défense du crédit de PÉiat, de la fortune publique, des intérêts nationaux contre la haute-banque en général, et Tiusatiable cupidité de quelques Juifs cosmopolites en parliculier*

Vin, — Travail * L’État ne doit pas seulement protéger le corps de Pouvrier, se préoccuper de son hygiène, il a le devoir aussi impérieux de protéger sa personne morale en lui assurant, en échange de son travaii, un minimum de bien-être indispensable à la vie normale de son esprit. Il ioterviendra donc dans les contrats de travail, où la liberté d’un des contractants est illusoire aujourd'hui, pour fixer un minimum de sal|iires et une durée maximum de travail*

Protection des syndicats* Développement des conseils de prud’hommes v accession à ces conseils de tous les corps de métiers. Suppression du livret.

Relèvement des salaires des femmes; à travail égal, salaire égal.

Entretien des infirmes et des invalides du travail à la charge de TÉtat*

• Caisses de retraites pour la vieillesse* Protection vigilante de Peiifance,*

~ ôei — N» 632

Interdiction d’employer des ouvriers étrangers à un salaire inférieur à celui des ouvriers français de la profession et de ia région.

Préparation d’un code protecteur du travail, aussi nécessaire que le coda

Citoyens,

Un programme ne vaut que par l’activité et la ténacité qu’on met à le défendre. Il ne s’agit pas de regarder et de maudire la vieille forteresse où s’abritent tant d’iuj ustîces et de privilèges, il faut l’attaquer de tous côtés, pierre à pierre, revenir dix fois à la charge obstinément.

Soutenu par une constante collaboration avec ses électeurs, le député peut accomplir une partie de cette tÊicbe, faire œuvre modeste, mais utile. 3e le tenterai.

Léon MIRMAN.

2° circonscription de REIMS.

M. Adrien LAJiNES DE MONTEBELLO, Élu au 1" tour de scrutin.

Électeurs,

Mon nom vous est connu.

II y a plus d’un demi-siècle que ma famille est fixée dans cet arrondissement.

Moi*mém0 j’ai vécu parmi vous depuis mon enfance.

le crois donc être à môme de connaître vos intérêts et de les défendre. J’espère, en outre, être avec vous en communauté d’idées politiques.

Pendant prés de vingt ans,' vous avez été représentés au Parlement par un républicain éprouvé, M. le docteur Thomas.

Aussi longtemps que ce vétéran de la démocratie aurait été disposé à conserver le mandat que voire confiance n’a cessé de lui renouveler, à juste titre, je n’aurais pas eu un seul instant la pensée de le lui disputer.

Aujourd’hui, M. Thomas a pria définitivement la résolution de céder la place à un autre républicain. Sa succession électorale est vacante : j’ai l’honneur de la solliciter de vos suffrages.

J’ai toujours été républicain.

Je continuerai de Pétre.

J’ai servi de mon mieux la République dans les moments difficiles où, menacée de divers côtés, elle luttait pour l’existence.

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J'étais convaincu qu'au point de notre histoire où nous étions arrivés, après les révolutions et les catastroplies nationales où avaient sombré toutes les anciennes formes monarchiques, avec les progrès constants d'une démocratie qui avait pris enfin conscience d'elie-méme, la République seule pouvait être la constitution tîéüaitive de ce pays.

L'évèneraont a prouvé que je ne m'étais pas trompé. Non senlement la République a duré, mais peu à peu les anciens partis se sont désagrégés et ont abdiqué autour d'elle.

La France était presque le seul pays du monde qui restât divisé sur U question de la forme du Gouvernement. 11 y avait là, pour elle, une cause de faiblesse à laquelle échappaient les autres nations. Il est permis maintenant d’entrevoir le jour où cette cause de faiblesse disparaîtra complètement, et, pour ma part, i'applaudîrai de grand cœur à Funion prochaine de tous les enfants de la même pairie sous le même drapeau.

Pendant trop longtemps, la politique n’a été qu'une bataille continue, d'où vainqueurs et vaincus sont sortis impuissants à servir l'intérêt général.

Après vingt ans de ces luttes stériles, le sentiment public est qu'il faut en finir avec Les discussions vagues, les étiquettes trompeuses qui o'indiquent plus rien, ni partis, ni tendances ; avec ces questions grossies outre mesure, qui n'ont cependant qu’une importance très relative, quand on envisage les réformes utiles et pratiques dont la réalisation est bien plus urgente.

Ce que Pîmmense majorité du pays réclame, à la suite de ces compétitions où s'est dépensée parfois, sans résultats efficaces, une si grande somme de talent et d'énergie, c'est rapaisement. Non pas l'apaisement dans PimmobUité, mais Papaisemeut dans le travail fécond.

C'est donc à l'étude pratique, patiente, continue des intérêts généraux qu'il faut se consacrer désormais, et, si Ton veut mener à bien cette tâche, il est nécessaire d'abandonner certams problèmes trop ballvBment posés, pour la solution desquels on s'est épuisé en vains efforts depuis si longtemps.

La Constitution, par exemple, n'est assurémenf pas parfaite; elle n'est pas destinée à demeurer une formule absolue, immuable, pour le gouvernement de la France. Cependant, telle qu'elle est, elle ne nous gêne en rien pour améliorer notre administration, pour introduire dans nos Jinances un ordre sévère es une sage économie. Elle n'a point empêché le vote de la loi scolaire et de la loi militaire, qui sont pour nous des lois sur lesquelles on ne saurait revenir sans renouveler des querelles irritantes et dangereuses, dont l'unique résultat serait d'affaiblir nos forces nationales et de détourner l'attention des réformes pratiques.

La Constitution ne fait obstacle à aucun progrès ; Je m'opposerai donc à tout projet de révision consütütionnelle.

Une autre question a aussi passionné les esprits, dans cea dernières années, c'est la séparation des Églises et de l'État.

Je suis partisan du maintien du Concordat, parce que, loyalement appliqué de part et d'autre, ii assure à notre pays deux grands bienfaits : Pindépendance de la société civile et la paix religieuse. J'ajoute qu'au point de vue des intérêt

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extérieurs de la France, nous devons conserver avec le Saint-Siège des rapports délimités par lo Concordat.

Ces explications données, voyons maintenant ce que doit être une politique destinée à servir efdcacemcnt les intérêts généraux.

Je ne suis pas un homme à système : je suis un homme de liberté. Le pou d’expérience que j’ai acquise en politique m’a appris à me défier du rôle de plus en plus envahissant qu’on voudrait faire jouer à l’État. J’at beaucoup plus confiance dans l’initiative individuelle et dans te bon sens de mes compatriotes que dans tous les règlements que l’État peut édicter sous prétexte de protéger l’individu, et qui, en réalité, ne tendeut qu’à l’emmailloter et à le tenir en Ibiëre comme un enfant incapable de marcher.

Je ne suis donc pas socialiste. C’est-à-dire que je repousse l’intervention à outrance de l’État dans toutes les fonctions de la vie sociale ; je la repousse comme funeste au progrès, surtout dans un pays ou l’esprit d’initiative et de liberté est si vivace et pourrait devenir si fécond.

Je voudrais voir les attributions de l’État réduites au strict nécessaire; ces attributions essentielles qu’il conserverait comme gardien naturel de l’unité nationale. 11 ne les exercerait que plus fortement et plus sûrement. J’estime, en conséquence, que c'est vers la décentralisation administrative, vers la constitution progressive des pouvoirs locaux qu’il est utile de s’orienter.

La décentralisation facilitera la solution des grandes questions financières et sociales qui se poseront instamment devant la prochaine législature.

Une des principales préoccupations de la Chambre future devra être l’établissement d’un budget rigoureusement sincère, dont on assurera l’équilibre, non au moyen d’expédients, mais au moyen d’économies sérieuses, résultant de la suppression de tous les rouages superilus, de toutes les fonctions inutiles. Il ne suffit pas de renoncer à créer des places nouvelles, il faut encore tailler résolument dans celles qui existent.

La refonte, la simplillcatioD de tout notre organisme administratif sont d’ailleurs nécessaires. La multiplicité, la rapidité des moyens de communication ont complètement changé les conditions de la vie sociale, et la France de 1893 ne saurait être administrée par les mêmes procédés que la France de l’an VlII.

Grâce aux économies, on obtiendra non seulement l’équilibre du budget, mais encore des excédents réels, qui permettront d'alléger les charges du pays. Quand ces excédents seront suffisants, il conviendra de les employer de préférence au dégrèvement de l’impôt foncier, des frais de justice, des impôts de consommation, si onéreux pour les ouvriers et pour les petits revenus.

On voit par là combien l’amélioration de nos budgets peut contribuer à la solution des questions sociales. Il y a aussi beaucoup à attendre de la liberté d’association, d’une loi plus libérale sur la mutualité, de caisses d’assurances instituées avec le concours des pouvoirs locaux décentralisés.

Ce n’est là qu’une ébauche du programme que je suis prêt à développer devant vous. J’espère toutefois qu’elle suEfira à vous convaincre que, sinpérement républicain, je n’ai qu’un but, l’application rigoureuse des prhicipes démocratiques : principes d’égalité devant la loi; principes de liberté et de tolérance,

derrière lesquels pourront s’abriter toutes les croyances et toutes les convictions; principes de Justice, que je travaillerai de toutes mes forces à faire prévaloir dans le domaine social, afin de permettre aux humbles et aux faibles de s’associer et de se défendre sans recourir à la protection toujours coûteuse et dangereuse de rÉtat.

G’est ainsi que j’espère concourir à cètte paix sociale que nous désirons tous, parce qu’elle est actuellement la condition nécessaire du travail fécond, du progrès réel et de la prospérité du pays.

Électeurs,

Connaissant vos intérêts agricoles, industriels et commerciaux, c’est de ces intérêts, et non d’un système absolu, que Je m’inspirerai en matière économique-

L’agriculture, si éprouvée, a besoin des droits protecteurs votés par la dernière Chambre; je suis donc d’avis de maintenir les produits agricoles au tarif général des douanes.

Mais je pense aussi que, pour développer nos relations îoteroatîonales et commerciales, pour favoriser l’exportation des produits français, tels que nos vins de Champagne, qui jouissent à bon droit dans ie monde d’une réputation universelle et qui font la fortune du pays, il faut savoir. Je cas échéant, négocier avec certaines nations des traités de commerce, comme nous venons de le faire avec la Russie, traités dont seront, bien entendu, exclus les produits agricoles.

Les réformes nécessaires que je viens d’indiquer sommairement ne peuvent être faites, ou du moins bien faites, qu’avec un gouvernement digne de ce nom. Les divisions dont nous avons souffert depuis de trop longues années, eî qui ont empêché dans la dernière Chambre la cOnslitLitioii d’une majorité homogène, ont détendu et affaibli le ressort du gouvernement. Je veux revenir à la vérité du gouvernemeut parlementairej qui n’est pas le gouvernement du parlemcütj mais celui d'un ministère issu de la majorité de ce parlement, ayant des idées, un programme, de T initiative, de la volonté, en agissant sous le contrôle des Chambres.

Tels sont mes principes.

Si vous les acceptez, ou plutôt si ce sont les vôtres, je sollicite l’honneur de vous représenter. Investi de votre confiance, j'en poursuivrai rapplication avec résolution et fermeté*

3e les résume en ces mots :

République définitive.

Apaisement par la liberté au dedans.

Paix et dignité au dehors.

Adrien LAN NES DE MONTEBELLO .

Circonscription de SAINTE-MENEHOULD*

M. Paul BERTRAND,

Élu au 1“' tour de scrutin*

MeseieurB et chera coucitoyeus.

En 1889, par la majorité de vos suffrages, j’étais élu député de Parrondissement de Saiote-MeDebould : ce fut pour moi un grand iionneur et bien sincèrement je remercie ceux qui, m^accordant leur conüance, m’ont donné le mandat de les représenter à la Cliambre. Aujourdquu, quatre années sont presque écoulées, et la France est appelée à se prononcer à nouYeau et à affirmer sa Tolonté.

Mes couYictions politiques n’ont pas changé, c’est comme républicain que je me présente une deuxième fois à vos suffrages et je désire que la République, de plus en plus acceptée comme le Gouvernement normal et régulier de îa France, soit conciliante, ouverte à tous tes Français qui, sans arrière-pensée, veulent réellement runlon dans la République*

Je souhaite la paix à F extérieur : à Pmtérieur, une politique d’apaîsement, s’inspirant des idées de progrès, de justice et de liberté, avec le respect de Perdre et sans troubles dans la rue : une politique fmancière dirigée dans la voie des économies et d’une plus juste répartilioo de l’impôt, et se préoccupant de Pamortîssement de notre dette nationale.

Sans vouloir affirmer que la CoqsUtuiîon soit parfaite et ne puisse pas être améliorée sur quelques points, il faut, à mon sens, se montrer d’une grande prudence sur la question de révision, et je suis de ceux qui tiennent à conserver et la Sénat et la présidence de la République.

Si, d’une part, envisageant les droits du pouvoir civil, je considère comme justes les principes sur lesquels reposent les fois scolaire et militaire, d’autre pàrtj je ne veux pas en faire des armes de combat, au nom même de cette grande liberté qui s’appelle la liberté de conscience.

Représentant d’uo arrondissement essentiellement agricoîc, j’ai, au cours de cette législature, fait partie du groupe agricole de la Chambre : je pense qu’il est bon, qu’il est prude ut que, par un tarif protecteur, F Agriculture française soit défendue contre la concurrence étrangère ; tout en étant partisan d’une loi sur la réforme des boissons, j’estime que le privilège dit des bouilleurs de cru doit être maintenu pour les récoltants comme étant en quelque sorte une opération complémentaire de leur récolte.

Messieurs les électeurs, la parole est au suffrage universel ; à vous donc de

prononcer et de dire si vous voulez encore me désirer comme le représentant de rarrondissoment de Sainte-Menehould à la Chambre des Députés,

Vive la Franco! Vive la République!

Paul BERTRAND, ' député sortant.

Çirconscription de VITRY-LE-FRAWÇOIS,

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