‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 167 sur 266 · M. PIERRE LEGRAND · texte numérisé non relu

M. PIERRE LEGRAND

Élu au 2" tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

En me présentant, il y a quatre ans, à vos suffrages, je vous signalais et je m’engageais à voter les principales lois intéressant les classes laborieuses qui me paraissaient s’imposer é l’examen immédiat de vos législateurs •

La loi sur le travail dans les manufactures ;

La loi sur la responsabilité des accidenta ;

La loi sur les Conseils de prud’hommes ;

La loi sur l’hygiène dans les fabriques et ateliers;

Les lois sur les Caisses d’épargne, les monîs-de-piété, les habitations ouvrières, les livrets d’ouvriers...

Je vous rappelais aussi que les traités de commerce allaient arriver à leur terme, que nous aurions à reviser ie Tarif des douanes dans le sens d’une protection plus large pour nos industries et notre agriculture.

Je crois avoir tenu mes promesses.

Plusieurs de ces lois out été dérinitivemenl votées, d’autres sont actuellement devant le Sénat, instruites et mûres pour une prompte solution.

Le nouveau tarif des douanes a été modifié de telle sorte que, dès à présent, nos industries peuvent en ressentir les bienfaisants effets i grâce à lui, le nombre de nos usines augmente, le sort d’un plus grand nombre d’ouvriers est assuré, et tous nos efforts devront tendre à réserver notre travail à nos nationaux.

La Chambre dont le mandat va expirer s’est occupée aussi de 1 importante question de la réforme des impôts. — Elle a diminué les frais de justice et modifié la loi sur les patentes; elle a enfin rendu possible la suppression des octrois qui pèsent d’une façon si injuste et si lourde sur la classe des travailleurs.

Je me suis associé à toutes ces améliorations.

Mais je n'ai pas pu voter la réforme du régime des boissons, telle que cette réforme nous était présentée ; la proposition qui nous était faite pouvait améliorer la situation de certains départements, mais elle frappait trop durement dans le Nord nos débitants et nos industriels en augmentant les licences et les droits sur l’alcool.

La nouvelle Chambre aura à reprendre cette réforme de l’impôt des boissons, elle aura à créer de nouvelles ressources par une répartition plus équitable des charges publiques, une partie de ces nouvelles ressources devra être affectée notamment au relèvement des traitements des petits employés et des

sous-agents de nos administrations, dont les services dévoués ne sont pas suffiaamment rémunérés* Une autre partie devra servir à assurer la création et le fonctionnement d'une caisse de retraites fiour les ouvriers, et à multiplier les institutions de prévoyance H de secours*

Mais je ne veux pas entrer dans plus de détails, mes chers concitoyens; vous me connaissez depuis de longues années, et vous pouvez être assurés que, dans Pavenir comme dans le passé, .si vous continuez à m’honorer de vos sulTrages, je voterai les lois qui vous intére!^sent,dans le sens le plus libéral et le plus démocralique*

En ce qui concerne les questions d’ordre politique, mon passé vous est aussi un sûr garant de ma conduite*

Partisan de la séparation des Églises et de l’État, j’at toujours voté toutes les mesures qui devaient préparer cette séparation, je voterai les lois sur les associations, en écartant, toutefois, toutes les dispositions qui pourraient amener le rétabliasernent de la mainmorie, — Mais Jusqu’au jour où celte séparation sera possible, et tant que le Concordat iPaura pas été dénoncé, je ne crois pas pouvoir refuser le vote du budget des cultes, qui n’est que l’exécution d’un contrat toujours existant, entendant ne pas sortir des termes stricts de ce contrat.

Je ne suis point partisan de la suppression du Sénat, ni de sa nomination par le suffrage unîveriseL — La nécessité de son existence a tout récemment, encore été affirmée d’une façon trop éclatante pour que j’en oae contester Tntililé- D’an autre côté, je ne comprendrais pas un Sénat issu de la mémo origine que la Chambre* — Deux Chambres nommées loutes les deux par le même euf* frage, par le aulïrage universel, par exemple, ne pourraient qu’engendrer des conflits. -- Ge que je voudrais ce serait un partage^ plus précis, plus net, des attributions entre les deux grands corps dé l’État* Pour éviter les lenteurs dont on se plaint à juste titre daus l’élaboration des réformes nécessaires, je voudrais qu’après retour du Sénat à la Chambre d’uu projet déjà voté par elle, le dernier mot resiât à la Chambre des députés, la seule issue du suffrage universel.

C’est dans ce sens, et pour arriver à ce résultat, que je voterai la révision des lois constitutionnelles.

Je n'ai pas besoin de vous rappeler les lois scolaire et militaire*

J’entends maintenir leur stricte application, le pays a trop souvent fait entendre sa volonté sur ces deux questions pour qu’aucune transaction puisse intervenir.

Mes chers concitoyens.

C’est un républicain, un républicain convaincu qui se présente à vous. J’ai loujours vécu au milieu de vous, toujours j’ai cherché à m’inspirer de \qb sentiniems.

Si vous me faites l’honneur de me renouveler mon mandat, je vous promets de rester fidèle à la devise si clière aux républicains lillois :

En avant, toujours en avant, pour la France et pour la République,

Vive la République î

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