‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 168 sur 266 · PIERRE LEGRAND · texte numérisé non relu

PIERRE LEGRAND

4* circonsérîption de LILLE.

M. des ROTOURS,

Élu au 1*'^ loar de scrutin*

Messieurs et cbers concitoyens.

Voici plus de vingt-cinq aimées que j'ai Tlionneur de vous représenter à la Chambre.

Autour de nous, bien des gouvernements ont changé, bien des hommes ont disparu , bien dés principes politiques se soni trahsformés ; votre amitié et votre confiance me sont demeurés fidèles.

D’où vient cet accord durable t

11 vient de cè que nous sommes restés les uns et les autres fidèles au programme qU6 j'avais bhonneur de vous soumettre, il y a vingt-pi nq afis, et qui était suffisamment large , suffisamment élevé pour réunir dans une pensée et dans un effort conimuns tous les hommes de bonne volonté.

Je Vous disais alors :

Qu’ég demeoL éloigné d'une approbation absolue et d'une Cpposition systématique, j’étais de ceux qui veulent améliorer et non détruire; fâire marcher de froîU le progrès dans Perdre moral et religieux, social et polîtique.

C’est encore ce programme que je viens soumettre a votre approbation, en posant mh caùdldaturè à Pêleciion législative du 20 août.

Aujourd’hui, boüs la République; comme autrefoië sous PEiupire, j’ea tends prêter au gouverhemeDt Un doucours à là fois loyal et indépendant*

Aujourd’hui, sous la République, comme autrefois sous rEmpire , j’eBtime que la premièré préoccupation d’un pays qui vit de travail doit être Je maintien de la paix militaire au dehors et de la paix sociale à l’intérieur*

Voilà pourquoi , de même que soiis l’Empire, J’ai voté contre la guerre de 1870, de même, sous la République, j’ai voté contre les expéditions lointaines.

Voilà pourquoi aussi je me suis tenu en dehors des débats irritants de la politique, qui jettent le trouble dans le pays, pour m’adonner à Tètude des questions économiques et financières, dont la solution apporte avec elle la pacification, la concordé et la paix. i .

Au point de vue financier, j’ai réclamé et je continuerai à réclamer la diminutîon des impôts qui frappent la classe ouvrière* Après avoir obtenu la suppression du droit sur la chicorée, j’ai essayé d’obtenir la suppression du droit sur le café ; je me suis opposé à toute augmentation de droit sur i’aîcooh

D’une façon plus générale , je me suis élevé contre les dépenses inutiles, contre des habitudes de pro ligalité financière qui nous conduisbut à des emprunts sans cesse renouvelés, à des impôts exorbilantii,qui sont la source d'un malaise universel et prélèvent sur lès salalios une part absolument abusive*

Dans les questions économiques, je suis toujours demeuré f adversaire du régime funeste Imposé au pays par les traités de commerce ; le défenseur résolu du travail national.

Èn me désignait pour sjégef à la commission des douanes , mes collègues de la Chambre mVnt permis de collaborer d^iine façon effective au nqtiyeau tarif qui, bien que contenant de regrettables îacunes — surtout pour certains produits agricoles — n'en demeure pas moins une œuvre de progrès.

Je n’ai cessé de m’occuper du développement des moyens de communication, qui sont également indispensables à ragricuiture et à rindustrîe.

Je me suis, enfin, eff rcé de venir en aide aux classes laborieuses.

Je suis de ceux qui pensènt que le développement de la mutualité^ en stimulant Tesprit d'économie et de prévoyance, peut aider, pQur sa part, à la solùlioQ du problème social qui se pose avec une impérieuse autorité à l’opinion pubjique et au légisktq.ur.

i^ai, dânsce but, à diverses reprises, sollicité de la Chambre ipe dotation plug large en faveur des sociétés de secours mutuels, afin qu'elles puissent augmenter je nombre et la quotité de leuTs pensions de retraite. Ai-je besoin d'ajouter que mon concoWë est acquis à tout projet de loi qui, prëséhté sous unp forme pratique, aboutirait h la création d'une caisse nationale dé retraites, aasurant à ious les frayailleurs , aussi bien aux iravalileurs ruraux qu'aux travailieurs de Tindustrie, la sécurité de leurs vieux jours.

Ces prêoccupatioas d’ordre matériel ne m'ont pas empêché de défendre, par mps votes, la liberfé religieuse, la liberté d'enseighement à tous les degrés, le droit d’association pour tous, l^indépendance et l'a souverWnetè du suffrage universeL

Tel vous m'avez connu dans le passé, tel vous me retrouverez dans l’aveoin

3’attends avec confiance votre décision et je vous renouvelle^ Messieurs et chers concitoyens, l’expression de mes sentiments dévoués.

Des ROTODRS, député,

çonsefUer général du Mprd, docteur en droit.

5“ circonscription de LILLE.

M. J. 'B. œOET,

Élu au 1®^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

3'aî été désigné par une grand nombre d*entre vous pour tenir, dans la ctn-* quiéme circonscription, le drapeau républicain aux élections législatives prochaibeg. - • *

Je n’ai pas cru devoir décliner cet hoaneur et viens, aujourd’hui, en toute sincérité, vous exposer mon programme.

Porteur d’un nom souvent mêlé, dans le nord, aux luttes pour la liberté, je suis républicain, et, comme tel, j’approuve et défendrai toutes les lois qui ont BU pour objet la fondation, rorgaoisation et le développe ment de la République en France.

Dans la crise que ragricuUure, le commerce et l’industrie subissent en ce moment, vous trouverez en moi un défenseur actif et dévoué du travail national sous toutes ses formes.

Ancien cultivateur, ancien industriel, je connais las besoins de nos populations laborieuses et, sî je suis élu, je m’inspirerai, en toutes circonstances, de leurs intérêts, pour l"é mission de mes votes,

Au point de vue social, j’estime que les rapports du patron avec ses ouvriers ne doivent pas se borner au travail à exiger, au salaire à servir ; qu’il lui incombe robligaüon de protéger, d’i ns tniîre, de respecter ces ouvriers, de leur assurer la liberté politique, de faire que, eu égard aux bénétices réalisés, leur travail soit rétribué de telle façon qu’ils puissent largement pourvoir à leur subsistance et à celle de leur famille.

Dans cet ordre d’idéeSj je suis partisan et voterai toutes réformes ayant pour but d’assurer rindépendance des travailleurs et de leur procurer ïa somme de bien-être à laquelle ils oui droit.

Vive la République il!

Veuillez agréer, mes chers concitoyens, T assurance de mon entier dévouement,

J,-B. COGET, maire de Phalempin,

6^ circonscriptioB de LILLB.

M. le comte G, de MONTALEMBERT, Élu au l®/tour de scrutin.

Aux Électeurs de la 6* circonscription.

Vous me conoaigsez : j’habite au milieu de vous|’; je ne suis pas l’homme d’uû parti. Je ne discute pas la forme du gouvernement ; j’accepte loyalement de défendre, sous la République, comme je Taurais fait sous un autre régime, et avecja même indépendauce, les principes de liberté, de justice, de sage économie qui doiveot seuls guider les hommes au pouvoir.

Je repousse toute idée de révolution et je suis l’adversaire très déterminé de la politique an tb française, an ti- nationale, vers laquelle on essaie de vous

entraîner sous prétexte de socialisme. Vous ne vous laisserez pas tromper par les promesses mensongères, perfides, irréalisables des collectivistes \ ils vous mèneraient bieatèt à la guerre civile, et, par elle, à la ruine et à la misère.

Vous avez pu suivre mes votes à la Chambre.

Quand les ministres m^ont paru avoir pour eux le bon droit et l’intérêt de la nation, je les al soutenus; mais je me toujours suis résolument prononcé contre la politique de gaspillages et d’intolérance. On voudrait vous la faire approuver, et pourtant elle n’a amené qu’un accroissement inouï des charges publiques et îa discorde entre les meilleurs citoyens.

Je me suis montré en toute occasion hostile aux hommes politiques qui ne voient dans la possession du pouvoir qu'un moyen d’enrichissement pour eux et pour les leurs. Je ne me suis prêté ni un jour, ni une heure, aux compromissions par lesquelles on espérait jeter l’oubli sur les honteux scandales de ces derniers temps et faire échapper tant de coupables à la vindicte publique*

La législation doit s’inspirer des principes de justice sociale qui sont dans le cœur des générations nouvelles ; j’ai donné mon appui à toutes les réformes démocratiques pouvant venir en aide à ragriculture, à l’industrie, aux ouvriers de Fusille comme aux ouvriers des champs.

Si vous m’honorez d’un nouveau mandat, mou attitude restera la même.

Électeurs de la 6® circonscription,

Je Ms appel aux bons citoyens de tous les partis, à tous ceux qui veulent un pouvoir ferme et honnête entre les mains des plus capables et des plus dignes.

Oublions nos rancunes et nos luttes passées.

Unissons-nous pour défendre l’honneur et le drapeaui de la Patrie française.

G. de MONTALEMBEET-

7° circonscription de LILLB.

M. Jules GUESDE,

Élu au tour de scrutin.

Cilovens,

Choisi comme porte-programme du Parti ouvrier, par Fmianîmité de vos groupements socialistes et syndicaux, je croirais être indigne du mandat qui m’a été imposé en vous entretenant de ma personne.

Peu importe, en effet, qui je suis el ce que j’ai pu tenter, depuis que j’ai eu Fàge d’homme, pour Fémancipation de la grande famille humaine I Peu

importe ^u^après avoir été condamné à plusieurs mois de prison par (‘Empire, pour avoir voulu fai^ela Républiane avant Sedan, i*aie payé de cinq années d'exil mes efforts pour arracher je Paris du 18 Mars au mitrailleuses ver^ajll aises! Peu importe que, depuis ma renirép en France en 1876, j’aie repris le bon combat dans les Di'oiîs de l'Ho7Jime, VÈgaliié, le Cr| du pôupk, le Sùciqliste, sans ûp jppr de faiblesse ou d^bésitadon, heureux de mettre treize nouveaux mois de prison et' des années de misère au service de la France du travail I Peu importe èhfm que, devenu Pouvrier de la classe ouvrière. J’aie déchaîné contre moi les coièree et les calomnies de la classe capitalîste,en organisant à\m bouf à fautre du pays ses victimes et en les mettant jsn mesure d'obtenir bientôt satisfaction et justice ï

C'est de vous qu'il s'agit; c'est des travailleurs de i’asioq et du champ, qui crient vers yous et font appel à votre intelligence et à votre énergie pour les affranchir en vous affranchissant vous-mêmes.

Ouvriers de Roubaix,

lis sont en France des millions, les prolétaîreîf qui, sans distinction d'âge ni de se^è, sopt comme vous tous les jours dépouillés du produit le plus clair de leur travail, parce quNis ne possèdent pas leurs moyens de produciion et que ces moyens sont accaparés par d’autres — les capitalistes — qui travaillent de moins en moioa. Rien que pour Tindustne manufacturière, sur un prodait net dé deux milliards, en 1866, c*est à peine si hommes^ femmes et enfants, au nombre de quatorjse cent soixaûte~sept;miUe,ont touché comme salaire neuf ceôt quatre-vingts millions, c’est à dire moins de la moitié des richesses sorties de leurs mains. Tombés à l'état d’outils, de machines, einmîllionnant leurs propriétaires, plus les salariés produisent, plus ils sont misérables. Remplacés de plus en plus par FoutîHage non humam perfectionné, ils voient, avec ce qu’on appelle le progrès, les chômages se multiplier et se généraliser. C’est-à-dire que, loin de marcher à un avenir meilleur, ils sont condamnés à descendre un à un tous les cercles de l'eqfer soda h

Tel est — et tel sera — leur lot et le vôtre, aussi longtemps que les instruments et la matière du travail, ateliers, minqs, (i^uts-fourneaux, etc*, repris à la poignée d'oisifs qui vous en a dépossédés, ne seront pas devenus la propriété commune et indivise de l'ensemble des producteurs ou de la sodété.

Petits industriels et petits commerçants,

C’est par centaïoes de mille que se coraptenl ceux qui, comme vous, sont écrasés par la concurrence mortelle du grand comraerGe,etde la grande industrie* a Sur cent des vôtres qui s'établissent — c’est réçoaomie politique bourgeoise qui est obligée de le confesser, par rojrgane officiel deM* Paul Leroy-Beaulieu, — vingt disparaissent presque aussifôt, dès la première ou la seconde année ; cinquante où soixante autres végètent; dix pu quinze au plus arrivent à faire fortune* » Ki cet éta|: de choses, — iljuBtré chaque année par pjp de six mille {aiilites,-— loin d^aller s'améliorant ya en^piçaut tp||s les jpur^. phaque grand

magasin qui s'ouvre entraîne la fermeture d’utie infinité de boutiques de vente au détail. Et, loin de voua plaindre > ta haute bourgeoisie, qui vous tue eu vous volant votre clientèie, inscrit voire disparition à l’actif social en vous traitant

d'intermédiaires inutiles ou de parasites.

D’ici quelques années, de même que 's’est déjà centralisé, en, quelques mains d’actionnaires et d’obligataires, le commerce du vêtement et dé l’ameublement, le commerce alimentaire — votre dernière ressource — sera fatalement monopolisé. Après ies maîtres de postes, les porteurs d’eau, les tailleurs, les cordonniers, ce seront les épiciers, les bouchers et les boulangers individuels qui se trouveront expropriés — sans indemnité — par des sociétés anonymes faisant de vous, de vos fils et de vos filles, des serfs au même titra qiié les ouvriers et ouvrières d’usioe, sous le nom d’employés ou dé demoiselles de magasin, d’administration ou de bureau.

Voilà le sort qui vous attend, si vous ne vous joignez pas, vous, les dépossédés de demain, aux ouvriers, ces dépossédés d’hier, pour mettre les moyens d’échange, comme les moyens de production, à la disposUion de la nation.

Électeurs,

C’est donc la cause de tous ceux qui travaillent sous udé forme quelconque, du bras ou du cerveau, que le parti ouvrier a prise en main, lorsqu’il a inscrit sur son drapeau, planté aujourd’hui dans près de cent circonscriptions. : rétour, à la société de ses grands moyens de production et d’échange, comme elle a déjà repris ses moyens de communication (routes, ponts, télégraphes, postes, etc.,) et ses moyens d’instruction (facultés, conservatoires, écoles de tous les degrés).

Pas de milieu, en effet : . , . i. . , ■

Ou la concentration industrielle, commerciale, agricole et financière, qu’aucune force humaine ne saurait enrayer, contiouera à s’opérer sous la forme capitaliste, — et nous tomberons dans une féodalité nouvelle pire que l’ancieuoe î ce seront quelques hauts barons de la houille, du fer, de la laine, dit coton, etc , Schneider, Chagqt, Jaluzot, Potin, etc., qui disposeront souverainement, selon leur bon plaisir, de la vie de l’immense majorité de leurs semblables, transformés en taillables à merci et en corvéables à perpétuité ; ’

Ou cette concentration, qui est un bien en elle-même, puisqu’elle multiplie les produits en réduisant les frais de production, s(accomplira par la volonté et l’action de tous ceux qui y sont intéressés, sous la forme sociale, —et ce sera le bien-être et la liberté pour tous.

Citoyens,

C’est à cette dernière solution du problème social que vous convie le parti ouvrier, de la seule faqon dont la chose soit possible, par la prme ^de possession du pouvoir politique, devenu, entre les mains des victimes de l’ordre actuel, l’iustrumént de Vexpropriition des expropriateurs de i’iiumanité. ^ .

A vous de décider si celte révolution qui, en portant la France jaborieuse au gouvernement de la République, doit aboutir à faire de chacun un produc-

teur libre, est à la hauteur ûe vos courages; ou si, au contraire, il vous convient de revenir au vomissement opportuoiste et monarchique, et, en étayant la société bourgeoise, de rester — ou de devenir — ^ à tout jamais des prolétaires, des salariés, c’est*à-dire les hommes dWres hommes.

A voua de montrer, le 20 août prochain, par vos votes, si la France ouvrière ét paysanne s'est trompée en comptant, pour faire faire un grand pas à sa libération politique et économique, sur Roubaix, qui, il y a deux ans à peine, installait triomphalement le socialisme à rhôtel de ville, ou si — comme je veux Tespérer — conscients de votre droit et de votre devoir, vous entendez ouvrir une ère nouvelle pour î'humanité.

Vive le parti ouvrier!

Vive Roubaix I

Jules GUESDE, secrétaire du Conseil nationaU

PBOGMMME nu ÎARTl OUVUIER.

Considérant,

Que rémancipatioû de la classe productive est celle de tous les êtres humains sans distinction de sexe ni de race;

Que les producteurs ne sauraient être libres qu'autant qu’ils seront en possession des moyens de production (terres, usines, navires, banques, crédit, etc.);

Qu’il n’y a que deux formes sous lesquelles les moyens de production peuvent leur appartenir :

1, La forme Individuelle, qui n’a jamais existé à Tétât défait général et qui est éliminée de plus en plus par le progrès industriel ;

2. La forme collective, dont les éléments matériels et intellectuels sont constitués par le développement même de la société capitaliste;

Considérant,

Que cette appropriation collective ne peut sortir que de Taciion révolutionnaire de la classe productive -- ou prolétariat — organisée en parti politique distinct ;

Qu’une pareille orgaûisaLîoii doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel Iraiiaformé ainsi, d'instrument de duperie qiTil a été jusqiTici,en însirumeDt d'émancipation;

Les travailleurs socialistes français, en donnant pour but à leurs efforts Texpropriation politique et économique de la classe capitaliste et le retour à là collectivité de tous les moyens de production, ont décidé, comme moyen d'organisation et de lutte, d’entrer dans les élections avec lep revendications immédiates suivantes :

A. — Partie politique.

1, Abolitiûïi de toutes les lois sur la presse, les réunions et les associations, et surtout de la loi contre T Association internationale des travailleurs. — Suppression du livret, cette mise en carte de !a classe ouvrière, et de tous les articles du Codé établissant rinfériorité de Touvrier vis-à-vis du patron et Tinfériorité de la femme vis-à-vis de rhomme ;

2, Suppression du budget des cultes et retour à la nation « des biens dits de la mainmorte, meubles et immeubles, appartenant aux corporations religieuses ï) (décret de la Commune du 2 avril 1871), y compris toutes les annexes industrielles et commerciales de ces corporations ;

3* Suppression de la dette publique;

à. Abolition des armées permanentes et armement général du peuple \

5. La commune maîtresse de son administration et de sa police.

B, — Partie economique.

1. Repos d^un jour par semaine ou interdiction légale pour les employeurs de faire travailler plus de six jours sur sept. — Réduction légale de la journée de travail à huit heures pour les adultes, — Interdiction du travail des enfants dans les ateliers privés au-dessous de 14 ans ; et, de 14 à 18 ans, réduction de la journée de travail à six heures ;

2. Surveillance protectrice des apprentis par les corporations ouvrières ;

3. Minimum légal des salaires, déterminé, chaque année, d’après le prix local des denrées, par une commission de statistique ouvrière î

4- Interdiction légale aux patrons d’employer les ouvriers étrangers à un salaire inférieur à celui des ouvriers français ;

5. Égalité de salaire, à travail égal, pour les travailleurs des deux sexes;

6. Instruction scientifique et professionnelle de tous les enfants mis pour leur entretien à ia charge de la société, représentée par TEtat et par la com* mune ;

7. Mise à la charge de la société des vieillards et des invalides du travail;

8. Suppression de toute immixtion des employeurs dans l’administration des caisses ouvrières de secours mutuels, de prévoyance, etc., restituées à la gestion exclusive des ouvriers ;

9. Responsabilité des patrons en matière d’accidents, garantie par un cautionnement versé par i’employeur dans les caisses ouvrières, et proportionné au nombre des ouvriers employés et aux dangers que représente l’industrie ;

10. Intervention des ouvriers dans les règlements spéciaux des divers ateliers, suppression du droit usurpé par les patrons de frapper d’une pénalité quelconque leurs ouvriers, sous forme d’amendes ou de retenues sur les salaires (décret de la Commune du 27 avril 1871);

11. Annulation de tous les contrats ayant aliéné la propriété publique (banques, chemins de fer, mines, etc.), et l’exploitation de tous les ateliers de l’État confiée aux ouvriers qui y travaillent;

12, Abolition de tous les impôts indirects et transformation de tons les impôts directs en un impôt progressif sur les revenus dépassant S^OOÛ francs, — Suppression de Théritage en ligne collatérale et de tout héritage en ligne directe dépassant 20.000 francs.

Vu, ie candidat : Jules GUESDE.

PROGRAMME AGRICOLE Dü PARTI OOVHffiR-

Article premier, — Minimum de salaire fixé par les syndicats agricoles et par les conseils municipaux, tant pour les ouvriers à la Journée que pour les loués à Tannée (bouviers, valets de ferme, filles de ferme, etc,}

Art, 2. — Création de prud’hommes agricoles.

Art, 3, — interdiction ans commuues d’aliéner leurs terrains communaux^ amodiation par TÊtat aux communes des terrains domaniaux, maritimes et autres actuellement incultes ; emploi des excédents des budgets communaux à Tagrandiasement de la propriété communale*

Art, 4, — * Attribution par la commune des terrains concédés parTÉtat, possédés ou achetés par elle, à des familles non possédantes, associées et simple"" ment usufruitières, avec interdiction d’employer des salariés et obligation de payer une redevance au profit du budget de Tassistance communale,

5^ Caisse de retraites agricole pour les invalides et les vieillards, alimentée par un impôt spécial sur les revenus dé la grande propriété,

APt, 6, — Achat par la commune de machines agricbles'ét leur location à prix de revient aux cultivateurs* Création d’associations de travailleurs agricoles pour Tachai d’en^is, de drains, de semences, de plants, etc*

Art. 7, — Suppression des droits de mutation pour lea propriétés au-dessoua de 5,000 francs*

• Art, 8. — Réduction, par des commissions d’arbitrage^ comme en Irlande, des baux de fermage et de métayage, et indemnité aux fermiers et aux métayera sortants, pour la plus-value donnée à la propriété.

Art, 9, — Suppression de Tarticle 2102 du Code civil donnant aux propriétaires un privilège sur la récolte et suppression dé la saisie brandon, c’est-kdire des récoltes sur pied; constitution pour le cultivateur d’une réserve insaisissable comprenant les instruments aratoires, les -quantités dé récoltes,, semences, fumiers et têtes de bétail indispensables à Texercice de son mèder.

Art, iO. — Révision du cadastre et, en attendant la réalisation de celte mesure générale, révision parcellaire par les communes.

Art. 11. — Cours gratuits d’agronomie et champs d’expérimentation agricole.

Ârtick supplmmntaire ajouté par le Caiiseii natioml du parti owurier.

Art. 12, — Suppression du principal de Timpôt foncier pour tous les prcK priétaires cultivant eux-mêmes leurs terres.

Vu, le candidat : Jules GUESDE.

8*^ circonscription de LILLE. M. Gustave JDRON,

Élu au 2“ tour de scrutin.

Mes cliera concitoyens,

3e vous avais promis, quand je sollîcitaîs vos suffrages en 1889, de me consacrer à Pétude des questions d’affaires et à la défense des réformes sociales: j'ai tenu parole. La part que j'ai prise à plus d'une importante discussion témoigne hautement, — mes adversaires eux-mêmes ne le contesteront pas,

— que j’ai été îe défenseur couSciencîëux et résolu de vos droits et de vos intérêts.

L'oeuvre capitale de la Chambre qui finit a été d'assurer la protection du travail national, agricole et industriel ; je me suis associé au vote des tarifs douaniers. Ai-je besoin de rappeler que j'ai réussi parfois à sauvegarder les intérêts particuliers de notre région, en faisant réparer des lacunes regrettables ou en combattarit certaines taxes qui pouvaient compromettre gravement notre

industrie ? - , . .

Parmi les solutions économiques urgentes, il en est deux qui doivent tenir la première place. Jl faut dégrever les boissons hygiéniques, — notre boisson populaire, la bière, — mais sans imposer outre mesuro FaîcooJ déjà si lourdement grevé. U faut organiser le crédit agricole : ce que la Chambre a voté, — le crédit basé sur la garantie des syndicats, — est insuffisant en soi et tf aura aucune portée là où lés syndicats agricoles ne. sont pas généralement organisés, il y a mieux à faire.

Les réformes sociales, qui sont à Tordre du jour de toutes [les assemblées populaires,, ont été longuemeot étudiées et préparées par la dernière Cbambre des Députés; je suis obligé de reconnaître, en le regrettant vivement, qu'elles sont restées, pour la plupart, à Tétat de projets. Sur ce terrain qui m'est particulièrement familier, sur ces questions ouvrières qui ont été de ma part l'objet de pDtieutes recbercbes et de mûres réllexions, je dois aux électeurs des cantons de Tourcoing quelques explications : elles -emprunteront peut-être une certaine autorité à mon titre de membre de la Commission supérieure du travail, titre que je tiens des suffrages de mes collègues.

Trois lois sont définitives; Tune sur Tarbitrage, pour aider à résoudre pacifiquement les conflits entre patrons et ouvriers ; — Tautre sur Thygiène et la sécurité dans les établissements industriels va être incessamment appliquée.

— La troisième a réduit la durée du travail à dix heures pour les enfanta, à onze heures pour les femmes. Comme je Tai dît au Parlement, je persiste à croire qu'il n'est pas pratique d'établir des distinctions entre les diverses caté-

gories d'un mêine personnsl et je demandera! énergiquement qu^on revienne à la loi primitivement votée par la Chambre, qui fixait la durée du travail à dix heures pour les enfants comme pour les femmes,

^J'ai aussi déposé, au nom de la Commission du travail, un rapport récla^ mant dix heures pour les adultes, fixant même à huit heures la durée delà journée pour les ouvriers des mines t en y ajoutant la suppression du travail de nuits une belle réforme sociale serait accomplie.

D’autres projets n'attendent plus que la sanction du Sénat: la loi sur les règlements d’atelier et celle sur les accidents dans les fabriques, qui assurera à chaque ouvrier blessé une juste indemnité, sous forme de pension. Je crois que l’accord se fera facilement et rapidement entre le Sénat et la Chambre sur ces deux questions.

Enfin, la prochaine législature devra s’occuper des femmes en couches, auxquelles un repos de quelques semaines sera prescrit et rendu possible par le prélèvement sur les fonds de FÉiat, des départements ét des communes, d’une indemnité équitablement calculée j c’est la sglotion que j’ai essayé de faire prévaloir, comme rapporteur, en première délibération. — La création dé caisses de retraites ouvrières sera une excellente mesure^ surtout si les versements, au lieu d'être facultatifs, sont rendus obligatoires.

Beaucoup de bons esprits croient à Tutilité de conférences internationales, comme celle qui a éîé tenue à Berlin, en 1888, pour la généralisation à tous les pays des mesures qui peuvent améliorer le sort des ouvriers : je m’efforcerai d’en faire prendre rinîtiative par le Gouvernement français.

De même, il est inadmissible que des lois nécessaires puissent être indéfiniment tenues en suspens par le défaut d’accord entre les deux Chambres : la révision de la Constitution s’impose et le dernier mot doit rester à la représentation nationale directement issue du suffrage universel. En cas de conflit, c’est le pays qui serait appelé à se prononcer et, dès le début de la législature suivante, la Chambre des Députés jugerait en dernier ressort; son vote, s’il était conforme à celui de la Chambre précédente, aurait pour effet de donner le caractère de loi définitive au projet qui aurait fait antérieurement l’objet de délibérations contradictoires des deux Assemblées.

îe ne manquerai pas de m’intéresser à la nouvelle législation des sociétés de secours mutuels, à la diminution des frais de justice, à la protection de la santé publique, en un mot, à toutes les lois de progrès que le peuple attend.

Gomme par le passé, je chercherai à favoriser les petits fooctionn aires dont les modestes appointements sont peu en rapport avec les besoins de la vie et la somme de travail fournie : les instituteurs, les ageots des postes et des douanes, ont vu déjà améliorer leur sort; J’ai été heureux d’y coutribuer.

Les pouvoirs du Président de la République vont expirer dans deux ans ; je croirai répondre au voeu de mes électeurs en renouvelant le mandat du digne citoyen qui est à la tête du pays.

Enfin, au point de vue politique, vous me connaissez: je suis an progressiste acquis à toutes Ies réformes basées sur la justiceet la solidarité, ne reniant aucune des conquêtes d’hier et bien décidé à poursuivre demain, par étapes successives, la réalisation du vieux programme républicaio^

Respectueux de toutes les croyances, je défendrai la liberté de conscience contre toutes les tentatives d'oppression* L'égalité devant la loi pour tous les citoyens ne doit plus être un vain mot- Autant je saurai condamner les abus de pouvoir que pourraient commettre les patrons, autant je me ferai un devoir de dire la vérité aux ouvriers, de les prémunir contre les formules creuses, les vaines promesses et les excitations malsaînes; les exagérations et les violences ne peuvent, en effet, que nuire à la cause des travailleurs^ en leur aliénant les sympathies de ropinion publique.

Les scandales de ces derniers temps ont misé ou la plaie de notre époque, dont les autres pays n’ont pas été plus épargnés que le nôtre* .le suis acquis à toutes les mesures qui pourront empêcher le retour de pareils désastres et qui tendront à relever la moralité publique, à développer les vertus civiques d'où dépendent la force et la grandeur de la patrie française*

Si ces idées sont les vôtres, mes chers concitoyens, vous pouvez faire appel à mon dévouement et à mon expérience des affaires publiques :

Je suis tout à vous.

Gustave député sortant^

Membre de la Commission supérieure du travail.

circonscription de VALENCIENNES, M, E* WEIL-M ALLEZ,

Élu au 1*^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

le n’avais pas l’intention de solliciter vos suffrages* Je croyais cet honneur réservé à un de mes collègues du Conseil général, tout désigné par sa situation industrielle.

Pour des raisons personnelles, devant lesquelles je m’incline, mon honorable collègue refuse la candidature à la députation, et, fort de sou assentiment, de son appui, fort des instances d’un grand nombre de mes amis, je prends de ses mains le drapeau de la République, et j’accepte la candidature à la députation dans votre ci rco n sc ri p tion »

Aux électeurs du canton Est de VaîencleuneSi ma profession de foi sera courte- Nous nous connaissons de loDgue date. Beaucoup d’entre eux ont, comme moi et avec moi, enduré les fatigues, couru les dangers de Fannée terrible, de la campagne néfaste de 1870. Je leur dis simplement ; « Tel vous m’avez connu, tel je reste. Mon entier dévouement voua est acquis. »

Mais aux électeurs du canton de Condé dont, pour la première fols, je solli-

— ôàô —

cite les suffrages, fai le <Jevoir de dira franchemeut qui je suis, ce que je veux^ ce que sigoifie ma candidature.

Je suis ce que j’ai toujours été ;

Républicain de principe, de convictions, invariablement attaché aux institutions démocratiques, à cette forme de gouvernement, qui, seule, a permis à notre pays, après ses désastres, de reprendre dans ie monde la place à laquelle il a droit, tout en assurant à rintériéur l’ordre et la liberté.

Membre et vice-président de la Chambre de commerce de Valenciennes, j’ai appuyé de toutes mes forces les demandes faites en faveur de ragriculture et de rindustrie. C’est vous dire que je suis partisan des tarifs de douane votés par le Parlement.

Industriel, vivant an milieu des ouvriers, connaissant leurs besoins, je vote^ rai toutes les lois favorables au développement de leur bien-être.

Au premier rang de leurs justes réclamations, je place rétablissement d’une Caisse nationale de retraite qui assurera l'existence du travailleur à la ûn de sa carrière. Une protection plus efficace des sociétés de secours mutuels s’impose. Je ne manquerai pas de demander de nouvelles allocations compensant les réductions successives du taux de Tintérêt du fonds de retraîte.

Partisan de ia liberté absolue de discussion, je désirerais néanmoins que la loi sur la presse fut modifiée, de façon à empêcher que les injures et les outrages puissent être impunément déversés sur les institutions que la France s'est librement données. Les excès, les abus d’une certaine presse ont en effet pour conséquence immédiate de déconsidérer la France à l’étranger et de jeter le trouble dans l’intérieur du pays.

En matière de finances, j’estime que les ressources merveilleuses de la France doivent être soumises à un contrôle rigoureux, et que de sérieuses économies peuvent être réalisées, notamment dans lés budgets de la marine, des travaux publics, des magasins, des arsenaux, où d’anciens errements surannés et fort onéreux se perpétuent. Je voudrais également la création et Porgaüisation d’un crédit agricole, la réduction des frais de justice et une profonde modification à la législation minière , dans Pîntérêt des mineurs.

Profondément convaincu qu’une nation n’est prospère qu'avec la sécurité, la stabilité d’institutions libérales et progressistes, je m’associerai à toutes les mesures qui auront pour but d’augmenter la stabilité ministérielle et surtout de rehausser le prestige du régime parlementaire, si violemment et si injustement attaqué par les partis hostiles, actuellement réduits à confesser leur impuissance.

Vous n’avez pas, en effet, perdu le souvenir de proclamation s affichées partout il y quatre ans, et dans lesquelles ceux-là mêmes qui se disent aujourd’hui rai liés à la République n^ont pas crain t de vous d emandér si vous n^aviez pas assez de ce régime d’oppression, de gaspillage et de concussion.

Électeurs,

Pas d’équivoque.

Vous avez en présence deux candidats. L’un que vous avez toujours vu prendre une part active à toutes les coalitions, à toutes les conspirations contre

la République, qui se présentait devant vous, aux dernières élections, sous le patronage des chefs du boulangisme, et qui, aujourd’hui, se prétend rallié au gouvernement qu’il n’a cessé de combattre sans parvenir à le détruire.

L’autre, modeste mais fidèle serviteur de la démocratie, n’a jamais varié dans son dévouement inébranlable aux institutions républicaines.

A vous de choisir.

Vive la France I Vive la République!

E. WEIL-MALLEZ, Industriel, maire de Marly, conseiller général, viceprésident de la Chambre de commerce de Valenciennes, président de la Société d’horticulture de Valenciennes.

2® circonscription de VALENCIENNES.

M. F. LEPEZ,

Élu au l®' tour de scrutin .

Mes chers concitoyens,

Désigné comme candidat par le Congrès républicain de la deuxième circonscription, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages.

Je ne suis pas un nouveau venu dans la politique. J’ai assez longtemps mené le bon combat avec vous pour que vous connaissiez mes idées sur le gouvernement de la chose publique et sur les réformes qui assureront la prospérité du pays.

La crise agricole n’est pas terminée. Les cultivateurs attendent avec impatience la solution de plusieurs questions destinées à améliorer leur sort :

Une loi sur le crédit agricole;

L’impôt de la terre ramené au taux de l’impôt des autres valeurs;

Une loi créant les distilleries agricoles ;

Une autre accordant à la fin du bail une indemnité au fermier qui, par ses soins, aura donné une plus-value à la terre qu’il a occupée ;

L’organisation, sur tout le territoire français, d’un enseignement agricole, comme il en existe un pour l’industrie ;

L’assimilation du cultivateur au commerçant au point de vue de la liquidation judiciaire (cette réforme permettrait aux cultivateurs malheureux de se relever et de se réhabiliter) ;

La suppression de l’impôt sur la bière et autres boissons hygiéniques, t Parmi les lois ouvrières, il en est deux très importantes, étudiées et promises depuis longtemps.

La première est celle de l’indemnité à accorder aux victimes des accidents

du travail, au moyen de l’assurance obligatoire. On assure les maisons, les récoltes, le bétail ; on doit aussi assurer les travailleurs contre les accidents.

La seconde est la loi sur la Caisse de retraites pour la vieillesse. Elle s’impose au même titre que la précédente. Elle sera le meilleur trait d’union entre le capital et le travail. Elle sera une loi d’apaisement et le plus sûr préservatif contre la révolution violente. Car, en même temps qu’elle garantira aux ouvriers une vieillesse à l’abri du besoin, elle les intéressera directement au maintien de l’ordre social actuel.

Voilà, mes chers concitoyens, si vous me faites l’honneur de m’élire, les questions que je m’efforcerai de faire aboutir le plus tôt possible.

La République n’est pas seulement un but; il ne suffit pas qu’elle soit devenue le régime légal et définitif du pays. 11 faut qu’elle soit encore un moyen pacifique d’accomplir toutes les réformes réclamées par l’opinion publique. Elle a fait beaucoup déjà; elle ne peut s’arrêter en chemin.

Mais elle n’échappe pas à la règle commune qui s'impose aux autres régimes; elle a besoin de stabilité ; elle a besoin du fonctiounement régulier de ses institutions. Et, pour cela, il faut à notre parti l'union et la concorde.

Chaque fois que les républicains ont été d’accord, la travail a été fécond et la République est restée inébranlable. La stérilité parlementaire et les secousses politiques ne se sont produites que quand la majorité s’est divisée. Et, comme aucune fraction de la Chambre n’est assez considérable pour former à elle seule une majorité républicaine, je crois de plus en plus à la nécessité de la concentration.

Non pas la concentration à droite, nous ne pouvons pas reculer. Nous ne pouvons nous entendre avec ceux qui ont toujours combattu la République. I! se trouvera bien d’ailleurs 300 bons républicains pour donner au Gouvernement l’autorité et le prestige dont il a besoin à l’intérieur et à l’extérieur, sans qu’il soit obligé de passer le meilleur de son temps à défendre sa propre existence.

Partisan, résolu de l’ordre et de la liberté, du respect et de l’obéissance aux lois, j’estime que, en dehors de toute violence, le suffrage universel suffit à donner satisfaction à toutes les revendications politiques et sociales.

Mes chers concitoyens,

Je veux, en un mot, une République à la fois libérale et progressive, soucieuse des intérêts agricoles et industriels et qui, s’inspirant d’un large esprit de justice sociale, s’attachera à résoudre toutes les questions de nature à assurer le bienêtre des travailleurs.

Si vous me choississez pour vous représenter, vous pouvez être assurés que vous trouverez en moi le dévouement le plus absolu pour défendre les intérêts de la deuxième circonscription et de la République.

Vive la France 1

Vive la République 1

F. LEPEZ,

Conseiller d’arrondissement de Saint-Amand (rive droite), maire de Raismes.

3'' circonscription de VALENCIENNES.

M. Hector SIROT-MALEZ,

Les délégués républicains des cantons de Bouchain, de Denain et de Valenciennes-Sud, réunis en Congrès le dimanche 23 juillet, ont, par acclamation, posé ma candidature S la députation.

Tout en me rendant compte des difficultés de la lutte à entreprendre, je n’ai pas hésité, en présence de la manifestation dont j’étais l’objet et du concours que m’ont offert les représentants des trente-huit communes de la troisième circonscription électorale, à accepter l’honneur qui m’a été fait.

Le caractère de ma candidature vous est connu.

Je suis, comme l’était mon père, comme le sont tous les membres de ma famille, absolument dévoué aux institutions démocratiques, pour la fondation et la consolidation desquelles nous avons constamment combattu.

Chef d’industrie, agriculteur et fabricant de sucre, mes intérêts se confondent avec ceux des électeurs de la circonscription, et, si je suis élu, mes efforts tendront à assurer le maintien d’une législation qui protège plus efficacement l’agriculture, si cruellement éprouvée, et qui donne à l’industrie la possibilité de soutenir, avec succès, la lutte contre la concurrence étrangère.

Je suis de ceux qui pensent que, pour fournir à ces deux grandes branches de la prospérité et de la richesse nationales les moyens de développement qui leur sont nécessaires, il faut organiser au plus tôt le crédit agricole et le crédit industriel.

Je demanderai également la suppression de l’impôt foncier.

J’appuierai très énergiquement toutes les propositions qui auront pour but l’amélioration du sort des travailleurs, et, notamment, la création d’une Caisse nationale de retraites, de secours et de prévoyance constituée sur des bases qui leur assureront une pension viagère lorsque l’âge ou les infirmités les priveront des ressources de leur travail.

La circonscription comprenant un très grand nombre d’ouvriers de la mine, je voterai dans leur intérêt toutes les lois qui me paraîtront justes et équitables. ...

J’agirai de même pour tous les travailleurs agricoles et industriels.

Je m’associerai à toutes les mesures économiques qui doivent aboutir à l’établissement de la vie à bon marché.

Je demanderai, en outre, la réforme de notre système fiscal et une répartition plus démocratique des impôts directs et indirects.

-'T'-TTf - 'V--

Je voterai :

La réduction des dépenses par la snpression des coûteuses sinécures î La réforme des droits de juslice ;

Et tout projet de révision présenté pfir la majorité républicaine.

Électeurs,

Je ne vous fais pas de vaines promesses.

Soyez assurés que, ai Je deviens votre mandataire, je metlrai à la défense de vos intérêts légitimes tout ce que je puis avoir d^activité, d'intelligence et de dévouement.

Vive la France I Vive la République ï

Hector SîROT-MALLEZ,

Ifidüstriel, agriculteur et fabricant de sucre, Candidat républicain progressiste.

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