OISE
l'" circonscription de BEAUVAIS.
M. Ch. BOÜDEVILLE,
Éla aa2® tour de scrutin .
Chers concitoyens,
Vous êtes convoqués pour nommer votre représentant à la Chambre des Députés.
RéBéchissez : les circonstances le commandent.
Il semblerait que la République n’est plus mise en question ; tous paraissent aujourd’hui se ranger sous son drapeau.
Prenez garde, et ne vous Qez pas aux apparences.
Exigez d’abord le maintien des réformes accomplies : l’instruction gratuite, obligatoire et laïque, l’égalité de tous les citoyens devant le service militaire.
Les comités républicains de votre circonscription se sont réunis en vue de cette élection, et Us ont décidé de poursuivre l’œuvre commencée. Aux réformes déjà réalisées, ils veulent ajouter les suivantes :
1" Révision de la Constitution de 1875; suppression du Sénat ou, tout au moins, modifleation de ses attributions et réduction de la durée du mandai de sénateur ;
Suppression du cumul du mandat de député ou de sénateur avec d’autres fonctions publiques rétribuées ;
Interdiction aux députés et sénateurs de faire partie de sociétés financières;
2" Séparation des Églises et de l’État ; suppression du budget des cultes et des biens do main morte;
3“ Réforme des impôts : impôt proportionnel et progressif sur le revenu ; révision dn cadastre ; péréquation de l’impôt foncier ; suppression des prestations ; suppression des octrois ;
à® Instruction professionnelle pour les travailleurs ; liberté complète des syndicats; organisation d’une Caisse de retraites ouvrières.
Tel nous semble le minimum des progrès qui peuvent être réalisés par la prochaine législature.
Pour faire triompher ce programme, les comités répub licams ont choisi pour candidat le citoyen Ch. BOUDEVILLE, député sortant»
Son passé de démocrate intègre vous est im sûr garant de [^avenir. Vous pouvez compter sur lui : il ne faillira pas à ses engagements.
Chers concitoyens,
Marchez au scrutin avec union et discipline. Il faut que la réaction, môme sous rétiquette des ralliés, soit pour jamais anéantie.
Vive la République progressiste I
Pour le comité d'Auneuil : Pelletier, conseiller général, président;
Pour le comité de Beauvais : A, Vermokt, conseiller d^arrondissementi président;
Pour le comité deMéru t E» Dakgü, président*
Pour le comité de Ni villers : Maître, conseiller d’arrondissement, président ;
Pour le comité de Noaiües ; Vaillaiît, conseiller d’arrondissement, président.
Mes chers concitoyens,
Je réponds à Rappel des comités républicains de la première circonscription de Beauvais.
J’accepte et de grand cœur le programme quMls ont élaboré.
Vous pouvez compter sur moi dans Ravenir comme paf le passé: mon dévouement à la cause démocratique vous est connu.
En avant pour la République t
Ch. BOUDEVILLE, député sortant.
2“ circonscription de BEAUVAIS.
M. Émile CHEVALLIER,
Elu au 1°^ tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
La Chambre élue en 1880 vient d'achever son mandat. Profondément agitée par des incidents récents, qu’il serait douloureux de rappeler, elle a terminé son existence sans avoir tranché les graves problèmes ûnanciers qui lui incombaient, et qu’elle s^étalt donné la mission de résoudre, — laissant ainsi une tâche plus considérable à celle qui va lui succéder.
Sons rinfluencfî de ces circoustaneesj un courant s’est formé dans le pays en faveur de la nomination d^hommea nouveaux^ qui, étrangers aux anciennes luttes poliliques et aux anciennes compromissions^ pourraient faire prévaloir ce qu’un républicain des plus convaincus, M* Gavaignac, dans un discours célèbre, a qualifié de changement de système.
Né à la vie polüique sous la République, je n^ai pas connu d’autre régime. Ce que je disais il y a dix ans, lors de mon entrée au Conseil général, je le dis aujourd’hui avec plus de force : La forme de gouvernement ne saurait être mise en jeu, et la République doit être acceptée comme le gouvernement définitif de la France, Les adhésions, qui se produisent de toutes parts, en sont le lémoi^ gnage indiscutable, mais, en même temps, elles imposent une conception différente du régime.
La République a cessé d’étre un parti pour devenir un gouvernement. Sa politique doit être une politique sincèrement libérale, respectueuse de toutes les convictions, des intérêts légitimes et droits acquis, et décidée à maintenir la paix sociale et religieuse, et à supprimer ces persécutions, ces vexations personnelles quin'ont eu d’autre résultat que d’aigrir les esprits et de retarder, au détriment de l’union nationale, l’adhésion définitive de tous les Français à la République.
La direction doit être ferme : il faut uu gouvernement qui gouverne effectivement, avec autorité, esprit de suite et rhonnêteté la plus rigoureuse.
Dans Tordre économique, des problèmes urgents sont à résoudre, La première préoccupation de la prochaine Chambre doit être de ramener une stricte économie dans les dépenses, et de rétablir l’équilibre compromis du budget,
La population de nos campagnes diminue chaque jour ; les cultivateurs désertent la profession paternelle, les ouvriers se portent vers les villes, la terre s’avilit. II importe que le législateur ait constamment devant les yeux cette grave crise, qui, en se prolongeant, serait de nature à ruiner peut être d’une manière irrémédiable b sort de notre agriculture française.
D’une famille de cultivateurb, professeur moi-même à notre École supérieure d’agnciiUure, je vous promets d’apporter au service des intérêts agricoles la plus vive soHicitude-
Depuis ie 1"' février 1892, la France est en possession d’un nouveau régime douanier. L’expérience montrera s’il peut durer, ou si la situation de certaines de nos industries manufacturières u’engendrera pas la nécessité de quelquesmodifications.
Quels que puissent être les changements, j’estime qu’aucune diminution de droits ne devra être prononcée pour les produits agricoles, dont ie prix de vente n’a cessé de décroître.
L’exemple d’une nation voisine, où l’agriculture, demeurée sans protection, est en proie à des soufirances qui en compromettent l’existence, nous dit asse2 le devoir qui s’impose à un Parlement. ^
Il y a lieu d’aborder les questions de retraites ouvrières, de sociétés de secours mutuels et d’assistance publique, et de le faire avec le souci de ne pas grever TÉtat par des engagements impossibles à mesurer, et de ne pas lui
conférer des attributions et des charges qui appartiennent exclusivement à l’initiative privée. 3e suis l’ennami des utopies et des expérimsntations sociales, mais, cette réserve faite, je suis de ceux que la sympathie et des études antérieures rapprocheront toujours de la classe la plus déshéritée.
Si vous me faites l’honneur de m’appeler à vous représenter, je me propose et je vous promets de rester constamment en communication avec vous, et d’apporter toute mon activité et toute mon énergie à l’accomplissement de mon mandat.
Veuillez agréer, messieurs ei eliers concitoyens, r assurance de mes sentiments les plus dévoués*
Émile CHEVALLIER,
Membre et secrétaire du Conseil général de TOise, Chevalier de la Légion d^hoiineur, professeur économie politifjue à LInstilut national agronomique, lauréat deTInstitut.
Circonscription de CLERMONT,
M. G* HAÏNSSELIN,
Élu au 2* tour de scrtitio.
Mes cliers concitoyens,
Il y a quatre ans, vous ave2 afûrmé sur mon nom vos sentiments républi^ cains en me confiant, le mandat de représenter notre arrondissement.
Je me suis eiîorcé de mériter votre confiance et de remplir mes engagements, en faisaot de Fintérét public et de vos intérêts privés l’objet de ma constante préoccupalion.
C'est ainsi que je me suis associé à la plupart des réformes qui faisaient partie de mon programme de 1889, et que j^ai voté notamment *
La loi sur le recrutement de Tarniée coloniale, qui dispense, à T avenir, les premiers numéros du cantingent de servir dans les colonies ;
Le nouveau régime douanier qui assure à notre agriculture et à notre industrie une égale protection ;
La péréquation partielle de Timpét foncier, qui a dégrevé notre département d’un demi-million sur la contribution payée par le solj
L’abaissement du tarif de transport par graude vitesse et des voyageurs, "qui a amené sur le pris des voyages une réduction qui est près d’un tiers pour la troisième classe ;
La loi organisant Passiatance médicale gratuite dans nos campagnes et les lois nombreuses intéressant plus spécialement les ouvriers de Pindustrie^
Indépendant de toute coterie, je suis partisan d^ane Républiq^ue sagement et résolument réformatrice. Si voua me faites rhoniieur de me réélire, je continuerai de siéger parmi les républicains de gouvernement, de m'associer à toutes les réformes utiles, d^arter les revendications des anciens partis, anssi bien (|ue les entreprises téméraires susceptibles dé compromettre les résultats acquis.
il importe que les électeurs envoient à la Chambre une majorité républicaine suffisante pour résister à la coalition des partis extrêmes et aux agitations stériles qui paralysent les affaires et troublent les intérêts.
La nouvelle Chambre pourra ainsi assurer la stabilité ministérielle et donner au Gouvernement républicain rautorité nécessaire pour faire respecter la loi par tous et défendre dignement à rextérieur les intérêts de la France.
Elle devra maintenir et améliorer notre régime douanier, organiser l'enseigoement agricole et la représentatiou régulière de Fagricuiture par la création de chambres consultatives départementales.
Achever Texamen de la loi sur ^extension de h compétence des juges de paix, rendre la justice moins coûteuse et accessible à tous par la sinipliûcaLion de la procédure.
Rechercher la meilleure et la plus équitable répartition des impôts.
Étudier les réformes sociales dons un esprit de fraternité et de solidarité, eu repoussant le collectivisme, qui fait bon marché de la liberté individuelle et des principes de 1789.
Encourager et subveuiionuer les Sociétés de secours mutuels et toutes les institutions de prévoyance.
Grâce au courage et à la persévérance de ses partisans de la première heure, la République est fondée définitivement.
Elle a peu à peu gagné Fesüme et ie respect de tous les peuples et conquis la sympathie d'un grand État, dont Fallknce est un gage de notre sécurité et de la paix européenne.
A ^intérieur, elle voit enfin s’accomplir une évoliuiou qui fait entrer dans nos rangs ses adversaires d'hier, et parait ouvrir une période d'apaisement profitable aux intérêts matériels et moraux du pays.
C'est là un évéaement dont il faut se féliciter, mais vous estimerez qu'il ne serait pas prudent d'abandonner la direction politique aux nouveaux venus et qu'il convient de la laisser entre les mains de républicains éprouves qui ont sacrifié leur repos et leurs intérêts pour ia défense de nos institutions.
Pour ma part, j'attends avec confiance votre décision du 20 août, et je vous prie, mes chers concitoyens, de croire à mon entier dévouement.
G. HÂINSSELIN, député sortant.
Circonscription de COMPÏÈGNE.