‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 170 sur 266 · M. E. NOËL · texte numérisé non relu

M. E. NOËL

Élu au l'' tour de scrutio.

Mes chers conciloyeua,

3e ne soneeais nullement à solliciter vos suffrages.

Dans les circonstances actuelles, mes amis ont pensé que mon mtervention s'imposait.

Soldat fidèle et dévoué de la République, ] obéis.

Candidat en 1889, alors que la forme même du Gouvernement était en péril, membre du Conseil général depuis huit ans, maire de Noyon depuis cinq las mes idées politiques, mes actes, ma vie publique sont connus de vous ’ Républicain sans épithète, j’ai toujours été et suis encore partisan d une République progressive. On s'expliquerait mal en effet, avec les changements des circonstances de la vie, avec la violente poussée d’une production è oufiance oui modifie les besoins du travail, de l’agriculture, du commerce et de ' industrie les lois restant stationnaires ne s’identifiant pas avec les progrès réalisés, ne les provoquant pas même et non mises constamment en rapport avec les

asDiratioDS du pays. , * ,

Vivant de la vie de vous tous, mes relations me mettent a même de

connaître exactement vos besoins. .

Chacun a droit à une protection efficace, garantissant la production nationale mais, en même temps, il faut tendre à faire disparaître les impôts intérieurs sur les produits do consommation, chercher à arriver à la suppression

*1.6 crédit agricole doit être organisé, des chambres d'agriculture créées, la

propriété foQtière dégrevée. erxin

Eu justice, la procédure doit être simplifiée de manière h rendre solutions plus pronrpies et pins économiques* ^

Il faut donner un large essor k la mutualité, développer ra&sistancô publique dans les campagnes, par la création d’Mpitaux cantonaux, comme le proposait M. Ed. Robert, instituer des secours à domicilo aux vieillards indigents, en attendant les effets des lois à élaborer sur les retraites.

Toutes ces réformes doivent être abordées avec la certitude de ne pas grever les finances par des engagements dont il serait impossible de mesurer a portée et de ne pas augmenter les charges déjà si lourdes qui pèsent sur le

^ ^ Le temps ne me permettra pas, ma candidature se trouvant posée à la dernière heure, d’aller défendre ce programme dans les communes, de vous dire

moi-même qu'en politique, comme dans tout, Tbonnêteté, la droiture, doivent être une règle absolue î vous voudrez bien m'excuser et j’attends avec confiance votre décision.

Votre tout dévoué concitoyen,

E. NOËL, ingénieur, maouracturier, membre du Conseil général de rOise, membre de la Chambre de Commerce de Beauvais.

Circonscription de SBNLÏS.

M. Jules GAIIXA.RD,

Élu au 1*^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens.

J’ai l’honneur de solliciter le vrenouvellement du mandat que vous m’avez confié il y a quatre aus.

Mes opinions vous sont connues : profondément dévoué à la République et aux idées démocratiques, convaincu qu’un Gouvernement qui s’inspire des principes de modération, de toléranceet de liberté, peut seul assurer la stabilité de nos institutions et la prospérité du pays, j’ai toujours défendu une politique d’apaisement et de concorde, sans laquelle il n’est point de progrès réalisable.

G" est cette môme politique libérale et progressiste, également éloignée des utopies décevantes et d’un optimisme satisfait^ que je viens proposer de nouveau à vos suffrages, persuadé qu’elle répond aux aspirations et aux besoins des laborieuses populations de notre arrondissement.

Vous m'avez vu à fœuvre et avez pu constater que mes votes ont été conformes aux engagements contenus dans ma profession de foi de 1889.

Lors de rélabiissement du nouveau régime douanier, j’ai défendu la cause de notre industrie et de notre agriculture, tout en refusant mon suffrage aux mesures extrêmes qui auraient eu pour effet de produire un renchérissement des denrées nécessaires à la vie du plus grand nombre.

En ce qui concerne les questions sociales et l’amélioration du sort des travailleurs, j’ai voté les lois destinées à assurer une protection plus efficace des faibles et le développement fécond des institutions de prévoyance et de mutualité*

La Chambre est déjà entrée résolu ment dans cette voie : elle a, d’autre part, mené à bonne fin le dégrèvement de la propriété non bâtie qui a allégé dans une mesure si importante les charges de notre département, ” la légis-

îation sur le travail des femmes et des enfants, — rabaissement des tarifs de transport par grande vitesse, — rassisiance médicale gratuite dans les campagnes, — le classement et le traitement des instituteors,

A la législature prochaine de continuer cette œuvre et de résoudre, dans le sens le plus conforme aux intérêts de tous, les graves questions relatives au crédit, à rassurance et à Penseignement agricoles, à la diminution des frais de justice, à la simplification de la procédure, à l’extension de la compétence des juges de paix, à la réduction des droits de mutation rendant Paccès de là petlle propriété plus facile, à la révision de Timpôt foncier, de celui des patentes, au dégrèvement des boissons hygiéniques, à la suppression de Pexercice, à la responsabilité des accidents survenus pendant le travail, à la création de caisses de relra^tes pour la vieillesse,.*

Le temps consacré par vos représentants à ces réformes positives ne serat-il pas plus utiiement employé qu’en des discussions irritantes et stériles comme celles qui, dans le passé, ont trop souvent agité et troublé le paya ?

Cest à celte tâche que je suis prêt à me donner encore tout entier,

La cause que je représente fait appel à tous les bons vouloirs, à tous les dévouements sincères, à Tunioa de tous les honnêtes gens sur le terrain de la République, du progrès et delà liberté.

Jules GAILLARD,

Député sortant, Conseiller général du canton de Creii.

Circonscription d* ALENÇON*

M, le comte de LÉVIS-MIREPOIX, Élu au 1““* tour de scrutin,

Mes chers concitoyens,

J'ai i^hooneur de Bolliciter vos suffrages dans réîectlon législative du 20 août.

Depuis huit’ans que j'appartiens à la Chambre des Députés, je me suis efforcé de faire prévaloir, par mes votes, une politique de tolérance, de justice, d^apaisemeot, de récoïiciliatioü des citoyens d'une commune patrie, sous la protection du Gouvernement légal de mon pays,

J^ai demandé et je continuerai h demander à ceux qui gouvernent la République plus d'équité dans les pratiques administratives et dans les lois, notamment dans les lois militaire et scolaire, qui sont des lois de réaction et de haine;

Tai demandé et je continuerai à demander à ceux qui gouvernent la République d’aborder enfin d'une main prudente et ferme les questions qui intéressent tout particulièrement la classe ouvrière, et, en premier lieu, laeréation d'une Caisse nationale de retraites pour les travailleurs de tous les corps d'état, aussi bien pour les travailleurs de nos campagnes que pour ceux des villes;

J'ai demandé et je continuerai à demander à ceux qui gouvernent la République d'en finir avec des habitudes rmaticières imprévoyantes, qui ont augmenté, en moyenne, depuis dïx^sept ans, de cinquante millions par an, nos charges publiques; qui nécessitent des emprunts périodiques et des impôts nouveaux qui nous acculeront, de déficit en déficit, à d iiioxtrioables difficultés î ■ ^

Mais, à côté de ces questions d’un caractère général, il en est d'autres qui

vous inléresseni tout spécialement*

Les deux principales sont la question économique et la question des bouilleurs de cru.

On vous a dit que nous avions, mes collègues de k députation conserva-

trice (le l’Orne et moi, sacrifié les bouillenrs de cru, le jour où nous avions renversé le ministère RiboL

C’est une dérision î

C’est une calomnie I

M, Ribot était rennemi irréductible des bouilleurs de cru, 11 représente le département du Pas-de-Calais, grand fabricant d’alcool industriel qui réclame contre vous à grands cris la supressiou du droit intangible et absolu de bouillir votre cidre.

Le jour où nous avons renversé le ministère Ribot, nous avons chassé du pouvoir votre ennemi le plus implacable et rendu impossible toute atteinte à vos droits.

C’est la seule réponse qu’il me convienne de faire à des calomnies tellement ridicules, que vous en avez fait justice de vous-mêmes*

Au point de vue économique :

J’ai voté le tarif protecteur de 1891 ;

II y a quelques semaines, j’ai demandé à la Chambre, avec mon ami M. de M^ckau, et nous avons obtenu, grâce à son énergie et à son éloquence, la suppression, jusqu'au î"" janvier, prochain des droits sur les foins, aûn de venir en aide ù l’agriculture, ruinée par une sécheresse sans exemple depuis plusieurs siècles*

Enûn, dans la question de Panama, j’ai voté toutes les mesures, toutes les propositions de nature à faire découvrir tous les coupables et à les livrer à la justice répressive*

Une gestion rigoureuse de nos finances'

Le maintien intégral du droit des bouilleurs de cru;

Une protection efficace du travail national ;

La création d’une Caisse nationale de retraites pour les ouvriers ;

Une politique d’apaisement et de réconciliation ;

La plus scrupuleuse honnêteté de la part des mandataires du peuple;

Le développement et le respect des droits du suffrage universel ;

L égalité effective des citoyens devant la Joi et devant l’administration;

La liberté pour tous, pour les catholiques comme pour les autres;

Le droit d’association pour tous.

Tels sont les points essentiels de mon programme, que je livre sans inquiétude à votre examen, assuré d’avance qu’il recueillera votre approbation et vos suffrages.

Ai-je besoin d’ajouter, mes chers concitoyens, que vous me trouverez, dans favenir comme dans le passé, toujours prêt à vous seconder et à vous être utile avec un dévouement absolu*

J attends votre verdict avec confiance, et je vous prie de recevoir l’expression de mes sentiments reconnaissants*

Comte de LÉViS-MIREPÛIX,

Député sortant*

Circonscription d'AHGBNTAN.

M. le baron de MACKAÜ,

ÉIq au 1®^ tour de Bcruiin,

Messieurs et chers concitoyens,

Depuis quinze ans, je n'ai cessé de protester contre la politique suivie par le parti républicain*

Cette politique a un nom; elle a un but; elle a donné les tristes résultats qa'il fallait en attendre*

Son nom : c'est !a conceotration républicaine qui rend tous les républicains prisonniers du parti radical, en échange du concours électoral de celui“Ciî

Son but : c*est de conserver, à n’importe quel prix, à la coterie opportuniste qui Texploite, aux hommes qui la représement, les places quMls détiennent, i^infiueoce politique qu’ils exercent et dont beaucoup vivent.

Ses résultiits éclatent maintenant à tous les yeux*

La concentration républicaine vous a donné les affaires Wilson, avec tous les trafics que voiis savez ;

Elle vous a donné les affaires du Panama, dans îesqueiles ont sombré les principaux chefs de celte politique ;

Elle vous a donné la Bourse du travail avec son organisaiion révolutionnaire et le commencement d'émeutes qu'il a fallu réprimer ;

Elle vous a donné, elle vous donne tous les jours, dans nos départements, ce honteux trafic de dénonciations, conditions des faveurs préfectorales, dont les fonctionnaires, dont tant dlionnétes gens ont à souffrir dans leur liberté et dans leur situation ;

Elle vous a donné ce besoin sans cesse croissant d'argent, qui, en douze ans, a accru les dépenses annuelles de plus de 85 millions et la dette publique de plus de 6 milliards et demi.

Plusieurs d^entre vous m'ont souvent trouvé trop sévère pour les hommes qui, depuis quinze ans, ont été les dépositaires du pouvoir*

Qu^ils jugent aujourd’hui si, malgré les éloges obligés desjournaiix subventionnés, des préfets, dis fonclionnaîrea et de leurs agents, qu'ils jugent si je me suis trompé*

Après tant d’années passées dans la politique, quand on a vu de près tant de choses, on sait que les hommes ne sont rien, que les principes sont tout*

Ce sont ces principes de l’ordre dans la liberté que toute ma vie j'ai entendu servir avec la plus complète indépendance.

3’ambitionne pour mon pays, l'ambitionne pour vous :

La liberté dans vos foyers.

La liberté dans vos consciences,

La liberté dans vos communes,

La liberté dans vos affaires,

La sécurité pour ce que vous possédez,

La sécurité pour vos intérêts,

La sécurité pour vos emplois,

La sécurité, enfin, pour la patrie.

Dégagé de tout esprit de parti, je n’ai, depuis trente ans, quelle que sou la forme du Gouvernement, jamais servi que ces choses : Je le dis avec fierté en face des attaques passionnées et injustes qui sont le partage de tout homme politique et qui, certes, ne m’ont pas été épargnées.

Hier encore, oe m’accüsait-on pas d^avoir traîii la cause des bouilleurs de cru que, par deux fois, en ces derniers jours, j’ai contribué à sauver?

J’entends, le jour où je sortirai de la politique, le jour où vous mettrez un terme à mon mandat, sortir la tôte haute, fier de n'avoir jamais été guidé dans mes actes que par les intérêts de la France et par les vôtres, fier aussi des quelques services que j’ai pu rendre et surtout des affections fidèles qui, depuis plus de trente ans, n'out cessé de m'entourer.

Si vous me continuez le mandat que vous m’avez sept fois renouvelé, je continuerai à servir les mêmes causes, avec la môme ardeur, avec la même indépendance, car j’ai la conviction que c’est la meilleure manière de servir mon pays et de vous servir vous-mêmes.

Baron de MACKjIU,

Conseiller général, député sortant.

circonscription de DOMFRONT. M. Albert CHRlSïOPHLE,

Élu au 1*" tour de scrutin.

Messieurs les électeurs,

Le mandat que vous m’aviez confié en 1B89 vient d’expirer.

Je me présente de nouveau à vos sutlrages. . . i i

Pendant les quatre années qui viennent de s’écouler, je me suis efforcé de conformer l’ensemble de ma conduite politique à vos propres opinions et de

répondre, par tous mes actes, à votre confiance.

La République est désormais, non seulemeut le fait accompli, mais le régime légal devant lequel s’inclinent ses anciens adversaires. J’ai toujours cru et je pense eucora qu’il faut accueillir et accepter les adhésions sincères, mais

en laissant la garde des institutions et du Gouvernetnent aux républicains éprouvés par les luttes anciennes.

L'apaisement définitif des esprits, la concorde nécessaire entre les citoyens, et, par suite, l/affermîsseraent du régime républicain soutàce prix,

11 est temps de former dans le Parlement une majorilé solide qui ne soit plus hi la merci des anciens partis, qui donne au Gouvernement un appui sûr et durable et qui permette enOn d’éviter Tinstabilité des ministères et les crises politiques périodiques qui en sont la conséquence.

Laissons de côté les politiques anciennes, les débats irritants qiü n’ont pins qu’un intérêt liistorique.

Occupons-nous désormais et exclusivement des grands intérêts du pays.

Les lois de protection o’ont pas encore produit tous les résultats que Pon en attend.

Notre agriculture a aouiTert d’une température extraordinaire. Le Gouvernernent doit se préoccuper des pertes qu’elle a subies. Il faut qu’il viennne en aide, au moyen de mesures spéciales, à îa dureté des temps que nous venons de traverser.

Ce n’était pas, certea, parla suppression du droit des bouilleurs de cm qu’il pouvait parvenir à ce résultat dans notre région.

Nouscontiuuerous nos efforts pour que les projets, repoussés à la fin de la dernière légialature, n aient pas une meilleure fortune lors de la discussion des prochains budgets.

La législation des boissons peut être améliorée par d’autres moyens. Les droits sur les boissons hygiéniques peuvent être diminués ; l’exercice peut être restreint dans ses pratiques abusives sans qu’il soit nécessaire pour cela de troubler des habitudes séculaires.

Je suis, voua le savez, un partisan sincère et résolu de la paix extérieure. Maïs l’ennemi héréditaire qui augmente ses effectifs ne nous permet pas encore d’alléger nos charges militaires.

Je veux, au même degré, la paix intérieure, que des énergumèneë ont tenté de troubler à Paris, dans ces derniers temps.

En face des revendications irréalisables qui menacent les intérêts de la propriété et de rindustne nationales, il n’y a qu’une chose à faire ï

Donner à tous ceux que le sort n’a pas favorisés la liberté et Pînstruction ; ouvrir largement toutes les issues au bout desquelles ils peuvent trouver, dans un pays démocratique, l’emploi de leurs facultés naturelles ou acquises; favoriser le travail et les travailleurs dans toutes leurs aspirations iégitimea.

Mais ne jamais faillir dans l’application des grands principes sociaux qui ont fait la force et qui maintiendront la grandeur de la patrie.

A mon avis, il n*est point d’autre programme pour un candidat qui ne veut pas promettre plus qu’il ne peut tenir et qui ne croit, dans l'ordre des faits politiques ou sociaux, qu’à la vertu du travail, de l’ordre et de Téconomie.

Albert GHRïSTOPHLE,

Député sortant.

2® circonscriptioîi de DOMFRONT, M. h 6ÉVEL0Î,

Élu au l*"' tour de acrutin.

Monsieur et cher concitoyen.

Les électeurs sont convoqués, le dimanche 20 août, pour 1 élection des

membres de la Chambre des députés.

Je considère comme un grand honneur de représenter au Parlement la

deuxième circonscription de Parrondisseraent de Domfront dont rattachement Inébranlable, après tant d’années, me donne le droit d'être fier, et je viens encore, avec confiance, solliciter votre suffrage.

Il y a quatre ans, les élections législatives se sont faites au milieu d’une agitation proEonde et nous pouvons croire que, cette année, les violences qui divisent et attristent les meilleurs esprits nous serons épargnées.

Peudant cette dernière session, je me suis constamment inspiré du programme que je vous soumettais en 1889 et que vous avez ratifié par votre

vote. .

Tenant compte des espérances manifestées, fidèle à mes promesses, j ai voté les droits protecteurs qui sont Pessence même des lois de douane et ont permis de remplacer les traités par des tarifs : le tarif minimum pour les nations qui nous accordent le traitement le plus favorable, le tarif majoré pour celles qui ne nous donnent pas la réciprocité.

Les matières premières, autres que les produits agricoles, entrent en franchise, condition indispensable à notre industrie.

Les droits mis sur les céréales fournissent des recettes payées par la production étrangère, et n’ont pas surêievé le prix du blé en France, contrairement aux affirmations tant de fois démenties des doctrinaires du libre-échange.

Les encouragements à Pagricutture sont le premier souci de ceux qui connaissent, pour avoir vécu au milieu d’eux, les besoins de ses énergiques et courageux producteurs. One des dernières lois votées par la Chambre est relative à l’organisation du crédit agricole et populaire, en vue de développer, par les facilités d’escompte, la formation des syndicats,

La proposition concernant le régime des boissons, vexatoire pour nos agriculteurs qu^elle atteignait dans leurs droits et dans leur liberté, m’a particulièrement préoccupé. Si le résultat a récompensé nos efforts, il faudra veiller encore énergiquement à combattre le retour d’une loi inique entre toutes, qui ne profiterait qu’aux départements vinicoles en maintenant l’exercice sans dégrever utilement le consommateur.

Les questions sociales visées par mon programme et qui ont, dès la pre-

miëre heure, éveillé ma Bollidtude, ne se résolvent pas en un jour et toutes à la fois, mais l’œuvre de !a dernière législature est déjà considérable : elle a arrêté les conditions de travail des enfants et des femmes dans les usines et manufactures, établi les règlements d’atelier, déterminé la responsabilité des accidents, institué des conseils d’arbitrage, assuré l’hygiène et la sécurité dans les établissements industriels, créé des sociétés coopératives de consommation, de crédit et de production, décidé l’admission des associations d’ouvriers français aux adjudications des travaux communaux, institué l’assistance médicale gratuite, sauvegardé les intérêts des caisses de retraites des employés et ouvriers, en attendant de poursuivre des solutions plus larges et de réaliser, par exemple, parmi celles qui s’imposent le plus, la créatioa>d’une caisse nationale de retraites pour les travailleurs.

Rien de ce qui touche la grande famille française ne devait nous laisser indifférents ; c’est ainsi que, faisant droit au vœu des populations justement inquiètes de voir partir pour les colonies les jeunes recrues désignées par le tirage au sort, nous avons voté une loi assurant le recrutement de l’armée coloniale par les engagements volontaires et la légion étrangère et mettant ün au système des mauvais numéros.

De ce que les législatures précédentes ont déjà donné, il vous est permis de conclure à la certitude d’une suite ininterrompue d’améliorations et de réformes dans l’avenir, l’étude persévérante des problèmes sociaux, la recherche du mieux, la marche incessante en avant étant les conditions mêmes de la forme républicaine.

Pour conserver les résultats acquis, pour en perpétuer la durée, pour en accroître de jour en jour le nombre et la valeur, il faut à la nation des représentants animés de sentiments généreux, détachés de toute préoccupation personnelle, pénétrés de là nécessité de faire entrer dans le régime des lois, avec la liberté, plus de justice et plus de fraternité encore.

C'est dans cet esprit que je vous demande de me renouveler une fois de plus le mandat que vous m’avez confié, convaincu que notre union de pensées et d’espérances n’a fait que se fortifier par sa durée même, et sûr de n’avoir jamais trahi ni les intérêts de mes concitoyens, ni l’intérêt sacré du patrimoine national dont nous avons tous la garde.

Après vingt-cinq ans de cette intimité de sentiments et de cette lutte commune pour le progrès, si j’ai traversé parfois de pénibles circonstances et assisté à de douloureux spectacles, j’ai, du moins, le bonheur de pouvoir vous dire aujourd’hui plus que jamais: ayez confiance dans la République, qui nous a fait la France forte, riche et respectée, parce que le suffrage universel la protège contre les ambitieux et les serviteurs d’idées rétrogrades et de convoitises personnelles, derniers représentants d’un passé sans retour.

Croyez, monsieur et cher concitoyen, à mes sentiments Ses plus dévoués.

Page 1