RL BAINSARD DES BOIS
Élu au tour de scrutin*
Electeurs et chers concitoyens,
Vous êtes appelés à élire votre député dimanche prochain, 20 août ;
Je me présente à vos suffrages avec la plus entière conûance.
Dans une première lettre que je vous ai adressée par la voie de la presse, et dans mes discours, je me suis attaché à réfuter les objections soulevées contre ma candidature par rigooranGB ou la mauvaise foi de mes adversaires, rajouterai peu de chose à ce que je vous ai dit î J 'entends simplement résumer mon programme.
Ce que je réclame, ce que je veux avec vous, c’est Punîon de tous les honnêtes gens, afin de donner au Gouvernement assez de force matérielle pour maintenir l'ordre et pour défendre avec succès les intérêts vitanx de la patrie, assez de force morale pour poursuivre l'application des idées supérieures de Justice, de progrès et d^humanitép
Ce que je veux, c’est l’apaisement des divisions intestines qui déchirent et affaiblissent le pays. Cette entente entre les bons citoyens est indispensable pour conserver à la France la légitime grandeur à laquelle elle a droit devant l’étranger et la prospérité que la paix et le travail doivent lui procurer à l’intérieur. Elle est facilement réalisable si ceux qui, venus tard à la République, en acceptent aujourd'hui le principe, apportent à cette œuvre de concorde autant de bonne volonté que nous en apportons nous-mêmes.
Assurons, au nom de la liberté de conscience, le respect de toutes les croyances. Maintenons la question religieuse sur le terrain du Concordat loyalement interprété par les deux parties contractantes. Considérons les lois existantes, non comme une arme de combat, mais comme un instrument de progrès, et appliquons-les avec autant de bienveillance que de résoluiion.
Les questions de politique pure ne doivent pas être Tunique préoccupation de la prochaine législature. Celles qui se rattachent au travail industriel et agricole doivent y tenir la plus grande place.
3e réclamera! résolument l’examen de toutes les mesures pouvant améliorer le sort des classes laborieuses. Je réclamerai la création de toutes les institutions favorables à Tagriculture, telles que l’organisation du Crédit agricole, )a modification des tarifs de pénétration, le développement de TinstrucLion professionnelle, l’ouverture de nouvelles voies de communication.
Dans Tordre administratif, je me prononcerai pour î Textension de la compétence des Juges de paix, la réduction des frais de justice, le développement
de rasaistance judiciaire, la simplification dos rouages administratifs, l’organisation de l’assistance publique dans les campagnes, la création de caisses de prévoyance et de retraite pour la vieill^se et la maladie.
Voua savez qui je suis t vous ne serez pas trompés. Républicain ferme et convaincu j je veux la République forte, pacifique, économe, assurée, au dehors comme au dedans, contre toute surprise, résolue à se défendre contre toutes les attaques qui menacent en elle le sécurité du pays, mais ouverte, en même temps, à toutes les bonnes volontés et à tous les concours désintéressés. En réclamant le concours de tous les honnêtes gens, je veux la soustraire à l’influence des exploiteurs qui spéculent sur la misère publique et des manieurs d argent, qui sont une cause de ruine pour le travailleur et pour l’homme d’épargne.
C’est à votre honneur et à votre probité que je m’adresse, et je fais appel à Tunion de tous les Français dans la République et par la République, sous cette devise :
Ordre — Concorde — Progrès.
Veuillez croire, électeurs et chers concitoyens, à mes sentiments les plus dévoués.
BANSiRD DES BOIS, •
Ancien dépoté, Conseiller général et maire de Belléme.
Extrait d’um kttrs de M. Bansard des Bois, Aux Électeurs,
. Messieurs les électeurs,
Ce que je ne veux pas, c'est l’introduction du prêtre dans la politique. Je pense qu’il doit être maître dans son église et que personne ne doit l’y inquiéter, mais je pense qu’il ne doit pas être le maître à. la mairie. Je veux que chacun reste à sa place, le curé à la tête de ses fidèles, le maire à la tête de ses administrés.
Je suis donc partisan du maintien du Concordat loyalement appliqué, et je voterai le budget des cultes, si vous me faites l’honneur de me nommer .
Ce que je vous promets, et cela je le'îiendrai, parce que je le crois utile et indispensable au bien de mon pays :
C’est d’exercer, à la Chambre, un contrôle rigoureux des dépenses publiques î c’est de veiller ànne meilleure répartilioo des impôts, en rapport avec les facultés de chacun, et à une juste économie dans nos finances, pour assurer les dégrèvements compatibles avec l'état des charges générales.
Ce que Je vous promets» c’est de voler toutes les mesures qui pourront améliorer le sort du Iravailleur en soulageant ses dépenses et en lui permettant d’augmenter ses revenus ; c’est de faire tous mes efforts pour amener à brève échéance la création de caisses de prévoyance et de maisons de retraites pour les travailleurs vieux et inûrmesî c'est de reprendre, si c’est nécessaire, les prupositions qui ont été déposées pour l’institution du Crédit agricole et d’en accélérer le vote, de façon que cette banque des campagnes puisse être instituée, s’il est possible, dans le courant de cette législature ; c’est de m’intéresser aux questions agricoles et industrielles qui constituent la fortune de notre contrée*
Ce que je vous promets, enfin, c’est de faire tout ce que je pourrai pour apaiser autour de nous les querelles et les divisions qui nous déchirent; c’est de consacrer toutes mes forces, toute ma volonté, tout mon cœur à celte mission de paix et de concorde* Je vous promets de m’occuper consciencieusement de vos affaires et d’y consacrer tout mon temps et toute mou activité, sans aucun souci d’intérêt personnel et avec un complet désintéressement.
Je ne vous garantis pas que je réussirai toujours, mais vous pouvez être convaincus que, s’il m’arrive d’échouer, ce ne sera pas faute d’avoir fait tout ce que j’aurai pu pour assurer le succès et que je me serai heurté à des obstacies ou à des résistances plus fortes que la volonté humaine*
Veuillez croire, mes chers concitoyensj à mes sentiments les plus dévoués*
BANSÂffD DES BOIS, ancien député.
Conseiller général de l’Orne, maire de Bellême*