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Je vous avaîflj notamment^ promis d'Otre Fadveraaire acharné des grandes compagnies indostrieUes, commerciales et financières qui accaparent la richesse minière du pays, qni lournenL à leur seul profit son activité industrielle et commerclaîe ainsi que le labeur de i^agriculture ; qui pressurent sans merci Touvrier d'usine, le houilleur, le travailleur des champs,
La part que j’ai prise aux débats de la Chambre et mes votes pour la révision du tarif des douanes, la lof sur la responsabilité patronale en matière d’accidents, l’arbitrage dans les différends entre ouvriers et employeurs, Tin dépendance des délégués mineurs, la limitation du temps du travail dans les raines et la journée des enfants et des femmes dans les manufactures, la proposition Bovier-Lapierre pour garantir la liberté des syndicats, Tadmission des anciens ouvriera dans les conseils d’administration des syndicats (conséquence de mon interpellation au sujet des poursuites contre la chambre syndicale de Hautmont), TextensioD de l’institution des prud’hommes, les caisses de secours et de retraites, raugmenialion des traitements des instituteurs et des employés subalternes des postes et des ponts et chaussées, rinlerrnption du travail dans les gares de petite vitesse le dimanche, témoignent que j’ai fidèlement tenu ma promesse.
Plusieurs des améliorations qu’en voire nom j’ai réclamées sont acluellemeiU au Sénat et reviendront devant la Chambre dans îa prochaine législature : par exemple, le projet de loi sur les accidents et celui des caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs. Ce dernier projet, profondément modifié par les sénateurs, sera remis en discussion dès la réunion de la nouvelle assemblée, Le principe du livret de versements accompagnant l’ouvrier lorsqu’il change de compagnie est admis; il faut qu’il triomphe des dernières résistances des chefs d’exploitation et que la retenue obligatoire faite à l’ouvrier sur son salaire ne lui soit plus volée quand on le congédie ou qu’il s’en va.
Nous avons, dans de nombreuses conférences, examiné ensemble les grandes questions de politique générale.
Vous savez que, partisan résolu de la paix, je veux cependant la France forte et respectée.
L’entretien de noire armée est une lourde charge, mais, dans la situation présente de l’Europe, nous ne pouvons songer à l'alléger. Que, du moins, le service militaire' soit égal pour tous, qu’il n’y ait plus de conscrits privilégiés ne passant qu’un an sous les armes, alors que le fils du travailleur est, durant trois années, enlevé a l’établi, au chantier, ou au sillon I
Mais il est une économie nécessaire et depuis trop longtemps différée: celle du budget des cultes. Que le catholique paye son curé, le protestant son pasteur, l’isra élite son rabbin 1
Nulle religion reconnue, ni subventionnée par PÉtat; les congrégations dissoutes et le retour à la nation de leurs domaines frauduleusement acquis.
Par contre J U importe de ne pas marchander les frais d^école. Que Pin-
SB
structloB soit gratuite; que, pour le bien dti pays, toutes les intelligences, toutes les capacités générales ou spéciales puissent se produire 1
Quant à Fimpôt, il doit être radicalement réformé. Tel qu^il est établi, en même temps direct et indirect, il frappe trois ou quatre fois le môme objet i il est onéreux pour la producUon et ruineux pour les consommateurs.
Que les octrois, qui font le renchérissement des denrées que le pauvre^ consomme, soient partout supprimés ;
Que le budget de FÉtat et celui des communes soient prélevés progressivemeot sur les revenus de chacun.
Enfin, il est temps de réclamer impérativement la révision de la Constitution de 1875* Voilà dix-huit ans que ca pacte social, rédigé par des monarchistes, entrave la marche en avant de la démocratie. Voilà dix-huit ans que le Sénat étrangle au passage les réformes, pourtant bien modestes, que votent les députés*
Que Fod supprime le Sénat I
Dans une démocratie, une chambre haute est un contresens, une absurdité.
Au point de vue local, il est d^autres questions auxquelles votre représentant doit également son étude et ses efforts.
La création du grand canal du Nord fournirait à nos charbons et à notre bétail un moyen de transport économique et commode jusqu'à la capitale. Cette création est pratique, facile, préférable, à tous égards, au chimérique projet de Paris port de mer, dont le résultat le plus certain serait de favoriser l’importation de Fétranger*
L’abaissement des tarifs des chemins de fer pour les houilles indigènes et Fabolition des tarifs dits de pénétration, qui amènent dans les centres manufacturiers les houilles anglaises, allemandes et belges à meilleur compte que les nôtres, sont des mesures qui s’imposent*
Il est de toute nécessité qu’une surveillance équitable garantisse le producteur de betteraves contre Fexploitation souvent improbe et toujours abusive des grands établissements sucriers.
Le rôle du député, en ces choses particulières à sa qirconscriptîon, est celui d’homme d'affaires de ses mandants. Il lui faut, pour bien s’en acquitter, Be tenir en rapports constants avec eux*
Citoyens,
Ma conduite sera, dans la prochaine législature, telle qu’elle a été dans celle qui vient de prendre fin, Cest avec confiance que je viens solliciter de vous la prolongation de mon mandat*
Vive la République!
BASLY, député sortant.
2“ circonscripüon de BÉTHUNE.
M. Arthur LAMENOIN,
Élu au 1®' tour de scrutin.
Citoyens,
L’anuêe dernière, au mois de mars, vous m’accordiez vos sul&ages, sur rengagement pris par moi d’être, à la Chambre des Députés, le défenseur des intérêts de notre région et le représentant de vos sentinaents républicains.
Je vous avais promis de lutter, toutes les fois que l’occasion s’en présenterait, contre les grandes compagnies industrielles et financières qui rançonnent l’industrie, le commerce, l’agriculture; qui exploitent l’ouvrier, le mi, neur, le travailleur des campagnes. J’ai fidèlement tenu ma promesse. Par mes discours et mes votes, j’ai soutenu la loi sur la responsabilité des patrons dans les accidents, l’arbitrage dans les différends entre les ouvriers et employeurs, l’indépendance des délégués mineurs, la limitation du temps de travail dans les mines et de la journée dos enfants et des femmes dans les manofactures, la proposition Bovier-Lapierre pour assurer la liberté des syndicats, l’admission des anciens ouvriers dans les conseils d’administration des syndicats, l’extension de l’institution des prud’hommes, les caisses de secours et de retraites, l’augmentation du traitement des instituteurs et des employés subalternes des postes et des ponts et chaussées, etc.
Plusieurs de ces améliorations ne sont pas réalisées encore et reviendront, après avoir passé par le Sénat, devant la Chambre retrempée dans le suffrage universel. De ce nombre sont le projet de loi sur les accidents et celui des caisses de retraites des ouvriers mineurs. Ce dernier projet sera inscrit tout d’abord à l’ordre du jour de la nouvelle assemblée. Dès à présent, le principe du livret de versements, suivant l'ouvrier lorsqu’il change de compagnie, est accepté. La retenue obligatoire qu’il subit ne sôra plus perdue si on vient à le congédier ou s’il s’embauche ailleurs.
Citoyens,
J’ai, à diverses reprises, développé devant vous mon opinion sur lesgraudes questions de politique générale. Je suis partisan du maintien de la paix et opposé aux guerres coloniales ; mais je veux la France forte et respectée en Europe. Bien que l’entretien de notre armée soit une lourde charge, il ne faut pas songer présentement à la réduire ; nous pouvons du moins exiger que le service militaire soit égal pour tous, que, tandis que le fils du travailleur est encaserné
pour trois anSf certaîas conscrits privilègiés ne soient pas libérés au bout d^une année.
L’instruction primaire ne saurait être,trop répandue. Les aacrifices qu’elle coûte sont récupérés par les capadléa qu’elle fait Burgir de la masse du peuple, capacités dont la nation, dans son ensemble, bénèBcie,
La réforme de l’impôt est universellement réclamée. Le système compliqué actuellement en pratique frappe trois ou quatre fois le même objet î il est vexatoire pour le producteur et ruineux pour le consommateur. Les octrois, qui pèsent principalement sur les aliments du pauvre, sont à supprimer. Le budget de PÉtat et celui des communes seraient alimentés par un impôt progressif sur le revenu*
La révision de la Constitution de 1875 est aujourd'hui possible et nécessaire \ depuis dix-huit ans, elle entrave îa marche en avant de la démocratie ; elle n’est plus en accord avec les progrès de Pesprit public.
Citoyens,
Ces questions générales ne sont pas les seules que votre représentant ait à étudier et à résoudre i les questions locales et régionales ont une égale importance,
La création du grand canal du Nord procurerait à nos charbons et à notre bétail un moyen de transport commode et économique Jusqu’à la capitale. Le projet qu’on lui oppose de Paris port de mer exigerait des milliards et, au lieu de favoriser notre indtistrie et notre agriculture, proûterait aux importateurs étrangers.
L’abaissement des tarifs de chemins de fer pour les houilles frant^aises et Paboîitîon des tarifs de pénétration qui favorisent les houilles belges, anglaises et allemandes sont des mesures indispensables et pressantes.
Il est non moins urgent qu’une surveillance soit exercée pour empêcher que le producteur de betteraves soit abusivement exploité par les grands établissements sucriers et aussi qu’un régime équitable, réglant les rapports de la régie des tabacs avec les planteurs, soit institué.
Le député, en ces choses particulières à sa circonscription, est l’homme d'affaires de ses mandants. Pendant mon court séjour au Palais-Bourbon, je me suis appliqué à l’être. Je viens avec coalîancQ me représenter à vos suffrages,
Vive la République I
Arthur LAMENDIN^ député sortant, membre du Conseil supérieur du travail au Minis^ tère du Commerce et de l’Industrie.
3« circonscription de BÉTHUNE.
M. Achille FANIEN,
Élu au i*» tour de scrutin.
Mes chers coucitoyens,
Vos nombreux témoignages de sympathie m’imposent le devoir de me présenter encore une fois à vos suffrages.
Je crois avoir rempli fidèlement le mandat que vous m’avez confié, il y a quatre ans j si vous me le renouvelez, je maintiendrai ce loyal accord entre vos vœux et mes actes.
Vous avez demandé une protection efficace pour des produits agricoles et manufacturés; satisfaction vous a été donnée. A aucune époque, le travail national n’a été mieux défendu contre la concurrence étrangère. C’est un des bienfaits du Gouvernement du pays par le pays, dont vous devez ressentir tout le prix.
Une loi créant un crédit agricole ne tardera pas à être votée ; elle donnera à beaucoup d’entre vous les moyens de développer leur production.
Diverses lois dont les effets se feront bientôt sentir, et qui intéressent plus particulièrement les classes laborieuses, ont été promulguées. D’autres projets seront repris et témoigneront du désir unanime des représentants du pays d’améliorer le sort des travailleurs. Je n'ai pas besoin de vous dire que moo concours le plus dévoué leur est acquis.
Chers concitoyens,
Longtemps nous avons combattu pour fonder et défendre la République. Nous avons aujourd’hui cause gagnée. Ils sont rares ceux qui contestent encore la légitimité et l’avenir du Gouvernement que la France s’est donné.
11 nous a fallu, il y a quatre ans, soutenir un dernier assaut; grâce à la sagesse de la nation, nous avons eu raison d’une coalition sans scrupules, et la liberté est sauve,
La tâche est maintenant de constituer un pouvoir homogène, résolu, conduit avec décision par des mains honnêtes, assurant la liberté, la justice, la paix : la paix extérieure, honorable, digne du rang qne la France doit occuper dans le monde ; la paix intérieure, sans laquelle il n’y a ni sécurité pour le travail, ni prospérité.
Ce gouvernement si désirable, il dépend aujourd’hui des électeurs de le réa-
User; l’accord parmi vous est le prélude nécessaire de Taccord dans le Parlement.
Ce gouvernement seul aura mon concours, si j’obtiens encore de votre confiance l’honneur de vous représenter.
Achille FANIEN.
l'c circonscrîptioii de BOULOGNE.
M. Achille ADAM,
Élu au 1*' tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Je me présente sans crainte à vos libres suffrages.
Dans une brochure distribuée à chacun de vous, je vous ai rendu compte de mon mandat.
Vous avez pu vous assurer que, par mes votes et mes propositions de lois, je me suis efforcé d’obtenir la création d’une caisse de retraite pour les ouvriers âgés et de pensions.pour les marins, victimes d'accidents de mer.
Le dégrèvement des impôts par la réduction des dépenses exagérées ou inutiles.
La suppression de l’impôt foncier.
L’union de tous les bons citoyens. '
La pacification religieuse.
L’adoption des mesures destinées à favoriser la pèche et l’industrie nationale.
La liberté et l’égalité pour tous.
Si vous me confiez à nouveau la défense de vos inlèrèts, je poursuivrai sans relâche la réalisation de mon programme.
Électeurs,
J’attends votre décision avec la plus entière confiance.
Comptez sur tout mon dévouement.
Aciiille ADAM.
Extraits d'une brochure intitulée » A mes concitoyens », visée dans la pièce précédente, et dans laquelle M. Achille Adam *a rendu cmnpte de son ■ mandat :
Monsieur- et cher concitoyen, • ■
Je viens devant chacun de vous, ami ou adversaire politique, placer, en regard des engagements que j’ai pris en 1889, les votes que j’ai eu à émettre, les propositions de loi que j’ai signées, les observations que j’ai portées à la tribune.
II ne me sera pas difficile, je l’èspère, de démontrer à mes amis que je suis demeuré fidèle au contrat qui nous liait, que je l’ai loyalement et scrupuleusement observé.
Mes engagements.
Vous n’avez pas oublié mes engagements, on peut les résumer en quelques mots.
J’ai demandé dans mon programme de 1889 :
En politique, la libre et complète expansion de la démocratie, consultée dans sa forme légale qui est le suffrage universel.
J’ai promis mon concours loyal à tout gouvernement emprunt de justice et de libéralisme.
Envisageant la question sociale,. qui apparaît, de plus en plus impérieuse, j’ai dit que je travaillerais au développement de la mutualité, que je m’efforcerais d’obtenir la création des caisses de retraites ouvrières.
J’ai voulu, et je veux encore, dans les questions religieuses et scolaires, le régime de la liberté, l’exécution loyale du Concordat, la pacification des esprits par le respect de toutes les croyances.
Dans un pays où les citoyens sont écrasés par les plus lourds impôts du monde, j’ai pensé et je persiste à proclamer bien haut qu’il faut arriver, par l’ordre, la probité et de rigoureuses économies : d’une part, à l’amortissement de celte dette énorme de 35 milliards qui nous accable, et, d'autre part, à des dégrèvements en faveur des petits contribuables.
Je vous disais également que, pour donner ù la France plus de résistance et de souplesse au point de vue financier, en même temps que pour restaurer l’antique splendeur de son industrie, de son commerce et de son agriculture, il fallait, par une protection douanière efficace et une réforme de certains tarifs de chemins de fer, enrayer la concuiTonce toujours plus pressante de la production étrangère.
Je terminais cette trop longue énumération en rappèlant que, pour répondre à certaines calomoies, je dus affirmer, à deux reprises différentes, mon éloigne-
ment invincible pour la guen-e étrangère; mais je me hâtais d’ajouter que je vouiais une paix cligne et la fin cies aventures lointaines.
Ai-je tenu ces engagements?
Vous aliez en juger.
Question politique.
On m’a reproché, dans certains jonrnaux, d’avoir, dans la séance du 19 novembre 1889, voté contre l’urgence d’une proposition de révision de la Constitution, déposée par M. Maujan. On a affecté de confondre l’urgence, qui n'est qu’un incident de procédure parlementaire, avec le fond même de la question, l’ai répondu dans les journaux de mes adversaires à cette accusation puérile, je n’en dirai pas un mot de plus, n’ayant pas l’habitude de revenir sur mes engagements.
Questions sociales, ouvrières et agricoles.
Sur ces questions, je puis le dire avec fierté, j’ai tenu plus que je n’avais promis. 11 importe, à mon avis, que les injustices sociales soient redressées; que la condition des classes laborieuses devienne meilleure; qne leur vieillesse soit mise â l’abri du besoin; que le droit d’association soit maintenu; que le travail des femmes et des enfants soit étroitement surveillé.
C’est à ces réformes que je me suis associé, soit par mes votes, soit par mes propositions de loi,
l’ai voté, en 1890, l’abolition des livrets ouvriers, la loi sur les syndicats professionnels.
Le 17 mars 1891, j’ai voté la loi sur les prud’hommes, et, un peu plus tard, une subvention aux associations ouvrières, afin de leur permettre d’organiser one exposition de travail.
Le 30 juin 1891, j’ai déposé un projet de loi organisant la participation aux bénéfices des ouvriers et employés dans les entreprises de l’État, participation que j’ai mise en œuvre dans ma maison de banque et dont le personnel et la direction sont unanimes à louer les effets bienfaisants.
Enfin, le 5 février 1890, j’ai déposé, avec un de mes collègues, le baron Piérard, une proposition de loi que la Chambre a prise en considération, portant création d’une Caisse nationale de retraites pour les ouvriers.
Obéissant toujours à cette même pensée et unissant dans mon esprit les intérêts de tous les travailleurs, j’ai eu riionneur de signer récemment la proposition de mon collègue, M. de Kergorlay, par laquetie nous demandions le dégrèvement de Pimpot foncier pour tous les agriculteurs et cuitivate urs victimes de ta sécheresse exceptionnellemeDt rigoureuse de cette année.
Questiom religieuses el scolaires.
J’ai volé, cela va sans dire, le l>udget des cnîtes.
Dans les différentes interpellations auxquelles ces questions ont donné Heu> j’ai nettement indiqué, par mes votes, que je voulais la pacification religieuse.
Les termes de cette pacification désirée par tous les patriotes soucieux de l'avenir ont été magistralement posés à îa tribune de la Chambre; on peut les ramener à trois ; le Concordat loyalement exécuté; les séminaristes versés, en temps de paix, dans les services hospitaliers de Tarmée, puisqu’ils sont appelés en temps de guerre k faire le service de brancardiers; enfin, les Conseils municipaux laissés libres de choisir les instituteurs, sous la condition unique que les élus seront munis de diplômes déiivrés par TÉtat.
C'est dans cette pensée que j^ai eouteou, par mon vote, une proposition qui a échoué — parce qu'elle était libérale — et qui conaîslaît à autoriser les Conseils municipaux à subventionner les écoles libres*
OuesHons financières.
Dès mon arrivée à la Chambre, le 27 mai 1890, j'ai signé et voté une proposition de loi tendant à ce que la situation financière .de la France fût établie par un bilan sincère, mettant eu regard dupassil les ressources normales destinées à le gager*
Questions extérieures et coloniales.
J’ai soutenu résolument le gouvernement de la République dans sa politique européenne.
Je lui ai refusé tout crédit pour le Soudan et le Tonkin ; j’ai voté renquête pour le Dahomey.
Ce n’est pas que je sois hostile, en principe, à l'extension de nos possessions d’outre-raer; mais je crois que le système qui consiste à envoyer aux colonies, par petits paquets, des soldats trop Jeunes pour résister au climat, est un système détestable, plein de périls et ne pouvant aboutir qu'à des désastres* Si on veut avoir une politique coloniale, U faut d’abord posséder une armée coloniale, recrutée parmi des volontaires — qu’on me passe le mot — parmi des professionnels aguerris et robustes*
J’ai voté le projet de loi sur Farmée coloniale, quelque insuifisant qu’il soit* Je Fai voté parce qu'il contient le principe du recrutemeut volontaire comme mode exclusif de formation des contingents coloniaux.
Achille ADAM, député du Pas-de-Calais.
2° circonscription de BOULOGNE, M Paul DUSSAUSSOY,
Elu au 2*^ tour de scrutin.
Électeurs,
Vous avez à nommer un député. 3^ai Tbouneur de solliciter vos suffrages.
Je suis partisan sincère de la République,
Que doit être la République? Le triomphe de la vraie liberté, de Pégalilô vraie, de la vraie fraternité.
Aussi, en dépit des erreurs graves, des lourdes fautes qui ont trop souvent marqué son règne, cette forme de gouvernement réunit aujourd'hui le consenlemeut presque unanime de la France.
Sans passé politique, libre de tout esprit de parti, j'estime qu^il faut mettre un terme à des luttes stériles et entrer franchement dans la voie des réformes sociales ; elles sont réclamées aujourd’hui par des besoins nouveaux. La sagesse d’un gouvernement consiste à accorder au peuple les réformes justes et iibérsdcs prévenir les revendications violentes.
N’est-il pas étrange de voir un gouvernement, qui se réclame de la liberté, maintenir les conseils municipaux sous une étroite tutelle, et accroître de pins en plus une centraUsation qui multiplie les entraves à ^initiative individuelle?
N’est-il pas étrange de conserver en si grand nombre les circonscriptions administratives, préfectures, trésoreries générales, etc., qui, aujourd'hui, à cause de la rapidité des communications, n’ont d’autre but que de multiplier, au détriment du budget, les grands emplois de FÉtat, et d’en faire trop souvent le refuge des amis complaisants ou malheureux du pouvoir?
La réduction de ces charges constituerait à elle seule une économie importante pour les contribuables, c’est-à-dire un dégrèvement des impôts qui nous écrasent, Pimpôt foncier, en particulier, sous lequel succombe notre agriculture.
La Chambre devra, au coum de cette nouvelle législature, se préoccuper surtout de ramélioratien du sort des travailleurs.
- [[ me paraît nécessaire d’assurer aux syndicats les moyens de vivre, en leur donnant le droit de posséder.
11 est juste aussi de créer au profit des ouvriers des villes et des campagnes une Caisse de retraite pour la vieillesse.
La révision du Code de procédure, dans le but d’en rendre les formalités plus simples, plus expéditives et moins onéreuses, rextension do la compétence des juges de paix sont encore des réformes qui s’imposent.
Ce serait une œuvre vraiment démocratique de protéger les petits do-
mainee, de rendra complètement îasaisiBsables lea appointements des petits employés et le salaire des ouvriers.
En matière fiscale, je m’associerai à toutes les mesures qui tendront à répartir équitablement l'impôt suivant la fortune elles ressources des citoyens.
Je m’attacherai à revendiquer pour tous le droit à la liberté limité par le devoir de respecter celle d’autrui.
' Je consacrerai tous mes efforts au relèvement de nos industries, au développement de notre port, à la défense de nos intérêts maritimes et agricoles.
Enfin, Messieurs, si vous me confiez le mandat que je demande à vos libres suffrages, mon unique souci sera d’être le député de tous.
Paul DUSSilUSSOY,
Membre du Conseil général du Pas-de-Calais.
Circonscription de MONTREUIL .
M. Louis BODDEKOOT,
Élu au l®' tour de scrutin.
Monsieur et cher compatriote.
Je viens solliciter de vous le renouvellement de mon mandat.
J’ai suivi fidèlement, depuis quatre années, la ligne de conduite que je vous avais indiquée en 1889.
« Ni révolution, ni réaction, disais-je alors ; mais la République et la liberté pour tous. »
A la Chambre, je me suis placé au centre du parti républicain, j’ai répudié toute compromission avec les adversaires invétérés de la République et les radicaux, intransigeants ou socialistes.
Dans notre arrondissement, j’ai fait œuvre de conciliation et de concorde républicaines; et, en pratiquant cette politique large et tolérante, j’ai contribué, avec mes amis, vos conseillers généraux et d’arrondissement, à augmenter régulièrement dans ce pays le nombre des partisans de la République.
J’agirai de même, à l’avenir; et, dans le Parlement, je m’efforcerai de coûcourir à la formation d’une majorité stable et d’un gouvernement qui, s’appuyant sur elle, fasse respecter les lois et assure à la France, tout ensemble la liberté et l’ordre, sans lesquels i! n’y a pas de progrès possibles.
Voilà pour le côté politique. Au poiut de vue économique, il faut assurer, comme l’a fait la Chambre élue en 1889, la protection qui est due à notre industrie, à notre commerce et, avant tout, à l’agriculture française.
Dans l’ordre financier, il faut revenir à la politique d’économie et d’unifi-
cation bndgétairs qu’en 1892 et 1893 on a négligée, après l’avoir pratiquée avec fruit pendant cinq ans.
OüQîqucs téforniBS pr<itifïii6S, ordre administratif et fiscal ^ comnie la dédiic* lion des dettes dans les successions, la simpUrication des formalités et des procédures, la réduction des droits sur les mutations à litre onéreux et un essai de décentralisation au proGt des départements et des communes seraient bien plus profitables au pays et allégeraient bien mieux les charges des citoyens, que les prétendues réformes réclamées bruyamment par les socialistes des diverses écoles; progrès à rebours dont les contribuables, surtout les ruraux, payeraieiit les frais; utopies dangereuses qui, alarmant les intérêts, affaibliraient le crédit public et l’esprit d’initiative dont pourtant vivent le commerce et l’industrie et qui font les nations grandes, fortes et prospères.
Nous devons au travail, non rexcès'derèglementation qui tue, mais la liberté qui vivifie, et aux travailleurs, non des lisières qui les gênent, mais des œuvres qui les aident,
C^est dans une organisation perfectionnée de Tasaistance publique et de la prévoyance; dans de bonnes lois sur la sécurité des ouTriors, sur ! hygiène domestique et sociale, qu*il y a lieu de rechercher l’amélioration du sort des classes laborieuses et les véritables progrès sociaux qu’on peut attendre de la démocratie républicaine.
Ces œuvres, à mon sens, doivent plutôt se rattacher à des institutions régionales qu’à des institutions d’Éiat, celui-ci n’intervënant, en général, que pour aider les départements, les communes et les particuliers.
Dans cet ordre d’idées, nous devons poursuivre la création d’hospices cantonaux et l’utilisation plus étendue de ceux qui existent, afin de venir mieux en aide aux travailleurs, vieux et infirmes, de nos campagnes. ^
11 n’est au pouvoir de personne de garantir du travail à tous les hommes; mais on peut essayer de leur en procurer, en favorisant les entreprises qui ont pour objet de développer le commerce et l’industrie , , de leur assurer desdébouchés et de contribuer à la prospérité publique.
Dans notre région, le chemin de fer d’Aire a Berck a été exécuté dans ce but. Il nous reste à. poursuivre l’exécution des lignes de Dompierre à Hesdin et à Wailly. le m’emploierai de mon mieux à vaincre les difficultés que présente cette entreprise, où les intérêts de deux dépar|ement8uont enjeu.
Pour nos communes maritimes, je me suis attaché à défendre leurs intérêts et la causa de leurs marins. Je continuerai à le faire et à appuyer les.ceuvres projetées en vue de l’amélioration de leurs ports et plages.
Gomme par le passé, je m’efforcerai d’être utile à tous, et je. le pourrai d’autant mieux que voua m’accorderez un plus grand nombre de suffrages, dans lesquels je puiserai plus de force, d’influence et d’autorité, que je ne cesserai de mettre à votre service et à celui de notre chère patrie.
Veuillez agréer l’assurance demesaentiments les meilleurs et- les plus distingués.
Louis BOÜDENOQT,
Conseiller général, député sortant.
1™ circonscription de SAINT-OMER.
M. A, EIBOT,
Élu au 1“ tour de scrutin-
Mes chers concitoyens*
La législature qui vient de s'achever laissera une trace durable d.aus Thistoire de notre pays.
Pour la première fois* les partis hostiles à la République ont été forcés de s'incliner devant la volonté nationale, La République s'ideotiOie désormais avec la France élle^même.
Pour la première fois aussi* depuis nos malheurs de 1870, la France est sortie de son isolement et a repris dans le monde la place qui lui appartient.
L'unité du budget a été rétablie; une plus sévère économie a été introduite dans les dépenses publiques ; la réforme de l'impôt a été commencée dans un plus grand esprit de justice envers ceux qui ont le plus de peine à supporter le poids de rexistence.
Le vote de tarifs de douanes largement protecteurs a donné satisfaction aux besoins les plus pressants de ragriculture et de Pindustrie,
De sérieux eETorta ont été faits pour améliorer la conditicm des travailleure et diminuer les causes de conflit entre le travail et le capitaU
La Chambre qui va être éîtie devra, pour se conformer aux vœux manifestes du pays, maintenir dans ses grandes lignes rosuvre politique eî économique de ses devancières*
Elle aura pour tâche de donner au Gouvernement plus de stabilité et plus d’autorité, en constituant une majorité compacte et mieux disciplinée*
Elle s'efforcera d'appliquer à Télaboration des lois une méiliode plus rigoureuse, d'écarter les discussions stériles pour se consacrer aox réformes que le pays réclamé dans Tordre administratif, dans la législation des impôts, dans la procédure judiciaire.
La révision de Fimpôt foncier, l'abaissement des droits de mutation, la simplification des formalités pour la transmission de la propriété immobilière et pour la liquidation, des successions devront être placées au premier rang des préoccupations des pouvoirs publics*
Les lois concernaut le travail seront l'objet d'une égale soUicitude. Sans exagérer le rôle de PÉtat et sans s'écarter des principes de Liberté inaugurés par la Révolution de 1789, le lêglslaieur a le devoir de protéger les ouvriers contre les accidents et de leur faciliter î'assuraace contre la vieillesse et la maladie, La lot de 1834 sur les syndicats, malgré le^ abus auxquels elle a donné lieu, doitiôtre maintenue dans ses dispositiops libérales.
L’organisation du crédit agricole est aussi un des problèmes que la Chambre des Députés devra s’efforcer, en premier lieu, de résoudre.
Électeurs,
Vous me connaissez depuis longtemps.
Dans les hautes situations que j’ai occupées, j'ai été fidèle à mes engagements et j’ai toujours défendu les intérêts de notre région.
Fermement attaché aux grands principes conservateurs de toute société, sincèrement libéral et respectueux des croyances, je suis convaincu que, dans une société démocratique comme la nôtre, la politique de réformes et de progrès est devenue une des conditions essentielles de l’ordre et de 1 union des citoyens
0ii.tr0 fiiix ■
Je méprise les calomnies par lesquelles on a cherché à égarer votre juge* ment. De pareils moyens ne font tort qu’à ceux qui les emploient; il vous appartient d’en faire justice. C’est avec confiance que j’attends votre verdict.
Veuillez agréer, mes chers concitoyens, l’assurance de mon entier dévouement.
A, RIBOT, ancien président du Conseil des Ministres, député sortant.
2“ circonscription de SAINT-OMER.
M. G. JONNART,
Élu au l®* tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Encouragé par les marques de sympathie qui me parviennent de toutes les communes de notre circonscription et fort de la confiance dont m’honore Funanimité de vos représentants au Conseil général et au Conseil d’arrondissement, je n’hésite pas à solliciter le renouvellement de mon mandat.
Ce mandat, je crois l’avoir rempli fidèlement.
Dans les importantes commissions oîi mes collègues m’ont fait le grand honneur de m’appeler, comme à la tribune de la Chambre, j’ai consacré tous mes efforts, toute mon énergie a la défense de notre agriculture si cruellement éprouvée, au soulagement des malheureux, au triomphe d’une politique d’ordre, d’apaisement et de réconciliation.
A la Commission des douanes, j’ai demandé que les traités de commerce, si
préjudiciables au développement agricole de notre région, ne fussent pas renouvelés, que le travail national fût plus efficacement protégé, et qu’en particulier Pélevage français fût garanti, non seulement par des droits largement compensateurs, mais encore par une réglementation sévère visant Fimportation, par nos frontières du Nord et de FEst, d’animaux vivants atteints de maladies contagieuaes on de viandes abattues, trop souvent malsaines.
A la Commission du budget, j’ai réclamé plus de clarté et de sincérité dans les finances de FÉtat ; je me suis montré résolument hostile à la plupart des dépenses nouvelles, insuffisamment justifiées, à mon sens, excédant les ressources du pays; j'aî constamment défendu la politique des économies, qui s’impose plus impérieusement que jamais, aussi bien aux budgets des communes et du département qu’au budget de FÉtat.
A deux reprises, j^ai réussi à faire repousser le projet d’augmentation des licences sur la bière. Voua savez à la suite de quelles vicissitudes cette dernière proposition n’a pu être sanctionnée par le Parlement.
Je me suis associé à Fenuvre d’unification budgétaire, qui n’a pu malheureusement Être achevée et qu’il s’impose de poursuivre, et J’ai été heureux de voter la dimîoution des frais de transport et la constitution d’une armée coloniale, qui dispensera désormais les premiers numéros du contingent annuel du service dans les colonies, où des soldats trop jeunes, mal aguerris, ont tout à craindre des maladies et du climat
Ce que j’ai été dans la dernière législature, je le serai dans la prochaine, si vous me maintenez votre confiance.
Mes chers concitoyens,
Depuis que je pense et depuis que j'agîs, j’ai souhaité ardemment raffermissement définitif du régime républicain qui, mieux qu’aucun autre, peut sauvegarder l’ordre et le progrès dans la liberté.
Aujourd’hui, en présence de la volonté formelle de la nation, les vieux partis ont perdu Fespoir d’une restauration monarchique.
La République a poussé dans le pays des racines indestructibles.
Puissent désormais tous les bons citoyens et tous les honnêtes gens, au lieu d’épuiser leurs forces dans des luttes stériles, travailler à la pacification sociale et religieuse, à la solution des problèmes économiques et financiers qui nous sollicitent, à la prospérité et à la grandeur de la France 1
G’esl mon vœu le plus cher.
Je n’ai cessé de faire appel à Fuuion de tous les dévouements et de toutes les bonnes volontés, voulant une politique généreuse et tolérante, tout en étant nettement et loyalement républicain.
C’est pourquoi je m’élèverai toujours contre toute atteinte portée à ce qu’il y a de plus intime et de plus respectable dans la société^ Sa Jiberté de conscience.
Mais je dis très haut que, compromettre la religion dans les violences de la politique, c’est la pire faute que des catholiques puissent commettre.
Je ne suis ni avec ceux qui rêvent la suppression du budget des cultes et
du Concordat, ni avec ceux qui poursuivent l'abolition des Joie scolaire et militaire.
Ce que je veux, c’est qu’on applique ces lois fondamentales dans un laî^e esprit de conciliation. Elles ne doivent jamais devenir, entre les mains d’une majorité ou d’un gouvernement, un moyen de vexation, ni un instrument d’oppression.
Mes discours, mes actes attestent que je ne mé suis pas départi un eeul instant de cette politique à la fois re^ectueuse des croyances et jalouse des droits de l’État.
le suis convaincu, en 1893 comme en 1889, de répondre, en persévérant dans la même voie, aux idées, aux aspirations de la très grande majorité des électeurs de cette circonscription, éminemment sage ét modérée.
Ai-je besoin d’ajonter que je souhaite plus d^autoritè, de fermeté, d homogénéité dans le Gouveruenient ; des discussions mietrs ordonnées à la Chambre, et la constitution prochaine dans le Parlement, grâce h une entente plus étroite de tous ceux qui restent attachés aux principes conservateurs de toute société, lin grand parti républicain de gouvernement, opposé aux chimères collectivistes et à toutes les entreprises contre la propriété individuelle et la liberté du travail.
Ce parti sera essentiellement progressiste, ou il ne sera pas.
Se réclamant des hommes de 1789, il faudra qu^il s'applique à faire pénétrer de plus en plus dans les lois les idées de justice, de solidarité et de fraternité qui caractèriseut Foeuvre de nos glorieux ancêtres.
La future Chambre, assurément, ne peut prétendre, dans un délai de quatre années, résoudre V ensemble des problèmes d’assistance, de mutualité et de prévoyance qui préoccupent si légitimement ceux qui travaillent et ceux qui souffrent; il est indispensable, d’ailleurs, qu*une extrême réserve et une grande prudence président à rétablissement des prochains budgets.
Mais il faut faire quelque chose.
L'organisation des caisses de retraites pour la vieillesse est la première réforme à tenter, le demanderai que les ouvriers de nos campagnes, moins bruyants mais non moins dignes de sollicitude que les ouvriers des villes, soient appelés à bénéficier de tous lés avantages qui pourront être accordés à ces d:emiers.
Je m'efforcerai de faire aboutir le projet de loi que J’ai présenté sur les assurances agricoles, contre les sinistres atmosphériques, projet que la plupart d’entre vous connaissent et qui a mérité les appréciations les plus bienveillantes du Ministre de l'Agriculture dans une des dernières séances de la Chambre.
Quand la quëstion des assurances agricoles sera résolue, la question du crédit agricole aura fait Un pas décisif-
Les ressources nécessaires à la réalisation de ces projets, on doit les trouver dans la réforme administrative, dans une large décentralisation, dans un contrôle plus sévère des dépenses de l’armée, de la marine, des travaux publics, de ^Algérie et des colonies.
Je veux aussi la réductioa des droits de mutation sur les immeubles, la révision de Plmpôt foncier, des modiûcations profondes à notre Gode de procédure, tout hérissé de formalités compliquées et coûteuses.
U convient, enfin, que le vote de la loi dotant l’agriculture d’une représentation légale ne soit pas plus longtemps différé.
Cette loi est d'autant plus désirable que nos adversaires économiques ne désarment pas et se préparent à livrer un nouvel assaut aux tarifs dp douane si péniblement conquis. 11 importe donc que ropinioii unanime du monde agricole soit nettement dégagée.
Nous ne voulons pas reculer ; nous dirons, avec les nouvelles chambres d’agriculture et toutes les associations agricoles, que, non seulement, aucune brèche ne doit être faite à l’œuvre douanière de ces dernières années, mais encore que cette œuvre doit être complétée et fortifiée.
Électeurs,
J'ai conscience d’avoir fait mon devoir, tout mon devoir de républicain et de patriote.
Des liens indissolubles nous unissent.
Enfant de ce pays, vivant au milieu de vous, connaissant vos besoins et vos souffrauces, ayant servi vos intérêts, ceux de la France et de la République avM tout mou cœur et toute mou activité, je reviens à vous la tète haute, certmn que vous rendrez justice à mes efforts.
Allez tous au scrutin, le 20 août, pour me permettre de défendre, avec toute l'autorité nécessaire, vos revendications et vos droits, en même temps que la grande cause de Tordre et du progrès. ; ......
G. JONNART, député soriaut.
Circottscriptioa de SAINT-POL.
M. Georges GRAUX,
Pour la cinquième fois depuis 1877, les comités électoraux de Tarrondissement de Saint-Fol m’ont désigné comme candidat républicain aux élections législatives.
Vous savez la part que j’ai prise aux travaux de la dernière législature. Protectionniste de la veille, j’ai repris mon œuvre de .1884.
Rapporteur de plusieurs articles du nouveau tarif douanier, j ai constam* ment défendu les intérêts généraux de l'agriculture et de l’industrie et les intérêts spéciaux de la région du Nord, si souvent sacrifiée.
Si j’ai vainement réclamé la protection des laines, sous forme de drawback, et celle des graines oléagineuses, sous forme de droits, j’ai contribué au vote de la loi Qui accorde des primes aux planteurs de lin et de cbanvre.
Notre tarif douanier doit être maintenu. Peut-être les droits sur certains produits agricoles pourront-ils être majorés, dans le cours de la prochaine législature. Mais ces majorations ne devront être adoptées que si l’expérience démontre qu'elles peuvent être définitives, U faut, avant tout, éviter 1 instabilité économique, qui ruine le producteur, entrave l’industrie et ne profite qu’à la spéculation.
La protection douanière n’est pas une panacée.
Le crédit agricole doit être organisé. Un projet de loi, adopté par la Chambre, est la préface de cette organisation. Le crédit agricole doit avoir pour instruments les syndicats, et pour garantie l’assurance des récoltes.
Le rôle de l’État, dans la constitution des assurances agricoles, ne doit pas être celui de directeur d’une grande compagnie, mais celui de commanditaire de
sociétés créées par rinitiative individuelle. "
Depuis longtemps, l’agriculture réclame une loi sur les distilleries agricoles. J’ai collaboré à un projet de loi qui, en favorisant le développement de la culture de la pomme de terre fit de la betterave, facilite la réforme de I impôt des boissons.
La prochaine législature devTa étudier la révision de l’impôt foncier, la réîeclion du cadastre, le dégrèvement des droits de mutation sur la propriété immobilière et la réforme du régime hypothécaire.
Uétude des questions sociales est actuellement un devoir plus impérieux
que jamais. , , .
Il faut aborder cette étude avec l’esprit de notre grande Révolution, dont l'éternel honneur sera d'avoir si fortement constitué la propriété individuelle et la liberté individuelle.
Ni collectivisme, ni socialisme d’État, ni tyrannie des syndicats ouvriers 1
Au lieu de faire la guerre au capital et d’organiser la lutte entre les ouvriers et les patrons, il faut rendre de plus en plus étroite l’union du capital et du travail, du salariat et du patronat.
C’est dans cet esprit que j’ai proposé une modification à la loi sur les sociétés, adoptée par le Parlement, qui permet à l’ouvrier industriel de participer aux bénéfices dé l’asina où il travaille.
Loin de vouloir permettre à l’État d’exproprier ies mines, les chemins de fer, la Banque, je demande qu’en dépit des clameurs d’une certaine presse, le Gouvernement fasse appel à l’industrie privée pour i’exécution de grands travaux publics, tels que le canal du Nord, qui sont indispensables à ia prospérité nationale. -
Si les syndicats agricoles, qui donnent l’exemple du respect de la loi et de la liberté individuelle, doivent être soutenus et encouragés, le Gouvernement doit énergiquement réprimer toute atteinte portée à la liberté du travail par ces
corporationg, qui prennent le titre de syndicats ouvriers et tyrannisent les travailleurs indépendants.
En exigeant que les ateliers soient installés dans les meilleures conditions d’hygiÈne et de salubrité, les pouvoirs publics doivent résister aux propositions de loi qui, sous l’apparence de réformes humanitaires, créent des entraves 5 l’industrie.
L’État a des devoirs d’assistance. Il doit encourager et subventionner les institutions de bienfaisance ; il ne doit pas les diriger.
C’est à l’initiative départementale, communale et individuelle, c’est aux associations libres qu’il appartient, sous le contrôle de l’État et avec ses subventions, de constituer l’assistance dans les campagnes, les sociétés de secours mutuels, les caisses de retraites pour les ouvriers.
Pour permettre à l’État de supporter celte nouvelle charge, il faudra exercer un contrôle plus sévère sur les dépenses de la guerre, de la marine et des colonies. La limitation du rôle de l’État dans les entreprises des travaux publics aura pour résultat la réduction des dépenses qui lui incombent actuellement.
Avant d’entreprendre ces réformes, la Chambre devra modifier sa méthode de travail.
Par la constitution des grandes commissions parlementaires, par la diminution de la durée des sessions et la prolongation de la durée du mandat législatif, il faut donner plus de cohésion aux travaux parlementaires, plus d’initiative aux ministres, plus de fécondité à l’œuvre législative.
Mes chers concitoyens,
A l’heure où les partis monarchistes disparaissent de la scène politique, il est permis de rappeler que c’est par la plus large extension de toutes les libertés que In Bépublique a conquis la confiance du suffrage universel.
De nouveaux devoirs s’imposent désormais au Gouvernement. Sa volonté doit être plus ferme, son action plus énergique, sa politique plus nette.
H appartient au suffrage universel, en envoyant à la Chambre une majorité de républicains de gouvernement, de permettre la constitution de ministères homogènes.
Si vous me continuez votre confiance, vous me trouverez, comme dans le passé, étranger à toutes les coteries, adversaire d’une politique étroite de vexations et de tracasseries, résolu à défendre à la fois les droits de l’État et ia liberté de conscience, également opposé à la suppression du budget des cultes et è l’abrogation des lois scolaire et militaire, toujours sur la brèche pour travailler à la prospérité de la France, dont les destinées sont désormais liées à celles de la République.
Georges GRAUX, député sortant, vice-président du Conseil générai, membre du Conseil supérieur de l’agriculture.