‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 174 sur 266 · PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

PUY-DE-DOME

Circonscription â’AMBEHT.

M, Adrien FABJON,

Élu au tour de scrutin.

Méa chers concitoyens,

Je viens vous demander le renouveïlement du mandat législatif que voua m’aveï cooûé eu 1889, après une campagne mémorable contre’ les adversaires des institutions républicaines.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de lutter pour rexistence de ces institutions ni de combattre, comme alors, pour nos libertés en péril ■ dans cet arrondissement où ils livrèrent autrefois de rudes batailles électorales, comme dans presque tout là pays, nos adversaires semblent réduits à s'incliner devant l'idée républicaine et à rendre hommage à ce qa*ils n'ont pu renverser.

Quelle que soit la façon dont on la juge, j’estime, mes chers concitoyens, que cette évolution n’est pas à dédaigner et que nous avons lieu de nous réjouir lorsque nous voyons les troupes adverses se désagréger et leurs chefs battre prudemment en retraite.

Nous étions d^accord, en 1889, pour reconnaître qu’il fallait en finir avec ^instabilité ministérielle, provoquée par Tesprit étroit des coteries parlementaires, affaiblissant raction gouvernementale et empêchant les meilleures réformes; aussi, ai-je pris soin, dès le début de la législature, de ne m’inféoder à aucun groupe et de soutenir indistinctement tous les ministres républicains, lorsque j’ai jugé, dans la sincérité de ma conscience, qu’il nous proposaient des mesures et nous soumettaient ou appuyaient des projets justes et utiles*

G’ést ainsi — pour ne rappeler que les plus importantes des questions apportées devant le Parlement — que, soucieux des intérêts de nos populations agricoles et de nos îndustrieB, je me suis associé à cette grande réforme des tarifs douaniers, dans la mesure qui m’a paru le plus conforme à vos besoins et à vos légitimes revendications, c’est ainsi que j’ai soutenu également de mes votes les lois sur le dégrèvement de T impôt foncier, sur la réduction notable des frais de transports en grande vitesse, ét, enfin,- sur la réforme du régime des boissons qui n’a pas abouti, mais que la prochaine législature reprendra résolument*

J’ai voté, sans hésiter, en faveur de cette série de lois destinées à améliorer le sort des ouvriers des villes et des campagnes, qui tient, quoi qu’en disent ses détracteurs, one place si importante dans Fœuvre de la Chambre de 1889 ;

loi sur le trayail des enfants et des femmes, sur les accidents du travail, sur Tarbitrage entre patrons et ouvriers, sur les syndicats professionnels ; j’ai donné l’appui de mon vote à d'utiles réformes concernant les caisses d'épargne, les montS'de-piété, les habitations ouvrières, etc», et, en ce qui touche particulièrement les ouvriers des champs, j*ai concouru à l'adoption des deux propositions de loi dues à l’initiative de M. Méüue, Tune tendant à rorganisadon du crédit agricole et populaire, Pautre ayant pour objet de créer une société de crédit agricole.

J’ai voté les lois d'assistance et d'hygiène publiques proposées par le Gouvernement et, notamment, un excellent projet [d’assistance médicale gratuite, prélude de cette grande loi d’assistance générale, l’idéal et le but des législateurs démocrates, depuis 1780,

En résumé, mes chers coucitoyens, mon attitude au Parlement, pendant ces quatre années, a été, je crois, celle d’un bon et sincère républicain, conforme au programme qu’avaient sanctionné vos suffrages,

J’insisterai peu sur la façon dont j’ai soutenu les intérêts de cet arrondissement, de ses cantons, de sescommunes/et, quand je Pai pu, vos intérêts privés! vous savez que vos corps élus ont trouvé constamment un appui dans leur député, — Qu’il se soit agi de vos chemins, de vos écoles ou de tout autre question importante, J’ai uni mes efforts aux leurs. Je me suis, en un mot, toujours donné pour tâche d’ètre utile à tous et à chacun de vous, dans un large esprit de bienveillance et d’équité.

Et maintenant, mes chers concitoyens, si vous m'accordez de nouveau vos suffrages, je continuerai à suivre k ligne politique que vous connaissez et à me montrer îe défenseur zélé de tous vos intérêts. Mon passé vous est le meilleur garant de ma conduite future- , - .

Au Parlement, je poursuivrai la réalîsatîon de mon programme de i8S9, que vous avez alors approuvé et auquel je n’ai rien à retrancher aujourd’hui : Préparation d’une bonne loi sur les associations, sans laquelle toute tentative pour modifier les rapports de PÉglise avec TÉtat ne saurait être qu’une manifestation sans portée ; recherches des moyens pratiques pour arriver à la répartition équitable des charges publiques; conservation vigilante de ces lois scolaire et militaire qui sont aujourd’hui comme la pierre de touche de la fidélité républicainei et, enfin, étude réfléchie de ces réformes sociales qui préoccupent actuellement tous les esprits, afin de pouvoir, en se tenant à distance égale des systèmes subversifs et des inerties coupables, améliorer le sort des petits, des humbles et des déshérités,

Je crois, mes chers concitoyens, qne, sur ces points principaux et sur les autres, qu’il serait trop long d’énumérer ici, nous sommes d’accord, et j’ai le ferme espoir que, le 20 août, vos suffrages, en nombre imposant, consacreront cette communauté de vues etdldées.

Ainsi, dans cet arrondissement, où le souvenir n’est pas effacé des luttes communes et des triomphes d’autrefois, la République remportera une nouvelle et décisive victoire.

Vive la République!

Adrien FApJON, député sortant.

4^ circonscrip^on d© CLER^ÏONT-^FERRAND* M. CHAMBIGE,

Élu au 2" tour de scrutin.

Electeurs républicains,

C’est à TOUS seuls que je m’adresse, car c’est de vous seuls que je sollicite les suffrages.

Répudiant toutes compromissions, je fais appel aux citoyens fermement attachés aux institutions démocratiques. ■

Je ne suis pas, vous le savez, de ceux qui se sont tardivement résignés à subir la République. Pour moi, je l’ai toujours servie, toujours soutenue et je puis sans crainte invoquer mon passé comme un fidèle garant de l’avenir.

Mon programme sera court, mais franc.

Ennemi de toute politique rétrograde, qui, sous prétexte d’ apaisement, compromettrait les œuvres vives de la République, je suis pour le maintien intégral des réformes accomplies, notamment des lois scolaire et militaire, car je les considère comme la base même de nos institutions actuelles.

Loin de consentir A un retour en arrière, je veux une marche en avant, sage, mais continue. Le progrès.est pour moi le principe vital du gouvernement républicain.

Vivant au milieu de cette démocratie rurale qui est le nombre, j’en vois les misères, j’en connais les besoins mieux que ceux qui sont placés trop haut ou trop loin d’elle.

Je veux pour l’agriculture une réforme de l’impôt foncier et des prestations, la suppression des taxes sur las droits de circulation, la protection de ses produits par le maintien et, s’il le faut, par la surélévation des droits de douanes, la création du crédit démocratique agricole.

Pour les ouvriers, je veux la liberté complète des S3mdicats, la seule force qui leur permette la défense de leurs intérêts; la rédaction et, au besoin, la suppression des impôts de consommation qui pèsent d’une façon si lourde sur les familles des travailleurs; la réforme des octrois et des patentes.

Ces améliorations peuvent être assurées par l’impôt sur le revenu. M’inspirant d’une idée de justice, je suis de ceux qui veulent, dans notre démocratie, proportionner les charges à la richesse réelle de chaque citoyen.

Tolérant en religion, respectueux de toutes les croyances, mais fermement résolu à exiger du clergé le même respect pour nos instituiious, je ferai tous mes efforts pour que l’Etaî s’achemine [vers une neutralité absolue vis-à-vis de tous les cultes.

A vous, maintenant, électeurs, de décider si la République doit répudier

son passé, rompre avec ses priDcipes si laborieusement établis, on poursuivre sa marche vers son idéal d’égalité et de justice sociale.

Docteur CHAMBÎGE,

Conseiller général, secrétaire de la Commission départementale, maire de Pont-dn-Gliâteaü.

2" circonscription de CLERMONT “FERRAND , M*Ed. GUYOT-DESSÂIGNE,

Élu au !"■ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Entre vous et moi. point n’est besoin de longues explications.

Voici bientôt huit ans que vous m’avez conûê la garde du drapeau républicain et, pour la seconde fbis, je le remets intact entre vos mains. Je n’ai plus de profession de foi à vous faire. Mes actes parlent pour moi.

Etranger aux coteries qui divisent le Parlcmeut, n'ayant d’autre soüci que celui de la bonne gestion des affaires publiques, j’ai, dans toutes les questions de politique pure, combattu au premier rang de ceux des défenseurs de la République qui croient à la double nécessité d’on gouvernement fort et d’une marche incessante en avant dans la voie que nous ont tracée nos grands ancêtres de 17 S9 et dont nous sommes bien loin encore d’avoir parcouru toutes les étapes. Sur les autres questions, mes votes ont été inspirés par le désir de diminuer vos charges, d’augmenter votre bien-être, de venir au secours des humbles et des déshérités.

C’est aîusî, dans cè dernier ordre d’idées, que je me suis associé, comme vous le désiriez, à toutes les mesures ayant pour but de protéger contre la concurrence étrangère vos céréales, vos bestiaux et vos vins, et de rendre impossible la vente bous le nom de vin de tout ce qui n’est pas uniquement le produit de la fermentation du raisin frais.

J’ai également contribué pour ma part à cette péréquation de l’impôt foncier sur les propriétés non bâties, qui a eu pour nos communes rurales de si heureuses conséquences, à la réduction des frais de justice et du prix des transports sur les voies ferrées, à l’organisation de l’assistance publique dans les campagnes, à la réglementation du travail des femmes et des enfants dans les manufactures, à la loi sur les délégués mineurs, etc.

Enfin, comme membre de la commission de l’armée, j’ai été de ceux qui ont proposé, fait adopter par la commission et voter par le Parlement la loi qui soustrait vos enfants au recrutement de Farmée coloniale. Désormais, U n’y aura

plus dô tnauvaîs nuuiéroS, ot les angoisses, dont j’ai été si souvent le témoin, lorsque vos fila étaient ou pouvaient être compris dans le contingent à fournir à la marine, vous seront épargnées,

il o’a pas tenu à moi que bien d’autres réformes fussent accomplies. Jusqu’au dernier moment, j’ai voté contre la disjonction du badget de 1894 de la loi sur le régime des boissons, destiné© à faire disparaître l’exercice cheE les débitants et de la transformation en impôt de quotité de la contribution personnelle et mobilière et de celle des portes et fenêtres, qui doit alléger dans de si larges proportions les sommes à payer par notre département.

Cos diverses questions sont mûres. Elles ont été Jouguement étudiées et discutées tant dans le sein des commissions parlementaires qu’à !a tribune; et si, contre mon sentiment, il a été décidé que le temps manquait pour les résoudre avant le Janvier 1S94, la nouvelle législature pourra les trancher sans peine, pourvu qu’elle renferme une majorité fermement républicaine.

Et maintenant, mes chers concitoyens, à vous de me juger d’après mes oeuvres. Ce que j’ai été dans le passé, je le serai dans Tavenir si je suis votre élu. Mon programme politique reste celui que vous avez approuvé par deux fois, en 1885 et en 1889. Je n’ai rien à en retranchePi et tant qu’il ne ;sera pas complètement réalisé, je lutterai de mon mieux pour le faire aboutir, instruit par l’expérience que donne la pratique des assemblées politiques. Je crois même pouvoir y ajouter f étude de la réduction du service militaire à deux ans de présence effective et ininterrompue sous les drapeaux. La diffusion, chaque jour plus grande, de rinstructlon primaire me semble devoir rendre cetie mesure possible dans un avenir assez prochain, sans que la défense nationale en soit énervée. Rapporteur de la loi de 1889, j’ai fait voter le service de trois ans. Pourquoi ne vous apporterai-je pas en 1898 le service de deux ans?

Electeurs,

Les hommes que nous avons combattus sous le 24 mai et battus après le 16 mai, que nous avons vus plus tard exploiter à leur profit rimpôpularité des expéditions lointaines et parader^ il y a quatre ans à peme, derrière le cheval noir de Boulanger, ont compris qu'ils perdaient leur temps à attaquer de front la République, que vous aimez parce qu’elle vous a donné vingt années de paix, d’ordre et de liberté. 11 leur a para plus habile et moins périlleux de prendre l’étiquette républicaine et de tâcher d’entrer dans la République afin de laaaper en détruisant une à une les lois qui sont sa raison d’être et sa force. Tel est le plan de campagne qu’ils exécutent actuellement dans la majeure partie des circonscriptions électorales. Dans quelques autres, ils se groupent en rang serrés derrière un homme nouveau, comme ils disent, qui n’a pris aucune part aux luttes d’autrefois, qu’ils estiment capable d’obtenir assez de suffrages républicains pour réunir une majorité, dont ils formeraient le principal appoint et qui ne saurait rien leur refuser, puisque c’est à eux qu’il devrait son succès.

Quel est le républicain sincère qui puisse penser qu’un tel candidat, s’il venait à être élu, ne serait pas ^bientôt, par la force même des choses, Partisan

conscient ou inconscient 4e la pire des réactions? Quelle serait celle de nos conquêtes, acquises au prix de tant d'cfTorts, qui résisterait à la pression qu'exerceraient sur lui SOS alliés de la veille, dont il serait, en réalité, riiunible obligé? Que deviendraient et la loi militaire et la lui scolaire, dont la démocratie est fière à juste titre, et toutes les autres réformes si péniblement réalisées? Que deviendrait te suffrage universel lui-iuéme?

Mais, à quoi bon prévoir das hypothèses que votre clairvoyance a déjà écartées? Entre la politique ouvertement patroonéo par les éternels ennemis de la République, politique qui, sous le couvert de la modération et de ^apaisement, dissimule mal un retour en arrière et celle qui veut que, par un progrès continu, notre état social se rapproche de plus en plus de l’idéal entrevu par les rédacteurs de la Déclaration des droits de riiomme, votr-e choix est fait depuis longtemps. C’est à cette dernière que vous donnerez l’immense majorité de vos suffrages.

Vive la République!

Ed. GUTOT-DESSAIGNE,

Juge honoraire au Tribunal de la Seine, Conseiller général du Puy-de-Dôme, député sortant.

Circonscription d’ISSOIRE,

M. BONY-CISÏEHNES,

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers conciteyens,

11 y a quatre ans, lorsque toutes les réactions coalisées mou talent à l’assaut de nos institutions démocratiques, vous m’avez fait l’honneur de me désigner pour porter le drapeau delà République et, par plüs de 12.000 suffrages, vous m’avez donné un éclatan t témoignage de votre confiance en m’envoyant Siéger à ia Chambre des députés.

Pendant toute la durée de cette législature, mon unique souci fut de remplir Ddèlement mon mandat et d’exécuter les promesses que je vous avais faites 5 ma seule préoccupation fut de rendre à chacun les services que i’électeur est en droit d’attendre de son mandataire. Je puis dire que j’ai consacré à cette tâche toute mon activité et tout mon dévouement.

En rapports constants avec vous, j’ai connu tous vos besoins, j’ai appuyé sans esprit de parti toutes vos revendications. Personne ne peut dire que son appel est jamais resté vain.

Mes opinions politiques, vous les connaissez, elles sont franchement

républicaines, républicain ea Bans compromissions. J’ai toujours été et resterai ^ républicain démocrate et progressiste, car je pense que la République ne peut rester stationnaire et qu’elle doit, au contraire, marcher dans la voie du progrès et des réformes sociales, œuvre nécessaire de notre jeune démocratie.

Mon programme reste celui d’il y a quatre ans. Chaque fois que j’ai eu à le soutenir par mon vote, je n’y ai jamais manqué, et si toutes les réformes que j’ai demandées n’ont pu encore aboutir, cela n’a dépendu ni de mes efforts, ni de ma volonté.

Je réciamerai, au cours de cette législature :

La réforme de l’administration par l’épuration du personnel, la décentralisation et la simplification des rouages administratifs ;

La réforme financière avec une proportionnalité plus équitable des charges, la suppression absolue de tous les impôts vexatoires tels que le régime des boissons, l’exercice cirez les débitants, les octrois, les prestations, etc. ; ^

La réforme du Gode de procédure et la diminution des frais de justice ;

En matière de cultes, la neutralité absolue de l’État, avec des lois sur les associations sauvegardant la société civile et assurant en même temps la liberté de toutes les croyances et la paix religieuse ;

Des droits protecteurs pour nos blés, nos vins et nos bestiaux, afin de défendre nos marchés contre l’invasion des blés américains, des vins italiens et espagnols et des bestiaux de proveoanee étrangère ;

Des lois nouvelles et complémentaires sur les caisses de retraites et de prévoyance pour les ouvriers, sur l’assistance médicale gratuite, la création de nombreux hospices, asiles, ateliers de cliarité en vue d’éteindre la mendicité et de rapatrier les vagabonds et roulants qui parcourent sans cesse nos cam* pagnes, intimidant les familles, en un mot, d’arriver progressivement à réaliser ce priücipB ûb Îh, Ré’volution * w Le droit â rexistence pour tous» jj

Je ne terminerai pas sans vous rappeler qu'en 1894 aura lieu la réélection du Président de la République. Elle donnera lieu à des conYOiüses inavouées. Vous pouvez compter sur moi pour déjouer les intrigues des anciens partis î mon appui et ma voix sont acquis au candidat qui assurera le mieux la défense de nos institutions républicaines.

Vous êtes appelés à donner à voire député une nouvelle inveslilure. Avec cûïifîsince, je sollicite de voua le renouveUemenl dé mon mandat.

On veut vous éloigner de moi, jeter la division, fomenter la discorde, exciter les haines dans notre arrondissement. Vous vous y opposerez par votre vote.

Vos suffrages seront pour moi la récompense des services que j’ai rendus et Raflirmation du ferme dessein où vous êtes de maintenir au Gouvernement républicain son caractère démocratique et progressiste menacé par la tactique nouvelle des ennemis de nos institutions*

Vive la République !

BONY-CISTEBNESj député sortant, conseiller général, maire dé Saint-Cirgues.

1” circonscription de Riom.

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