PYRÉNÉES (HAUTES
Circonscription d’ARGELÈS.
M. M. ALICOT,
Mes cliers concitoyens,
Il y allait mois à peine, vos suffrages presque unanimes m’envoyaient siéger à la Chambre, pour la troisième fois. Je viens vous demander le renouvellement de ce mandat que vous m’avez donné dans un inoubliable élan deconüance et de' sympathie.
J’ai conscience de l’avoir fidèlement rempli, en prenant toujours la défense de vos intérêts et en soutenant la politique de modération et de liberté à laquelle vous êtes attachés.
J’ai, le premier, porté à la tribune une proposition tendant à mettre à la charge de l’État les frais de garde des bois communaux soumis au régime forestier daos les pays de montagne, et j’ai ainsi appelé l’attention despouvoirspublics sur un état de choses qui provoque vos légitimes réclamations.
Ému du préjudice considérable que l’anticipation de ta date des élections causerait é nos stations ibermaies et aux populations de tout l’arrondissement, j’ai énergiquement réclamé l'ajournement de la convocation des collèges électoraux. Si mes efforts n’ont pas été couronnés de succès, pour le présent, j’ai du moins obtenu le vote d’une loi dont j’ai pris i’initlaUre etqui sauvegarde l’avenir en reportant désormais les élections législatives au printemps.
Dans les questions politiques, je me suis inspiré de l’esprit d’ordre et de fermeté gouvernementale qui vous anime. Je suis demeuré Mêle au programme républicain conservateur que j’ai depuis vingt ans défendu devant vous et que je suis prêt à défendre encore si vous m’en donnez la mission.
11 y a seize ans, pendant la crise mémorable du 16 Mai, j’ai groupé autour de moi, dans une concentration nécessaire, tous ceux qui voyaient dans la République le seul Gouvernement possible, le seul compatible avec le suffrage universel. Unis pour la défense de cette idée, les républicains de toute nuance qui m’ont donné leur concours ne m’ont jamais demandé compte de mes opinions,
bien connues sur certaines questions d’crganisaiion politique, religieuse ou sociale. J’ai marché à leur tête comme le porte-drapeau de la République, sans jamais faire à personne le sacrifice d’aucune de mes convictions, sans jamais demander à personne l’abandon d’aucun de ses principes.
J’ai subi des revers^ j’ai traversé de pénibles épreuves, et j’éprouve cette suprême satisfaction de voir la République acceptée par l'immense majorité des Français.
La concentration républicaine, jadis nécessaire, ne peut plus être désormais qu’une source de malentendus dangereux, un obstacle permanent à la formation de majorités parlementaires durables, et, par suite, à la constitution de ministères capables de gouverner le pays avec un programme net et défini.
La controverse des partis ne peut plus porter à l’avenir que sur cette question: La République sera-t-elle radicale ou modérée, sociaiiste ou libérale? Poursuivra-t-elle une lutte sans objet contre ceux qui se sont ralliés à son drapeau, ou bien travaiüera-t-elle à cette grande œuvre de pacification à laquelle l’a conviée la plus haute puissance morale du mon^e chrétien ? -
Messieurs, toutes mes déclarations antérienres, tous les actes de ma vie publique sont là pour vous dire quelles sont les réponses que je pourrais faire à ces questions.
Je n'ai rien à rétracter de mes déclarations antérieures sur la liberté de conscience, la liberté de l'enseignement à tous les degrés, les rapports de l’Église et de l’Etat. Je n’appartenais pas à la Chambre quand les lois sur l’enseignement et sur le recrutement ont été adoptées. Si j’avais fait partie du Parlement, j’aurais joint mes efforts à ceux des républicains libéraux qui ont essayé de les amender. J'estime que ces lois sont susceptibles de modifications et je ne donnerai mon concours, en attendant, qu’à un GouvernemeDt qui les appliquera avec modération.
Les questions économiques et financières, qui se confondent avec les questions sociales, seront assurément débattues, dans la prochaine législature, avec l’intérêt qu’elles méritent. En ces matières, les promesses électorales sont faciles à faire, mais plus difficiles à tenir. Je ne prendrai, vis-à-vis de vous, sur ce point, qu’un seul engagement : c'est de m’inspirer, dans l’étude et la solution de ces difficiles problèmes, d’un amour sincère et profond pour les populations ouvrières des villes et des campagnes.
Agréez, mes chers concitoyens, l’assurahce de mon entier dévouement,
M. ALICOT,
Député des Hautes-Pyrénées.
Jj- ■ ■
Circonscription de BAGNÈRES-DB-BI&OHHE.
M, Edmond BLAKC,
Élu au 2* tour de scrutin.
(Électio7i annulée.)
ciroonEcription de TABBES.
M. Ad. PÉDEBIDOU,
Elu au 2“ tour de scrutin.
Chers concitoyens,
Vous êtes appelés à élire votre député, le 20 août prochain. Je viens solliciter vos suffrages.
Je ne suis pas un inconnu pour vous. Conseiller général du canton de Tonrnay* président du Gomice agricole de l’arrondissement de Tarhes, j’ai toujours défendu vos intérêts.
Mon devoir est de vous exposer avec netteté mon programme politique, économique et social.
Au point de vue polkique, je suis partisan ;
1“ De la révision de la Constitution monarchique de 1875, dans un sens démocratique, f/égalilé des prérogatives des deux Chambres est un obstacle à toute réforme, parce qu’elle subordonne les décisions des élus du suffrage universel à celles des élus du suffrage restreint;
2* De la liberté pour tous ; liberté de conscience, de presse, de réunion et d’association. Le vote d’une loi sur les associations est une mesure qui s’impose ï
3“ Du maintien de la loi scolaire et de la loi militaire, qui sont la base de Pédifice républicain ;
De la décentralisation administrative, qui donnera au département et à la commune le droit de gérer leurs propres affaires sans l’intervention du pouvoir central î
5“ De la suppression d’un grand nombre d’emplois inutilefi qui grèvent le budget.
Au point de vue social, je réclamerai i
1" La refonte de notre système d’impôts. Ce sont tes agricultears et les ouvriers des villes qui supportent actuellement la plus large part des chargea publiques. C’est par l’impôt sur la richesse acquise {capital et revenu), la. suppression totale de l’impôt foncier, des taxes indirectes sur les objets de première nécessité, que sera résolue la répartition équitable des impôts;
2* La suppression des grands monopoles financiers et industriels, par la nationalisation de la Banque de France, des chemins de fer, des mines et des canaux;
3» Le retour à l’État de ces divers monopoles aurait pour résultat d’accroître les ressources publiques : les bénéfices de ces entreprises profilant à ta masse des citoyens, au lieu de contribuer à enrichir quelques privilégiés;
é" L’intervention de l’État dans les rapports entre le capital et le travail, nécessaire pour protéger le travail contre les accaparements de la féodalité financière, pour assurer l’hygiénedes ateliers et ta réduclion générale des heures de travail ;
5* L’institution de la justice gratuite ; la modification des droits de mutation entre vifs ou par décès. L’iustruction professionnelle (agricole et industrielle) mise à la portée de tous les enfants;
6“ L’assistance médicale et pharmaceutique pour les indigents des villes et des campagnes ;
7" Enfin, la création d'un système d’assurances sociales : caisses de retraites pour les invalides du travail ; caisse des assurances agricoles.
L’État est seul capable de donner à tous les agriculteurs et à tous les ouvriers des villes la sécurité du lendemain. Seul il peut, par un système fiscal eu harmonie avec les préceptes d’égalité démocratique, créer les ressources nécessaires pour compenser les effets des infirmités et de la vieillesse, sans parler des sinistres atmosphériques si fréquents dans notre région ;
8" Au point de vue des œuvres de défense professionnelle, en particulier, des syndicats, je demanderai une application plus libérale de la loi du 22 mars 183A.
Chers concitoyens.
Tels sont quelques-uns des progrès que la République a le devoir de réaliser.
Si vous pensez que l’heure est venue de mettre eu pratique les réformes tant de fois promises et toujours ajournées,
Vous donnerez votre adhésion à ma candidature.
Votre élu u’oubliera pas les multiples intérêts dont il aura la charge.
Je donnerai toute ma sollicitude à l’importante question de l’élevage.
Je réclamerai l’augmentation des étalons de tète du haras de Tarbes ; une meilleure répartition des trédîts destinés à la remonte de.notre armée et-l’obligalion pour le département de la guerre de remonter la Cavalerie légère exclusivement dans notre région.
En ce qui concerne les employés des chemins de fer et les ouvriers de l’arsenal, je demande pour tous une amélioration de leur sort. Aux premieis,.il
faut une retraite assurée après vingt années de service^ sans condition d'âge. Aux seconds, une caisse des retraites qui leur donnera la sécurité pour les vieux jours. Enfin, je m’efforcerai d’obtenir du Gouvernement de la République les commandes indispensables pour assurer le maintien du personnel actuel des ateliers de construction.
3e vous convie à vous rallier, le 20 août, à ce programme de revendications politiques et sociales*
Si vous me faites rhonneur de m’accorder vos suffrages, je saurai tenir haut et ferme le drapeau que vous m’aurez confié*
Vive la République!
D" Ad. PÉÛEBIDOÜ,
Conseiller général du canton de Tournay, Président du comice agricole de rarrondissement de Tarbes,
2® circonscription de TARBES .
M* Achille FOULD,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mon cher concitoyen,
3’espérais pouvoir visiter, avant les élections, toutes les communes de la deuxième circouBcription, et revoir mes amis de 89 et tous ceux qui se sont ralliés à ma candidature depuis cette époque. Malheureusement, la période électorale a été trop courte, et je n’ai pu que passer rapidement daps chaque canton. Je le regrette et je vous prie de m’excuser*
Il m’aurait été particulièrement agréable de m’entretenir avec vous des intérêts de notre beau pays*
Je pense, en effet, que le relèvement de nos industries agricoles doit primer toutes les préoccupations politiques; aussi, donnerai-je toujours mon concours le plus actif aux mesures qui assureront plus de bien-être aux propriétaires ruraux et aux travailleurs des champs. En première ligne, je*place la création de Tassurance agricole par l’État et la diffusion de renseignement agricole par Tintermédiaire des instituteurs ; je voudrais encore voir encourager, dans une large mesure, l’élevage, qui peut nous rendre les bénéfices que donnait autrefois la culture de la vigne, aujourd’hui si compromise*
Poüf alléger les charges qui pèsent sur la propriété, je proposerai la rédoclion du personnel administratif, beaucoup trop nombreux, et je demanderai à l’impôt sur l’alcool les ressources qui permettront enfin de réaliser la grande réforme du dégrèvement de l’impôt foncier.
Ayant accompli, comme simple soldat, une double période de vingt-huit jours, j’ai pu me rendre compte des multiples inconvénients de ces convocations pour tous ceux qui travaillent : je demanderai donc que le Gouvernement étudie la réduction de l’appel des réservistes, à treize jours, et la suppression des treize jours.
J estime également que les élèves ecclésiastiques devraient être envoyés dans les hôpitaux militaires, comme les étudiants en médecine. Ils y apprendraient le service d’infirmiers qu’ils doivent remplir en cas de guerre, et recevraient des notions tnédicales qui leur permettraient plus tard de donner, en l’absence de médecins, les premiers soins aux malades de leur paroisse.
Je m’opposerai de toutes mes forces à la séparation de l’Église et de l’État; je pense que, dans un grand pays comme le nôtre, ta religion est indispensable, parce que seule elle peut maintenir l’esprit de famille et l’amour du travail sans lesquels une nation est perdue,
Enfin, mon cher concitoyen, je tiens à vous déclarer que je suis un parti-
san résolu de la République, mais que je la veux sage, modérée, libérale, assurant 1 ordre et la paix si nécessaires à l’industrie et au commerce.
Ges aenliments ne sont-ils pas lés vôtres?
Je puis vous affirmer, pour ma part, qu’ils ne cesseront de me guider dans laveum comme dans le passé. Mon attitude et mes votes pendant les quatre années de la législature qui vieut de finir en sont la meilleure garantie.
Je compte donc sur votre suffrage et je voua prie de croire en mon entier dévouement.
Achille FODLD.