SAVOIE
Circonscription d’ ALBERTVILLE.
M. Pierre BLANC,
Elu au 1"^ tour de scrutin.
Chers concitoyens.
Je n’ai eu dans ma vie qu’un seul et grand honneur, celui de vous représenter trois fois au Parlement sarde et, sans interruption depuis 1876, au Parlement français : cette situation élevée, je la dois à votre-constante et inépuisable bienveillance à mon égard.
A cette heure où va expirer le mandat que vous m’avez confié à l’élection de 1889, je me demande s’il m’est encore permis de solliciter vos suffrages; mais, jouissant d’une santé merveilleuse, encouragé par tes paroles du président de la Chambre des députés qui, faisant allusion à ma personne, a dit qu’il y a des cœurs que la patrie trouve toujours chauds malgré les années, qu’on reste jeune quand on s’oublie soi-même pour ne songer qu’à son pays ; jaloux, d’autre part, d’être le député d’un arrondissement qui occupe un rang glorieux dans la démocratie, je n’ai pas hésité à accepter la candidature à l’élection législative du 20 août 1893, qui m’a été offerte non seulement par tes conseillers généraux, les conseillers d’arrondissement, les maires des chefs-lieux de canton, mais encore par tous les électeurs républicains dé l’arrondissement d’Albertville venus en grand nombre à la réunion publique du 3 août.
Mon programme est tout tracé dans mon passé et dans les discours que, pendant huit ans, j’ai prononcés au fauteuil de la présidence d’âge, à l’ouverture de chaque session.
Si je redevenais votre élu, je resterais ce que j’ai toujours été dans les précédentes législatures, le serviteur fidèle et honnête de la République, toujours en avant vers les réformés voulues par le pays et -surtout vers celles que réclame la justice sociale ; un patriote toujours dévoué aux intérêts de notre chère Savoie et â ceux de l’agriculture; enfin, un homme de gouvernement.
Je veux la République ouverte à toutes les loyales adhésions, aux sincères repentirs, mais les ralliés ou les résignés qui, pendant vingt-deux années, ont combattu cette République, qui sa sont associés au boulangisme pour mieux la détruire, il faut les soumettre à un stage, ne les admettre dans les rangs qu’au-
taiu quMIs aoroüt donné des gages assurés de leur attachement aux institutions républicaines, et encore, [sous la condiiion qu’ils reconnaissent les lois qui constituent le patrinioine indestructible de la République, notamment la loi scolaire et ta loi militaire.
Dans la réforme générale des impôts, réclamée par tous, lorsque viendra celle des boissons. Je continuerai de défendre les droits des bouilleurs de cru et V de voter contre la suppression du privilège.
Et maiatenant, chars électeurs, tenesî-vous en garde contre ceux qui se dirent républicains pour mieux vous tromper; vous êtes trop attachés à la République pour ne pas accorder vos suffrages à celui qui est l’un de ses plus honnêtes et fidèles serviteurs.
P. BLANC, député sortant.
COMITÉ nÉrüBLÏCARf.
Électeurs,
Quelques jours à peine nous séparent {des élections législatives. Elles serontMans cet arrondissement ce qu’elles ont toujours lété : esseDîieliement républicaines et démocratiques. La fermeté de vos convictions et rintelligence politique dont vous avez tant de fois donné des preuves éclatantes en sont un gage assuré.
De tous les points de la Savoie, de Paris même, arrivent au comité des félicitations chaleureuses pour avoir acclamé la candidature de M. Pierre Blanc, dont la vigueur physique n’a d’égale que sa vigueur d’esprit.
Électeurs,
La candidature du vénéré président d’àge de la Chambre des députés est une candidature nationale, La France tout entière s’y intéresse ; elle ne comprendrait pas quM ne fût pas élu, et notre ingratitude serait Tobjet, à la Chambre et dans le pays, du jugement le plus sévère.
Électeurs,
Qui de nous ne s’est senti ûer d’étre Savoyard quand retentissaient d’un bout de la France à Pautre ces remarquables discours d’ouverture de session, où notre distingué compatriote prodiguait à la Chambre les lumières d’mie longue expérience et d’un bon sens iafainible, où il lui traçait sa route avec une merveilleuse intelligence des besoins et des aspiratious du pays ? Les divers présidents de la Chambre, la presse conservatrice même, les revues ne lui ont point ménagé les éloges, et de tous les points du territoire français lui sont venus des témoignages émus de haute considération et de reconnaissance.
Républicain de la veille, M, Blanc fut des 363 et défendit avec eux la République contre les ralliés d’aujourd’hui. Il a pris une part active à l’élaboration de toutes les lois excellentes qui se sont faites depuis quinze années, lois sur la liberté d association, sur les syndicats ouvriers, sur la réglementation du travail
des femmes et des enfants dans les ateliers, sur rapplication des peines afflictives, sur le relèvement des droits de douane, si favorable au travail national et surtout à Tagriculture, Enfin, et c’est un point capital par le temps qui court, il a voté ces lois scolaires et ce service militaire obligatoire qui sont la citadelle de la liberté, la pierre de touche de la démocratie. Car la République n’est pas dans un mot, elle est dans les principes, et quiconque n’est pas pour ces principes est contre la République,
Fidèle au mandat que vous lui aviez confié, profondément pénétré de ses devoirs de député, M, Blanc a toujours veillé aux intérêts de sa circonscription. Il est de ces hommes rares dont on peut dire que le passé répond de l'avenir. Ce qu'il était hier, il le sera demain, D'uo esprit large et tolérant, ouvert à toutes les aspirations généreuses, comme sans faiblesse, M. Blanc est avant tout un homme de gouvernement, convaincu de la nécessité de Rordre à l'intérieur et de la grandeur du rôle que de nobles traditions et le sentiment de ses forces, reconstituées par la République, appellent ia France à jouer dans le concert des nations.
Électeurs,
Pas d’abstentions. N'oubliez pas que le premier devoir do citoyen est d'exercer son droit d'électeur. Il ne suffit pas de vaincre, il faut assurer au vénéré doyen d’âge de la Chambre des députés un triomphe que toute la France applaudira et qui sera le digne couronnement d'nne longue carrière d'houneur, de travail, de dévouemeuL à la République et à la patrie.
Vive la France I
Vive la République!
Gravin, sénateur, maire d'Albertville, vice-président du Conseil général.
Le Président : Cursat, président du Conseil d'arrondissement, 1®"' adjoint au maire d'AIbertvîlle-
Les Vice-Présidents : Viajxet, maire de Beaufort, conseiller général du canton de Beaufort ; Dénarié, notaire, conseiller général du canton de Grésy-sur-Isère,
Le Secrétaire : Elmsg, notaire, conseiller d'arrondissement dn canton de Beaufort.
Les membres du comité : (Suivent un grand nombre de signatures).
Électeurs,
Je proteste avec indignation contre le bruit propagé par la réaction que* j'aurais voté contre le privilège des bouilleurs de cru.
Le Journal officiel en mains, Je donne à ce mensonge monstrueux le démenti le plus formel.
Non-seulement j'ai voté pour le maintien intégral de ce privilège, maïs encore contre toute proposition de loi qui tendait à le diminuer.
Tenez- vous donc en garde contre ceux qui veulent surprendre votre bonne foi*
Pierre BLANC,
1^® circonscription de CHAMBÉRY, M, Jules ROCHE,
Elu au toux de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Les délégués de vos communes, réunis en congrès, m'ont fait l'honneur de me choisir, à l’unanimité, comme candidat républicain : Je sens tout le prix de cet éclatant et nouveau témoignage d’une affectueuse confiance qui ne m'a ja*' mais fait défaut, depuis huit années, et dont j'ai conscience, — 3aisaez-moi le dire,^ — d'être digne par mon absolu dévouement et par mes constants efforts pour servir utilement la France et la République,
Il serait puéril d’étaler à vos yeux cette énumération de réformes à accomplir qu’on appelle un programme électoral ; l’expérience a montré à tous que ces formules sont forcément incomplètes et vagues, et que le meilleur programme d’un candidat résulte de ses actes antérieurs, de son caractère et de son passé.
Ce qu'il importe d'affirmer aujourd’hui, c'est la nécessité impérieuse d'organiser un gouveroement conforme, à la fois, aux vœux incontestables do suffrage universel, à la nature des choses et aux conditions nécessaires de toute entreprise humaine, c’est-à-dire un gouvernement qui ail un but et une règle de conduite; qui se dirige lui-même et qui dirige les affaires publiques avec unité de doctrine et unité de méthode; qui sache vouloir suivant ses principes et agir suivant ses résolutions ; un gouvernement composé de ministres animés du même esprit, ayant la conscience et le courage de leur responsabilité, s'appliquant k unir dans la République toutes les bonnes volontés et toutes les forces de la France plutôt qu'à complaire aux artisans de discordes civiles, plus résolus à leur devoir qu'attentifs à leur portefeuille, cherchant les mobiles de leur conduite non point dans la terreur 4e toute difficulté parlementaire, mais dans rexamen sérieux des réalités et dans le souci des intérêts permanents de ce noble pays qui s'appelle la France, et dont l'iiisloire est ie patrimoine du genre humain*
Les circonstances actuelles, l'état de Fopinion, la situation défioîtivement triomphante de ia République en France, et la situation de la France en Europei exigent qu'un tel gouvernement ne soit pas plus longtemps vainement attendu par notre démocratie, à Finstinct sî sûr, qui n'a cessé de lé réclamer, pour nos intérêts iniérieurs comme pour la sécurité et la grandeur de la patrie.
Voilà, je le sais, pe que vous pensez, mes chers concitoyens, ce que je pense comme vous; et, le jour où ce gouvernement serait donné aux Chambres, après que des explications loyales auraient scellé un commun accord, alors que
la confiance éclairée et rationnelle du Parlement lui garantirait le temps et la dtirée indispensable à tout travail important, — soyez sûrs que l'on ne tarderait pas h voir les conséquences fécondes de cette politique de bon sens, de clarté et de franchise, si bien adaptée d’ailleurs au génie de notre race-
rappelle, comme vous, de mes voeux les plus ardents de républicain et de patriote, ce gouverDement nécessaire, et je lui promets, en votre nom, si vous me choisissez encore pour vous représenter, mon appui le plus fidèle et le plus ferme.
Je ne pourrais pas vous faire de promesse plus large, plus complète, car elle comprend mutes les autres, et les élections du 20 août compteront parmi nos dates les plus heureuses, si elles amènent enfin la réalisation vivante de cette formule, qui est toute la République et toute la Révolution française :
Le Gouvernement de la nation, par la nation et pour la nation,
Jules ROCHE, député sortant,
Ancien ministre du Commerce, de [industrie et des Monies.
2*^ circonscription de CHAMBÉKT, M, Antoine PERRIER,
Élu au !**■ tour de scrutin*
Chers concitoyens,
Acclamé candidat, à l’unauimité, par le congrès républicain, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat de député.
Depuis quatre ans, J’ai rhonneur de vous représenter à la Chambre; vous avez donc à me juger, moins sur un programme politique que sur mes actes et mes votes, absolument irréprochables, je le crois, au pointée vue républicain.
J’ai voté contre la séparation de FÉglise et de FÉtat, parce que, dans la situation actuelle, j’estime que le Concordat doit être loyalement et strictement appliqué.
Je suis partisan résolu de la paix, compatible avec l’honneur et la dignité dé la France,
J’ai à cœur le relèvement de Fagricullure, et je soutiendrai les mesures qui seront proposées dans Fintérêt des agriculteurs. Ce n’est pas là une vaine promesse : mon attitude énergique et mes votes en faveur du maintien du privilège des bouilleurs de cru sont de sûrff garants que les promesses faites seront tenues.
Soucieux de tout ce qui peut contribuer au bieû-être de la classe ouvrière^ je m'intéresse tout particulièrement aux réformes qui peuvent améliorer le sort des travailleurs. Tai donné mon vote à de nombreuses lois ouvrières, ainsi qu*à Torire du jour Dreyfus, tendant à assurer rindépandance politique des agents des Compagnies des ciiemius de fer, contre lequel ont voté la droite et les rallies de la Chambre,
Électeurs,
Au 20 aoiilj vous aurez à choisir entre deux politiques : Tune, qui, sous f étiquette républicaine, vous ferait perdre le fruit de nos luttes pour la République et amènerait la modification, d'abord, etl*al>rogatiüQ, ensuite, des lois scolaire et militaire. G®est la politique des ralliés.
L’autre, qui veut le maintien de ses lois, qui considère que, dans un gouvernement démocratique, il ne doit pas y avoir de recul; que nous devons faire, successivement, les réformes attendues par le pays et réaliser les principes de justice et d'égalité promis aux citoyens par notre glorieuse Révolution française. Cette politique fermement républicaine, c’est celle du congrès, c’est la mienne.
Vous la ferez triompher en votant pour le seul candidat républicain désigné par le congrès, pour celui qui peut bautement et loyalement pousser le cri de « Vive la République! » sans être accusé d'avoir changé d'opinion politique.
A, PERRIER, député sortant, maire de Chambéry.
Circonscription de MOUTIERS.
M. Francis CARQOET,
Elu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Désigné comme candidat dans les réunions républicaines des quatre cantons de la Tarenlaise, je viens solliciter auprès de vous le renouvellement do mandat législatif que vous aviez bien voulu me cqnlier, il y a quatre ans, à une forte majorité, et que je crois avoir loyalement rempli
Je suis un des vôtres, nos intérêts sont communs. Si vous me faites Phouneur de me nommer de nouveau, je continuerai à consacrer rexpérience que j’ai acquise, à la défense de ces intérêts.
Je vous ai exposé, en 1889, ce que j’avais fait depuis quinze ans, au Conseil
général, pour notre chemin de fer de Moutiers^ aojourd'hui en pleine exploitation, pour nos forêts, nos routes el nos écoles de hameau.
Pendant ces quatre dernières années de législature, je n'ai cessé de soutenir nos droits. Je me suis occupé avec activité, notamruent, delà cûniinuaiion de notre voie ferrée jusqiVà Bourg-Sain t-Maurice, du tramway de Brides, dont le cautionneraent vient d^être versé, et de son prolongement jusqu'à Bozel et au fond de ia vallée du Doron, Pai contribué au rétablissement ou à la création de plusieurs écoles de iiameau, et, sans pbuvoir entrer dans les détails, je pois dire que vos municipalités ont toujours trouvé eu mol, auprès des pouvoirs publics, un interprète zélé et souvent écouté pour leurs légitimes revendications. Je crois avoir été fidèle au programme que je vous indiquais en 1889* Je me suis associé aux demandes deremauiement de Pimpôt dans le sens de Tégalité proportionnelleet dans un sens favorable à ragriculture. Je suis, notamment, un de ceux qui ont présenté un amendement tendant à dégrever de Pimput foncier de la propriété non bâtie, les cotes qui ne dépassent pas 10 francs en principal. Je suis aussi un des vingt-sept qtiî ont toujours et quand môme voté le dégrèvement de Pimpôt foncier, si lourd aux laborieuses populations de nos campagnes.
Membre de la Commission de révision du code forestier, j’ai soutenu les droits administratifs de nos communes. Un projet de révision est au Sénat, el, s'il est adopté, il sera de nature à vous satisfaire. Je suis aussi un de ceux qui, le h juillet dernier, ont déposé un amendement tendant à exonérer les communes du payement des gardes forestiers et à en charger l'Éîat,
L’agriculture a toujours eu en moLun défenseur résolu ; j'ai voté le projet de loi établissant le crédit agricole, création que poursuivra la prochaine législature et qui viendra en aide aux agriculteurs.
Habitant le pays, contribuable moi-même, je sais, en effet, combien est digne d'intérêt cette classe si intéressante des travailleurs de la campagne, qui font plus de besogne que de bruit, et sont les plus fermes soutiens de la nation.
J'ai voté contre la suppression du privilège des bouilleurs de crUj car je n’admets pas qu'on établisse, à un titre quelconque, Fexercice chez nos vignerons. J'ai voté le projet du Gouvernement supprimant l’exercice chez le débitant, diraimiant les droits et modifiant plus équitablement le taux des licences. Si le projet n'a pas abouti, c'est uniquement parce que l'adoption d'un amendement imprévu sur cette loi creusoit un déficit de près de lié miUions qu'il était impossible de combler en l'état. Le projet de loi n'est pas devenu caduc, du reste, il a été simplement disjoint du budget de 1894. La prochaine législature aura à s'occuper de terminer heureusement cette réforme.
J'ai voté également les droits compensateurs qui permettront à notre agriculture de iulier contre la concurrence étrangère*
J'ai voté également Tarbitrag© pour les différends entre patrons etoavriers, la suppression du livret, la protection du travail des enfants et des femmes dans les manufactures, et le privilège du salaire des ouvriers sur les sommes dues aux entrepreneurs de travaux publics.
Eu matière religieuse, je suis toujours partisan de l'application ferme et loyale du Concordat, qui, jadis, avait amené la pacification. Je n'ai jamais été un
sectaire. Ceux qui me connaissent le savent bien, et iis mentent^ ceux qui me représenteraient comme un persécuteur. Je pourrais citer bien des exemples du contraire.
Si vous m*honorez de vos suffrages, Je continuerai à soutenir les réformes démocratiques : réforme générale de Fimpôt, celle devant assurer Fabaiseement des droits de justice et des petites successions. Je voterai, en un mot, toujours dans un sens progressiste et républicain.
Au point de vue politique, vous me connaissez depuis longtemps. J'ai toujours lutté, depuis plus de vingt ans, pour la République. J'ai toujours été et serai toujours républicain.
On n'ose plus contester la République en face, mais ses adversaires déclarés ou dissimulés, tous ceux qui voudraient supprimer le régime de la souveraineté nationale, cherchent à entrer dans la place sous les masques les pins trompeurs, et ils se préparent, avec Faide de ceux qui ont toujours combattu la République, à livrer, le 20 août, un assaut aux libres institutions que le pays a eu tant de peine à conquérir.
A leurs armes ordinaires, la diffamation, îe mensonge et l'injure, ils cherchent encore à ajouter l'équivoque.
Vous saurez déjouer leurs calculs. Les Tarins ont toujours donné des preuves, dans leurs votes, de fermeté, d'indépendance et d'intelligence. Le parti républicain compte sur eux. Votre verdict, nous l'espérons, sera une nouvelle affirmalion de la République. Pour moi, quel qaUl soit, je resterai toujours on enfant dévoué de notre chère Tarentaise et un serviteur convaincu de la cause républicaine.
Vive la République ! Vive la Tarentaise l
Francis CARQÜET, député sortant.
Girconscription de SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE.
M, F. HÛRTEUR,
Élu au 1®^ tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
Le congrès réuni à Saint-Jean-de-Maurienne, le 6 août, m'a tait le très grand honneur, après avoir écouté le compte rendu de mou mandat, de me désigner comme candidat républicain à l'éiectioû législative du 20 août.
Je lui resterai profondément reconnaissaut de ce nouveau témoignage d'estime et de Gonjlance, ^
Chers concitoyens,
Voilà dix-huit ans bientôt que J*ai Phoaneur de vous représenter au Parlement,
Pendant ces dix-huit années, vous avez, dans cinq élections, toujours affirmé sur mon nom votre attachement aux instUülions républicaines. — Aussi, n ai-je point une longue profession de foi à vous faire. Mes actes et mes votes TOUS sont conuus. — Je suis toujours resté fidèle à la politique modérée qui est bien la vôtre, et qui, dans ce pays, nous a, ûèsr ie premier jour, valu bien des adhésions qui nous sont restées fidèles. Je ne m'en départirai point, aujourd'hui surtout que les adversaires de la République paraissent désarmés. — Les chefs, en effet, abandonnés par les troupes, proclameai qu’ils acceptent la République; nous avons ni le droit, ni le pouvoir de refuser ces nouvelles recrues. . Nous resterons simplement prudents en leur demandant le stage réglementaire qui üOtJS permettra de nous assurer de 3a sincérité de leur conversion.
Cette conversion, nous ïa devons à la volonté du suffrage universel qui, depuis dix-huit ans, a partout et toujours affirmé sa foi dans la République, ISous la devons à Tordre maintenu, à la paix assurée et garantie par k reconstitution de notre armée, à notre prestige reconquis à Tétranger et énergiquement soutenu dans des événements récents. Nous la devons aussi au chef de i'Église qui, ayant seul ie droit de parler au nom des catholiques, leur a ordonné de se soumettre.
L'avenir apparaît donc plein d'espérance, prolîtons-en pour continuer à donner à notre pays les lois réclamées par la justice sociale. La Chambre dont le mandat va expirer a été à la hauteur de sa tâche î elle a voté des lois qu’il est utile de faire connaître à tous :
Ce sont, dans l'ordre social : les lois anr ie travail des enfants et des femmes dans les usines et manufactures, sur la durée du travail, sur k responsabilité des accidents, sur l'arbitrage entre ouvriers et patrons, sur les syndicats professionnels, sur Thygiène et la sécurité des travailleurs, les sociétés coopératives et les associations ouvrières;
Dans Tordre économique et financier:
Les nouveaux tarifs de douane qui, frappant à l'entrée les‘ produits étrangers, ont augmenté la valeur des nôtres;
La suppression de Timpdt sur la grande et petite vitesse, donnant ainsi au pays un dégrèvement de cent millions en facilitant le commerce et la circulation à des prix considérablement abaissés ;
La réforme des frais de justice, jusqu'alors tellement lourds qu'elle n' était point à la portée de tous.
Si je suis de nouveau votre député, je continuerai à donner mon appui à toutes les lois ayant pour objet une plus juste répartition des impôts et des charges qui pèsent sur la société ; à toutes celies, enfin, présentées pour protéger les classes déshéritées de la fortune, contre les inquiétudes du lendemain, soit les lois d’assistance, de protection et d'assurance.
Je défendrai énergiquement les droits de nos agriculteurs, en maintenant
lea droits des bouilleurs de cru contre tout esprit inquisitorial et yexaloire, et en m’associant à toutes les améliorations ayant pour but la suppression derexerdce chen les débitants.
Je repousserai^ comme par le passée toutes les lois qui tendent à maintenir une division fâcheuse dans ce pays et dans le parti républicain ; je veux parler de la suppression du budget des cuites et de la séparation de FÉgïise et de rÉtat, mesures dont je reste un adversaire résolu.
Soyez donc tous bien convaincus que tous mes votes seront inspirés par les idées d’ordre, de justice, de liberté pour tous et d'une Bincère sympathie pour ceux qui souffrent. C’est bien ainsi que j’espère justifier votre confiance.
Pas d'abstention 1 — Tous aux urnes, pour la France et la République.
F. HOETEUR, avocat, député sortant.
Président du Cnnseil général de la Savoie, Maire des Chavaunes,