SAVOIE (HAUTE
Circonscription d’ANNEGY.
M. THONION,
Elu au 1®' tour de scrutin.
Chers concitoyens,
Arrivé au terme du mandat législatif que vous aviez donné au regretté M. Brunier, mon prédécesseur, et dont voua m’avez confié la succession, par plus de 8. 1)00 voix, je me présente de nouveau à vos suffrages, après dix-huit mois de législature.
Pendant Texerçice de ce mandat, j’ai fait tous mes efforts pour être à la hauteur de la lâche que j’avais acceptée dans un moment difficile et douloureux.
Je ne sais si j’ai réalisé toutes les espérances, mais j’ai la conscience d'avoir rempli mon devoir.
En vous exposant le nombre et la nature des travaux auxquels j’ai pris une part personnelle, soit dans l'intérêt général de notre arrondissement, soit au profit des villes, des communes, des associations, des personnes qui ont fait appel à mon concours et demandé mes services, vous me rendrez, je l’espère, cette justice que j’ai consacré à mes nouvelles fonctions tout ce qu’un hon citoyen peut avoir de volonté, d’activité et de dévouement.
Pénétré de l’importance de mes devoirs rie député, j’ai eu tout à apprendre. 11 a fallu ra’iniiier à la politique active, à la pratique législative, à la tactique parlementaire.
J’ai eu à connaître les voies administratives utiles et préférables, à rechercher le concours et l’appui de ceux que je devais intéresser aux affaires rie notre pays, et, enfin, à satisfaire aux nombreuses demandes qui m’étaient adressées de toutes parts.
J’ai prêté mon concours à tous, sans distinction de parti.
C’est ainsi qu’il m'a été donné de pousser très activement notre chemin de fer d Annecy a Albertville et d’avoir la certitude de sa mise à exécution très prochaine. Aux 500.000 francs accordés en 1892 et 500.000 francs en 1S93, j’ai eu la satisfaction d’obtenir l'inscription au budget de 189â de 1.100.000 francs, votés par la Chambre et le Sénat ; de faire sortir tous les chemins de notre vici-
nalitè inacrits au programme de 1892 et dont quelqnes-una, demandés depuis longtemps, s’élèvent à des chiffres considérables.
D’avoir sauvegardé l’organisation actuelle de notre tribunal civil, déjà diminué et menacé de nouveau dans sa deuxième Gbambre.
D’avoir pu doter plus de soixante écoles, dans quarante-huit communes, de cartes, de mobilier scolaire, de livres pour bibliothèques, de subventions pour coostructionB, réparations, amenées d’eau potable, des bourses en faveur d’élèves méritants, et peu fortunés.
D’avoir activement contribué à la solution de questions difffciles, pendantes depuis trop longtemps, concernant l’exercice des cultes, à la grande satisfaction des habitants.
D’avoir obtenu gain de cause au profit d’Annecy, dans une question d’octroi, primitivement repoussée (caserne des chasseurs).
Enfin, d'avoir, dans toutes les branches des services publics, pu rendre quelques services, tels sont: l’amélioration du service des postes dans plusienrs communes, dégrèvement de forêts communales, douanes, secours et pensions, recettes buralistes, création hospitalière, subventions aux sinistrés, etc., etc.
Et si, après dix-huit mois de dévouement et de travail, j’ai pu acquérir une certaine expérience politique, conquérir les influences nécessaires au bien de notre arrondissement, revendiquer avec quelque succès les droits et les avantages auxquels il pouvait prétendre comme les autres; s’il m’a été possible de venir en aide quelquefois à ceux qui n’ont d’autre appui que leur représentant, j’ai pensé que cette expérience acquise, et la possibilité d’ètre utile encore ax^ec plus de succès, ne devait pas être perdue entièrement pour mes concitoyens, que, malgré les fatigues et les soucis de la députation, je devais l’utiliser pour le plus grand bien du pays.
Tel est, chers concitoyens, le seul mobile qui m’a déterminé à me présenter de nouveau et à poser ma candidature. Je l’ai fait aussi sur les encouragements de mes amis politiques de tous les cantons.
Mes opinion-s républicaines vous sont, connues, elles reposent entièrement sur les principes de 89. Mon programme politique et social n’est pas un programme fermé, étroit, limité à une tendance particulière ou spéciale, il est ouvert à toutes les idées.
Je conçois autrement l’étentlne du domaine politique et législatif d'un représentant et je me félicite d’avoir reçu une instruction et fait des études qùi me permettent d’en apprécier la grandeur et la difficulté.
Je suis partisan de toutes les réformes sociales et économiques qui sont un pas en avant, à condition qu’elli^s se fassent sans violences et sans menaces pour la République. La propriété du sol, si difficilement conquise il y a cent ans, est l’image et l’origine de la patrie, c’est aussi l’indépendance morale et matérielle de l’homme et la richesse de la France; c’est doue à proiêger l’agriculture et les industries agricoles que la prochaine Gbambre devra surtout travailler. La terre un instant délaissée reprend déjà ses droits et son influence salutaire.
Dans l’industrie, la révolution pacifique se fait aujourd’hui. Il faut que le travailleur, que l’ouvrier, devienne à son tour membre associé aux bénéfices, il faut qu'il possède à son tour une quote-part durable de cette richesse qu’il a
créée de ses bras et souvent de son intelligence. 11 deviendra ainsi économe prévoyant pour l’avenir; il restera indépendant et libre. *
Le paysan a conquis l’égalité devant la terre, l’ouvrier l’obtiendra dans le monde industriel à mesure que son instruction et le principe d’association bien compris se développeront. Mais, avant tout, il devra conserver sa liberté individuelle, son indépendance, sa dignité et ne pas retourner au moyen âge. sous prétexte de progrès.
Eu matière d’impôt, les réformes sont plus que jamais à l’ordre du jour, et le, problème est tout entier dans l’idée de'.justice; mais les solutions tentées avec trop d’impatience ont souvent été fausses et trompeuses.
Ma règle absolue est que le travail pour la vie ou l’existence doit être imposé le moins possible.
le termine en faisant des vœux pour que le mode d’élaboration des lois, â la Chambre, soit profondément modiQé.dans l’intérêt même de ces lois.
C’est avec un Gouvernement fort, stable, honnête, que nous travaillerons au progrès continu de la République, c’est aussi par l’union des républicains que nous triompherons de ceux qui veulent la posséder ou la troubler.
C’est en accordant au candidat de votre choix le plus grand nombre de suffrages que vous l’encouragerez, le soutiendrez dans ses travaux, et lui donlierez Finfltiepce nécessaire*
Électeurs,
Fidèles à vos principes et à votre passé, vous voudrez, au 20 août, prouver une fois de plus que notre arrondissement est digne de rester au premier rang de la démocratie.
Vive la République I
Docteur THONION, Député sortant.
Circonscription de BONNEVILLE, M. Léon ORSAT,
Élu au 1« tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
1 ai recueillijSur tous les points de l'arrondiaaement que je viens de parcourir, des témoigoages de confiance et l’invitation à maintenir ma candidature à la députation : j’accepte et je me présente à vos suffrages pour l’élection du 20 août.
Républicain plus convaincu que jamais de la nécessité de l’union indisso-
lubie de la France et de la Bépublique, je Yeux au dehors lapais, et k Pîntérieur la stabilité du Gouvernement» persuadé que les changemenis incessauts de ministère rendent impossible un travail suutaou et fécond.
L’a mé livrât ion de notre situation finaacière devra être la principale préoccupation de la Chambre future. Il faut assurer Téquilibre et achever runiûcalion dü budget, réduire les dépenses eu supprimant toutes celles qui ne sont pas absolument indispensables, amortir enfin la dette nationale. C'est par son crédit, autant que par son armée, que la France est forte et indépendante*
Je demande une réforme admiuistrative dans le sens de la déceniralisation : l’extension des attributions des fonctionnaires qui sont immédiatement en contact avec les populations ; la suppression de quantité de formalités inutiles et injustifiables ; nioios d'états, de statistiques, de transmissions purement hiérarciiiquesî mais pour les fonctionnaires aiusi allégés, l’obligation d’instruire et d'expédier plus promptement les affaires.
J'estiiue que le Parlement devra reprendre et faire aboutir la loi sur le renouvellement partiel de la Chambre et la réforme du régime des boissons ;
Quil devra voter : la simplification et l'accéléra lion de la procédure civile, Pacbèvement du Gode rural, le développement de l'enseignement professionnel et la diffusion de riosiruction agricole, la création d’institutions de bienfaisance et une loi libérale sur les sociétés de secours mutuels.
Je désire que l’Etat facilite aux communes Pachèvement de leurs chemins vicinaux, qu'il prépare et assure la défen^^e militaire de notre frontière,
Enfin, je défendrai énergiquement les rranchises de la zone, tout en réclamant de nouvelles mesures en faveur de son commerce et de ses mdusiries.
Chers concitoyens,
Tel est mon programme. S’il est conforme à vos vues, unissez-vous une fois de plus autour du drapeau de la République auquel vous êtes demeurés fidèlement attachés pendant les années de lutte.
^ Marchons ensemble dans ia voie du progrès, à la conquête des réformes démocratiques que réclame depuis si longtemps notre vieux Faucigny indépendant et libéral.
Vive la République!
Léon ORSÂT,
Député sortant.
Circonscripüon de SAINT-JULIBN* M. César DUVAL,
Élu au tour de scrutio*
Chers concitoyens,
Une assemblée électorale ternie à Saînt-Julien le 6 août, à laquelle avaient été conviés tous les électeurs de Parrondissement, a approuvé !e compte rendu du mandai législatif que vous m'avez conüé il y a quaire ans et la conduite politique que j'ai suivie à la Chambre des Députés pendant ,1a législature qui va prendre lin.
A ruoanimitê, cette assemblée m’a désigné comme candidat républicain pour rélection législative du 20 août prochain.
Électeurs,
C'est la quatrième fois que je me présente à vos suffrages; depuis plus de dix ans vous m’avez vu à Posuvre comme député,
La confiance que tous m’avez témoignée en toutes circonstances et les sympathies que vous m^avez prodiguées m'ont inspiré une vive reconnaissance et ont facilité considérablement l'accomplissement de mon devoir.
Républicain de la première heure, convaincu plus que jamais que seule la République peut assurer à notre patrie la paix, la liberté et la prospérité, je continuerai à suivre la même politique que par le passé.
Après vingt-trois ans d'existence, la République, de plus en plus consolidée par les manifestations multipliées du suffrage universel, voit s'accroître chaque jour le nombre de ses adhérente, et bientôt les anciens partis monarchiques n'existeront qu'à l'état de souvenir.
Ce résultat, dont nous pouvons nous réjouir, prouve que, malgré les obstacles incessants, les calomnies et les manœuvres de la réaction, le pays a vu clairement l'œuvre considérable du Gouvernement républicain, qui a assuré à la patrie française le respect et la considération des nations étrangères.
Chers concitoyens,
La Chambre nouvelle aura à continuer et à compléter la tâche si bien commencée, en maintenant les résultats acquis. Pour cela, il sera nécessaire qu'elle renferme une majorité républicaine fermement résolue à donner au Gouvernement plus d'autorité et de stabilité.
Elle devra surtout écarter les discussions stériles et irritantes pour se consacrer plus efficacement à l'examen des réformes et des améliorations indispensables au pqjnt de vue administratif, judiciaire et fiscal.
En s'occupant avec sollicitude des lois concernant le travail et le soulagement des déshérités de la fortune, elle devra maintenir énergiquement la
liberté, dont la conquête a nécessité tant de luîtes et tant d’efforts, el la protéger contre les tentatives des collectiviLés ou des perturbateurs qui voudraient la restreindre ou Tanéantir.
Elle devra marcher résolument dans la voie du progrès et donner au paye les légitimes satisfactions qu’il est en droit d’attendre.
Chers concitoyens,
Vous me connaissez depuis longtemps, et, si vous me jugez encore digne de votre confiance, je m’etforcerai, comme par le passé, de me conformer à vos inspira tions et d’être votre fidèle interprète.
Mon dévouement absolu vous est acquis pour la défense des droits et des îûtérêis de notre arrûndissemeQl, dont je resterai toujours le serviteur zélé et convaincu.
Vive la France I Vive la République!
G. DUVAL, maire de Saînt-Jalien, député sortant.
Circonscription de THONON.