‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 192 sur 266 · SEINE · texte numérisé non relu

SEINE

±*T arrondissement de PABJS.

M* René GOBLET,

Élu au 2® tour de scrutin ,

Mes chers concitoyens.

Sénateur élu de la Seine, j’ai accepté la candidature aux élections législatives parcB que j’estime qu’il convient d’appuyer ses paroles par des actes.

Républicain indépendant, fidèle à Tanden programme à la réalisation duquel, comme membre du Parlement ou comme ministre, je me suis toujours efforcé de travailler, il y a longtemps que j’ai signalé, en la déplorant, la situation où nous a conduits le manque de direction politique t et cette direction, c’est au suffrage universel qu’il appartient de la donner.

En l’étal, que voyons-nous ? Le pouvoir mioisrèriel toujours exposé à des crises périodiques, sans force et sans atitorité pour grouper autour de lui une majorité capable de gouverner ; le Parlement en proie aux incidents les plus pénibles pour notre honueur, les deux Chambres presque constamment en désaccord, sinon en conflit, à raison de l'esprit dilTêrent qui les anime, impuissantes à accomplir aucune des réformes promises ; l’administration abandonnée à elle-méme et la magistrature, sous l’influence de ta politique, ébranlant de ses propres mains la foi du peuple dans la justice.

Il faut en finir avec ce régime; il faut que la République, consciente de la force que lui donne et des devoirs que lui impose le consentement quasi unanime de la nation, apparaisse, aux yeux de tous, comme un gouvernement puissant et respecté poursuivant dans la paix ridéal de progrès et de justice qui a toujours été le sien.

J'ai dit pour quelles raisons et dans quelle mesure je réclame :

La révision de la Constitution de 1875, afin d’élargir le mode de nominatioïi du Sénat et de modifier profondément ses attributions;

La réforme d’ensemble de notre système fiscal pour donner plus d’élasticité à nos budgets toujours en déficit et pour permettre de répartir plus justement

la charge des impôts et de dégrever le travail en frappant proportionnellement la richesse.;

La loi sur les associations, pour en finir avec rarbitraire gouvernenaenial et pour préparer la séparation des Églises et de TÉtat;

Les lois de décentralisation, afin de supprimer les fonctions inutiles et d'augmenter les franchises locales,

Partisan déterminé de la propriété et de la liberté individuelles, je crois, cependant, désirable qu’on étudie le retour à la collectivité, c’est-à-dire à l’État, de certains grands services publics aujourd’hui aux mains de trop puissantes compagnies, et j’adnaets que, dans la situation économique créée par le développement de Tindustrie moderne, TÉtat puisse légitîmeiBent intervenir pour réglementer, dans une juste mesure, les conditions du travail.

Cette intervention ne me paraît pas moins justifiée par le principe de la solidarité sociale dans toutes les œuvres destinées à secourir [3 souffrance, la misère et la vieillesse; je reconnais seulement qu’on ns pourra, sous ce rapport, atteindre un résultat vraiment utile qu’autont que la réforme de notre système d'impôts, en accroissant la puissance financière de rÉtat, aura augmenté, en même temps, les ressources des travailleurs appelés à fournir leur contribution à ces œuvres.

Loin de moi îa pensée que toutes ces réformes puissent être accomplies dans le cours d’une législature, mais je crois fermement que le moment est venu d’entrer dans celte voie, que c’est dans- un esprit de bienveillante équité, non de défiance et de résistance, que doivent être envisagées les questions qui intéressent les masses laborieuses et qu’il importe de les résoudi'e pour la paix sociale et pour le progrès du pays et de la République,

Aux électeurs de juger celle politique-

II ne me paraît pas douteux qu’elle doive triompher dans la grande majorité des circopscrîptions de Paris, Je vous serais profondément reconnaissant, mes chers concitoyens, ai le premier arrondissement me faisait Thonneur de l’affirmer également sur mon nom,

René GOBLET, Sénateur de la Seine, ancien président du Conseil des Ministres,

COMITÉ HÉPUBLlGiM MUÎCAL-SOGIALISTE DU 1®^ AÎIRONDISSEMÉIH'T,

Citoyens,

Nous n’avons pas besoin d’expliquer aux électeurs du premier arrondissement pourquoi notre comité qui, en 1889, fit triompher son candidat, le citoyen Yyes Guyot, s’est séparé de lui depuis longtemps- Est-il besoin davantage d’expliquer longuement pour quelles raisons nous vous présentons aujourd’hui lacaodidalure du citoyen René Goblet?

— ÊOl

Au moment où la coalition dos ultra-motldrés, des ralliés plus ou moins sincères et des réactionnaires s’efforce d'écarter la République de son droit chemin; au moment où les réformes politiques, économiques et sociales s’imposent impérieusement à nos élus; au moment où, pour aborder utilement l'étude de ces réformes, il est tout d’abord nécessaire de réformer la Constitution ellemême, la démocratie a plus que jamais besoin de garder sa confiance dans le bulletin de vote et dans ses mandataires.

C’est pourquoi, écartant à la fois un élu qui a abandonné son programme et un candidat qui n’en a pas, nous présentons à vos suffrages un homme d’une probité politique et privée irréprochable, un homme qui, dans ses divers passages au pouvoir, a rendu à la République et à la Patrie les plus signalés services, un homme qui, depuis vingt-deux ans de vie publique, a fait constamment effort vers le progrès et vers la justice sociale.

Citoyens, vous avez déjà acclamé, dans toutes nos réunions publiques et privées, le candidat de notre comité.

Au nom de la République, au nom des réformes depuis trop longtemps attendues, vous voterez en masse, le 20 août, pour le citoyen René Goblet.

Vive la République!

Les membres du comité ;

(Suivent un grand nombre de signatures.]

Vu, le candidat : liené GOBLET,

2° arrondissement de PARIS .

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