‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 193 sur 266 · M. G. MESUREUR · texte numérisé non relu

M. G. MESUREUR

Élu au i" tour de scrutin.

Citoyens,

Élu député, il y a quatre ans, par les républicains du 2“ arrondissement, je viens solliciter de vous le renouvellement de mon mandat.

Je le fais avec la conviction que notre attachement Û la République est resté le môme et avec la conscience d’avoir toujours conformé ma conduite publique ù vos volontés et 5 nos principes.

Ne relevant que de vous et du mandat que j’ai accepté, j’ai gardé mon indépendance vis-à-vis des gouvernements et je suis resté tidèle à'notre programme de réformes.

Complètement étranger aux scandales du Panama, après avoir, en 1888, voté contre les nouvelles émissions de cette Compagnie et contre la prorogation de ses échéances, j’ai voté, en 1892 et 1893, toutes ies mesures qui pouvaient faire la lumière sur les faits dénoncés, convaincu que la République ne saurait être atteinte par les fa.ibleBses ou les crimes reprochés à quelques-uns.

Vous me coiina!sse2 de lûogne date, je n'ai donc pas à revenir sur mes actes passés. C'est vers Favenir, vers les luttes sans cesse renaissantes, vers les conquêtes nouvellea que nous devons tourner nos regards et diriger courageusement nos efforts.

Nous voulons poursuivre la modification des tarifa de douanes, qui ont porté un coup si funeste à l'industrie parisienue; la réforme générale de Fimpôt, pour établir une répartition équitable des charges publiques; la suppression des octrois, des taxes de coasommadon et la révision des taxes de toutes natures qui entravent Taciivité commerciale.

Nous voulons la réforme administrative ; la justice accessible à tous, moins lento et moius coûteuse; la liberté de conscience absolue, mais sans religion d’État et sans clergé salarié par le budget»

Nous voulons le vote des lois sociales qui assureront le développement matériel et moral de tous ceux qui travaillent, lois sur Forganisation légale des travailleurs, sur les accidents du travail, sur la protection du travail des femmes et des enfants, et plus particulièrement sur les retraites ouvrières, qui s'imposent comme une dette nationale.

Adversaire de la dictature et du pouvoir personnel, je veux le maintien du régime représentatif, seul compatible avec la liberté des citoyens, maisilimporte de mettre ün aux lenteurs, aux abus et aux vices du parlementarisme actuel par une révision conslîtulionnelle démocratique.

La vieille opposition monarchique et cléricale, vaincue mais nou désarmée, déclare, pour mieux s'emparer du pouvoir, se rallier à la République» Notre devoir est encore de lui barrer k route, de ne pas lui laisser remettre en question nos conquêtes républicaines et d'achever enfin Fœuvre dkffranchiseement politique et social préparé par nos pères de la Révolution française.

Cette politique de progrès pacifiques, de paix et de justice sociales a toujours été celle du 2* arroadissemeat. Ckst pourquoi je me représente avec confiance à vos suffrages.

G. MESUREÜR,

Député sortant,

le Comité républicain 7'adical-socialisie du 2® arrondmement^ aux électeurs.

Citoyens,

Le Comité présente de nouveau k vos suffrages la candidature du citoyen G, Mesureur.

Investi depuis douze ans de la confiance du 2“ arrondissement, celui que vous avez élu député en 1889 est demeuré fidèle à son programme et à ses engagements. Ses actes, ses votes et ses travaux à la Chambre en témoignent hautement»

Particulièrement attaché aux questions ouvrières et convaincu que les luttes violentes et les haines ne peuvent que retarder les réformes sociales, il a poursuivi l’œuvre de l’organisation légale et pacifique des travailleurs.

On lui doit la création du Conseil supérieur du travail, et il a déposé le projet le plus remarquable qui ait été produit jusqu'à ce jour sur les chambres du travail, projet dont il a le devoir de poursuivre la réalisation.

Membre des Commissions qui ont préparé les lois sur les Conseils de prud’hommes, sur l’arbitrage, sur le placement gratuit, sur la saisie des salaires et sur la suppression des octrois, il s’est inspiré toujours de l’intérêt et de la liberté des travailleurs.

Président de la Commission des patentes, ii; a défendu avec éclat, devant la Chambre, l’égalité de tous les commerçants devant l’impôt et a combattu vigoureusement la centralisation 6t l’accaparement qui ruinent tant de nos concitoyens à Paris et en province.

Élu deux fois membre de la Commission du budget et chargé par elle des rapports sur les postes et télégraphes, il a pu faire améliorer la situation de plus de 30.000 agents les plus modestes de cette administration,

Défenseur des intérêts et des droits de Paris, il est intervenu pour réclamer la subvention de l’Etat pour l’entretien du pavé de Paris, et a combattu la loi livrant les Halles centrales à la préfecture de police, H a été chargé du rapport sur la loi relative à l’assainissement de Paris et de la Seine ; il a réussi, enfin, à obtenir d’une Chambre longtemps hostile la reconstruction de l’Opéra- Gomique dans notre arrondissement.

Citoyens,

L’eeuvre laborieuse et féconde du citoyen 6, Mesureur, à la Chambre comme au Conseil municipal de Paris, montre que vous avez en lui un défenseur éclairé de vos principes et de vos intérêts. Vous affirmerez sur son nom votre attachement inébranlable à la République, votre volonté de voir s’accomplir toutes les réformes démocratiques. Vous protesterez, en le choisissant, contre la politique coupable qui tend à livrer la République à ses ennemis soi-disant ralliés.

Vive la République I

Rebeuxasd, président ; Cuartiër, Robert, vice-présidents : Dorand, secrétaire ; Colun, trésorier ; les membres de la Commission exécutive; Abadie, Picard, Baiuuer,

ÂAIBROIS.

Vu, le candidat: G. MESUREUR.

3“ arrondissement de PARIS, M. E. CHAUTEMPS,

Élu au 2° tour de scruda.

Citoyens,

Je m’étais entendu avec le comité qui patronne ma candidature pour l’organisation de deux réunions publiques, et il était convenu, en outre, que j’assisterais à deux réunions organisées par nos adversaires.

Il m’a été matériellement impossible, le 10 août, salle Montgoifier, tant le tumulte était systématique d’exposer mon programme, voire même de répondre aux questions très personnelles qui m’étaient adressées.

C’est ainsi que, dans plusieurs arrondissements de Paris, l’on compromet par l’intolérance une liberté chèrement conquise !

Citoyens,

Permettez-moi d’abord de constater que mes adversaires, malgré la passion qu’ils ont mise à m’attaquer, n’ont réussi à m’opposer qu’un seul de mes voles, et c’est précisément un de ceux dont je me félicite le plus hautement.

Oui, le lendemain deFourmies, et après avoir voté l’enquête que repoussait le Gouvernement, j’ai volé l’ordre du jour Maujan : c’était, citoyens, m salut sympathique à l’armée, "que nous voulions dégager de ces douloureux incidentsl

C'est que je ne suis point de ceux qui nient la Patrie! Je refuse de reconnaître d’autre drapeau que le drapeau national. L'armée, qui est aujourd’hui la Nation elle- même, est la sauvegarde de notre sécurité, et l’humanité entière est intéressée à la puissance du pays qui fut le berceau de toutes les libertés ! c’est ma façon à moi d’être internationaliste.

Citoyens,

Le programme que je n’al pas pu développer en réunion publique, le voici:

Pour bien marquer les points qui me séparent des socialistes révolutionnaires, je déclare que je répudie toute lutte de classes, tout appel à la violence, toute utopie collectiviste.

Je suis socialiste, car je veux que l’État intervienne en faveur des faibles, et remette la main sur les grands services publics que l’on a eu le tort d’abandonner à des ünanciers cosmopolites ; mais mon socialisme ne saurait aller jusqu’au communisme, parce que ce serait la négation de l’initiative et de la responsabi, lité individuelles; que ce serait la suppression de l’eflort et de toute énergie-

^affaissement et la ruîne de tout peuple qui s'organiserait d’après un te! idéal.

N'était*el!e pas l’œuvre d’uo socialiste cette proposition de loi que j'ai déposée concernant les pensions de retraite de la vieil lesse^ et qui doit être complétée par üoe proposition analogue au profit des invalides du travail?

N’étaient-ils pas d’tiu socialiste tous les votes que j'ai émis, dans le cours de cette législature, sur le travail des enfants et des femmes, — les règlements d'atelier, — Tapplication du décret-loi des 9/H septembre 1848 (durée du travail) aux employés des entreprises de transport en commun, — la responsabilité des accidents survenus dans le travail, l'arbitrage facullatifj — la suppression des livrets d'ouvriers, — le moyen d'obliger les patrons à respecter te droit qu’ont les ouvriers de ae syndiquer, — les délégués mineurs, — f hygiène et la sécurité des travailleurs, — le contrat de louage, — le privilège du salaire des ouvriers pour les sommes dues aux entrepreneurs des travaux publics, — l’admissibilité des associations ouvrières aux adjudications de travaux communaux?

J'ai déjà voté et voterai encore l'extension de la juridiction des prud'hommes aux employés de commerce.

J’ai voté toutes les propositions d’amnistie qui ont été faites en faveur des travailleurs;

Mon programme social est donc tout entier dans mes actes.

Citoyens,

J’ai combattu et combattrai encore, avec la dernière énergie, l'œuvre douanière de cette Chambre. Les tarifs votés sont la ruine du travail national.

J'ai défendu l© petit commerce, à Foccasion de la révision des patentes, contre le funeste accaparement des grands magasins. Il y a là un danger national: c'est rimpossibilité pour le petit fabricant d'échapper aux conditions léonines des maîtres du marché ; c’est encore le goût si vivant et si varié de nos industriels^ d’art enchaîné par le caprice de quelques-uns ; c’est surtout l’abaissement inévitable du salaire de l’ouvrier. L'ordre public ne peut être que compromis par une évolution économique qui aboutirait à faire de tous les citoyens les salariés de capitaux anonymes.

En matière fiscale, je mo suis toujours prononcé pour la refonte de notre système d’impôts ; le moment est venu d’aborder, en les combinant, Tirapôt sur le capital et l’impôt sur îe revenu; de demander aux successions une plus grande part des ressources nécessaires à i'Etat ; d'abolir les octrois et les impôts frappant la consommation. J’ai dû voter contre la suppression de T impôt des portes et fenêtres, parce que la réforme était faite au détriment de Paris; elle est à reprendre sur une base plus équitable.

Mais, qu’on le sache bien, citoyeuB, il est une réforme primordiale, de laquelle toutes les autres dépendent, la cause de notre impuissance résida dans la coexistence de deux Gbambres également Bouveraines, dont aacune n’a le dernier mot. Nous devons poursuivre l'anitè du pouvoir législatif, qui est aisément compatible, ainsi que je l’ai maintes fois démontré en réunion publique, avec l'existence d'un pouvoir de contrôle dont aucun esprit pondéré ne saurait contester la nécessité.

Dâiîs Pordre politique, citoyens, je ne puis que confirmer mes déclarationB et TOtes antérieurs, relativement à la séparation des Eglises et de PEtat, que fai toujours votée ; à la décentralisation administrative ; à la gratuité de la justice; à la gratuité de Pinstruction à tous les degrés par voie de concours.

Citoyens,

Je me présente de nouveau à vos Buiîrages avec ia conscience d'avoir fidèlement et honnêtement rempli les trois mandats dont vous m'avez successivement honoré; au Palais-Bourbon comme à rHôtel de Viilei j*ai fait tout mon devoir. Si je dois être de nouveau votre mandataire, croy ez que je me dévouerai, avec la même énergie que parle passé, à mes concitoyens du S® arrondissement, à la France et à la République.

D' E. CHAÜTEMPS, député sortant.

circonscription du 4® arron^ssement de PAHIS. M. D. BÂRODET,

Élu au tour de scrutin.

PROGÏUMME nu COMITÉ BÉPUBUCAIN ÏÏ^DICAL SOCIALISTE DE U 1*® dRCONSCrUPTIOH DU 4'’ ARRONDISSEMENT DÉ PARIS*

Déclaration*

Le comité républicain radical socialiste de la 1™ circonscription du 4® arrondissement de Paris, d'accord avec son candidat, le citoyen Barodet, maintient tous les articles de Pancien programme républicain pour la réalisation duquel il a toujours combattu, parce que ce programme exprime et résume PenBemble des réformes essentielles à ia constitution même de la République.

Il ne croit pas qu'il soit bon d'en laisser meltre en oubli aucune partie et de faire supposer aux ennemis de la démocratie, enhardis par de récents et déplorables événements, qu'elle se décourage et recule.

Il lui semble, au contraire, quand se prépare la lutte pour les idées, qu'un parti sert ses intérêts et s'honore en exprimant les siennes, sans restrictions ni obscurité.

Les nouvelles générations qui arrivent à la vie politique* sans avoir souffert des longues et terribles épreuves que leurs ainées ont traversées, sont moins pénétrées des difficultés de la tâche et des dangers d'on retonr en arrière. Il

faut donc leur moatrep le chemin qu’elles ont encore à parcourir pour que la République devienne enfin cette réalité puissante et féconde à laquelle elle aspire et à laquelle elle ne parviendra que par Tesprit de suite et la persévérance.

Aux parties non encore réalisées de l’ancien programme^ le comité a ajouté quelques questions nouvelles, nées des nécessités économiques et dont d'autres pays ont déjà entrepris l’étude et la solution*

Au peuple souverain il appartiendra d’indîquer à ses représentants le degré d'urgence de toutes ces réformes, par le nombre des suffrages qu’il accordera à chacuoe d’elles.

C’est ainsi que, depuis douze ans déjà, il a placé la révision de la Constitution an premier rang des réformes à réaliser, parce qu’il a compris, tont d’abord, qu’elle est la clef de toutes les autres.

Le pouvoir constituant n’appartenant qu'au peuple et ne pouvant être exercé Bans uQ mandat spécial et formel, il est indispensable de réclamer cette Révision par une Assemblée constituante. L’Asaemblée de Versailles, qui avait usurpé ce pouvoir, n’a paie conférer aux Chambres actuelles. Elles ne sauraient, d’ailleurs, être juges et parties dans leur cause et ne pourraient donner qu’une révision aussi peu sérieuse qu’illégitime.

Au point de vue socialiste, le comité s’est inspiré des principes de la révolution française, qui voulait faire de la propriété, étendue à tous les citoyens, la base des réformes sociales et le rempan de la liberté individuelle ,

3S’ attendant rien des formules vagues qui peuvent être acceptées par tous les partis, parce qu’elles se prêtent à toutes les interprétations, il s’est efforcé de mettre le plus de clarté et de précision possible dans la rédaction de son programme,

ii serait heureux de voir, au moins sur Cô point, son exemple suivi par tous les Comités républicains.

Nous voulons :

La révision de la Constitution par une Assemblée constituante, accomplissant son mandat spécial sans qu’il y ait ni suspension ni diminution des pouvoirs publics actuels, ceux-ci ne devant cesser de fonctionner qu’après la ratiflcation de la nouvelle Constitution par le peuple et l’installation des pouvoirs nouveaux.

La liberté d’association, sans autre réglementation que celle qui aura pour

but :

i" La limitation des biens possédés en commun ;

2"^ La garantie de la liberté individuelle de chacun des associés vivant en communauté ;

3^ La nationalité des associés.

La laïcisation de tous les services publics.

La séparation des Églises et de l’État.

La reprise des biens de mainmorte au profit de l’État, des départements et des communes.

La décentralisation et la simplification administratives, par l’autonomie communale et départementale, dans les limites compatibles avec l’intérêt et l’ unité de la patrie française,

L’instruction gratuite pour tous au premier degré, gratuite, par voie de concours, au degré secondaire et aü degré supérieur, laïque à tous les degrés.

La réforme de la magistrature, comportant la suppression de l’inamovibilité, l’élection des juges et l’extension du jury h toutes les juridictions.

La révision égalitaire des Godes.

La justice gratuite.

Une loi consacrant le principe de la réparation morale et pécuniaire des erreurs judiciaires,

vm.

L’interdiction du cumul des fonctions publiques.

La responsabilité civile, directs et ellective des fonctionnaires publics.

L’égalité absolue du service militaire réduit à deux ans.

Une politique de paix, tendant à prévenir les conflits internationaux et à les résoudre par voie d’arbitrage. .

Xi,

Le maidtieti du renouvellement intégral de la Chambre tous les quatre

ans.

XH.

L’incapacité politique temporaire, ajoutée auï peines déjà édictées contre les auteurs et complices de toute tentative de corruption ou de contrainte en matière électorale.

La réforme générale et la répartition la plus équitable poesible de l’impôt.

L’impôt sur le capital et sur le revenu.

L’impôt progressif sur les successions.

La suppression de l’hérédité en l'gne collatérale, en vue de réaliser progressivement la diffusion de la propriété, l’ amortissement de la dette publique et la suppression des impôts indirecte.

La suppression des octrois.

La révision des tarifs de douane dans le sens libre-échangîste.

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