M. F^BAULT
Élu au 2^ tour de scrutin-
Citoyens,
Pendant dix-huit années consécutives, vous m'avez appelé à l’honneur de vous représenter, tant au Conseil municipal de Paris qu’à la Chambre des députés.
Durant ce laps de temps, fai toujours défendu avec fidélité le programme que fai accepté, et, si vous m’accordez de nouveau votre confiance, je la défendrai avec la même ardeur.
Je puis dire, non sans un certain sentiment de fierté, que mon passé vous répond de l’avenir.
En présence des attaques déloyales, que des adversaires sans scrupules dirigent chaque jour contre la République, il me semble essentiel de vous rappeler succinctement les services qu’elle a rendus an pays.
Après avoir sauvé l’honoeur de la France, la République a délivré ie territoire, payé une rançon de ciuq milliards, reconstitué nos forces militaires et doté le pays d’uue armée de trois millions d'hommes, pourvue de tous les engins, qui lui permet lent d’affronter toutes les éventualités.
Elle a refait notre outillage national, porté de 17 à 40.000 le nombre de nos kilomètres de chemins de fer, creusé des ports, presque terminé notre réseau de navigation^ rais, en un mot, notre outillage national à la hauteur de celui des nations les plus favorisées.
Les citoyens lui doivent des droits et des libertés qu’ils u’avaieni jamais possédés.
Elle a donné le droit de réunion et la liberté de la presse.
Sous sa vigoureuse impulsion, notre enseignement à tous les degrés a pris un développement qu'il u'avait jamais conmi.
En promulguant ta loi militaire, elle a donné k tons les citoyens l'égalité devant le plus lourd de lous les impôts : l'impôt du sang*
Malgré tous ces progrès, que de choses nous restent à faire dans Tordre social et dans Tordre économique pour donner satisfaction à ce besoin de réformes, si nettement exprimé par le pays I
Les impôts indirects, ces impôts qui grèvent les objets de consommation, qui frappent le contribuable en raison inverse de ses moyens, ces impôts progressifs à rebours ne sonMls pas toujours la source principale qui alimente notre budget? Quand seront-ils remplacés par un impôt gradué sur le capital et sur le revenu, impôt qui existe déjà dans la plupart des pays monarchiques qui nous entourent?
Notre justice gratuite a-t-elle cessé de ruiner les malheureux qui sont forcés de s'adresser à elle, et ne devons- nous pas, par des modifications profondes, la rendre plus prompte, moins coûteuse et, par conséquent, plus accessible à tous?
L'enfance est-elle suffisamment protégée? Tous les jeunes Français entreotils dans la société avec des moyens égaux de s'y créer une situation honorable et lucrative?
Les rapports du travail et du capital sont-ils réglés de manière à y mettre plus de justice qu' autrefois?
Le travailieur trouve-t-il dans son salaire une rémunération équitable de son travail ?
Même cette grande loi de 1884 qui donne aux syndicats professionnels une existence légale et qui devait exercer une influence si décisive sur la solution de ce problème social, qui préoccupe à si juste titre tous les esprits; même cette loi, dis-je, n'esi-elle pas iücomplète et rendue dangereuse pour les travailleurs, dans son application, par les dispositions policières qu'elle contient.
S'est-on occupé du sort de nos vieux travailleurs et a4-oo sérieusement cherché lès moyens de leur procurer quelques années de repos à la fin de leur rude et laborieuse existence ?
N'est-il pas navrant pour tous les gens de cœur de voir, par exemple, renvoyer des magasins centraux de la guerre, et plonger par conséquent dans la plus noire misère, des hommes qui, après avoir servi le pays pendant douze à quinze ans dans Tarmée, ont continué à le servir pendant vingt à trente ans dans ces magasins? Recevront-ils, ainsi qu'on me Ta formellemeot promis, un secours annuel?
N'avons-nouB pas à opérer la réforme administrative, la réforme de cet édifice vermouhi, qui date du commencement de ce siècle, de cet édifice créé en vue d'un gouvernement^despo tique, et auquel ni les changements de régime politique, ni les télégraphes, ni les chemina de fer n'ont rien modifié?
Toutes ces réformes penveut être d'autant plus promptement accomplies qiTelles doivent rencontrer Tassentimeot de tous les républicains, car, s'il en est qui ne pourraient nous suivre sur le terrain de toutes nos revendications, tous sont d'accord pour reconnaître que notre système d'impôts doit être profondément modifié, que les rouages de notre administration, à quelque ordre qu ils appartiennent, sont trop compliqués et par conséquent trop coûteux, ét
qu'en donnant plus de bien-être aux petite employés et aux travailleurs» on accomplit un acte de justice, de sagesse, de prévoyance.
Tous sont également d'accord pour reconnaître que notre Constitution monarchique de 1875 est robstacle le plus grand que rencontrent les hommes de progrès et qu'elle doit être promptenieot re visée dans un sens démocratique,
La Chambre de 1893 aura aussi te devoir de poursuivre :
L'abrogation de la loi Griffe, qui pèse d'une façon si arbitraire sur le commerce des boissons,
La révision des patentes, de manière à permettre le développement du petit commerce,
La modification du privilège de la Banque de France dans un sens conforme aux intérêts de tous.
Ferme ttez-moi de vous rappeler que, dès 1877, j’ai fondé la Bibliothèque populaire du septième arrondisse m ent.
Qu'en 1880, j'ai fondé la Caisse des orphelms de ce même arrondissement.
Que c'est grâce à mon initiative que les monuments du Ghamp-de^Mars ont ôté coDservés-
Que la désaffectation de ce terrain de manœuvres, conséquence de cette conservation, nous donne Fassurance de posséder l'Exposition de 1900,
Nos adversaires accusent la République, avec leur mauvaise foi habituelle, d'être un gouvernement dépensier et ruineux, alors qu'ils savent parfaitement que, si nos dépenses sont considérables, cela tient aux fautes des monarchies qui nous ont précédés et aux crimes de FEmpire.
La troisième République, il est bon de le leur rappeler, a reçu en héritage des régimes antérieurs près de vingt milliards de dette, et c'est la guerre de 1870, la guerre de l'impératrice, qui a créé cette situation désastreuse qu'on appelle la paix armée, situation qui force toutes les nations de F Europe à augmenter sans cesse les charges qui pèsent sur les peuples.
Citoyens,
Vous savez par expérience quels dangers courrait la République si, perdant confiance dans Faccomplissement des réformes pacifiques, le peuple prêtait l'oreille aux violenta ou à ceux qui rêvent de nous ramener en arrière.
Je m'efforcerai doué, si vous m'honorez de vos suffrages, de concourir de toutes mes forces â l'accomplissement de ces réformes, qui seules peuvent la mettre au-dessus des attaques de ses adversaires.
Vive la République!
FRÉBAULT,
Ancien membre du Conseil municipal de Paris, Ancien député de la Seine.
Citoyens,
Lé comité républicain du Vil® arrondissement a l’honneur de présenter à vos suffrages la candidature dti docteur Frébaultj ancien membre du Conseil municipal et ancien député de l’arrondissement.
Pendant dîx-hnit années, mêlé à nos luttes politiques, il a défendu avec énergie les institutions républicaines sans cesse menacées par la réaction.
Serviteur dévoué de la démocratie, sou programme politique n’a ja mais varié, il est toujours prêt, comme autrefois, à combattre avec vous pour la cause des réformes sociales, pour celle des travailleurs.
Le droit, la liberté et la justice trouveront toujours en lui un ardent défenseur.
Partisan convaincu des réformes réclamées par le paye, il poursuivra avec insistance la révision de la Coostitutlon monarchique de 1875, dans un sens démocratique.
Il s’attachera à faire aboutir la réforme judiciaire pour mettre notre justice en harmonie avec les institutions modernes et permettre enfin à tous les citoyens de défendre leurs intérêts, quelle que soit leur situation.
Considérant que la liberté de conscience est une des plus belles conquêtes de la Révolution française, il Pa toujours défendue avec énergie.
Au point de vue économique, il estime que la réforme générale de Pimpôt doit être la préface de la solution de tous les grands problèmes sociaux, et i! demandera ;
La suppression des octrois et celle de tous les impôts qui grèvent les boissons hygiéniques,
La révision de la loi du 15 juillet 1880 sur les patentes.
La révision des lois fiscales qui pèsent si lourdement sur la partie la plus nombreuse de la population, etc.
Ayant toujours vécu au milieu de la classejaborieuse, il en connaît les souffrances et les besoins, et s’efforcera de faire aboutir les lois améliorant le sort des travailleurs (réglementation des salaires et des heures de travail, protection contre les accidents, retraites pour la vieillesse); il poursuivra sans relâche PamélioratioD de la loi tronquée sur les syndicats, qu’il a toujours comprise dans un sens plus libéral et plus conforme aux intérêts de la démocratie.
Il s’attachera à la réforme des administrations, dernier legs des régimes disparus dont la règle est: despotisme et tyrannie, et qui empêchent T humble fonctionnaire de se grouper et de porter à la connaissance du public ses très légitimes revendications.
Citoyens,
La République est assaillie de toutes parts, il lui faut non des discoureurs, mais des hommes d’action, esclaves de leur mandat, dont toutes les idées n’auront qu’un but, le triomphe de la République contre les menées des monarchistes et des cléricaux déguisés.
C’est pourquoi nous recommandons à vos suffrages la candidature du ci-
toyen docteur FRÉBAULT, qui, par sa sincérité et son honnêteté, a su se placer au rang de -ceux qui servent le peuple sans le flatter et dont le passé nous répond pour Pavenir.
Pour le Comité : Le secrétaire, L, Tissier , 1S8, rue de Grenelle,
Alassedr, 107, quai d'Orsay; Bauort^ rue de Sèvres; Baür (Léon), 5, rue du Champ-de-Mars ; Béquet, 83, avenue Lamotte-Piquet ; Bouxet, 40, rue Saint-Dominique ; BoNNAn, 21, rue de Beaune; CoossoT, 15, passage de Grenelle; Dbeotsch (Léon),- 11 avenue Labourdonnais; Droov, 2, place de PExpositioo; Flomno, 145, me Saint-Dominique; GouoiTj 101, rue Sain t-Dominique ; Guillemot, 6, avenue Lowendal; HiBCU, 222, -boulevard Saint-Germain; Journet, 9, rue Amélie ; Laffontan, 7, avenue Duquesne ; Léger- Bersœur, rue Mouteasuy ; Lopin, 105, quai d'Orsay ;MicnAUD, 33, rueCler; Moisson fils, 28, me de Bourgogne; Morel (L.), 39 bis, avenue Labourdoonais ; Perrteb, 17Q 4/èî, rue de Grenelle; Poirier, 17, rue du Champ-de-Mars ; Pingadlt, boulevard Latour-Maubourg; D'‘Roünui:, avenue Rapp ; Son, 5, me Ghanalellles; Terrier, 170 4îs, rue de Grenelle ; TiLuê, 3^ rue Gler ; Troüsselie, 15, avenue de Tourville ; Vaotelet, 42, rue Gler.
J'accepte loyalement ce programme et je m’engage sur l'honneur à le défendre.
Vive la République î
FRÉBAÜLT.
1^- circonscription du 8^ arrondissement de PARIS. M. Denys COCHIN,
Élu au T tour de scrutin.
Messieurs les électeurs.
Les opporlunistea et les radicaux gouvernent notre pays depuis quinze ans j vous connaissez leur oeuvre ;
En matière financière : des impôts nouveaux, des emprunts presque annuels, des budgets en déficit ;
En matière d’enseignement : tout libre clioix refusé aux communes et aux familles, le programme officiel imposé partout et i'idée religieuse bannie de l'éducation;
Dans l’assistance publique: les hôpitaux laïcisés, les frais généraux doublés, et payés par les pauvres ;
Dans l’industrie : le manque de sécurité ;
Dans le commerce : récrasement des petits ;
Dans Tadministration ; Pingérance constante des élus de la majorité, la partialité, l’esprit d© secte, l’intérêt électoral primaot les autres;
Enfin, dans le Parlement : des scandales; et il est trop clair aujotu'd’hui que la politique a entravé le cours de la justice et étouffé la lumière.
Conservateurs,
Vous êtes las de cet état de choses, vous ne demandez à vos mandataires ni vaines promesses, ni abandon de principes, mais un dévouement immédiat et constant à la patrie.
Probité, liberté, justice pour tous, telle est la devise du comité conservateur du 8^ arrondissement, dont j*ai Fhonneur d’être le candidat. Nous triompherons si, le 20 août, vous êtes présents et unis,
Denys COCHIN,
Conseiller municipaL
COMITÉ CONSEUTATEUK M Vin® mORDISSEMEirP-
Pour la première fois, les quartiers de la Madeleine et de l’Europe forment une circonscription électorale, et vous êtes appelés à élire un député, le 20 août 1893,
Le comité conservateur, justement fier de la confiance que vous lui avez souvent fait PhonDeur de lui témoigner en acceptant ses indications, présente à vos suffrages indépendanta îa candidature de M, Denys Gochin, conseiller municipal de Paris.
M, Denys Cochin se rattache à notre grande ville par des liens étroits et nombreux. Propriétaire dans le VHP arrondissement, il porte un nom que tout le monde et le peuple surtout connaît depuis de longues années.
Membre du Conseil municipal depuis douze ans, il y a fait preuve d’un talent oratoire remarquable et d'une expérience consommée des affaires. Il y a toujours marché pleinement d’accord avec les conseillers municipaux que les quartiers de l’Europe et de la Madeleine ont envoyé siéger à l’Hôtel de Ville.
M. Cochin est l'un des défenseurs les plus autorisés du programme politique et religieux que, depuis 1871, vous avez constamment affirmé par vos votes.
M. Gochin réclamera, au Palais-Bourbon, comme il l’a fait à PHôtel de Ville :
Le rélabîisseiuent de Tordre dans nos finances, compromises pur uo gaspillage sans frein ;
L*inlégralité des libertés religieuses et scolaires, mutilées par des lois jacobines î
Il défendra avec la plus extrême énergie les principes sociaux indispensables à la protection des înîéréts de tous;
U poursuivra, enQn, le retour de Thonnêteté dans les affaires publiques.
Nous présentons donc en toute confiance M- Cuchin à vos suffragesp
Le comité conservateur du Vllh arrondissement fait appel, en cette grave circonstance, h Tuniou de tous les amis de la liberté et de l’égalité pour tous, union nécessaire au relèvement de la patrie et au bonheur du plus graod nombre,
La division du Vf 11“ arTondissemeDt en deux circonscriptions rend facile cette union dans des conditions de complète équité.
Pour le comité conservateur du VIÎF arrondissement : {Suivent un grand nombre de signatures,)
Vu ; le candidat, Denys COGHIN,
2^ cûrconscriptîOïi du 8^ arrondissement de PARIS, M. Maurice BINDER,
Élu au 2“ tour du scrutin.
Messieurs et chers concitoyens.
Il y a vingt*detix ans, pour la première fols, vos libres suffrages désignaient ici mon père comme votre représentant au Conseil muiiÎGipal de Paris,
Depuis cette époque, sans interruption, av^c une fidélité et une constance qui ne se sont jamais démenties, je n'ai cessé après lui de recueillir les témoignages les pins éclatants de votre estime et de votre confiance.
Au mois d’avril dernier, le quartier du Roule me nommait, pour la quatrième fois, à une écrasante majorité ; aujourd'hui, enfin, se souvenant de mon désistement en 1889, et des engagements pris à mon égard, le comité central du VIII’’ arroiidissement, en même temps que les plus autorisés d’entre vous, vieiîîient de me faire Thonaeur de me demandt'rpubllquemeni et, pour éviter toutes divisions, de me présenter dans celte circonscription même où, pendant dix ans, par vos votes à peu près unanimes, vous avez tenu à me prouver que j’étais demeuré fidèle à mon mandai, fidèle aux engagements soJenneilemeot pris devant voas,
Devant d^ausei flattemes maoifestatioas et fort de tels .appuis, o^est en toute confiance, mesaieurs el chers concitoyens, que je viens solliciter le niandat de député.
Partisan sincère et respectueux de Ja souveraineté nationale, ennemi de toute opposition systématique, je fais an ioyal appel aux honnêtes gens de tons les partis, aux indépeudanis de toute nuance, à tous ceux, en on mot, qui, las dé la politique riéféste dé scandales el de perséeütions dé eës dernières années, obéissent à f’uhique souci d'assurer enfin par des réformes démocratiques, à notre cher pays, un gouyérnement vraiment national^ ouvert à toutes les hohnes volontés, respectueux de toutes nos libertés politiques et religieuses*
Tel voua m^àvez Cônoü à PHôtél de Ville chaque fois qü'il s'éât agi de prendre en main la cause du petit commerce parisien ou de contribuer par tous mds efforts à Patnélioratidn morale et matérielle des cûildItioBs d’eXistence de la classe si intéressante des ouvriers et des travailleurs, tel, messieurs, vous êtes surs de me trouver à la Chambre des députés, plus que jamais résolu à me mettre au premier rang de vos défenseurs les plus dévoués,
A vous de décider maintenant si, plus encore que mes promesses, mon passé me rend digne de votre confiance.
Quant à moi, j* attends sans anxiété l'heure du scrntin*
Quel qu'il soit, messieurs, je o'oubiierai jamais que je vous dois cette insigne satisfaction de m’avoir permis de consacrer une partie de mon existence à tenir le drapeau de vos légitimes revendications et, dans ce VIIF arrondissement, d'attacher mon mm aux idées d'ordre, de trayait et de liberté pour tous !
Maurice BINDER, GOnséiller municipal du VHP arrondissement, Membre du Conseil général de la Seine*
coMrrÉ cektial ÉiÆCrroaM* nu vm" AMONDisslsMtÆiT.
Chers concitoyens^
Âû in ornent oii vous êtes appelés à nommér vbtrë dépülé, nods cOnsîdétons comme un devoir de rècommander àux suffrages des honnêtes gens de toute nuance, aux électeurs indépendants et soücieu^d’asàurer enfin à notre cherpayS, au-des^üS de tout parti pris, tin gouvernement Véritablement démocratique, ouvert à toutes les bonnes volontés, respectueux de toutes nos libertés politiques et religieuses, la candidatüre de M* Maurice Binderj conseiller muniôipal dtï VHP arrondissement, membre du Conseil général de la Seine*
Plhs, d'ailleurs, messieurs, que nos énergiques recommandations, le passé tout d'honûËur et de travail de M. Maurice Binder, son respect de k souverain té nationale, le r51e considérable joué par lui depuis dix ans le désignent suMsammeüt entre tOus à Vos libres suffrages*
§'est^il agi, k l'HOtel de Ville, en dehors de toutes les améliorations appor-
tèea à nos quartiera du Roule et des Champs-Élysées, de soutenir la cause de l’ordre ou le maintien de : libertés outrageusement violées, de prendre en main les intérêts du petit commerce parisien, de réclamer, entre autres réformes économiques, une raodiflcation radicale de notre législation sur les octrois, de protester contre le gaspillage de nos finances, par-dessus tout d’assurer enfin à la classe si intéressante des ouvriers et des travailleurs une améiioration de leurs conditions d’existence, touiours et au premier rang de nos défenseurs les plus dévoués et les plus résolus, nous n’avons cessé de rencontrer M. Maurice Binder.
Aussi, messieurs, est-ce sans surprise que, sur la liste déjà longue de ceux qui, témoins de l’attitude de M, Maurice Binder et de son loyal désistement en 1389, ont tenu, cette année, à appuyer publiquement sa candidature, vous trouverez côte à côte et indistinctement les noms de généraux, officiers, propriétaires, commerçants, employés et ouvriers de tout ordre, unis, sans distinction de classe ou de situation sociale, dans une même pensée de concorde et de patriotisme pour assurer dès le premier tour de scrutin, à une grande majorité, le succès de M. Maurice Binder.
A l’heure actuelle, après les scandales de la dernière Chambre, notre premier souci doit être de n’envoyer comme députés que des hommes nouveaux, tl’mie indépendance absolue et d’un passé d’honorabilité et d’intégrité indiscutables.
Entre tous, M, Maurice Binder est de ceux-là et, dans de telles conditions, votre choix ne saurait être douteux.
Sans vous laisser influencer ou égarer par des divisions savamment suscitées de droite ou de gauche dans cette circonscription où, pourtant, depuis vingtdeux ans, les électeurs ont assez clairement manifesté leurs sentiments d’estime et de reconnaissance, tous, et sans exceptiop, vous vous rallierez, le dimanche 20 août, à la candidature honnête et libérale de M. Maurice Binder, et, une fois de plus, fidèle à son passé, le Vlll” arrondissement aura; sur un nom aimé et estimé de tous, assuré le succès des idées d’ordre, de travail et de
liberté pour tous.
Vu, le candidat ; Maurice BINDER*
1'® circonscription du 9“ arrondissement de PARI^- M. Georges BERRY,
Élu au 2° tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
En posant ma candidature aux élections législatives du 20 août, je n’ai qu’un but, beaucoup d’entre vous le saveut bien, pouvoir aller défendre à la
Gbambre des députés vos droits et vos întérêts comme je les ai défendus pendant dix ans au Conseil municipal de Paris,
Travail, honnêteté.
Dévouement à la cause des déshérités.
Tel était mon programme hier ; tel est mon programme aujourd’hui, le veux travailler à la réduction des impôts en supprimant tous ces emplois inutiles dont T augmeii talion depuis 1872 coûte à T État plus de cent millions*
Je veux travailler à la suppression des octrois.
Je veux travailler à la révision du Code de procédure civile et obtenir la diminution des frais de justice.
Je veux travailler à la révision de la loi sur les patentes*
Je veux travailler à Passirailation complète de l'employé à Touvrier pour toutes les faveurs accordées par les lois à ce dernier.
Je veux travailler à rorganisatioa d'une caisse de retraites nationale pour les vieux ouvriers et îes vieux employés.
Je veux travailler à rendre libre le marché de la Bourse par Tabolition des privilèges.
Je veux condûuer à réclamer sans cesse la liberté de conscience pour tons. Je veux enfin être, dans l'avenir comme par le passé, le défenseur d'office de mes électeurs pour tontes les questions les intéressant qui seront agitées dans la prochaine Chambre.
Et si je désire surtout faire partie de cette Chambre, c'est pour y poursuivre la réalisation des projets de réforme pour lesquels j'ai déjà obtenu Tavis favorable du Conseil municipal de Paris, projets touchant notamment Passiatance publique, la loi sur les sociétés coopératives, les droits d'octroi, etc*
Mes chers concitoyens,
Je tiens à ajouter m terminant que, dans un intérêt de concorde, d'apaisement, et, par conséquent, de prospérité nationale, j'accepte, avec la loyauté que vous me connaissez, la forme du gouvernement que la France s'est donné, la République, sur le terrain de laquelle je convie tous les hommes d'ordre à combattre avec moi les partis extrêmes.
Mais, si je suis un adhérent à la République, je la veux cette République, libérale, honnête, ouverte à tous, dégagée de ces petites coteries qui la rapetissent en voulant en faire leur propriété exclusive, alors qu'elle appar tient à tous les Français.
Allons donc, plus d'ostracisme et le même droit pour tous de se dévouer à la patrie*
Georges BERRY, Conseiller municipal*
Mes chers concitoyens,
Depuis le 20 août, la période électorale n’est remplie que de questions personnelles et d’attaques inqualifiables contre mes amis et contre moi.
Il serait peut-être plus utile, à la veille du scrutin, de s’occuper un peu des intérêts des électeurs, c’est-à-dire du programme des candidats.
C’est pourquoi je vous demande la permission de reprendre ce que je disais avant le premier scrutin, quand, affirmant :
Mon respect absolu pour toutes les croyances, j’ajoutais ; si vous m’envoyez à la Chambre des Députés :
J’y travaillerai à la réduction des impôts en supprimant tous ces emplois inutiles dont l'augmentation depuis 1872 coûte à l'État plus de cent millions.
J’y travaillerai à la suppression des octrois.
J’y travaillerai à la révision du Code de procédure civile pour obtenir la diminution des frais de justice.
J’y travaillerai à la révision de la loi sur les patentes.
J’y travaillerai à l’assimilation complète de l’employé à l’ouvrier pour toutes les faveurs accordées par les lois à ce dernier;
J’y travaillerai à l’organisation d’une Caisse de retraites nationale pour les vieux ouvriers et les vieux employés;
J’y travaillerai à rendre libre le marché de la Bourse par l’abolition des privilèges;
J’y travaillerai à la révision de la dernière loi sur les droits de douane;
J’y travaillerai à la réforme de la loi sur les sociétés coopératives;
J’y travaillerai, comme j’ai déjà fait à l’Hôtel de Ville, à la grande réforme de l’Assistance publique;
J’y travaillerai, enfin, à faire aboutir toutes les questions qui vous intéressent.
Mes chers concitoyens,
Fort de ma loyauté, fort de mes travaux au Conseil municipal, fort surtout d’avoir toujours été un mandataire fidèle, j’attends avec confiance le résultat du scrutin de dimanche, qui ne peut être un blâme de ma conduite passée.
Georges BERRY, Conseiller municipal.
2” Circonscription du 9" arrondissement de PARIS. M. Georges BERGER.
Élu au tour de scrutin.
k Messieurs les Électeurs de la 2® circonscription du !X* arrondissement.
J’ai rhqunear de gqUiciter le renouvellement du mandat législatif donti’at été investi en 1889.
Je ne suis pas de ceux qui colportent leur personne pour la recommander : fai le respect dp corps électoral et Je ne l’importunerai pas de cette façon. Mes actes suffisent afin qu’on me juge, et je suis prêt à les expliquer.
Je suis le républicain sincère que j’étais en 1889.
Je n-ai pas fait dé politique bruyantes assez d’autres en font pour n^arriver qu’à troubler le pays.
J’avais promis d^être un député d’affaires; je crois avoir tenu ma promesse.
Afqai qoe je écrit en 1890, en rendant compte de la part prise par moi aux travaux parlementaires de la session» j’ai débuté à la tribune en qualité de rapporteur do la Gommisaîoa des eaux del’Avre. Cette' Commission a obtenu, avec le concours de ma parole, la déclaration d’utilité publique des travaux d’adduction dont f achèvement vient de doter Paris d’un supplément journalier de plus de lÜO.OÛO mètres cubes d’eau salubre.
Je eiége dans les deux plus importantes Commissions parlementaires permaueotes de la Chambre ; la Commission des Douanes et la Commiasiou de l’Armée.
J’ai été, pendant deux ans, Pun des principaux rapporteurs de la Commission des Dopanes, pour la préparation et la discussion tjn nouveau tarif ; en cette qualité et comme président d’une Ligue formée par certaiqs grands centres induatrielst j’ai été au nombre de ceux (|ui ont lutté victorieusement ep faveur de la franchise des matières premières dont nous avons besoin pour nos fabrications. J’ai obtenu des droits équitables pour protéger dans une mesure strictement compensatrice notre métallurgie et notre construction mécanique, afin que la France fpit maîtresse de son outillage industriel, qui est son arme économique, comme elle Test de son armement militaire. J"ai voté contre fensemble de la nouvelle loi douanière, parce qu’elle applique à certaines catégories d’objets fabriqués des droits dont Télévation est de nature à susciter des représailles étrangères, fâcheuses an point de vue de nos exportations auxquelles le commerce parisien participe largement. Je reprochais aussi à cette loi d’ètre contraire à la conclusion de traités de commerce que je juge indispensables, à condition qu’ils n’aient pas une durée trop longue eu égard à la rapidité avec
lacfuelle sont de f^lus m ïïIus appelés à sa produire les chàngemëtlW dè méthodes industrielles. Nos industries et notre commerce ne sauraient vivre au jour le jour*
Je ne divulguerai pas les actes de la Commission de Pârmée, J- ai été assidu à ses séances pendant ces quatre années. Je me suis asfedcié aux mesures capables d^accroître la puissance de nos forces nationales et de rendre la loi mil il aire compatible, à la fois, avec Tégalité de tous devant Pimpôt sacré du sang, et avec Pexercice de certaines carrières qui fournissent au pays des serviteurs utiles.
Je me suis opposé à toute création de charges fiscales nouvelles, quelles qu’elles fussent. Les économies seules doivent équilibrer nos budgets.
Je veux Fégalité de tous devant l’impôt.
Par mes votes^ fai manifesté mon désir que Timpôt des patentes fût mesuré à rimportancB des maisons, et que cettoimportânce fûtdèterminéë par le chilTre apparent dé leurs bénéûcés, le nombre dé leurs employés, et ceïüi de lèurs spécialités commerdates, largement spécifiées.
L’impôt sur les opérations de Bourse ne pourra, à mon avis, que gêner le marché î il aeî-à sans influence sur ta situation réciproque du parquet des agents dé change et de la coulisse, dont la loi, d’üne part, et la Coutume, de Pautre, ratifient et justifient les fonctiOhnements ^parallèles, pour îa sécurité, la facilité, ^extension et le bien général des affaires.
Je prends garde, en député indépendanl, qu’aucune disposition légale ne vienne favoriser, au détriment de Pun ou de Pautre, ^intérêt du producteur, du consommateur et du débitant ou de tout intermédiaire mile.
Si la Réforme du Régime des Boissons, après avoir supprimé l'exercice chez le détaillant, doit consister à dégrever de certaines taxes vexatoires les boissons hygiéniques, et à augmenter ou à instituer les llcëïîces du coiiif^té dii trésor ou des municipalités, pette réforme risque de n'être proûtable à personne, à Paris ndi^taibcDt et dans les grandes villes, qui contiennent le plus graild bditibre de consommateurs* Mieux eût valu attendre qu’on se fût rendu coittptej par 1 CÀpèrieiiCe, de la plus-value de rendement fiscal qu*on prétebd obtenir dé là réglementation des bouilleurs de crUj dont les fraudes représentent tant de milUÉîtië soustraits à Pîmpôt. Dn ailraîl alors appliqué cetië pltiS-Valtie à un dégrèvement proportionnel des boissons hygiéniques, et, si l'on n’àvàit pti opérer ainsi qtf iid dégrèvement illusoire ou insuffisant, on aurait chargé dàvàntagë l'alcobL
Je maintiens ce que j'ai écrit, en 1890, au sujet des Lois ouvrièirëe. lé Soutiendrai toutes les lois qui empêcheront les abüs patronaux, veilleront à la prottiction de la femme et de Tenfant et laisseront à l’adulte la plénitude de sa liberté individiiëllo, J'ai repoussé et je repousserai toujours ravèriémént du socialisme d’Etat, c’est-à-dire l'absorptkn duHftays par BEtat à dn dégrè quelconque. Cela serait la négation des libertés conquises et la destruction de riniiîative privée, coliectivé ou personnelle, qui est une vertu ét uiie forée dé notre race.
Je suis iih parti sàn convaincu de la mutualité dans tout ce qüi concerne les
questions de secours et de prévoyancè.
Je n'ébiimérerai pas les commissions diverses aux travaux déâquellès lé suffrage de mes collègues m’a appelé à prendre part.
Tattendrai une époque plus Yoîaine des élections pour m’expliquer davantage.
Qu"îl me suffise d’ajouter que je n'ai jamais usé de mon mandat que pour m’efforcer de bien servir le pays; je ne Tai jamais mis au service de mon iotérÊt personnel, car J’estime que la probité privée et la probité politique sont inséparables-
Georges BIÎRGER, député delà Seine.
Monsieur et cher concitoyen,
J’ai Thonneur de vous adresser ma profession de foi.
La qualité d’électeur crée un devoir. En négligeant de voter, on a aliéné son droit de critiquer les actes d’un Parlement à la formation duquel nn n’a pas contribué personnel! ecnent*
j’ai donc l’hooneur d’insister auprès de vous, en vous disant :
Si vous pensez que ma candidature vous offre les garanties politiques et sociales qu’ont le droit d’exiger les hommes d’ordre, de progrès et de raison : pas d’abstention.
Georges BEBGER, député sortant.
Mes chers concitoyens.
Pendant les quatre années qui viennent de s’écouler, j’ai conformé mes actes à mes promesses de 1889.
Ma dernière circulaire vous a permis de juger si j’ai rempli utilement mon mandat.
le le répète : je n’ai pas fait de politique bruyante; assez d’autres en ont fait pour n’arriver qu’à troubler le pays.
J’ai l’honneur de briguer, de nouveau, vos suffrages.
Je suis républicain.
Ce titre dit tout, sans qualificatif.
Être républicain, c'est être libéral ; car le principe de la République, c’est la défense de la Liberté : de la liberté individuelle, de la liberté de posséder, de la liberié de travailler, de la liberté de penser.
Être républicain, c’est vouloir le progrès équitable et réalisable suivant l^^s besoins de la saine démocratie et avec le respect des droits de tous : c’est vouloir l’ordre dans le progrès.
L’indépendance n’est pas un mot qui puisse définir une politique : c’est la condition de tout homme libre et honnête qui obéit, avant tout, à sa conscience et ne subordonne aucun acte de sa vie à l’étroit esprit de parti, à la tyrannie
des coteries doctrinaires ou à la considération de Fintérêt personneL Cest la condition de celiû qui refuse de irouyer dans uo mandai ou une fonction le moyen de servir ses ambitions ou ses intérêts, J^étais indépendant, comme citoyen, avant do l’être comme député. Je resterai tel*
La modération des procédés et des allures politiques, telle que je rentends, n'exclut la fermeté ni dans les convictions, ni dans la conduite*
La modération, c’est-à-dire la possession de soi-même, aide à pratiquer la politique d’apaisement qui écarte les questions irritantes et inopportunes inscrites dans les programmes de rinlransigeanco révolutionnaire, ennemie de la prospérité publique et de l’avancement social. Celte modération défend qu’on leurre le peuple et le corps électoral par dlllusoires promesses; elle 'est la plus sûre des conseillères quand 0 s’agit de formuler la seule politique qui soit vraiment nationale, c'est-à-dire ila politique tolérante et généreuse, opposée, par conséquent, à l’étroit radicalisme.
Notre pays a un besoin impérieux de paix intérieure et de stabilité* L'union de toutes les bonnes volontés et de tous les dévouements est nécessaire; c'est parce que je désire qu'il en soit ainsi, qu'au nom même de ma foi dan^s les destinées de la patrie républicaine, je demande qu’on ne rebute pas ceux de nos concitoyens qui se rallient tardivement mais loyalement au drapeau de la République.
3e suis concordataire, parce que l’esprit du Concordat est un esprit de lolérance réciproque contraire à tout sentiment de haine et de persécution. Je veux la paciûcaiioji religieuse; je sollicite, dans ce but, que l’Etat reste franchement neutre en matière confessionnelle; que le prêtre comprenne que son caractère et son ministère seront d’autant plus respectés — ainsi que la liberté de conscience le commande — qu'il s’astreindra à rester le serviteur respectueux de la loi, de toutes les lois.
La question sociale domine toutes les autres. Je m’en suis rendu compte de longue date et je suis de ceux qui ne sont pas restés stationnaires; je trouve même que riraportance donnée à cette question est aussi naturelle que légitime*
Ma carrière tout entière m’a mis en contact avec les classes laborieuses; i’ai appris à les aimer, parce que j’ai été à eiême de les apprécier.
Je le proclame hantement : la majorité des ouvriers obéit à la loi de raison et a couriance; la minorité des ouvriers est en défiance er. souvent en insurrection non motivée, parce qu'elle prête l'oreille à des meneurs qui, coû^ sciemment ou inconsciemment, la trompent. Il faut éclairer celte minorité comme il faut entendre les revendications pacifiques de la majorité.
L’heure est venue d'inscrire, à côté des droits réciproques et parallèles des employeurs et des employés, les devoirs aussi politiques que sociaux, ainsi que les obligations morales des employeurs. Il est temps de montrer ce que ces derniers ont fait et de les encourager à faire encore plus dans la voie des institutioDS libérales et humanitaires, dont les meilleurs d’entre eux ont été les premiers et les prudents fondateurs.
La question sociale qui répond à la préoccupation de tout bon citoyen, à quelque pani politique qu'il appartienne, a'aura d'autre solntion vraie que celle
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qui empêchera que, daus une sociérà Oümme la nglre, Fouvrier, même prévoyantj ait à prélever trop largement sur son salaire, en vue d^assurer son existence pendant les périodes de maladie ou de chômage forcé, et que ce môme ouvrier soit exposé à une vieillesse misérable après toute une existence de labeur. Celte sulütiou ne résultera pas des méthodes spécieuses vaulées par l'opinion radicale, socialiste, collectiviste, communiste, internaiionaliste; car ces méthodes doctrinaires prêchent l'oppression de Tindividü, sa suppression même ; elles sont contraires au principe et au développement de roeuvre de la Révolution française. L'impuissance et la malfaisance de ces méthodes et de ces doctrines sont prouvées, parce qu'elles ont abouti — malgré beaucoup de leurs défenseurs, je le reconnais — à celte monstruosité sociale qui s'appelle PHorame sans Patrie et l'Homme sans devoir social.
Gomme patriote préoccupé du bien-être social et de l'avancement des masses intelligentes et instruites, je veux le respect de la liberté, aussi bien que du mérite personnel de l'indîvidn.
Je m'incline devant l’esprit libéral de la loi de 1884 sur les Syndicats professionnels, car elle a consacré le droit des hommes libres de s'associer en vue de la discussion et de la défense d'intérêts communs ; mais je m'oppose à ce que cette loi de liberté devienne une loi d'oppression; je m'oppose à ce qu'elle puisse ressusciter, au profit de minorités tyranniques, les odieuses et étroites corporations d'autrefois.
Je répudie îe socialisme d'État qui est d'importation allemande. L'intervention prépondérante de PÉtai-Providence aboutirait à tout absorber, au détriment de l'individualisme,
La solution de P une des équations principales du problème social, de celle, par exemple, qui concerne les retraites ouvrières dépend des forces vives même de la nation, c'est-à-dire des efforts libres et bien réglés de rinitiadve privée, individuelle et collective, il faut se iiàlerde voter une loi qui donne aux Sociétés de secours mutuels leur liberté d'action; il faut émanciper les Caisses d'épargne dans le sens des principes vrais de la philanthropie et de la liberté administrative; il faut faire enseigner dans les écoles la connaissatice de la mutualité et de l'épargne.
Si je répudie le socialisme d'État, j'admets et je pose en principe que la coopération de l'État aux oeuvres individuelles, les secours de l'État, les subventioua de PEtat sont légitimes et nécessaires pour guider, soutenir, susciter et peut-être émanciper les initiatives.
Je m'engage à favoriser l'avénement de k réforme administrative, qui consistera d'abord dans la restriction de la centralisation gouvernementale; à hâter aussi la réforme judiciaire, en commençant par supprimer les lenteurs de la procédure et par réduire les frais de justice,
La réforme fiscale n'est pas moins nécessaire dans le sens le plus équilabie et le plus proportionnellemeot égalilake de l'assiette et de la répartition de l'impôt. Il nous faut, avant tout, de bonnes finances; et j'estime, comme je i'ai indiqué par mes votes, que la prospérité budgétaire ne saurait résulter que de l'économie et de l'amordaaement. Les bonnes mœurs financières font la santé politique des peuples.
le ne consentirai à être un député gouvernemental qu*àla condition d’avoir devant 'moi un gouvernement qui gouverne réellement, dont rantoritê soit ferme sans violence et qui sache, par ea propre fidélité, garder celle de la majorité dont il est issu.
En ce qui concerne spécialement la ville de Paris, fai prouvé par mon intervention dans la question de Padduction des eaux de TAvre que j'avais le souci de son assainissement. Je continuerai ma vigilance sous ce rapport, mais je m’inquiéterai, en même temps et en général, des charges nouvelles qui pourraient atteindre les contribuables.
Je veillerai à ce que la substitution d’une taxe représentative à l’ancien impôt des portes et fenêtres ne vienne pas, comme cela avait été admis par !a Commission du budget, et sans protestation aucune de la part de Panden Conseil municipal, augmenter de 20 0/0 la contribution immobilière des habitants de Paris,
La question de Paris Port de Mer et celle de remplacement 'dans Paris de l’Exposition de lOOO ne m'ont pas laissé indifférent. Mais il sufût d'étre, comme je le suis, le défenseur passionné des intérêts, de la fortune et de la gloire de Paris, pour ne pas prendre immédiatement position, et sembler ainsi vouloir se faire une plate-forme électorale, dans des questions aussi graves, lesquelles, même pour un homme du métier, ont besoin d'être mûries et éclairées par une discussion approfondie. Mes concitoyens me sauront gré de mon indépendance, et d’une circonspection dictée par la considération pure des intérêts de oûtre capitaie.
Je n’aî rien à ajouter à cette profession de foi. Je vous ai exposé, en toute franchise, ma pensée politique et sociale. Je n’admeCs pas Phabileté électorale qui consiste à nuancer son opinion suivant les milieux dans lesquels on l’explique.
En me présentant à vos suffrages, j'obéis à mon devoir et à ma conscience, car je suis certain de bien servir la Ville de Paris, la France et la République.
Si vous m’honorez de votre confiance, je {n’aurai qu’à poursuivre l’œuvre commencée, sans avoir à déserter aucun autre poste ou m'aient appelé vos suffrages. J’ai été votre député, je n’ai prétendu à rien d’autre, et je serais fier de continuer à l’être.
Georges BERGER, député sortant-
1’'® circonscription du 10“ arrondissement de PARIS. M- Arthur GBOUSSIER,
Elu au T tour de scrutiû.
PaKTÎ OUVTUER SOCiALÏSTEÎ RÊVOLDTlONNAmE* — FÉDÉRATION DU CENTRE*
Programme Ugülatif, adopte par le Cangr^is régional de Paris tenu en août 1892, et le Congrès de Saint-Ouentîn, tenu en octobre 1892.
ConsidÉrant,
Que Fémaudpaliûû des travailleurs ne peut être Toeuvre que des travailleurs
eux-mêmes; ^ , , . , -
Que les etforts des travailleurs pour conquérir leur émancipation ne doivent pas tendre à constituer de nouveaux privilèges, mais a réaliser pour tous
l’Égalité et, par elle, la véritable Liberté;
Que rassujettissement des travailleurs aux détenteurs du capital est la source de toute servitude politique, morale et matérielle ;
Que, pour cette raison, l’émancipation économique des travailleurs est te grand but auquel doit être subordonné tout mouvement politique ;
Que l’émancipation des travailleurs n’est pas un problème simplement local ou national, qu’au contraire, ce problème intéresse les travailleurs de toutes les nations dites civilisées : sa solution étant nécessairement subordonnée à leur concours tbéorique et pratique ;
Par ces raisons,
Le parti ouvrier socialiste révolntionnaire déclare :
r Que le but ûaal quHl poursuit est Pémancipatlon complète de tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de races et de nationalités ;
2" Que cette émancipation ne sera en bonne voie de réalisation que, lorsque, par la socialisation des moyens de produire, on s’acheminera vers une société communiste dans laquelle « chacun, donnant selon ses forces, recevra selon ses
besoins w ; , . * i
30 Que pour marcher dans cette voie, il est necessaire de maintenir, par le
fait historique de la distinction des classes, un parü politique distinct en face des diverses nuances des partis politiques bourgeois ; ^ ^
fi“ Que cette émancipation ne peut sortir que de l’action révolutionnaire, et qu’il y a lieu de poursuivre, comme moyen et à titre de propagande, la conquête des pouvoirs publics dans la Commune, le Département et l’État.
Pour aider à la réalisation de ce but, le Parti ouvrier socialiste révolution- HRire présente les mesures suivantes :