SEINE-INFÉRIEURE
1” circoascrlption de DIEPPE, M.E. BRETON.
Élu au tour do scrutin.
Mes chers concitoyens,
Je suis de nouveau appelé par les comités républicains de la première circonscription de Dieppe à poser ma candidature aux prochaines élections pour la Chambre des députés.
Je viens vous demander la continuation de la confiance que vous m’avez déjà témoignée en 1889,
Je n’avais alors aucune ambition d’élre député. J’étais retenu par de grandes occupations, et peu disposé à entrer dans la vie politique active. Cependant mes amis républicains ayant cru à cette époque que mon nom était celui qui avait le plus de chance de réunir les suffrages, j’acceptai la lutte contre le candidat réactionnaire et vos votes m’envoyèrent siéger à la Chambre.
Vous me connaissez depuis 'longtemps, vous savez que je suis un sincère républicain j je ne vous ferai pas une nouvelle profession de foi, mon passé répond de l’avenir et, si vous renouvelez mon mandat, je continuerai à défendre avec énergie les intérêts qui m’auront été confiés.
Pendant la dernière législature, je me suis constamment tenu en dehors des coteries et mes votes sont là pour prouver mon indépendance.
La République aujourd'hui est tellement assise qu’on n’ose plus la contester comme forme de gouvernement. Nous devons tous appeler de nos vœux le jour où, sans exception, tous les Français se rallieront sans arrière-pensée à ce régime républicain qui a réparé les désastres dus au régime impérial et qui, ayant trouvé notre malheureuse patrie vaincue, mutilée et couverte de ruines, a refait notre France prospère et plus forte qu’elle n’a jamais été.
Pour arriver à cette rencontre de tous les concitoyens sur le terrain de lapatrie républicaine, je suis d’avis d’ouvrir nos rangs à tous ceux qui loyalement viendront à nous, et qui ie prouveront, non seulement par leurs déclarations, mais encore et surtout par leurs actes.
Maie, fii malheureusement pour notre pays, noua nous retrouvions encore une fois en présence de prétendus sauveurs, capables de tout sacrifier à leurs ambitions, nous devrions nous souvenir du boulangisme, refouler énergiquement toute tentative analogue, ainsi que nous l’avons déjà fait pour le salut de la France-
Après avoir reconstitué nos forces nationales, garantie de notre indépendance, nous sommes arrivés à la période où des réformes nombreuses devront être faites dans notre état social pour le mettre en harmonie avec nos institutions démocratiques.
Eu premier lieu, la Chambre future devra s’attacher à celles qui intéressent la liberté, le bien et raveniT des populations ouvrières des villes et des campagnes. Le commerce, la marine, si importante chez nous, etFagriculture si cruellement éprouvée, réclament également toute la sollicitude des pouvoirs publics. Je crois bien connaître leurs besoins et vous pouvez être assurés de mon complet dévouement dans la défense de leurs intérêts; je le promets en honnête homme à toute notre belle circonscription, que je suis fier d’avoir représentée depuis quatre ans au mieux de ma conscience, et, j’ose fespérer, avec votre approbation.
Vive la France I Vive la République!