E. BRETON
maire et conseiller général d’Envermeu, député sortant.
2® circonsçriptioB de DIEPPE* M. Jules LEGRAS,
Élu au 1®" tour de scrutin*
Messieurs et chers concitoyens,
le me présente à vos suffrages, avec l’appui des comités républicains de la
deuxième circonscription de Farrondissement de Dieppe.
Dans une réumon tenue en cette ville, j’ai été de nouveau désigné comme candidat aux élections législatives du 20 août prochain. ^ ^
Celte désignation est pour moi un grand honneur et me prouve que je n’ai pas perdu la confiance de mes amis politiques*
Ai -je aussi conservé la vètre?
Vous me Baviez donnée, par une imposante majorité recueillie dans chaeuû des cinq cantons de notre circonscripUon, quand il était nécessaire de défendre la République menacée. Aujourd’hui, elle n'eat plus en péril, il s’agit d assurer son développement pacifique, ...
Pour cela, le concours de tous les citoyens dévoués sincèrement à nos institutions est necessaire.
Nous devons tous nous grouper autour d’un gouvernement qui, sans menace comme saus faiblesse, ne permette à personne de porter atteinte aux lois et aux intérêts de la France.
Voilà l’œuvre pour laquelle je viens solliciter un nouveau mandat.
En ce qui coucerne le passé, je crois avoir été fidèle à mes promesses.
Dans le but d’assurer le travail national et le salaire des ouvriers, j’ai voté les droits en faveur de notre industrie languissante et de notre agriculture doublement atteinte par la concurrence étrangère et par l’intempérie des saisons.
Je considère qu’il faut maintenir le tarif das douanes, qui sera notre sauvegarde. S’il y a des retouches à faire au nouveau régime, elles ne devront pas Être faites à la légère, alin de ne pas enlever toute conüance aux intéressés; mais, d’un autre côté, il sera nécessaire de réparer les injustices commises à l'égard de l’agriculture, dont certains produits, comme le colza, les graines oléagineuses et les laines, n’ont pas été protégés.
Nos adversaires peuvent critiquer la législature qai vient de finir. Elle laissera du moins quelque chose après elle ; « La Réforme économique du Pays ».
Ou aurait pu certes souhaiter, dans l’intérêt des travailleurs des villes et des campagnes, d’autres améliorations que celles qui ont été réalisées pendant ces dernières années. Il eût été à désirer, uolamment, que la législation des boissons fût modifiée; mais je déclare ici que je n’ai pu accepter et que je n’accepterai jamais comme réforme un projet qui faisait craindre un nouvel impôt sur un produit de nos herbages « les pommes », et avait cette singulière conséquence d’être présenté comme un dégrèvement et d’aboutir finalèment à une surcharge de plusieurs millions pour notre département; de telle sorte que le cidre, notre boisson ordinaire, et l’alcool auraient subi une augmentation de taxe funeste à l’agriculture et onéreuses pour les ménages peu aisés.
La prochaine législature aura à reprendre ces graves question.s comme toutes celles qui touchent au remaniement de nos impôts directs et indirects, et à l’amélioration du sort de nos laborieuses populations.
C’est un travail auquel ne pourront se soustraire vos mandataires. Personnellement, je m’efforcerai do faire prévaloir vos volontés.
Messieurs;
Je n’ai rien à changer à mon programme de 1389, que vous avez'approuvé. le le complète de la façon suivante :
« L’ordre et la probité dans les finances, la liberté pour tous, la paix sociale et religieuse. » C’est à la réalisation de ce programme que j’apporterai tous mes soins, si vous me confiez encore l’honneur de vous représenter.
Veuillez agréer, messieurs et chers concitoyens, l’assurance de mon entier dévouement.
Jules LEGRAS,
M.aire et conseiller général, secrétaire général de la Société d’Agriculture, député sortant.
1''® circonscription du HAVRE. M. Jules SIEGFRIED,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Depuis huit années je suis votre représentant à la Chambre des Députés, et je viens avec confiance vous demander le renouvellement de mon mandat.
Dans les deux législatures qui viennent de s’écouler, je me suis efforcé de donner au Gouvernement de la République la force nécessaire pour lui assurer la stabilité h l’intérieur, en môme temps que le respect au dehors.
C'est un double devoir qui s’imposera toujours à vos élus, et qui leur sera rendu plus facile dans la prochaine législature, grâce à l’imposante majorité républicaine que le pays y enverra siéger.
Ils auront aussi le devoir, non moins impérieux, de maintenir fermement les conquêtes républicaines, notamment les lois scolaire et milîtaîre, qui ne sauraient, en aucun cas, être remises en question.
Je vous disais, il y a quatre ans, que le Parlement, en donnant une importance moins exclusive à la politique pure, devait, dans ma pensée, s’appliquer de préférence aux questions d’affaires.
Aujourd’hui que la République n’est plus contestée, le pays demande surtout â ses représentants de faire aboutir les réformes économiques et sociales.
J’ai, depuis de longues années, consacré à ces œuvres toute mon intelligence et toute mon activité.
Au point de vue économique, j'ai demandé une meilleure organisation de la représentation commerciale et iodustrielle, donnant plus d’initiative et de liberté à nos chambres de commerce; j’ai soutenu en toute occasion nos chambres syndicales, ouvrières et patronales, ces puissants éléments do progrès national.
Les départements et les communes étaient depuis longtemps obligés de subir, pour leurs emprunts, les conditions léonines d’un puissant établisBfcmeut financier; j’ai réclamé la création d’une caisse des emprunta départementaux et communaux, et un abaissemeut considérable dans le taux de leurs emprunts s’est immédiatement fait sentir.
Pendant mon passage au Ministère du Commerce, j’ai réussi à faire aboutir la loi sur la marine marchande et à jeter les bases de la convention commerciale avec la Russie, qui développera, sans aucun doute, au point do vue des affaires, les excellents rapports politiques établis entre les deux nations.
De grands efforts devront être faits pour augmenter nos relations commet-
•— 939 — pj, 532
cia les avec les pays lointaios, et créer de nouveaux débouchés à notre industrie pour le plus grand profit du travailleur français.
Il conviendra, dans ce but, de négocier de nouvelles conventions commerciales, notamment avec les États-Unis, qui diminueront sans doute leurs tarifs si, après notre réduction du droit sur les pétroles, nous savons encore leur consentir un abaissement sur les viandes salées.
Au point de vue social, je me suis occupé, d’une manière toute spéciale, des lois qui régissent les institutions de prévoyance et d’assistance, les caisses d épargne, les sociétés de secours mutuels, les Sociétés coopératives, ainsi que îa participalloû aux béuélices.
Les lois sur les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes, le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les usines, la protection de la santé publique, ont fait également l’objet de mes constantes études*
En attendant la solution du grave problème des retraites ouvrières, j’ai pu, comme ministre, faire adopter par le Sénat une loi qui protège les caisses dé retraites, de secours et de prévoyance des employés et ouvriers; par la Chambre des Députés, celle concernant l’hygiène et la sécurité des travailleurs dans les etablissements, industriels, et la loi sur les habitations à bon marché; enfin, pat les deux Chambres et d’une maulère définitive, la loi sur la concüiation et l’arbitrage entre patrons et salariés, loi qui est appelée à rendre de si grands services au monde du travail.
En collaborant à ces lois, j’ai la conscience d’avoir fait de bon et sage socialisme, n’étant pas de ceux qui donnent leur appui à des théories qui ne tendent à rien moins qu’à la suppression de la propriété individuelle.
Je combattrai toujours ces idées subversives, et tous mes etforls seront cousacrés à la réalisation des réformes sociales pratiques, réformes qui ont pour ut d exciter les énergies individuelles et d’amener progressivement et sans secousse l’amélioration intellectuelle, morale et matérielle de tous les travailleurs.
Au point de vue des intérêts du Havre, j’ai suivi avec une grande attention a question du chemin de fer du Havre à Dieppe, dont les travaux vont commencer, celle de la traversée de la Seine, plus importante encore pour nous; abaissement des tarifs de voyageurs et de marchandises; enfin, .le projet des travaux du port, qui vient d’être déposé au Sénat. Vous vous rappelez que nous l’avions fait voter à la Chambre des Députés, mais que le Sénat, où le Havre n’a malheureusement pas de représentant direct, l’avait repoussé une première fois, ou s mes efforts tendront à faire aboutir ce projet, qui a pour notre avenir une importance si grande*
J ai contribué à faire modifier la loi sur le traitement des institutenrs, qui améliore la situation de ces dévoués serviteurs de la démocratie et diminue les
charges de la ville du Havre, qui avait été placée injustement hors du droit commua,
La réforme des boissons, si vivement sollicitée depuis de longues années par le commerce de gros et de détail, a fait l’objet do longs débats et a échoué nnalement à la suite d’incidents qui ont pu paraître contradictoires.
J’avais pour tua part, accepté les premières dispositions qui supprimaient le privilège’ inique des bouilleurs de cru, et présentaient le grand avantage, en diminuaift la fraude, de réduire le sacrilice à demander aux droits sur l alcool,
pour affranchir les vins, cidres et bières. „;f„ai;nn s’nst
^ Mais le Sénat ayant maintenu le privilège des bouilleurs, la situation est
trouvée modifiée : toutes les charges nouvelles tombaient sur notre région, sans comnensations sérieuses. Dans ces condiiions, j’ai repoussé le projet.
En revanche, j’ai voté la loi qui autorise les communes à '^te
octrois en tout ou en partie, par des taxes directes. J’ai vu, en effet, dans cette mesure encore restreinte, l’affirmation d’un progrès essentielle^nt dèmocralique que nos Assemblées républicaines auront pour devoir de réaliser.
^ U péréquation de l’impôt foncier des propriétés bâties, qui a ville de plus de 300.000 francs par an. et le remplacement de 1 impôt des portes Tt fenêtL par une taxe sur le revenu net de la propriété bâtte qui est en voie de réalisation, et qui doit faire bénéficier les contribuables du Havre de près e 200.000 francs par an, n’ont pas eu, dans la Commission du budget, de p
ardent défenseur que votre représentant. 4 „ i.
Enfin, dans toutes les occasions, je me suis efforcé de faire accorder a n
chantiers de construction la part de travaux la plus large possible ^
vitale pour notre laborieuse population et pour notre ville tout entière, sera
constamment l’objet de ma vigilance et de mes efforts.
Telles sont les idées qui m'ont inspiré et qui m’inspireront a 1 avenir, vous me faites l’honneur de renouveler mon mandat.
Eu politique comme partout, il faut agir logiquement; soulever tous les
nroblômes à la fois, c’est risquer de n’en résoudre aucun.
La tâche n’en restera pas moins lourde; mais, si le Parlement travaille avec
méthode, il me paraît possible de la mener à bonne fin. .
Quant à moi, adversaire déclaré de tous les tripotages, je n appuierai jamais qu’un Gouvernement absolument honnête et résolument démocratique et rêpu-
C’est dans oes sentiments que j’ai Vhonneur de solliciter vos suffrages, au cri de : vive la République I
Jules SlEGFBiED, député sortant, Ancien Ministre du Commerce, de r Industrie et des Colonies.
2'" circonscription du HAVRE.
M. Félix FAURE,
Élu au 1'''' tour de scrutiu.
Mes chers couciioyeus.
Le 22 septembre 1880, vous m’avez fait i’hoaoeur de me iiommer votre député,
j’ai cru répondre a vos senLîmenls en soutenant une politique tolérante, progressive et libérale à rintérieur, ferme et résolue à T extérieur.
J’ai réclamé du Gouvernement Inapplication des lois à tous les citoyens. J’ai répudié les manifestations utopiques et stériles. J’ai appuyé les propositions utiles et sérieuses, notamment celles qui visent les conditions d’existence et de travail des moins fortunés.
J’ai lutté œntre les projets qui avaient pour but de restreindre les droits du suffrage universel en établissant la permanence de la Chambre et en supprimant les consultations générales du corps électoral.
J’ai combattu et fait rejeter des traités qui me paraissaient contraires à notre dignité et à llntérét national, tel l’acte de Bruxelles qui tendait au rétablissement du droit de visite, dont notre patriotisme a tant souffert.
Sur ie terrain économique, je me suis efforcé de concilier les multiples intérêts de notre circonecripîion, tenant compte à la fois de la situation dimcîle de l’agriculture et des besoins de notre grand entrepôt maritime et commercial*
Si j’ai résisté à rabaissement des droits sur certains produits (pétrole, avoine, etc.) en raison de l’atteinte que ces détaxes auraient portée aux producteurs des cantons de Sainte Romain et de Moniivilliers, je me suis prononcé contre le nouveau régime douanier en ce qu’il a d’excessif, moins encore du fait de l’élévation des tarifs que de celui de l’isolement dans lequel il place la France et du peu de stabilité qu’il donne, suivant moi, à la production nationale.
J’ai lutté conli’6 l’augmentation des dépenses publiques* J’ai repoussé les nouvelles taxes qu’on voulait établir sur les fruits à cidre et la prétendue réforme de rimpôt des boissons qui faisait payer à notre région, déjà surchargée, un degrèvement dont profilaient seuls les départements vinicoles.
Comme rapporteur de la Commission du budget, j’ai fait voter le dégrèvement de l’impôt sur la grande vitesse, qui a diminué les transports de près de 100 millions de francs.
Dans la loi sur la marine marchande, nous aurions voulu, en doublant la prime à la construction, laisser à rarmement, déjà si éprouvé, une plus grande
latitude. Nous u'avous pu y parveair, mais, par contre, la nouvelle loi comporta, pour le cabotage, une légère prime dout proiUerant l'armemeut et la construction.
Voilà, sur quelques points seulement et à grands traits, l’œuvre à laquelle je me suis consacré pendant ces quatre dernières années.
Je crois n’avoir pas démérité de votre conûance, et, devant les témoignages de sympathie qui me parvienneui, je nliéslte pas à venir vous demander le renouvellement de mon mandat.
Si vous me maintenez an poste auquel vousm’avez placé depuis douze ans, Je suivrai la même ligne de conduite.
Je mettrai toute mon énergie à obtenir Pexécution des travaux publics qui nous sont indispensables : construction et mise en exploitation de la ligne du Havre à Dieppe, desservant le canton de Moiitivillierâ, dont les projets sont approuvés î coustruction de la ligne du Havre à la rive gauche de la Seine, nécessaire à notre trafic vers l’ouest de la France et donnant au canton de Saint- Romain des débouchés depuis longtemps réclamés — les avant-proiets de cette ligne sont prêts et sont déjà soumis à l’administra lion; enfin, eiécution des travaux du port du Havre, dont le projet, arrêté par le Sénat, vient d’être remanié dans le sens des désirs du conseil municipal et de la Chambre de commerce-
Quelque opinion qu’on ait sur les nouvelles lois douanières, il est incontestable qu’elles ont pour elles la grande majorité du pays. 11 est donc inutile d’en prévoir la revisloo. J’estime qu’iî faut laisser l'expérience s’en poursuivre d’une manière concluante.
Je veux un gouvernement qui gouverne, qui ait souci de son autorité à f intérieur et de la dignité de la France au dehors.
L’extension de nos possessions, dont la superficie égale plus de quatre fois celle de la Métropole, nous impose des devoirs auxquels nous ne pouvons nous soustraire.
La France doit avoir une politique coloniale, il s’agit d’exiger la stricte exécution des traités, de maintenir son patrimoine et notre sphère d’inâuence sans permettre aucune ingérence étrangère, enfin, d’organiser nos nouvelles colonies et de les mettre en valeur.
Mon concours est acquis d’avance à toutes les réformes sérieuses. Les solutions radicales nem’efîraient pas, mais je veux les chercher et je prétends qu’on les trouvera non par des excîtalions coupables et malsaines, par des manœuvres oppressives et violentes, par des formules creuses et vaines, mais, au contraire, par l’accord de toutes les bonnes volontés, par l’étude, par la concorde et par îa liberté.
Nous avons la patriotique satisfaction de constater aujourd’hui que les adversaires de la Constitution ont enfin désarmé.
Sans abandonner aucune des conquêtes du parti républicain, notamment les lois scolaire et militaire, nous convions tous les bons citoyens, tous ceux qui, pendant de trop longues années, ont été ou abusés, ou retenus par de^ souvenirs ou par des espérances chimériques, à nous donner désormais leur concours afin que nous puissions ensemble et résoudre les problèmes sociaux
dont personne ne peut se désintéresser, et travailler à la grandeur de cette Hépublique dont le drapeau est assez large pour couvrir tous les Français.
Vive la République I
Félix FAURE,
Vice-président de la Chambre des Députés.
3" circonscription du HAVRE.
M. DESGENÉTAIS,
Élu au tour de scrutin, {Bcddt.)
Circonscription de NEUFGHATEL.
M. J. GERVÂIS,
Mes chers concitoyens,
Vous m’avez fait, iî y a quatre ans, Thoaneur de m’élire député de l’arrondissement de Neufehàteï,
Le mandat que vous m’avez confié est expiré.
Les Gomités républicains, dans leur séance du G août, viennent de me désigner à nouveau comme candidat aux élections législatives prochaines.
Les nombreux témoignages de sympathie que j’ai reçus de vous pendant la législature qui vient de s’écouler, m’encouragent à solliciter vos suffrages.
Je ne suis pas un inconnu pour vous, mes chers concitoyens, car, depuis quatre années que je représente l’arrondissement, vous avez pu juger mes actes* Je n ai donc point besoin de vous adresser une longue profession de foi*
Vous savez ce que je suis, ce que je pense*
Vous connaissez mon attachement à la République, à ce régime qui doit avoir pour base l’honnêteté et l’égalité devant la loi, qui nous donne l’ordre,
isr
ïï^
— ghh -“
nous assure le maintien de nos droits et le respect de la liberté de conscience Les municipalités n’ig.iorent pas que mon dévouemeni n a jamais tait défaut aux intérêts communaux. , . , • .
Les agriculteuis savent avec quelle sollicitude je m occuperai toujours de
fiSlicain, je considère comme étant de mon devoir de maintenir la loi sur lu service militaire, si heureusement compléiée celte année par i orsauisaüon de l’armée coloniale, et la loi scolaire, qui a établi en France 1 instruction
^'Twittfaorne., ce tarif pto.ec.cer, ai ee. 1, eauregarde de, agricoles si importants de notre arrondissement, doit etre respecté.
Noire système d’impôts, excellent peut-être pour 1 cpoque ou il a été mis en virrueur, est aujourd'hui jugé des plus défectueux ; tous sont d accord sur ce point qu’il y aurait lieu de le réformer et de le mettre en harmonie avec notre
étal social actueL . , ,
Je serai partisan de toutes propositions réalisables, qui auraient pour
iectif de mettre dans l’impôt plus de justice et d’équité.
Je m’associerai également à toutes les réformes, à toutes les lois somales pratiques, tendant à améliorer le sort des .travailleurs, mais je «f'jserai mon concours à toutes celles qui seraient susceptibles de jeter le trouble dans le
^"^^Pour tout le reste, j’agirai et je voterai selon ma conscience, en me tenant à récarl de toute coterie et de toute iûllueuce de parti.
Libre et indépendant, je nfinspi rerai îou jours des grands intérêts de la
^^^srces loyales déclarations vous conviennent, mes chers concitoyens, je
compte sur tous, comme vous pouvez compter sur moi*
Vive la République î „
J. GFÎEVAIS, maire d’Elbeuf en Bray,
Conseiller général pour le canton de Gournay, député sortant.
1"* circonscription de ROUEÎ^.
M* Louis BICÂBD,
Élu au 1 tour de scrutin.
Mes cil ers concitoyens,
A l’heure actuelle où la République ne paraît plus ouvertement contestée, où ses adversaires, sans avoir désarmé, se présentent sous de nouvelles
couleurs, c’est un devoir plus impérieux que jamais pour les candidats de parler avec franchise et clarté.
Partisan d’une politique nettement républicaine et progressive, je pense aujourd’hui, comme en 1889, qu’il faut à la France un gouvernement qui gouverne avec les républicains, qui fasse respecter par tous, si haut placés qu’ils soient, les lois scolaires, les lois militaires et le pouvoir civil, et qui, sous prétexte d’apaisement, n’abandonne aucune de nos conquêtes si péniblement acquises.
Il ne peut être question de la séparation immédiate des Églises et de l’État. Cette mesure doit être précédée de lois essentielles sur les associations religieuses, sur les biens de mainmorte, sur la police des cultes, qu’il est indispensable d’étudier le plus promptement possible et de voter tout d’abord.
Sans prétendre que la Constitution soit à l’abri de toute critique, je- repousse tout projet de révision qui tendrait à la suppression du Sénat ou de la Présidence de la République.
En votant le tarif des douanes, la Chambre a permis au travail national de se relever et de lutter contre la concurrencé étrangère. La Chambre nouvelle devra s’inspirer des mômes principes économiques et se préoccuper exclusivement de protéger en France et dans nos colonies les intérêts français.
II est nécessaire d’établir plus d’équité et de proportionnalité dans la répartition des impôts; de poursuivre la réforme de l’impôt foncier; de donner aux communes la faculté et les moyens de supprimer les octrois; de rendre Injustice plus rapide et de simplifier la procédure ; de ne faire porter les droits de mutation sur l’actif des successions qu’après en avoir déduit les dettes; de continuer à assurer au petit commerce une juste protection contre la concurrence des grands magasins.
Les réformes sociales ont occupé une grande place dans la dernière législature. J ai personnellement contribué, comme président de la commission du Travail et comme rapporteur, à la préparation et à la discussion de la plupart d’entre elles. Plusieurs, et des plus importantes, sont encore à l’étude ou en délibération devant le Sénat, notamment la loi sur les accidents du travail et 1 assurance obligatoire; la loi sur les prud’hommes; les lois ouvrières contre la maladie et la vieillesse ; la loi sur les sociétés de prévoyance mutuelle.
Je travaillerai de tous mes efforts à les faire aboutir dans le sens le plus démocratique.
Mes chers concitoyens,
Les questions d’intérêt général ne me feront pas perdre de vue celles qui touchent spécialement à la prospérité de notre industrie et de notre commerce maritime. Je n’oublie pas que le projet de loi relatif à l’amélioration des digues de la Seine est encore devant le Sénat. 11 est temps que notre port reçoive tout ce qui est nécessaire à sa prospérité et que l’État fasse pour lui les sacrifices qui n’ont pas été marchandés aux autres.
Électeurs,
Vous m’avez vu à l’œuvre depuis douze ans. Vous savez que je ne fais ni vaines déclamations, ni vaines promesses.
J’ai ètè et je resterai toujours le serviteur passionné de la justice, de l’égalité et du droit.
Ces seutiments m’ont seuls inspiré, lorsque, dans une affaire retentissante, qui est encore présente à toutes les mémoires, je n’ai pas voulu tolérer chez les puissants et les riches ce qui était chaque jour poursuivi chez les petits et les
Je n’ignorais pas qu’en agissantainsi, qu’en portant la lumière sur certaines habitudes et sur certains procédés financiers, je m’exposais à toutes les attaques. Elles ne m’ont pas fait défaut!
I! m’eût été facile de répondre aux insinuations et de détruire les légendes, inventées à plaisir! L’ancien garde des sceaux devait se taire, l’ai gardé le silence,
]*aî conscience d^avoir fait mon devoir, ^
Vous direz si js me suis trompé. A vous seuls, je réserve l’appréciation definitive et souveraine. le livre à voire impartial jugement ma conduite et mes actes.
J’attends, avec une entière confiance, votre verdict.
Louis RICARD, député sortant, ancien Ministre de la Justice et des Cultes.
2“ circonscription de ROUEN.
M. V, LETECRTRE,
Élu au l" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Les délégués républicains des cinq cantons de la 2* circonscription de Rouen, réunis en congrès, m’ont désigné à vos suffrages. J’acceptB la candidature qu’ils m’ont offerte, avec l’espoir de réaliser, d’accord avec eux, 1 union de
tous les citoyens qui n’ont en vue que l’intérêt supérieur de la Patrie et de la
République. . , . .
Plus que toute autre, votre circonscripiion présente, réunies, les trois grandes
formes de l’activité sociale ; l’agriculture, le commerce et l’industrie.
L’agriculture a longtemps et beaucoup souffert! elle a vaillamment supporté la longue crise que lui a fait subir un régime économique aujourd’hui condamné î nos braves et laborieuses populations rurales, si sages, si aitachées au travail, ne se sont pas découragées, et elles sont allées à la République, comme au gouvernement qui doit sa protection à tous.
La Chambre, dont le mandat vient de se terminer, dégagée des traités de commerce, a rompu avec les anciens errements, en accordant aux produits agricoles des droits protecteurs qui les défendent contre Tinva^ion des produits étrangers.
Ce sera le devoir de la nouvelle Chambre de continuer et de compléter cette œuvre de large protection à notre agriculture, qui est une des sources les plus puissantes de la fortune publique.
L’industrie, elleaui^si, pour éviter le chômage et rabaissement des salaires, a besoin d’être à la fois stimulée et utilement défendue contre la concurrence étrangère.
Grâce au merveilleux outillage dont nous avons doté notre port, grâce aux travaux accomplis dans la Seine, travaux pour lesquels nous ne cesserons de demander le concours de TÉtat et dont tous nos votes tendront à hâter Tachôvement, nos transactions commerciales se sont considérablement multipliées. Mais, en se développant, par les moyens que la science moderne leur a fournis, elles se sont aussi notablement modifiées ; si beaucoup de commerçants ne relèvent que de leur propre initiative, la plupart des grandes entreprises ont besoin d'appui pour se soutenir et pour prospérer.
Mon vote est acquis, d’avance, à toutes les mesures capables d'encouiMger et de développer le travail national.
C’est l’essence même du régime républicain de marcher toujours vers le progrès et de ne pas s’arrêter dans le grand chemin qui mène à l’amélioration matérielle et morale. C’est l’honneur de notre démocratie d’envisager, sans faiblesse, la question sociale; de prendre en main, pour le rendre meilleur, le sort des faibles, des humbles, des déshérités, d’assurer à l’ouvrier la protection dans son travail et l’assistance en cas d’accident ou de maladie; de favoriser et d’étendre la mutualité et l’épargne, et d’alléger les impôts sur les objets de première nécessité.
Pour être résolus, ces problèmes appellent la confiance mutuelle et l’union de toutes les bonnes volontés; ils exigent l’esprit de suite et de méthode qui procède par étapes, sans jamais se laisser distraire du but. Sur ces graves questions, que notre temps a eu le courage de poser et qu’il a la ferme résolution de résoudre, je suis — et tous les actes de mes douze années de vie publique le prouvent, — avec ceux qui pensent que la République doit être un gouvernement de fraternité, une grande famille où chacun s’entr’aide pour le bien commun.
Vos suffrages me diront si tel est votre sentiment.
Vive la France !
Vive la République!