‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 228 sur 266 · SEINE-ET-MARNE · texte numérisé non relu

SEINE-ET-MARNE

Circonscription de COULOMMIBRS.

M. E. DELBET,

Concitoyens électeurs,

Désifçoé comme candidat à l’élection législative du 20 août par le Comité rèpubltcain de l’arrondissement de Couiommiers. je viens, avec confiance, vous

programme, ,oi ... C.i d. >• “""“"“.rXôr'ai.

Avant tout, la République ! Tout par elle, tout pour elle I Elle ne fait qu u ,

ver sol! œuvre de guider la nation dans l’incessante recherche du -teu. m tériel et moral, dans la complète rénovaUon des opinions et des mœurs : c est s mission noble et grande ; elle n’y faillira pas.

Fï^îà nous lui dfivons d63 biens inesllmablfis . ^ i ’

La France refaite après d’affreuses épreuves et calme dans sa force; la paix, avec la dignité nationale sauvegardée ; l’ordre garanti et concilie avec le pro-

^'^^La suprématie de l’État laïque proclamée et bientôt assurée par de nouneutre et libre devenue une institution sociale, en face de l’Église,

..nnirp des idées religieuses laissées è la liberté de chacun. , ■

Le service militaire imposé à tous comme la plus haute et la plus impéneu

ÎousIrLToDS plus encore : l’espoir légitime, la certitude même de réaliser le programme de justice sociale qui habile tous les cœurs ^

rance féconde, qui fait supporter l'inévitable mal présent et tedonble 1 ardeur de ceux qui travaillent pour l’éteindre progressivement.

Vive la République 1

Honni soit qui mal lui veut i . , ,

Les ralliés sont-ils des ennemis de la République ? Oui, pour la plupart, car

ils sont suspects de vouloir a^en emparer et la diriger en arrière. Les preuves abondent et nous serions les derniers des dupes si nous les laissions pénétrer dans nos rangs et se mettre à notre lète. Qulls prennent place derrière nous : on les surveillera et on les jugera à leurs œuvres.

Le programme que j’ai présenté en 1885 est resté le mien : je n’aurais pas un mot à y changer, 'et je le dis avec fierté, car rien ne prouve mieux ma fidélité aux principes démocratiques et la sûreté de mes vues en politique :

l®’ Memres générales de réformes sociaies ei politiques, — Elles doivent être inspirées par le plus large esprit de sympathie envers les humbles, envers ceux devant qui se pose chaque Jour le problème de l'existence. 11 faut aborder ces réformes directement et avec une énergique confiance dans le succès, avec la ferme résolution d’aboutir malgré les imperfections du régime parlementaire, dont les rouages tendent toujours à s’arrêter,

La misère est la pire des servitudes, il faut la combattre par toutes les institutions propres à améliorer le sort des travailleurs sérieux, de ceux qui comprennent que la République ne peut aider que ceux qui s’en montrent dignes, que ceux qui s’aident eux-mêmes. Ce sera l’œuvre des lois d’assistance, des lois d’assurances de tonte nature, des lois de protection pour les enfants et les vieillards, des caisses de retraites assurant le minimum nécessaire aux derniers jours de la vie,

2" Réformes finmeiéres, — Elles ont pour base l’économie, dans la mesure du possible et du raisonnable. Plus de cumuls; plus de trop gros traitements) Mais n’oublions pas que les trop faibles doivent être augmentés.

Dans son ensemble, l’impôt est mal établi et inique ; il faut le rendre juste. Les prestations doivent disparaître, — La révision du cadastre permettra de ne demander à chaque propriétaire que ce qu’il doit. — La suppression ou la diminution des taxes indirectes, des octrois surtout, rendront la vie moins chère et la vente des denrées plus facile.— Il y a de mauvais monopoles à supprimer; il faut en créer un, devenu indispensable au nom de Pbygiène et de la santé publique : TÉtat doit se charger, nom de la fabrication, mais de la rectification de Palcooi, seul moyen pour qu’il cesse d’être un poison.

Les bénéfices ainsi réalisés fourniront au budget les ressources nécessaires pour les grandes transformations.

Enfin, une tentative modérée et prudente devra être faite pour introduire chez nous l’impôt sur le revenu qui, en Angleterre et ailleurs, est déjà accepté. Questions relîgimm^ — L’État doit à tout citoyen rinstmction primaire, ce premier degré de science qui n’est qu’un prolongement du bon sens. Il le donne sous h forme laïque, gratuite et obligatoire. Cest un grand progrès.

Eu matière religieuse, il ne doit à chacun que la liberté de choisir et de pratiquer son culte en le payant directeinent. Là, sont la vérité et îa]ustice,qu’il faut réaliser en votant la séparation des Églises et de i’État, après l’avoir préparée par des lois sur les associations, pour prévenir, entre autres, les abus de la mainmorte.

If Loi sur les associations, ~ Il n’en est pas de plus nécessaire, ni de plus urgente. Elle assurerait aux citoyens l’usage d’un puissant levier social, indispensable moyen de défense et de progrès.

Sagement conçue, dans un esprit de complète liberté^ elle devra fournir auï associations le moyen d'aider TÉtat dans la partie la plus délicate de sa tâche sociale.

5“ U Armée. — Par la création de troupes coloniales, il n*y a pins de mauvais numéros. Tous les Français sont égaux dans le devoir et devant le danger. Mais une dernière transformation reste à accomplir: celle qui réduira le service à deux ans et permettra de supprimer les quelques privilèges admis encore par ia loi actnelle. L’Aliemagne nous donne, sous ce rapport, un exemple que nos députés doivent étudier pour Pappliquer chez nous si les hommes compétents le jugent bon.

6“ AgricuituTf^^ Mgim$ doumwr. “ Eotre Pagrîculture et Pindustrie, il n’y a pas antagonisme : elles sont solidaires au double point de vue de la production et de la consommation. Elles se doivent rautuellement appui et confiaiice*

Sous peine de compromettre la notion même de Patrie, qui repose sur le sol, il faut que ceux qui exploitent ce sol puissent vivre en iravaliiant. Il faut que Pagricultnre soit protégée sans exagération, dans les conditions définies par notre nouveau régime douanier, en maintenant ce régime, sans parti pris, et en renonçant aux traités de commerce qui enchaînent la liberté commerciale ^ contre toute raison, dans un temps d’incessantes transformations économiques. — ü faut enfm organiser le crédit agricole,

7^ Mformù de noire systbme judiciaire, dans le sens de la diminution des frais de justice et de îa durée des procès. — Réforme du personnel qui, souvent trop jeune et insuffisamment préparé, manque d'autorité, de science et d'expérience.

8® Réformes eonsHiutionneUes.— Elles ont leur importance, mais ne présentent pas un caractère d’urgence absolue. Toutes, d’ailleurs, et en particulier celles qui sont réclamées pour le Sénat, sont possibles par le jeu seul de îa Constitution. A mon avis, elles ne sont pas une condition préalable du progrès social et politique.

Tels sont, concitoyens, les points principaux du programme que je développe plus complètement dans les réunions publiques.

J’ai la notion bien nette du but k atteindre ; j’ai la conviction profonde que sa réalisation est la condition même de la paix sociale, le premier de tous les biens. Avec tout ce que j’ai d’aptitude et d'énergie, je travaillerai à Tobtenir,

Mon passé est garant de mon avenir. Ce que j’ai fait en trente-cinq ans de vie publique ; ce que j'ai fait pendant vingt ans à la Mairie de La Fertè ; depuis quinze ans au Conseil général, je le ferais comme député.

Au point de vue des Intérêts du département et de l’arrondissement, je n’aurai qu’à poursuivre ce que J’ai déjà commencé: l’achèvementde notreréseau de chemins de fer départementaux, auquel personne n’a travaillé plus que moiï Forganisation de l'assistance sous toutes ses formes ; la meilleure répartition de l'impôt et des charges accessoires, celle, par exemple, qui résulte de Tahus des plantations sur routes, etc.

Je ne promets rien à chacun en particulier j à tous je promets de faire mon devoir de député, tout mon devoir envers et contre tous, amis ou ennemis, dans Tiûtérét supérieur de la République et de la Patrie.

Chaque année, j’ftssaieraî de prouver que je ne me suis pas écarté de cette voie, en rendant publiquement compte de mon mandat.

En avant I au nom de la raison et de la science, pour la République et la justice sociale.

E. DELBET, conseiller général, maire de La Ferlé- Gauciier, Fondateur et président du syndicat agricole de ce canton.

Concitoyens électeurs,

Vous m’avez honoré, au premier tour de scrutin, de ft.957 sulTrages, éclatante majorité, qui a été complète dans les trois cantons de La Ferté-Gaucher de Rebais et de Kozoy. ^ ’

Une telle unanimité dans les suffrages n’est pas seulement une preuve de confiance et de sympathie, dont je suis fier. C’est un gage de victoire certaine pour le jour du ballottage.

Restons unis, et, avec l’aide de ceux qui ont eu le malheur de croire aux stupides attaques dirigées contre moi par des adversaires sans scrupules, nous triompherons dimanche, sous le drapeau de la République anticléricale.

Mes chers concitoyens,

Vous connaissez mon programme. Qu’il me suffise de vous en rappeler les points essentiels.

Avant tout, la République 1 Tout pour elle 1 Tout par ellel

Suprématie de l’État laïque, s’appuyant sur l’école, maître etlibre, en face de la religion laissée A la liberté de chacun.

La République ferme et inflexible devant ses adversaires, bienveillante et ouverte pour ceux qui prouveront leur sincérité par leurs actes I

Maintien absolu de toutes les lois républicaines; énergique et constant effort pour avancer dans la voie du progrès politique, surtout dans celle de la justice sociale.

Réforme de notre système d’impéts vieilli et injuste!

Toujours et partout je soutiendrai la vérité envers et contre tous. Je ne promets rien à chacun en particulier; à tous je promets de faire mon devoir.

En avant! au nom de la raison et de la science, pour la République et la justice sociale 1

Sachons oser! Sachons vouloir!

Vive la République I

Honni soit qui mal lui veut et qui mal la sert!

E. DELBET, conseiller général, maire de La Ferté- Gaucher, fondateur et président du syndicat agricole de ce canton.

Circonscription de FONTAINEBLEAU.

M. André OUVRÉ,

Élu au l" tour de acrutin.

Mes chers concitoyens,

Pour la seconde fois, je viens aoiUeiter vos suffrages.

J’ai la conscience d’avoir Bdèlement rempli mon mandat.

En toutes circonstances je me suis prononcé nettement, aussi bien dans le qoesLs poHtiques que dans les questions agricoles, commerciales ou mdus-

me suis toujours refusé à suivre une politique de coterie ou de coalition

Autant nue personne, je suis partisan des réformes qui doivent

le sort des tïavameursi les humbles sont, k mon avis, les plus îi SiÏÏtudes, je serai avec eux et pour eux, dans l’avemr. ce que f ai été dans

‘’ïncèremeot républicain, j’estime que la République est forte pour

être libérale, et je veux, pour tous les citoyens, la liberté de conscience

Vous me conuaisaez, je ne suis pas l’homme des programmes et des pro-

eee totlrtls et daue eop honaeni de fait de ceux ,a. pentatent au-

trement.

Si kS^oûVvous^Scidez de me confier encore le

intérêts et vos droits avec énergie.

Votre très sincèrement dévoué,

Conseiller général, député

André OUVRÉ,

sortant, candidat républicain.

Mes chers ooncitoyens,

Vous n’avez pas oublié la lutte ardente dirigée contre moi par certaines personnalités politiques de noire arrondissement, lorsque je sollicitais, il y a un an, le renouvellement de mon mandat de conseiller général : il s’agissait alors pour ces intéressés, d’assurer leur combinaison électorale en barrant le passage au candidat probable des élections législatives de 1893.

L’immense majorité qui m’a acclamé, les félicitations et encouragements qui me sont parvenus de tous- les cantons de l’arrondissement me font aujourd’hui un devoir de répondre aux instances de mes nombreux amis, en posant ma candidature au scrutin du 20 août.

^ Si la République est aujourd’hui victorieuBe, si ses adversaires paraissent avoir désarmé, nous pouvons nous demander avec anxiété quel avenir lui sera réservé. C’est à vous de déclarer si vous approuvez la politique d’intérêts et d'intrigues dont vous avez pu constater les déplorables effets, ou si, au contraire vous croyez devoir lui opposer la vieille et honnête politique répuhlicarae, celle des idées, des convictions et des réformes. ’

Le gouvernement de la France e.st la République, mais sa constitution n’estelle pas restée celle d’une monarchie? Nos lois ne sont-elles pas, pour la plupart, des lois impériales, et les impôts ne sont-ils pas des impôts d’avant 1789 rétablis sous d’autres noms ?

Une pareille situation ne peut se prolonger. Les masses laborieuses, en acclamant la gouvernement républicain, n’ont pas eu pour but de remplacer les anciens dépositaires du pouvoir par de nouveaux titulaires. Elles out voulu plus de justice et d’égalité. U faut les leur donner. 11 faut tenir les promesses de la République.

Mon programme n’a rien do nouveau ni de subversif. Il n’est autre que celui que vous n avez cessé d approuver depuis vingt années, celui que vous avez recommandé à vos mandataires qui, trop souvent, hélas 1 ont abandonné le drapeau que vous leur aviez confié.

Je suis, comme vous, partisan de la réforme générale de l’impôt dans le sens démocratique, par la suppression des octrois et des impôts intérieurs de consommation, qui s’opposent à la vie à bon marché, la suppression de l'impôt foncier et des prestations, qui pèsent d’un si grand poids sur l’agriculture, ta suppression des patentes et droits de circulation, qui gênent le commerce, l’ompêchent de lutter victorieusement contre la concurrence étrangère, et le rem-

placement de tontes ces taxes par un impôt gradué sur le capital ou le rSTenu.

Comme vous, je suis partisan d’une politique financière d’écouomie, de la diminution des gros traitenients et de l’amélioration du sort des petits foiiclion naires. Comme vous, je suis partisan des lois sociales tendant a assurer le salaire le crédit et la retraite aux travailleurs. Comme vous, je crois que, dans l’intérêt de la pacification religieuse basée sur la liberté de conscience, la séparation des Églises et de l’État s’impose. J .

Et enfin, comme vous, je prétends que la condition essentielle^ de toutes ces réformes, c’est la révision constitutionnelle, c’est l’élection du Sénat par le

suffrage universel. „„„„„

Si ces opinions sont restées les vôtres, si- vous croyez que ce programme sérieusement appliqué suffirait largement à alimenter la législature qui va s’ouvrir, je mets à votre disposition, pour l’exécuter, tout mon zèle et tout mon dé-

Si vous me faites rhooneur de ma choisir, je serai un député loyal, mdèpendant, sagement mais résolument progressiste, et tout particulièrement dévoué comme je l’ai toujours été, aux intérêts agricoles de notre arrondissement.

ie prends l’engagement formel de me préoccuper exclusivement de mon mandat, d’assister régulièrement à toutes les séances de la Chambre et de me tenir d'une façon permanente en rapport avec vous pour m’enquérir de vos

besoins* ■ ^ * ■ y ^

Vous pouvez également être assurés que jamais ne me servirai de mon

titre de député pour figurer dans aucun cooseii d'administration de sociétés

financières ou autres* ,

Je m’efforcerai, en un mot, de déployer, dans l’exercice de mon mandat,

l’activité que je n’ai cessé d’apporter depuis sept années dans mes fonctions de conseiller général et qui m’a valu la grande marque d’estime et de sympathie q-ue m’ont manifestée l’année dernière les électeurs du canton de Ciaye.

DERVELOY,

Conseiller général, candidat républicain.

Circonscription de MELUN.

M. liALANDREAÜ,

Élu au l'' tour de scrutin.

PBOGRMIMB

Adopté par le Congrès républicain, tenu à Melun, le 29 juillet 1893, et accepté par M. Balandreau,

Politique de paix générale tant que l’honneur national ne sera pas engagé.

Paix religieuse fondée sur la liberté de conscience et, comine moyen, la séparation de l’Église et de l’État ,

Nomination du Sénat par le suffrage universel.

Economie dans les finances.

Réforme de l’impôt dans un sons démocratique.

Suppression de l’impôt des boissons.

Maintieu du tarif minimum sur les produits agricoles ; protection de l’agriculture.

Réforme de la lot sur la chasse, qui devrait protéger l’agriculture et qui ne protège que te gibier.

Réorganisation de l’assistance.

Création de caisses et de maisons de retraites pour les invalides du travail. — Protection et encouragements aux sociétés de. secours mutuels de prévoyance.

Le Président,

Nivet,

Conseiller général de Melun (Nord).

Mes chers concitoyens, ^

Désigné par le Congrès républicain de l’arrondissement de Melun pour porter les couleurs républicaines contre la coalition des réactionnaires et des ralliés, je ne me suis pas cru le droit de décliner cet honneur.

l’ai touiours appartenu àl’opioion républicaine; j'ai mis, sans compter, à sou service, au service des idées de progrès et de liberté, à la défense des intérêts publics, tout ce que je puis avoir d’intelligence, d’activité et de dévouement.

rapporterai dans les nouvelles fonctions auxquelles on vent m^éiever toute la bonne volonté, toute T énergie dont je suis capable.

Et d^abord, je le déclare ici en toute fraochise, je suis pas, je ne veux pas être le candidat d^uiie fraction de ^opinion répuHjcaine*

Je ne connais qi^une seule façon d^être. républicain, cest d être sincèrOi

C'est d'être un fils reconnaissant et dévoué de la RévoUition \ c’esi de travailler sans cesse au maintien et à l^accroissement des conquêtes que nous ont léguées nos pères.

Ces conquêtes, elles sont aujourd'hui menacées^ non pas, comme autrefois, avec cette franchise et cette ardeur qui n’êlaient pas exemptes de grandeur, mats sournoisement, par la ruse, par l'intrigue, par la duplicité.

Ndb adversaires, autrefois, arboraient franchement leur drapeau; en dernier lieuj ils le mettaient dans leur poche; aujourd'hui, ils cherchent à confisquer le nôtre.

Et c'est 30US Pétendard de la République que nous voyons aujourd’hui groupés les éternels ennemis du progrès et de raûranchissement du peuple, pour combattre, en même temps que les conquêtes de la lièvolution, cette loi d'égalité devant Timpôt du sang, qui s'appelle la loi militaire, cette loi de régénération inteilectueUe et morale qui s'appelle la loi scolaire.

Électeurs,

Vous ne serez pas dupes de ce changement de tactique.

Avec ou sans masque, vous avez toujours devant vous les mêmes adversaires, les adversaires combattus par vos pères, cea adversaires, défenseurs des privilèges, des monopoles, des financiers, de tous les abus du passé et ennemis implacables de l’accession du peuple à une situation meilleure.

Ce qu'il faut à une démocratie en possession d'elle-même, c'est le règne de la justice, c'est régalité devant la loi, c'est la fraternité dans les cœurs.

C'est Tordre dans la rue, la tranquillité dans les esprits, la stabilité dans le Gouvernement et l'impulsion féconde donnée au travail et aux alîaires par une légîslauon prévoyanie s'inspirant des intérêts et des besoins de tous.

Cette législation, il faut savoir la préparer par Tétude approfondie des graves problèmes économiques et sociaux qui s'imposent, à Theure actuelle, aux méditatiotis du législateur.

Et qui donc a plus qualité pour résoudre ces graves questions que les hommes sortis des flancs mêmes de la démocratie, en contact permanent avec les populations, vivant de leur vie propre, connaissant leurs soufirancea et leurs besoins.

Si vous me faisiez l'honneur de m'appeler à vous représenter, mes préoccupations les plus vivés se porteraient sur tout ce qui touche à vos intérêts les plus chers. i

L'agriculture, qui constitue dans ce pays le principal élément de la fortune

publique, ne trouverait pas de défenseur plus énergique de ses revendications, de partisan plus résolu d’une législation qui la protège, d’une façon efficace’, contre l’invasion des produits étrangers.

J'appuierais de tous mes efforts une répartition plus équitable et plus pro~ porlionnée aux forces de chacun des charges de l’impôt.

Je favoriserais, dans la mesure des ressources du budget, les grands travaux publics, la construction des chemins de fer, si profitables au monde du travail et au développement des affaires.

Je serais sans pitié pour ces grandes sociétés financières, pour cesagiotenrs qui compromettent la fortune publique, et je les astreindrais à un contrôle sévère, afin d’éviter le retour de catastrophes semblables à celles qui ont amoncelé tant de ruines dans ce pays.

Enfin, je m’attacherais à cette grave et grosse question de l’assistance dans les campagnes et dans les vfilles, encore insuffisamment résolue, malgré les efforts du législateur.

Dans un grand pays comme la France, l’esprit de solidarité entre concitoyens ne saurait trop s’exercer. Une partie de la nation a encore à souffrir de ja maladie, de la misère, de la vieillesse et du chômage ; sans donner une prime à la paresse et à l’inconduite, je voudrais que l’infortune imméritée ne fût pas abandonnée et qu’elle trouvât dans les pouvoirs publics le concours qu’elle doit attendre sous un gouvernement qui a inscrit le premier dans sa devise ce mot Bufalime ; Fraternité I

Tels sont, électeurs, les sentiments qui m'animent, les sentiments qui m’ont toujours dirigé depuis seize ans que j’appartiens à la municipalité de Melun.

A vous de dire s’ils correspondent aux vôtres.

A vous de juger si je suis digne de vous représenter.

Vive la République 1

BALANDREAU, maire de Melun,

Candidat désigné par le congrès républicain de l’arrondissenaent de Melun.

Circonscription de PROVINS.

M. MONTÂUT,

Élu au 1“' tour de scrutin.

Électeurs^

Honoré de votre confiance aux élections législatives de 1885 et 1889, je trois n avoir ni promesses à faire, ni engagements nouveaux à prendre en me présentant à vos suffrages I

Vous savez que, fidèle à mon mandat, j'ai toujours voté, dans toutes les quealious politiques, conformément aux principes d’ègalitè sociale, de justice, d'humanité, dont vous m’aviez confié la défense, et que j’ai également servi résotùment les intérêts de l’agriculture, qui sont les intérêts vitaux de la Patrie française. L’approbation qu’à diverses reprises les agriculteurs de l’arrondisaement do Provins ont donnée à mon attitude dans toutes les questions qui les concernent est la preuve cerlaine d’une communauté de sentiments entre nous, que je n’ai plus besoin d’alfirmer.

Ce n’est pas seulement pendant la période électorale que je me suis fait un devoir de venir m’enquérir de vos vœux et de votre opinion sur la marche des affaires, mais, malgré mes constants rapports avec vous, je considère comme un acte de déférence envers le suffrage universel de tenir, d’ici au 20 août prochain, au moins dans les cinq cantons, une réunion publique. Je vous demande, chaque fois, d’y déléguer, par communes, quelques citoyens qui puissent vous transmettre exactement l’exposé que je vous présenterai de la situation politique actuelle et des réformes urgentes qu’elle nécessite encore, en tête desquelles il faut placer les suivantes :

Réforme de l'impôt foncier et des prestations, pour l’agriculteur ;

Réforme des octrois et des impôts de consommation, pour le travailleur ;

Réforme des patentes et des taxes sur la circulation, pour lé commerçantî

Réforme des droits de justice, de vente et de succession, pour tout la monde .

Je sais être également l’interprête du sentiment général en continuant de réclamer la liberté absolue de conscience et, par conséqueut, l’apaisement religieux, qui ne peuvent s’obtenir que par la séparation des Isgllses et de. 1 État 1 Enfin, je considère comme indispensable au fonctionnement d’un gouvernement véritablement républicain, une modification des attributions du Sénat sur le point spécial de « ce veto » absolu dontils’estarrogé le droit, et qui supprimepour vos élus directs toute possibilité de satisfaire promptement et complètement auï vœux du suffrage universel.

Il n’a pas dépendu de moi que cette législature, qui n’a pas été complètement perdue pour la cause démocratique, nous devons le reconnaître loyalement, n’apportàt de plus décisives améliorations dans notre état social, sur lequel pèsent encore si lourdement les abus et les néfastes traditions du gouvernement monarchique. Ne pouvant empêcher les trafics honteux et la scandaleuse impunité dont nous avons été, ces derniers temps, les témoins attristés, et qui ont soulevé l’unanime réprobation du pays, j’ai, du moins, en toute occasion, repoussé énergiquement les propositions et les mesures tendant à atténuer de hautes responsabilités, qiia je voulais, et continue à vouloir entières, complètes et mises au grand jour. On ne peut admettre que l’indignité des uns rejaillisse sur l’houneur des autresl-des honnêtes, des loyaux serviteurs de la démocratie 1

Uniquement consacré à la mission que vous m’aviez confiée, sans aucune affaire ni préoccupation personnelles qui m’en détournassent, je me suis efforcé de faire prévaloir l’intérêt public, et, si tous les députés avaient voté comme votre mandataire, vos légitimes revendications auraient été entendues, et la plu-

part des réformes seraient aujourd’hui réalisées. Ou peut croire qu’alors les populations, encore réfractaires aux idées d’émancipation et de progrès, seraient venues grossir nos rangs en donnant une éclatante adhésion à la République I

C’est, en elTet, te seul gouvernement qui, basé sur la justice et l’égalité, puisse assurer celte paix intérieure et extérieure que nous appelons de tous nos vœux I

Défendre partout et toujours les intérêts des petits et des humbles, respecter le droit de tous, travailler à la prospérité nationale, tel est le devoir que la continuation de votre confiance me permettra de remplir avec l’inébranlable fermeté dont je ne me suis jamais départi.

Vive ta République !

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