‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 229 sur 266 · SEINE-ET-OISE · texte numérisé non relu

SEINE-ET-OISE

Circonscription de GOHB£IL.

M, Jeao ÂRGELIÊS,

Élu au 2^ tour de scrutin.

Électeurs,

]e Yiens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Vous me connaissez. Vous savez quels ont été mes votes à la Chambre j quelle a été ma conduite au milieu de vous.

Je a*ai donc que de courtes déclarations k faire.

Vous m’avez élu, en 1889, dans un mouvement de protestatiouB contre la corruption parlementaire, contre les hommes et le parti qui comprometiaient, avec les ressources, le bonheur de notre paya ; contre l'opportunisme.

Vous protestiez, alors, contre le gaspillage de la fortune nationale ;

Contre rindifféreace, Végoïsmo ou la mauvaise volonté des pouvoirs publies;

Contre Pintrusion dans nos affaires nationales d'une bande d’étrangers, à peine naturalisés, dont la scandaleuse élévation décourageait le bon sens public.

La situation s'est-elle améliorée depuis cette époque î

Elle est devenue plus grave, plus triste encore au point de vue politique.

Je n'ai pas à vous rappeler les événements lamentables qui se sont succédé depuis quatre ans et qui ont révolté la conscience publique, sans distinction de partis, comme le scandale de Panama, avec la suite de ministres, d’iiommea politiques concussionnaires et condamnés.

Il faut que Paunée 1893 marque un nouvel éveil de Tesprit national, si indépendant et si honnête ; qu'elle marque la fin de ce régime honteux, Topportunisme.

C’est à cette œuvre que je vous convie.

Électeurs,

Je suis républlcaiuv

le veux rester indépendant de toute coterie.

Grâce au témoignage de confiance que voua m’avez donné en 1889, j'ai pu acquérir, de bonne heure, l'expérience des affaires publiques.

l’ai consacré tous mes efforts à représenter dignement l’arrondissement de Corbeii, à remplir loyalement mon mandat, sans m’en laisser détourner ni par

les injures, ni par les promesses*

J’ai voté constamment toutes les mesures, toutes les réformes politiques, économiques, sociales, qui m'ont semblé de nature à servir la France, le peuple’ et la République.

En politique, ce que nous voulons, c’est :

En finir avec les lenteurs irritantes du parlementarisme;

Réduire le nombre des rouages employés à l’élaboration des lois;

Permettre au suffrage universel d’exprimer directement sa volonté, et d’accélérer ainsi la réalisation des réformes attendues depuis si longtemps;

Contraindre les mandataires de la démocratie à rexécutfon de leurs engagements électoraux;

Rendre responsables ceux qui ont la gestion des intérêts publics.

Nous voulons la suppression du Sénat, la responsabilité ministérielle et, pour y parvenir rapidement, nous demandons la révision.

En matière économique :

Je renouvelle l’engagement que j’ai pris en 1889 et tenu pendant la législature.

Ni emprunts, ni impôts nouveaux.

Nous devons poursuivre également:

Une meilleure assiette de l’impôt, sa proportionnalité avec les ressources des contribuables, suivant les bases posées dans la Déclaration des Droits de l’Homme.

La réduction des dépenses ;

La suppression des sinécures;

L’élévation des petits traitements ;

L’établissement, en un mot, d'un régime 'financier qui, 'par les sacrifices demandés, môme, assure la prospérité de la nation, au lieu de l’arrêter dans son essor.

De môme, je continuerai à défendre l’agriculture, l’industrie et le travail de notre pays contre l’invasion étrangère :

L’agriculture et l’industrie, avec les lois douanières, sagement révisées, s’il est besoin.

Le travail, avec l’ensemble des mesures nécessaires pour protéger l’ouvrier français, accablé déchargés, contrôla concurrence des Ouvriers étrangers.

Mais ce sont :

Les réformes sociales qui, dans la Chambre nouvelle, devront attirer, surtout, notre initiative, nos études, nos délibérations." -

Il Ost de toute jusiice que' ces' réformes soient profondes.

Il faut qu’ellfes correspondent aux complètes transformations qu’ont subies, depuis un demi siècle, les conditions de la vie des iravaillours dans notre pays, avec les chemins de fer, le télégraphe, la presse, la chute des petites usines écartant l’ouvrier et sa famille de son pays d’origine et le ramenant dans les'

grands centres ; l’établissement de grandes eiploitations industrielles; le machinisme et la division du travail.

Les réformes les plus immédiates doivent avoir pour but :

L’établissement d’une caisse générale de retraites ;

Le développement de l’Assistance publique dans les campagnes et dans les villes;

Une îudicieüBe réglemeatation da travail ;

Les facilités de constitution de toutes les associations, syndicats, sociétés

d’entreprise, de mutualités, d’épargne ; . . . ^

Enfin, dès qu’il sera possible : le Crédit public à la disposition du cultivateur et de l’ouvrier.

Électeurs,

Mes votes ont été constamment fidèles, pendant les quatre années de mon mandat, au programme dont je viens de tracer devant vous les grandes lignes. Si vous me faites l’honneur de me réélire :

Fort de ce nouveau' témoignage de confiance, élu sur un programme vraiment indépendant, usant de l’expérience que j’ai 'pu acquérir, grâce à vous,

pendant la législatüre qui së termine ;

l'emploierai tous mes efforts à assurer, dans la Eépubhque,^ le triomphe d’un régime de justice, de liberté, d’honnêteté, de paix et de travail.

Vive la France I Vive la République I

Jean AHGELIÈS.

Circonscription d’ÉTAMPES.

M. AMODhD.

Élu au 2” tour de scrutin.

Mes chers concitoyens, .

Vous êtes appelés, le 20 août prochain, à élire votre député. Bépondant à rappel d’un grand nombre d’entre vous, je me présente â vos suffrages et je viens vous exposer, en toute sincérité, mes idées et mes sentimente politiques. Je déclare d’abord que je suis républicaio ét que je n’ai jamais été autre

CllOS6»

Fai toujours pensé que la République, patrimoine commun de loup les Français, est la seule formé de gouvernement qui garantisse pleinement l'éga-

lité et l’indépendance de tous les citoyens. C’est le seul régime qui, à cause de sa forme impersonnelle, puisse nous mettre à l'abri des révolutions ; c’est le seul aussi que doive accepter un grand peuple qui ne veut pas que la guerre puisse dépendre, à t’avenir, du caprice d’un souverain.

Je D’aime pas les équivoques ; aussi, je tiens à dire que la République que je veux doit être, avant tout, une République honnête. Il ne faut pas de mandataires qui fassent leurs affaires au lieu de faire celles du pays.

La République doit être h ta fois ferme, libérale, juste et tolérante envers tous i c’est le meilleur moyen de la rendre iad^tructible.

Depuis dix-huit ans, en effet, chaque consultation du suffrage universel a été une nouvelle manifestation de la volonté du pays de maintenir et de raffermir le régime actuel, qui n’a ainsi nu! besoin d|ûtre plébiscité.

La Constitution de 1875 n’est certainement pas parfaite, Mais elle assure le fonctionnement régulier et permanent des institutions républicaines j elle garantit l’ordre public et la sécurité extérieure, de la France ; elle nous donne la jouissance de tous nos droits, et de toutes, nos libertés. Les adversaires de la République réclament néanmoins la révision de la Constitution. C’est une raison pour que les républicains s’y opposent jusqu’au jour où elle ne sera demandée que par eux et dans l’intérêt seul de la République.

Les lois miliuire et scolairq sont définitivement acquises. Je ne les considère pas comme des lois de combat, mais comme des lois égalitaires et libérales qui sont la conséquence nécessaire de la neutralité de l’Ëtat.

Je suis de, ceux qui pensent que l’on ne peut raisonnablement songer à dénoncsr le Concordat. Son application loyale constitue la meilleure sauvegarde de !a paix religieuse, la meilleure garantie de l’indépendance et de l’autorité de l’État.

Le libre-échange avait livré sans défense notre agriculture à ta concurrence étrangère. La République, en établissant le régime de la protection, s’est montrée plus soucieuse qu’aucun autre gouvernement des intérêts agricoles. Agriculteur moi-même, je sais que les tarifs protecteurs sént un remède nécessaire aux souffrances de la culture. U faut aider et encourager les cultivateurs : leur prospérité intéresse la fortune et l’avenir niêine de la France.

L’institution du crédit agricole, qui permettra à la culture d’emprunter à bon marché l’argent dont elle a besoin pour augmenter le rendement du sol ;

La suppression des impéts de consommation qui frappent à la fois le travail et la production ;

L’impêt des prestations rendu proportionnel aux facultés contributives de chacun j

La réduction des droits de timbre et d’enregistrement sur les petites ventes d’immeubles;

La diminution des droits de succession sur les petits bêrilages ;

Ce sont là autant de progrès dont il faut préparer ou hâter la réalisation.

Les- questions sociales sont à l’ordre du jour. 11 faut les aborder franchement; les étudier sans retard, avec la pensée de donner à notre démocratie laborieuse les satisfactions qu’elle est eu droit d’espérer. .

Autant je suis désireux de voir aboutir promptement les réformes qui

auront pour but d’améliorer le sort des travailleurs et de venir en aide à ceux qui souffrent, autant je suis résolu à repousser énergiquement toutes les revendications qui auraient pour effet de compromettre nos îiidusirieâ. de porter alteiiite à la propriété individuelle, base de nolrè organisation sociale, ou de restreindre la liberté du travail, que je considère comme le premier et le plus inviolable de tous les droits.

On ne saurait, à mon avis, montrer trop de sympathie réelle et agissante en faveur de ceux qui ont besoin d’être protégés contre les dures conséquences de la maladie ou de la vieillesse. Après l’organisation de l’assistance à domicile et de rfiospitalisation, la création de caisses de retraites pour les vieillards et les invalides du travail est assurément, de toutes les réformes sociales, la plus équitable et la plus urgente.

Dans l’ordrè financier, il convient de poursuivre l'œuvre importante de Tunification budgétaire, en incorporant dans le budget généra! toutes les dépenses permanentes sans exception. La nation est intéressée à savoir si l’équilibre du budget est réel, car il est la garantie de sa force. Pour rendre les dégrèvements possibles, il ne faut négliger aucune économie compatible avec le bon fonctionnement des services publics.

La politique coloniale est devenue l'un de nos grands intérêts nationaux. La création d’tine armée coloniale, réclamée depuis si longtemps, est enfin dècidéé, 11 reste maintenant à mettre en valeur notre vaste domaine colonial et à lui donner uns organisation en rapport avec son importance.

Indépendamment des questions d’ordre général, l’arrondissement d’Étampes est intéressé à un certain nombre de projets particuliers, tels que la création de la ligne du chemin de fer d’Étampes à Beaune-la-Rolande, l’établissement du tramway départemental à vapeur appelé à desservir nos cantons^ ramèlioraiion du service des postes, devenu un élément si important de l’activité sociale, l’extension du service des télégraphes et des téléphones, la restauration des roules nationales, etc... 11 sera du devoir de votre représentant à la Chambre de prêter son concours le plus actif à l’exécution aussi prompte que possible de tous ces projets, qui intéressent à un si haut degré Tagricultare et le commerce dans notre région.

L’heure est venue pour tous les républicains sincères, pour tous les hûmmeâ d’ordre, de travail et de progrès, de constituer un grand parti républicain de gouvernement, donnant au pouvoir la stabilité et l’autoriié qui lut sont nécessaires pour imprimer à la politique une orientation précise, pour imposer à tous la soumission aux lois et pour faire définitivement conirepoids ahx agitateurs qui voudraient nous entraîner vers le socialisme révolutionnaire et vers l’anarchie.

C’est à ce parti rèpubîicaia de gonveroement que j’appartiens. Si je suis votre élu, c’est à ce parti et aux idées qu’il représente que je consacrerai tout ce qiie j’ai de forces et de dévouement. Car ce parti, c’est celui des vrais patriotes et des bons Français ; c’est le parti de ceux qui veulent le triomphe

définitif des principes de notre grande ItëvolutîoD, c’est-à-dire le triomphe de toutes les idées d’égalité devant la loi, de justice sociale et de liberté ; c'est le parti enQa de ceux qui, s’inspirant des véritables intérêts du pays, confondent dans un même sentiment la Patrie et la Bépubtigue.

Docteur AMODRU, Conseiller général de Seine-et-Oise, Maire de Chamarande, membre du Conseil départemental de l'instruction primaire, membre de la Société des agriculteurs de France et du Syndicat agricole de Seine-et-Oise, candidat républicain.

Circonscription de MANTES.

M. Paul LEBADDY,

Élu au 1^' tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

C’est avec une absolue confiance que je viens solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez fait i’îionneur de me conBer en 1890.

Depuis quatre ans, vous avez pu me juger, non plus sur des promesses, mais sur des actes : j’ai la conviction d’avoir üdëlement rempli mes engagements.

le n’ai rien à retrancher de ce que je vous disais en 1890 ; la politique de modération à laquelle je me déclarais attaché a fait partout des progrès manifestes. Elle n’a certainement pas été sans iniluence sur l’opinion de l’Europe, devant laquelle, aujourd’hui, ta République française a trouvé non seulement plus de respect chez quelques-uns, mais encore a amené chez d’autres des sympathies précieuses gui, restées latentes jusqu’ici, n’ont plus hésité à se manifester.

De même qu’en 1890, je pense que la République, définitivement établie dans le pays, doit être le gouvernement de tous; il faut qu’elle accueille tous ceux qui viennent à elle loyalement et sans arrière-pensée, il faut que tous les bons citoyens s’unissent sur le terrain républicain, car la France a besoin des services de tous ses enfants.

Au point de vue économique, mes sentiments n’ont pas changé davantage. J’ai voté les tarifs de protection que réclamait le travail national, et j’ai ôté l’adversaire résolu de toutes les propositions qui avaient pour bat de les diminuer.

D’ autres mesures restent encore à prendre pour conjurer la crise dont souffrent si cruellement nos populations agricoles.

U nouvelle Chambre, laissant au second rang la politique irritante qui a si souvent entravé îes travaux de la dernière législature, devra s’occuper de l’établissement du crédit agricole, de la création de caisses de retraites pour les classes travailleuses; elle devra surtout apporter dans les services publics des réformes permettant de diminuer les trop lourdes charges qui grèvent le produit du travail.

Électeurs i

Mon programme est celui qui, depuis seize ans, triomphe, à toutes les élections, dans notre arrondissement;

République sage et libérale.

Protection efficace du travail national.

Économie dans les services publics.

Réduction des impôts qui pèsent sur l’agriculture.

Ce programme, j’en ai la conviction, vous l’approuverez encore le 20 août prochain, affirmant ainsi votre volonté d’imprimer au gouvernement de la République une marcbc prudente et progreasivei

Paul LEBAtiDY, Conseiller général, Député sortant.

Chers concitoyens.

circonscription de PONTOISE.

M. Gustave HUBBÂRDj Elu au tour de scrutin.

Sous le patronage de l’ tfmoJt des Rhpublhaim, je sollicite le renouvellement du mandat de réprèsentant, que, depuis huit années, je dois à la confiance des électeurs républicains du département de Seine-et-Oise et de la première cir-

coDSCî’ipilon de PonLoise.

Vous connaissez mes opinions fermement républicaines* Jb sms dévoué aux mêmes idées depuis mon entrée dans la vie poiltique. A^ec tous les esprits

véritablement épris de l’idéal de justice, je poursuis racoomplissement calme et régulier de tous les progrès démocratiques.

Le programme des aspirations de la démocratie républicàitie a été dressé il y a longtemps, depuis Je jour où Gambetta le signait^ pour la première fois, en 1869, un peu avant PefFondrement de PEmpire,

Les lois scalaire et militaire, le droit de rèunton, ïa liberté de la presse, les libertés communaies ont été assurées par une législation qui a coiiquiSj comme la République elle-même, le respect de ceux qui attendent le triomphe complet des causes justes pour s"en déclarer les ralliés-

Réjouissons-nous de Yoir tant d^adversaires, hier encore peu disposés à ménager les idées républicaines, prendre aujourd’hni la cocarde même de laRépublique pour couvrir leur politique de recul et de résistance au progrès- Maie, quant à nous, defoudons avec vigilance, appliquons avec fermeté les lois votées à si grand 'peine. Continuons notre marche progressive vers la République démocratique, par la défense du travail agricole, industriel eî commercial.

Une des libertés primordiaies d’un pays, îa liberté d’association, n’a pas encore été accordée par notre législation. Il faut l’organiser. Les syndicats agricoles, les syndicats professionnels, ouvriers, patronaux et mixtes, las associations religieuses ou philosophiques, les Bociétés de toutes sortes qui groupent S0U3 mille formes les activités individuelles des citoyens, ont besoin d’une charte d’émancipation en harmonie avec les idées de notre temps»

La République, qui repose sur Tadhésion enthousiaste de la masse de la nation, n’a rien à craindre du libre développement des associations, du droit de posséder, de délibérer et d’agir eo commun, qui sera réglé parla loi et non par l’arbitraire administratif et gouvernementaL

C’est dans l’organisation de cette liberté que se trouvera le véritable apaisement des difficultés religieuses-

Les croyances religieuses ou philosophiques, loin d’être réduites au rôle de service administratif, doivent être émancipées de la tutelle de FÉtat, et, réciproquement, il faut mettre un terme à cette regrettable immixtion des questions touchant aux divers cultes et aux différents clergés dans Fadminlstration de nos communes, de nos départements et de FÉtat,

Cette èéparatioui vraiment libérale, sera préparée et réalisée do la faqon la plus largement tolérante, grâce à Forganisation de la liberté d’association- C’est ainsi que l’État, délivré de tout souci étrangerà sa véritable mission, ee consacrera à la protection et à la défense désintérêts du travail- Propriétaires, fermiers, travailleurs dos villes et des campagnes, commerçants et industriels de tous ordres, ont des intérêts communs. Us doivent s’uuir étroitement pour résister aux grandes puissances financières, féodalité nouvelle établie dans la nation, qui prélève sur leurs -produits et sur leurs travaux -des taxes d’escompte, des intérêts de prêts, des tarifs de transport excessifs : notre indépendance douanière, la protection contre la concurrence étrangère doiveiu être mainteBues,

L’impôt foncier, qui écrase les terres en culture, sans aucun égard à la malheureuse déoroissance du revenu agricole, cet impôt foncier si injustement établi doit être supprimé au profit des propriétaires cultivant eux-mêmes, des

fermiers et des locataires. En revanche, les terres laissées en friche voiontaireraent doivent être taxées.

Les petites ventes, les successions modestes doivent être dégrevées de tous les droits ruineux qui détruisent les petites aisances. L’impôt des portes et fenêtres, des boissons et des octrois, des prestations personnelles, l’exercice chet le débitant doivent disparaître, La loi sur la chasse, réformée, doit laisser le propriétaire maître de défendre-sa récolte contre le gibier et faciliter le payement des dégâts.

Il faut que, la terre cultivée et les autres instruments de travail étant dégrevés, les capitaux constitués, les revenus établis, soient taxés en toute justice, non pas suivant des apparences trompeuses, mais suivant les déclarations et les renseignements que le fisc est déjà à même d’établir, sans se livrer nullement à aucune inquisition. Les exemples ne manquent pas, chez d’autres peuples démocratiques, pour montrer que tout cela est possible si une majorité réformatrice sait se former au côté gauche de l’Assemblée.

Enfin, la contre-partie nécessaire des lourdes charges du service militaire obligatoire-, c’est une taxe de compensation sur les étrangers qui, participant à notre vio sociale, ne sont pas appelés cependant à verser leur sang pour elle, et c’est ta création d’une retraite pour tout Français devenu invalide du travail. Les capitaux de cette caisse devront être favorisés quant an placement, et les privilèges ei concessions nationales (banque, chemins de fer, mines, etc.) devront leur réserver un emploi sûr et rémunérateur.

Républicains,

Vous me connaissez, vous savez que j’ai été de ceux qui, au-dessus de tout soupçon dans les incidents scandaleux du Panama, ont pressé les gouvernemenîs successifs pour obtenir que pleine et entière justice fût faite. C'est en vain que l’on voudrait faire auprès de quelques-uns d’entre vous un épouvantail de mon radicalisme. Il est la ferme expression d’un républicanisme qui ne pactisera jamais avec les anciens partis rétrogrades et antirépublicains, mais qui recherchera les améliorations démocratiques que notre Constitution doit recevoir par une révision faite d’accord avec un gouvernement et une majorité républicains qui poursuivra la restiiution du droit législatif au suffrage uuiversel, en lui rendant le droit d’élire les sénateurs soit directement, soit au moins par des délégués spéciaux proportionnels à la population.

Toutes ces idées sont celles que j’ai développées de la même façon dans toutes les communes de ia circonscription. Elles y ont été accueillies favorablement par des applaudisseinents.

J'espère fermement qu’elles recueilleront, "sur mon nom, la majorité de vos suffrages, et me renouvelleront uneconfiance dont, deux fois déjà, j’ai eu le bonheur d’être grandement honoré.

Gustave HUBBARD.

Vive l'a République !

2° circonscrîpUon de PONTOISE.

M. E, BRINCARD,

ËIu au 1°' tour de scrutin.

Mes chers concitoyeus,

II y a quatre ans, eu me donnant une imposante majorité, vous avez affirmé sur mon nom une politique d’apaisement et de réconciliation nationale sur le terrain de la République.

Je me représente aujourd'hui à vos suffrages avec la conscience d’avoir loyalement rempli le mandat que vous m’avez confié.

A vous d’en juger :

Tous mes actes, tous mes votes, n’ont eu qu’un but, améliorer nos institutions et donner au pays un gouvernement honnête, économe des deniers publics, respectueux de toutes nos libertés.

Membre de la 'Corn mission des douanes, j’ai pris une part active à l’élaboration des nouveaux tarifs protecteurs de notre agriculture ;

J’ai présenté et défendu la loi protégeant nos travailleurs contre la concurrence des ouvriers étrangers ;

J’ai pu obtenir le vote d’une loi modifiant le régime des prestations et déchargeant largement ceux qui ne possèdent pas;

J’ai soutenu de ma parole et de mon vote la loi sur l’assistance médicale gratuite.

Membre de la Commission du travail, j’ai été à même d’étudier les problèmes qui passionnent, avec juste raison, les classes ouvrières :

La limitation des heures de travail pour les femmes et les enfants, et pour les ouvriers de chemin de fer ;

La loi sur les accidents :

L’organisation de caisses de retraites ;

Les syndicats professionnels ;

L’extension des sociétés de secours mutuels et toutes les mesures qui ont pour but de venir en aide aux travailleurs ont été l’objet de mes constantes préoccupations.

Certains de ces problèmes sont aujourd’hui résolus, les autres sont encore à l’étude et devront être l’œuvre principale de la prochaine législature ; je serai heureux d’y donner tout mon concours.

Résolument indépendant à l’égard des hommes, n’appartenant à aucune coterie, je n’entends relever que de vous, mes électeurs, et je resterai toujours le défenseur énergique des droits du suffrage universel, le serviteur dévoué de la démocratie.

Aujourd’hui, comme en 1889, je veux :

La Képublique

Hoanête, ouverte à toutes les bonnes volontés, vraiment nationale ;

Allégeant les charges des contribuables par la répartition plus équitable de l’impôt ;

Garantissant la justice impartiale à tous les citoyens, réprimant les scandales, flétrissant et punissant corrupteurs et corrompus, quels qu’ils soient ;

Assurant enfin la grandeur et la prospérité de la France par Tordre, la liberté et la marche en avant dans la voie des réformes démocratiques,

E, BRINCARD,

Vice-Président du Conseil général de Seîne-et-Oise,

Député sortant.

Circonscription de RAMBOUILLET

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