M, MARCEL HABERT
Elu au 2^ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Fidèle à la promesse que je vous ai faîte, je viens vous exposer mon programme.
Candidat républicain îndépendaot, je soutiendrai tout gouvernement qui se montrera libéral et tolérant, qui ouvrira les portes à tous les Français de bonne volonté, et donnera les places au mérite et non à la faveur-
Je veux la liberté pour tous, je ne veux plus de lois d’exception et de proscription, je m’abstiendrai de prendre part à toute discussion qui pourrait réveiller dans notre pays, qui ne veut plus en entendre parler, les querelles religieuses.
Je m’attacherai surtout à étudier et à résoudre les questions suivantes :
-Assistancepuhlique. — Hospitalisation des vieillards et des malades, retraites pour la vieillesse, création de bureaux de bienfaisance, protection de Tenfance, rétablissement du tour pour les enfants abaudonnés.
Héfarmei dHmpôts, — Réformes do cadastre et de Timpôt foncier, suppression de Timpôt indirect et notamment de Timpôt sur les boissons, maintien et réglementation du privilège des bouilleurs de cru, rectiûcatioû de T alcool par TEtat, augmentation de la patente des grands magasin».
Reformes dans la justice* — Simplification de la procédure, jéduction des
frais de justice, surtout en appel, réforme de Passktance judiciaire, responsabilité de rÉtat en cas d'erreur cotnmise par les juges*
Lois mr la chasse. — Suppression de Tappel après Texpertiseî 2® Obligation pour les propriétaires de chasse de s'enclore ; 3*" Droit pour le cultivateur de détruire le gibier, par tousUea moyens/ sur ses terres ; V Organisation des syndicats de cultivateurs pour se défendre contre les dégâts ; 5*' Suppression des locations de chasse de la forêt de Rambouillet et droit de chasse en forêt avec un permis spécial î G" Transformation du délit de chasse en contravention de simple police*
ÙMü agricole; protection de la cukure^ — Organisation d'une banque subventionnée par l'État qui accorde aux cultivateurs des délais lui permettant de ne régler ses dépenses qu'après la récolte vendue/— Maintien des droits protectenrs. — Organisation de Rassurancé agricole.
Mon programme politique se résume en une idée s Union de tous les Français contre les étrangers.
1“ Contre le produit étranger qui ruine l'agriculture et Tinduslrie nationales ;
2o Contre l'ouvrier ètrdnger qui prend le pain de ronvrier Français et qui doit être frappé d'un impôt dont son patron sera responsable ;
Contre le spéculateur et l'intermédiaire étranger ou naturalisé qui accapare les marchandises et les bénéfices du commerce français;
â'' Contre l'espion étranger qui exploite nos divisions politiques et cherche par tous les moyens à atteindre la prospérité de notre pays.
Fidèle à mes amitiés et à mes convictions anciennes, je siégerai parmi les républicains qui pensent que, dans un pays de suffrage universel, îe peuple doit nommer directement tons ses repréBentaalS-
ie m'occuperai de toutes les questions iocales, notamment de rétabllssemeDt de ligues de chemin de fer dont la construction est demandée depuis si longtemps.
le vous demande, de m'envoyer à la Chambre pour y travailler : la plupart des députés se dispensent de suivre les séances et se font remplacer dans les votes par leurs collègues*
Je demanderai, si Je suis élu, que les députés ne reçoivent plus un traitement annuel, mais une indemnité journalière qui ne leur sera payée que quand ils auront assisté à la séance.
Marcel HABERT, conseiller général,
candidat républicain indépendant.
l'® circoiiscriptioii d© VERSAILIiES.
M. Maurice BEETEAUX,
Élu au 2° tour du scrntiu.
Mes chers concitoyens,'
Je n’ai pas à vous apprendre qui je suis : depuis dix-sept ans, je vis au milieu de vous, dans la commune que j’ai l’honneur d'administrer.
Quant à mon programme politique, vous le connaissez également ; Je l’ai déjà développé devant vous, dans de nombreuses réunions publiques, et je n’ai plus aujourd’hui qu’à en rappeler les traits principaux.
La Eépublique est désormais indiscutée : tous les candidats qui se présentent à vos suffrages se déclarent républicains.
Au scrutin du 20 août, vous aurez donc à choisir entre ceux qui ont toujours aimé, servi, défendu la République, et ceux, au contraire, qui, après s’étre associés, pendant vingt-deux ans, à toutes les entreprises violentes ou sournoises qui ont été tentées contre nos libres institutions, reconnaissent aujourd’hui leur impuissance, se rallient à la République qu’ils n ont pu détruire, et, pour prix de ce ralliement tardif et contraint, réclament l’honneur de la diriger.
Vous ne livrerez pas les clefs de la maison à ceux qui, s ils y pénétraient en maîtres, seraient trop tentés de faire main-basse sur le trésor, si laborieusement amassé, de nos lois républicaines : lois qui ont fondé en Franco la liberté politique; lois sur l’enseignement populaire; lois qui ont proclamé l’égalité de tous les Français devant l’impôt du sang; lois qui sont profondément
entrées dans le cœur des masses démocratiques.
Ce patrimoine précieux, vous voulez non seulement le conserver, mass l’enrichir encorov Après avoir fondé la liberté et assuré l’égalité politiques, la République se doit à elle-même de faire pénétrer dans nos lois ces principes do Justice sociale qui sont sa raison d’être et sa fin suprême.
Elle doit non seulement aborder mais résoudre les problèmes que l’ètat actuel du monde économique pose impérieusement devant elle : Caisse nationale de retraites pour tous les travailleurs des villes et des campagnes; Crédit agricole et Crédit au travail ; Assurances agricoles ; Assurances contre les accidents du travail, considérés comme risques professionnels, — autant d’institutions que la République a te devoir de créer, afin d’établir plus de justice, et, par conséquent, plus de fraternité, daus les rapports entre tous les membres de la famille française.
Pour pouvoir doter la démocratie de ces organes indispensables, il faut tout d’abord lui assurer un budget établi sur des bases équitables : de telle sorte que la refonte générale de notre système d’impôts, si compliqué, si vexa-
toire, si flouvefit injusta, apparaît comme la préface et la condition nécessaire do tous les progrès à accomplir. Cette refonte^ qu’il faut aborder suivant un plan d^ensemble, doit s’inspirer des principes de la Eévolution française, qui a proclamé que chaeun est tenu de contribuer aux charges publiques selon ses facultés.
Les impôts doivent frapper les ressources et non les besoins; ils doivent être demandés au superilu et non an strict nécessaire.
En conséquence, il faut supprimer cette multitude dimpôts de consommation, qui sont des impôts progressifs à rebours, et pèsent plus lourdement sur ies plus pauvi'es. Mats, comme il serait imprudent de faire courir à un grand pays les risques de l’impôt unique, on pourrait conserver, avec certaines modifications, parmi les taxes de consommation, celles qui ont en quelque sorte un caractère facultatif, telles que le monopole des tabacs et les impôts sur l’alcool, celles aussi qui correspondent à un service rendu par TÉtat, comme certains droits d’enregistrement. Le budget serait en outre alimenté parue impôt sur les successions, gradué suivant l’éloigoement du degré de parenté et Timportance des valeurs nettes de l’héritage, et, enfin, par un impôt mixte et gradué soit sur le capital, soit sur les revenus, comme cela se pratique dans tant d’autres pays, sans inquisition tyrannique dans la vie privée des citoyens.
Ainsi, on pourrait faire disparaître Fimpôt foncier, la taxe personnelle et mobilière, les patentes, Timpôt des portes et fenêtres, et ces taxes ioiques, que la Eévolution avait condamnées, et qui ont été rétablies sous de nouveaux noms, la taxe sur Je sel, Fimpôt sur les boissons, les octrois et les prestations.
Assis sur ces bases larges et solides, le budget de la République lui permettrait de remplir tous ses devoirs envers la démocratie; de rendre accessible aux capacités, après concours, renseignement secondaire et supérieur; de développer l’enseignement professionnel ; de garantir aux sociétés de secours mutuels, dont l’État est lé tuteur et dont il a recueilli les épargnes, un taux de revenu suflisaot pour qu’elles puissent faire face à toutes leurs charges; enfin, de créer, de faire vivre et prospérer les institutions de mutualité et de solidarité nationale dout tout le monde reconDaît mainLenanl rimpérieuse nécessité.
Telle est, à mon sens, mes chers concîtoyeiiB, k tâche qui s’impose à la prochaine législatûre. Mais il faut, pour qu’elle s’accomplisse, que le suffrage universel envoie siéger au Palais^Bourbon une majorité de réformes, — la seule majorité de gouvernement possible aujourd’hui, — une majorité résolue à étudier toutes les questions économiques et ouvrières dans cet esprit de protection puur les faibles, qui est le premier devoir des démocraties.
Alors, la Eépubiique aura poussé dans Pâme de la nation des racines profondes; la République aura non seulement réduit ses adversaires à Pimpuissance et forcé toutes les convictions par Péclat de ses principes : elle aura, par la diffusion de ses bienfaits, enchaîné tous les coeurs.
Alors aussi, Pheure pourra venir pour les Chambres républicaines réunies en Congrès de se prononcer sur la Révision de la Constitution dont PAssemblée monarchiste de iS75 a doté k République naissante. Pendant que le Parlement républicain, soutenu par la confiance du pays, continuera h pourvoir à la besogne législative, quel danger, quel inconvénient y aura-t-il à ce qu'une
Assemblée constituante, issue tout entière du suffrage universel, étudie et arrête à loisir, en dehors des orages et des passions de parti, uoe Constitution digne de la République adulte et majeure? A cette œuvre démocratique, à celte Révision de la Constitution, proposée par des républicains, confiée par le pays à des républicains et opérée au profit de la République, mon vote et mon concours sont acquis d'avance. Dois-je rechercher d^oreg et déjà, avec voue, mes chers concitoyens, ce que sera la Constitution nouvelle? Les futurs constituants conserveront-ils le Sénat? Établiront-ils, au contraire, une Chambre unique'^ Quelles que soient sur ce point nos préférences théoriques, nous ne sommes pas des révolutionnaires, et nous ne pouvons oublier que la révision ne peut s’opérer par les voies légales sans le consentement du Sénat. L' amènera-t-on à sacrifier sa propre existence? Se livrera-t-il sans conditions et sans réserve à tous les hasards de la révision? il serait téméraire de Tespérer. Mais ce que tout au moins nous devons réclamer et obtenir, c'est, dans le domaine purement législatif, une nouvelle loi électorale, donnant au sulTrage universel la nomination des délégués sénatoriaux; c’est, dans le domaine constitutionnel, la modification des attributions du Sénat, de façon à ce que le dernier mot reste aux élus directs du suffrage universei.
Alors, enfin, l'heure aura sonné de prendre une grande mesure d’apaisement.
Préparée par une loi générale sur les associations, qui fera leur place aux fabriques et consistoires, les admettra, dans une juste mesure, au bénéfice de la personnalité civile, et donnera à TÉtat les garanties nécessaires contre la reconstitution des biens de mainmorte ; précédée d'une ioi équitable sur la police des cuites î accompagnée de mesures transitoires qui répoudroiit à tous les scrupules, la Séparation des Églises et de l'État apparaîtra à tous les bous esprits non plus comme un danger pour T État ou un instrument d'oppression contre les consciences, — mais comme le seul moyen d'assurer la neutralité et rindépetidance de TÉtat laïque. Ce sera le divorce par consentement mutuel, mettant fin auï tiraillements d'un mauvais ménage. Ce aéra le retour à la paix sociale et religieuse, que la France a déjà connue, sous le régime de la Séparation, entre 1795 et 1801, c'est-à-dire jusqu'au jour où Bonaparte, sous prétexte de restaurer les autels qui étaient déjà relevés partout, a voulu, par la signature du Concordat, mettre au service de sa politique l'autorité de VÉgllse sur les consciences.
Tel est, mes chers concitoyens, le résumé des déclarations que j'ai déjà fait entendre sur tous les points de la circonscription. Presque tous, vous êtes en mesure d’èn contrôler l'exactitude et d'en reconnaître la fidélité, ^ Vous me rendrez tous cette justice que mon langage est celui d'un homme de bonne foi, soucieux de ne pas prendre d'engagements téméraires, parce qu’il a le respect de la promesse faite et de la parole donnée.
Si vous me faites l'honneur de m'envoyer siéger à la (Iharabre, vous savez donc de quels principes politiques s’inspireront ma conduite et mes votes.
Dans le domaine des intérêts locaux, je me consacrerai sans relâche à la défense de notre région contre les funestes projets de la Ville de Paris et du
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Gouvernement, Je m'emploierai aussi de toutes mes forces à faire aboutir les divers projets de travaux publics qui sont depuis si longtemps à Pétude*
Pour 1 aûerinisse ment de la Républiq^ue et le développement de ses principes; pour la prospérité do notre département, vous pouvez compter sur moi.
Vive la République I
Maurice BERTEAUX, maire de Chatou, chevalier de la Légion d'Honneur, candidat républicain radical.
Mes chers concitoyens,
Vous m avez entendu dans de nombreuses réunions i vous avez tous pu lire ma ciFculaire.
Vous me coanaiasez donc, non pas seulement par les actes de ma vie publique, qui s est écoulée tout entière au milieu de vous, mais encore par mes déclarations et mon programme.
Vous savez ce qu'est, à mes yeux, la politique vraiment républicaine.
Vous savez combien je salue avec joie cet irrésistible mouvement qui entraîne le pays tout entier vers la République. SI je dis bien haut que, contre les chefs des anciens partis, la République a le devoir de prendre des gages, je proclame aussi qu'eile doit accueillir à bras ouverts cette masse de bons citoyens, enfin désabusés, qui lui ont déjà douné tout leur cœun
Voua savez que je ne me borne pas à formuler, du bout des lèvres, des vœux platoniques pour Tunion de tous les Français. Je dis bien haut que cette union, pour être durable et féconde, doit se faire dans la République, pour les réformes et par les réformes.
Vous savez ce que je pense des devoirs qui s’imposent au parti républicain,
La République ne doit pas seulement conserver les lois de liberté et d*égalilé dont elle a doté le pays :.un parti qui n’avance pas est un parti qui recule, La République doit réaliser enfin les espérances que sou nom seul a mises au cœur des hommes : elle doit protéger les faibles, tendre la main aux déshérités, relever, dans les villes et les campagnes, la condition des travailleurs; leur donner, dans la mesure la plus large, la liberté d’association ; en un mot, préparer, par un labeur incessant, ravènement de la justice sociale.
Pour raccomplissement de cette tâche, il faut à la République un budget nouveau: le premier acte de la législature prochaine doit être la refonte de notre système fiscal, où subsistent encore, tristes vestiges du passé, les plus détestables impôts de Fancien régime. Je vous ai dit avec quelques détails dans quel esprit devait être abordée cette réforme. Elle est dominée par un grand principe, celui-là même que la Révolution proclamait, il y a plus de cent ans î « Que chacun paie, non suivant ses besoins, mais suivant ses ressources, n
Je voua ai dit aussi dans quelles conditions je voudrais voir aboutir l’œuvre de la Révision constitutionnelle, afin de donner à la République déünitive une organisation vraiment démocratique. Révision par les voies légales, Révision faite par des républicains au proOt de la République ; telle est la formule à laquelle je suis inébranlablement attaché.
EnQn, vous savez de quel ensemble de garanties je voudrais voir entourer cette grande mesure d’apaisement, la Séparation des Églises et de l’Etat, mesure trop longtemps dénaturée par les passions de parti, mais qui sera bientôt appelée par tous comme le seul moyen d’assurer à la fois la liberté des consciences et
rindèpeodance de l’État.
Tel est mon programme, mes chers concitoyens.
C’est celui d’un homme de bonne foi, d’un républicain résolu, soucieux des aspirations des masses populaires, soucieux de donner satisfaction à ce besoin de justice qui est la passion et l’honneur de la démocratie française.
Ce programme est le vôtre, j’en suis sûr. Je me sens d’accord avec vous sur tous ces points, comm? je sais que nous sommes d’accord pour la défense énergique des intérêts de notre circonscription.
Vous le prouverez au scrutin du 20 août; vous voudrez prendre votre revanche de la surprise de 1889 ; vous affirmerez sur mon nom Tentente de tous les Républicains pour le développement de nos institutions, pour la grandeur de la République et la gloire de la Patrie.
Maurice BERTEAUX, maire de Chatou, délégué cantonal, candidat républicain radical.
Mes cherà concitoyens,
Au scrutin du 20 août, alors que deux candidats républicains et un candidat réactionnaire étaient en présence, vous avez groupé sur mon nom 7 . 104 suffrages, — plus que n’en a recueilli le candidat unique de la réaction.
J'ai été touché jusqu’au plus profond de mon cœur par la marque de sympathie que vous m’avez personnellement accordée : je ne l’oublierai jamais.
Cette manifestation si claire de votre volonté a suffi pour provoquer la retraite du candidat réactionnaire. Si mon intervention dans la lutte n’avait servi qu’à cela, je pourrais en concevoir pour vous et pour moi une légitime fier! é.
Mais j’ai surtout ressenti une allégresse patriotique et républicaine parce que le résultat du vote (les 11.729 suffrages accordés aux Républicains), faisait prévoir, à ne s’y pas tromper, U défaite définitive delà réaction.
Républicains, nous avons vaincu, le 20 aoûtl Sachons maintenant profiter de la victoire 1
La deuxième journée de la bataille aura lieu le 3 septembre prochain, et déjà l’ennemi relève la tête • il se livre dans l’ombre à des mouvements dissimulés.
U ne reculera devant aucun moyen : changeant de général, il se rangera, au
besoin, derrière uû transfuge sorti de nos rangs î il sèmera îa dmsion et l'indiscipline parmi nous. Peu lui importe que des républicains manquent à la parole donnée et aux engagements écrits! Ce qu'il veut, c'est couper notre armée, la couper pour en triompher plus aisément.
Républicains, vous saurez déjouer ces manoeuvres, ces menées conduites dans Tobscunté, où ies compromissions les moins avouables pourraient s'allier aux ambitions perBonnelles les plus mal avisées !
Vous ferez abstraction des personnes* Vous n'enlrerez pas dans ces combi-» naisons où Ton voudrait vous entraîner*
Vous vous formerez eu masse compacte, le 3 septembre l Vous affirmerez votre force et votre volonté par le nombre et par l'union de vos suffrages !
Et, puisque c'est à moi qu'échoit l'honneur de tenir le drapeau au scrutin de ballottage; puisqu'ainsi le veulent et la discipline républicaine et les engagements formellement pris par les candidate, laissez-moi vous crier une dernière fois :
A nous. Républicains!
Formons le bataillon carré ! Nous livrerons ainsi le combat, prêts à repousser l'ennemi d'où qu'il vienne, sous quelque masque qa'îl se présente, et nous aurons ainsi définitivement découragé cette réaction si habile à prendre toutes les figures et à se servir de toutes les armes- Vive la République I
Maurice BERTEAUX, maire de Cbatou, Candidat républicain radical,
^ Candidat unique de l'alliance républicaine de Seine-et-Oise*
2^ circonscriptiott de VERSAILLES, M, Albert GAUTHIER,
Elu au 1" tour de scrutin.
Chers concitoyens.
En 1889, vous m'avez donné, sur mes quatre concurrents, une écrasante majorité.
J'ai conscience d’avoir loyalement rempli mon mandat. Il vous appartient de dire si j'ai mérité votre coiiliancè**
La coalition opportuniste SB flatte de reconquérir notre département pour y continuer son œuvre de division et de rancunes.
Vous ü'oubliereE pm que noue devons à sa politique iueoliéreûte et sectaire t rimpuissauce, Ee gâchis et la corruption parlementaires, le désordre budgétaire aggravé, cent cinquaiite millions d’impôts nouveaux votés depuis quatre ans, les réformes démocratiques voîontairement ajournées, les ruines et les scandales de Panama demeurés impunis.
Électeurs,
N'attaûdez pas de moi un programme chargé do promesses. C’est par mes actes que vous pouvoE me juger*
Je suis resté lidèle à la politique da concorde républicaine, de tolérance et de liberté, que vous aviez approuvée de vos votes.
Gomme il y a quatre ans, je vaux la révision de la Constitution de 1875 et la suppression du suffrage restreint.
Mais, sur les discussions souvent stériles de la politique, doit prévaloir Texamen réfléchi des questions d^alTaires, dont la solution intéresse ressor de notre prospérité nationale.
Si vous me renouvelez mou mandat, je m’efforcerai de faire aboutir les réformes que j’ai déjà présentées ou défendues devant le Parlement, Vous les connaissez; leur énumération semble inutile. Je citerai notamment:
La réforme de notre régime fiscal par une répartition plus équitable de Fimpôt. — ' Suppression des prestations, — Eéforme du régime des boissons et des octrois. — Réduction des frais de Justice. — Réforme des lois qui régissent les sociétés de secours mutuels.
Protection du commerce local contre la concurrence des grands magasins parisiens^
Protection des travailleurs français contre la concurrence des étrangers.
Protection de Pépargne française contre la spéculation de la finance cosmopolite*
Je m'efforcerai de faire voter les lois nécessaires pour assurer pacifiqïiement à ceux qui travaillent et gui souffrent plus de bien-être et de justice sociale.
Je consacrerai enfin mon activité à défendre, comme parle passé, en toutes circonstances, les intérêts matériels du canton de Sèvres et de la ville de Versailles,
Chers concitoyens,
Vous m’avez, pendant quatre années, vu à Fœuvre. Je vous ai fidèlement rendu compte de mon mandat, vous avez pu contrôler mes actes dans la plénitude de votre souveraineté.
A vous de juger si fai su défendre utilement vos intérêts, ceux de la France et de la République.
Votre dévoué,
Albert GAUTHIER*
N'osas
3' circonscription de VERSAILLES.
M. Paul RAMEAU,
Élu au 2” tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Le dimanche 20 août, vous êtes appelés à élire votre représentant à la Chambre.
Je viens solliciter de vous le mandat de député, le même que voua avez conüé à mon père pendapt quinze années consécutives.
Vous savez qui je suis ; enfaut de Versailles, mes contemporains, qui se trouvent en assez grand nombre parmi vous, peuvent vous dire que Je n’ai jamais manqué aux traditions d'honneur de ma famille.
J'ai été un temps éloigné de vous par ma carrière administrative. Ce temps, je Paî passé tout entier à servir la France et la République.
Mon programme peut se résumer en quelques mote. En voici les grandes lignes :
Réforme démocratique de Timpôt ;
Défense des intérêts de ragricuUure, du commerce et dé Findustrie nationale ;
Etablissement du crédit agricole ;
Création de caisses de retraites pour les vieux travailleurs ;
Respect de la liberté de conscience de chacun. Suprématie absolue du pouvoir dviL
Electeurs I
Si j’ai accepté l’honneur que m'a fait Pallîaace républicaine en me désî*' gnant pour son candidat, c'est-^à-dire pour le candidat de tous les républicains, c’est que i'ai pensé, qu’à Pheure actuelle, il était d’ûo intérêt priïnordial de ne confier les destinées de la République qu’à ceux qui Pont servie et défendue dès la première heure.
Le développement de nos institutions dans un sens réellement démocra-^ tique ne saurait, en effet, être réalisé par des hommes qui, hier encore, combattaient pourries régîmes déchus et qui, malgré un ralliement de fraîche date, n'ont peut-être pas encore absolument abjuré leur erreur.
Si vous me faites l’honneur de me choisir pour votre représentant, je m'engage à me tenir sans cesse en contact avec vous et à mettre à votre disposition mon amour du travail^ tout ce que je puis avoir d’intelligence et l’expérience administrative acquise au coure d’une carrière déjà longue.
Député^ je n'accepterai aucun autre mandat, aucune autre fonction salariée ou gratuite- Je serai tout à vous, à la défense de vos intérêts.
Cest dans ces dispositions que je sollicite de mes concitoyens l^honneur d’aller reprendré à la Chambre des députés le siège qu'a si longtemps et si dignement occupé mon père.