R RAMEAU
Ministre plénipotentiaire, officier de la Légion d'honneur, Candidat unique de l'ailiance républicaine de Seine-et-Oise.
Mon cher concitoyen,
Ed sollicitant de vous Thonneur de représenter à la Chambre des députés la troisième circonscription de Versailles, j'ai le devoir de vous faire connaître d'une manière générale mes Opinions sur les principales questions politiques et économiques à Tordre du jour de notre société moderne, alosi que les conditions dans lesquelles je me proposerais de remplir, s’il m'était confié, le mandat sî important auquel j'aspire.
Républicain sincère et d'ancienne date, je voudrais coopérer au développement progressif sur notre sol des institutions et des usages qui conviennent à une société véritablement démocratique.
Je réclame le respect absolu de la liberté de 'conscience, ce qui signifie liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer une religion quelconque ou de n'en pratiquer aucune.
Toutefois, comme seule restriction de cette liberté, je n'admets pas que les opinions ou les pratiques religieuses puissent être jamais invoquées pour faire obstacle à raction des lois civiles.
En ce qui louche les questions économiques, je suis d'avis que la future Chambre des députés devra mettre eu tête de ses premiers ordres du jour Texamen des propositions de lois relatives à la réforme démocratique de l'impôt, et, par suite, au renouvellement du privilège de la Banque de France, à Fassurance contre les accidents dont sont victimes les travailleurs, à la création de caisses de retraites pour les ouvriers, à la suppression des droits sur les boissons hygiéniques, au remplacement des octrois par un impôt plus équitable, etc., etc.
Les représentants élus de Seine-et-Oise auront en outre à s'occuper de la réalisa Liou pratique et prompte de certains projets déjà anciens qui intéressent au plus haut point notre beau département, projets relatifs, par exemple, à Fhygiène et à la voirie de certaines localités, voies et moyens de communication, tels que les tramways d'Épône à Versailles, etc.
Au point de développement des institutions républicaines auquel nous sommes arrivés, la principale préoccupation de votre représentant à la Chambre doit être de se tenir constamment au courant des besoins des communes de sa
circonscription J heBoîna pouvant' être satisfaits soit par Je seul moyen de rinitîaiive privée, soit par Fintervention des pouvoirs publics,
A cet effet, si vous me faites rhonnetir tie m’élire. Je prends l’engagement de me tenir sans cevsse en contact avec vous*
LHn dépendance étant de première nécessité pour un député, je nemanquetais pas, si j’étais élu, d’abandonner immédiatement ma situation officielle pour me consacrer tïniquement à mon mandat; je n’accepterais aucune autre fonction élective ni aucune autre occupation gratuite ou salariée*
Beaucoup d’en ire vous ont couuu mon père, qui fut pendant quinze années leur représentant à la Chambre et occupa si courageusement la mairie de Versailles aux jours sombres et difficiles de Tinvasion allemande*
C'est en m’inspirant de son souvenir vénéré et de ses exemples que je m’attacherai à remplir mon mandat si vous me faites Thonneur de me choisir pour votre représentant.
La République est aujourd’hui indestructible, mais il ne faut pas, en la livrant aux mains de ses ennemis d'hier encore, la laisser détourner de son but de progrès et de justice*
Vous ôtes républicains. Je n’ai jamais cessé de Têtre. C’est à ce litre que je vous demande d’affirmer sur mon nom votre dévouement au Gouvernement qui a relevé la France et qui, depuis vingt-trois ans, a assuré la paix, Tordre, la prospérité et a su lui rendre la place à laquelle elle a droit dans le monde.
Vive la France I Vive la République!
P. RAMEAU, ministre plénipotentiaire.
Officier de la Légion d’honneur.
Je viens vous remercier des ciuq mille trois cents voix que vous avez bien voulu m’accorder au premier lourde scrutin.
Vous avez certainement entendu rendre ainsi au nom que je porte un hommage qui me va droit au cœur, et affirmer votre attachemeut à la République, que j’ai toujours servie et défendue.
Je vous demande d’achever, le 3 septembre, ce que vous avez commencé le 20 août*
Persuadez-vous bien que la République est l’instrument nécessaire de tout progrès. Le pays le comprend, du reste, car, de toutes parts j avec une clairvoyance admirable, il élit les serviteurs fidèles de ia démocratie et écai'te résolument les ralliés de la dernière heure.
Ainsi ferez-vous en Seine-et-Oise, dans cette troisième circooscription de Versailles qui fut si longtemps et si foncièrement républicaine et que le scrutin d’hier nous montre en train de se ressaisir.
Vous voulez Sa marche en avant, lefl réformes pratiques, plus de justice sociale, plus de bien-ôtre el de sécurité pour les petits et les humbleB, Ib veux aussi tout cela.
Si je suis votre élu, je m'engage à me constituer robstiné et constant défenseur de tous vos intérêts, à me tenir toujours eu relations étroites avec vous et à vous consacrer tout mon lemps.
Fort de la majorité relative que vous m’avez donnée, je fais appel à tous les républicains, sans distinction de nuances. C'est le succès delà République qu’il s’agit d’assurer'
Vive la France I Vive la République î
P, RMEÂU,
Ministre plénipotentiaire, officier de ’ la Légion d’honneur,
Candidat unique de l’Alliance républicaine.