SÈVRES (DEUX
Circonscription de BRESSUIRE.
M. le marquis de la ROCHEJAQUELEIN, Élu au 1*' tour de scrutin.
Électeurs de l’arrondissement de Bressuire,
Il y a vingt-cinq ans que vous m’avez imposé, dès 1868, la lutte pour revendiquer vos libertés et défendre vos intérêts.
J’ai le devoir de rester au poste où votre confiance m’a appelé. Mais je n’ai rien de nouveau à professer dans une circulaire, car Je n’ai jamais varié.
En 1869, je vous prévenais des dangers auxquels la servilité des candidats officiels exposait la Franco \ les créatures du gouvernement ont triomphé ; ils vous ont valu les désastres que nous ne pouvons oublier.
Je dois le rappeler, puisque les mêmes hommes osent se présenter sous un autre déguisement.
Ils auront été bonapartistes, boulangistes, ou plutôt prêts à tout service pour attendre leur heure, et non celle de la France.
Ils viennent à vous aujourd’hui comme ralliés à une république, quelle qu’elle soit, comptant, pour leur amener des voix, sur la pression administrative, avouée ou déguisée.
Vous me connaissez, je reste ce que j’ai toujours été. J’appelle de tous mes vœux le rétablissement légal et pacifique du Gouvernement qui seul peut sauver la France.
Votre député affectionné et dévoué.
LA ROCHEJAOUÊLEIN,
Circonscription de MELLE,
M, Léopold GOIRAND^
Elu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Je ^ens, pour la troisième fois, vous demander le renouvellement de mon
mandat, ^ m- j
Je ne vous ferai pas de longues promesses ; quinze ans de luttes au milieu de
vous et mes votes au Parlement valent mieux tpie les plus belles paroles.
La législature qui prend ün a été en grande partie consacrée à repousser les derniers assauts des ennemis de la République : dans leur haine aveugle, ils n’ont pas craint de s’attaquer au crédit delà France, et de préparer une sorte de faillite nationale, en organisant la panique des caisses d'épargne ; d’attenter à l’honneur du pays, en représentant comme une plaie générale la dégradation morale de quelques-uns; ils sont allés jusqu’à se faire faussaires pour persuader à l’étranger qu’on pouvait acheter les consciences des députés français.
La panique financière a été évitée : après des centaines de millions remboursés par le Gouvernement, en quelques mois, à caisse ouverte, l’opinion, un instant troublée, a repris confiance. La justice a frappé les coupables du Panama, sans distinction de fortune et de situation sociale, et la cour d’assises vient de condamner les faussaires qui ont tenté de déshonorer, dans quelques-uns de ses membres, la représentation nationale.
A. côté de cette œuvre de défense politique, la dernière Chambre a voté des réformes utiles : elle a organisé notre système douanier pour la protection de l'agriculture et de l’industfie nationale; elle a diminué de près d un tiers le prix des places en chemin de fer et des transports de marchandises en grande vitesse; elle a résolu en principe la suppression de l’impôt des portes et fenêtres, affranchi les populations de cette charge si lourde du service militaire- dans les colonies, et supprimé ainsi les mauvais numéros dans le tirage au sort; enfin, elle a protégé la sûreté publique par des lois d’hygiène, et voté l’organisation de l'assistance uiédicalé dans les campagnes.
Je me suis associé par mes votes à toutes ces mesures utiles, et j ai fait adopter par la Chambre une loi pour faciliter aux victimes du Panama la revendication de leurs droits contre leurs spoliateurs.
A l’extérieur, nous avons affirmé une politique pacifique, sans rien sacrifier de notre dignité nationale. La prompte soumission du Siam est un succès dont le Gouvernement républicain peut être fier : il a rehaussé aux yeux du monde le prestige militaire de la France que nous avons si laborieusement reconquis.