‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 234 sur 266 · M, A. DE LA PORTE · texte numérisé non relu

M, A. DE LA PORTE

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Vous êtes appelés à vous prononcer, le 20 août, entre deux politiques.

D’une part, le programme de conservation républicaine et de réformes démocratiques auquel vous avez donné pendant douze ans, de 1877 à 1889, l’appui de la majorité de vos suffrages;

D’autre part, les doctrines plébiscitaires représentées, cette année, par deux candidatures qui font double emploi l’une avec l’autre, puisqu’elles procèdent toutes deux de la même inspiration.

Nos adversaires vous demandent d’organiser, entre une représentation nationale et un pouvoir exécutif qui seraient également élus par le suffrage universel, un de ces conflits qui ont nécessairement pour dernier mot un coup d'Élat et la suppression violente des libertés publiques.

La France a fait naguère la désastreuse expérience de ce système, elle ne la recommencera jamais.

Q^plj^s que sQÎent forïpî^ks par.Jesqualles qo s’effQrcB de les déguiser et de les rajeunir , rimmeose majorité du pays répudie énergîquemept avec pQUS ç^sarisîpq et la dictature*

E;lie vpuï av.eç pops rélabli^pement dérmitif d’un régiipe dp liberté et de justice égîi)qs pgpr tous.

Pour celte oeuvre patriotique, le parti répub iîcain a toujours souhaité le çopcqursde ceujf-là ipémes qu'éloigqaiéat eqcqre de lui de^ préventions et des malentendus ^oîgqqugpmeut entTeienna perses adversaires.

Aussi accueilie^t-il avec joie dans sps rang^ çétte foule d’électeurs quj, désabusés des vains espoirs et instruit^ par la leçon des évépnîentp, ne viennent pas cbercher seulement dans la République la sauvegarde de leurs droits, mais le développement pacifique et nécess^irq des principes de la démocratie^

Nous les convions h s’unir k qqns pour réclamer, entre autres réfprmei urgentes :

Un Sénat élu par le suffrage universel;

Un système d’impéts mis en corrélation exacte avec la fortune de chacun j

La suppression des dépenses de luxe et Réquiübre du budget assuré par de sérieuses économies ;

Le régime de la loi subalUué enfin, pour les associations de touLe nature, à celui de Tarbitraire administratif, créé par le Code pénal du premier Empire;

Des garanties efficaces pour le libre fonctionnement des syndicats professionnels de travailleurs.

Des scandales récents, auxquels ont été mêlés des hommes de tous les partis, ont aussi montré Ip p4cç^^i té de ^puïitraire TÉSat à rin/luence corruptrice d*une féodalité financière qui, non coiiteote dexercer sa domination sur notre agriculture et notre industne, par Igs tanfe de chemins de fer, prétend réduire les pouvoirs publics à gouverner pour elle et à incliner la loi devant ses volontés,

11 dépend du suffrage universel — s'il sait vouloir et dire nettement ce qu’il veut — de donner à la France, pour la durée de la procbaioe législature, un gouvernement ferme appuyé sur une majorité stable et homogène, et collaborant activement avec elle à la réalisation d'un prograipipe de réformes bien détermioè,

C’eat à çetté tACtts que, comme député, je me eû-nsacrerai tout eptier, si les électeurs de la 2f circonscription de Niort croient devoir m’accorder leur confiance.

Vive la République!

A, DE LA PORTE, ancien député des Deux-Sèvres, ancien sous-secrétaire d’État des Colouies-

CdrcQDiscripiÂPn de PARTHïiïtfAT.

M. Aildrô LEQON, filu au 1" tour de scrutin.

Mes chers ecnçitoyeHS,

Le cQugrôa des délégués répwhlicgjfls de raFFondis^ement m’a désigné de nouveau et à l’oiiaiiiiflîté cgmtna caadidîit anx électians législatives.

. }l y a qnatre ans, lersque je me suis, pour la première fois, présenté à vos suffrages, nos adversaires ont eu recours eux insinuations les plus menaangéres

pour surprendre vos vgteB,

jjs votis ont dit que la République était sur Iç poiat de disparattre. — E.lle ast aujourd'hui si forte, si indissoluhlement liée aux destinées de la patrie, que ses plus farouches ennemis ont dft aç résigner ÿ racçepler.

Ils vflus ont dit que les impôts allaient être . augmentés. — Or, presque aussitôt .après Iqs éjections, un dégrèvement de plus d'un dixième a été réalisé sur l’impôt Joucier des proprié lés nom bâties; d’autrçs ont suivi sur les transporta par chemins de fer, sur les frais de« petits procès, eur les pétroles, .«iç..

Ils vous ont dit, enfin, que je sollicitais votre confiance dans un intérê t exclusivement persocnel, et qu’aussUôt après le scarutin, je faillirais àtous iUés engagements. — Depuis lors, vous avez pu apprécier par vous-mêmes si j’ai été fidèle à mes promesses: je p’ai pas cessé un seul jour de travailler, dans la mesure de mes forces, à la propagation de l’idée républicaine, démocratique et libérale dans potre chère Gâline, et aucun de vous, je respère, n’a jamais ep à se plaindre ni de mon intolérance, ni de mon indifférence.

Des souvenirs d’un passé si récent vous aideront à faire justice des maqœuwes nouvelles auxquelles vous pourrez être ep hutte.

Vous jugerez si la République doit être désormais servie par «eux qui, n’ayant jamais cessé de la combattre autrefois, ne s’en couvrent maintenant que pour la faire dévier de sa destination véritable.

Vous direz si, pour réaliser cette paciCçation des esprits que je désire plus que personne, dans l’intérêt supérieur de la France, il vous convient d’être représentés par les hommes qui, le plus ardemment mêlée aux luttes des vingt dernières années, ont conservé U rançpne des multiples défaites que le pays, leur a fait subir, et cherchent, en détruisant l’ojuvrê acçompUQ, a satisfaire d’anciennes haines.

Vous apprécierez si le culte de la liberté politique, Iç regpeçt de l’indépendance individuelle, le souci de la moralité publique et privée, sont du côté de ceux qui, se servant jusqu’è l’abuS le plus odieux de c§s libertés qu’ils nous opt lefpées quand, ils élsient au pouvoir et que Je§ républiçaiss ppt dopnées au

pays, ont yîi, dans de derniers et lamentales încideuta, nne occasion de calom^ nier les hommes les plus respectables et de ternir rhonneur du pays, même aux yeux de Fètranger, au lieu de se borner, comme c'étaiî leur devoir, à assurer loyalement la répression de quelques défaillances individueilea.

Pour moi, étranger aux divisions du passé comme aux querelles désolantes où le Parlement vient de perdre un temps précieux, je fais appel en toute sécurité à vos suffrages.

Je ne suis pas, vous le savez, Phomme des promesses irréalisables ni des faux-fuyants.

Je n'ai jamais aimé et servi que la République,

Je Paime parce que, laissant à chacun la faculté de manifester son opinion, permettant au pays d’appeler des hommes de son choix dans toutes les fonctions publiques, municipales, départementales ou d^État, il n’est point de gouvernement qui puisse nous donner à la fois plus de liberté et plus de tranquillité.

Je la sers parce qu'en le faisant j’ai la conviction de travailler pour la sécurité extérieure et 1a grandeur de la France, à peine relevée des épouvantables désastres que d^autres régimes ont déchaînés sur elle, mais déjà replacée, par la sagesse de son gouvernement et la vaillance merveilleuse de son peuple, au rang des puissances dont on apprécie la force à sa juste valeur et dont les plus grands empires du monde recherchent Famitié,

Je veux cette République tolérante pour tous, adversaires ou amis, et c’est pourquoi je dénoncerai toujours avec indignation les maîtres ou les fonctionnaires, quels qu’ils soient, qui usent de leur situation pour opprimer leurs ouvriers ou leurs subordonnés, et pour entreprendre sur le domaine sacré de la conscience*

Je la veux ouverte à tous ceux qui viennent à elle sans arriére-pensée de domination, de réaction ou de trahison.

Je la veux respectueuse de la liberté de PEglisa, mais soustraite è toute influence religieuse sur la législation, parce qu’il n’y a de paix et de liberté possibles que lorsque chacun se renferme dans l’exercice de sa ftission propre, le maire s’occupant de sa mairie, le prêtre de son cnlie, l’instituteur de son école, et que l’Etat s’abstient rigoureusement soit de persécuter, soft, au contraire, de patronner une croyance qnelcooque.

Je la veux, enfin, tirant peu à peu des principes essentiels sur lesquels elle est fondée, toutes les améliorations, tous îes progrès que ces principes commandent.

Et, notamment, je demande, et suis prêt à voter, si vous m’honorez de votre confiance :

Dans l’ordre politique, une loi sur la liberté d’association, accordant à toutes les sociétés, quel que soit leur but, un régime analogue à celui qui a été concédé en 1884 aux syndicats professionnels; un large développement des attributions des conseils généraux et des conseils mooicipaux ;

Dans Fordre économique et financier, la réforme progressive de notre sys* tème d’impôts, dans le sens où k deruière Chambre s’est déjà engagée^ c’est-àdire en déchargeant le petit contribuable pour taxer les riches proportiouneilement à leurs facultés; l’affectation d'une partie des fonds des caisses d’épargne

aux prêts agricoles et populaires * la réforme des prestations et du régime des boissons ;

Dans Pordre social, [a loi, trop longtemps différée, sur la respODsabitUé des patrons en matière d’accidents^ la, diffusion et le perfectionnement du régime des retraites pour les vieillards, Porganisation de Passisîance publique dans les campagnes, etPextensioo de la compétence des juges de paix.

Telles sont, mes chers concitoyens, les idées à la défense desquelles je suis attaché ; tels sont, à mon sens, les principaux besoins de notre démocratie.

Je n*ai point la prétention d’aToir épuisé ainsi la liste des réformes désirables, non plus que celle de vous apporter des solutions toutes faites à ces divers problèmes : il faut de longs efforts pour réaliser le plus minime progrès. Mais j’ai la conviction absolue qu'en travaillant dans celte voie avec bonne foi, persévérance et virilité, nous arriverons à donner à la France ce qui lui est nécessaire :

« Plus de justice par la liberté 1 »

Vive la France 1 Vive la République I

André LEBON, propriétaire à Parthenay, Seul candidat du congrès des délégués républicains de Parrondissement.

lOOO —

Page 1