TARN-ET-6AR0NNE
Circonscription de GASTELSARRASIN.
M* Maurice LASSERRE^
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Je me représente à vos libres suffrages.
J’ai conscience d’avoir fidèlement et loyalement rempli le mandat que vous m’aviez confié.
Dans tous mes votes, dans tous les actes de ma vie politique durant ces quatre années, je n’ai eu qu’un souci : rester fidèle au programme ratifié et sanctionné par vous, le 16 février 1890 ; défendre l’intérét général, conserver mon entière indépendance en refusant d'appartenir à tel ou tel groupe, à telle ou telle coterie.
En même temps, je me suis efforcé, par un travail assidu, de représenter dignement à la Chambre l’arrondissement de Castelsarrasin :
J’ai pris part, à la tribune, à plusieurs discussions.
J’ai collaboré à l’étude et à la confection de nombreux projets de loi dans diverses commissions : commission du crédit agricole et populaire, de la navigation intérieure, du rachat des canaux du Midi, de la réforme générale de l’impôt, etc., etc. Ces commissions m’ont nommé cinq fois leur rapporteur.
Mes collègues m’ont fait l’honneur de m’élire deux fois secrétaire de la Chambre et de me désigner pour les représenter au sein de la Commission du budget.
Mais j’en ai assez dit.
Ma vie tout entière, vécue au grand jour, permet à tous de se rendre compte de ta façon dont j’ai compris mon mandat.
Je n’ai plus à vous dire qui je suis.
J’ai seulement le devoir de vous faire connaître mon programme :
La République est aujoard|hui indiscutée.
J^entends coDserver iolact le patrîmome des réformes si péaiblement coaquises.
Je serai avec ceux qui désirent poursuivre rorganisaüoa progressive de U démocratie et qui comptent y arriver par la constitution dans [a prochaine Chambre d’une majorité forte, homogène et nettement républicaine, composée de ce que j’appellerai des hommes de gouvernement, c’est-à-dire d’hommes ayant en politique desvues nettes et précises, un programme arrêté et défini, un but vers lequel, par étapes successives, ils s’acheminent sûrement et méiliodiquement.
Je souhaite une République où la tolérance n’excltie point la fermeté, où l’ordre apparaisse comme la sauvegarde même du progrès, où Tes prit novateur et réformateur soit le garani de nos légitimes aspirations vers un idéal de justice et de liberté.
En matière financière, nous devrons consolider les résultats acquis et les améliorer, c'est-à-dire : réaliser Tunitè complète du budget, seul moyen de doter la France de budgets clairs et sincères ; ne pas craindre les réformes profondes et hardies qui nous permettront d’arriver à répartir plus équitablement les charges publiques et de faire payer chacun suivant ses ressources et ses moyens : pratiquer de larges économies par la réorganisation de nos grands services ; refuser toute augmentation de dépenses qui ne serait pas compensée par une plus-value de recettes ♦
Les questions sociales ne peuvent nous laisser indifférents, Dansl’exameD des grands problèmes qu’elles eoulèvent, notre constante préoccupation doit être de respecter la liberté,
L’Étal, selon moi, a le devoir d’assurer aux ouvriers le droit qu’ils tiennent de la loi de se syndiquer^ de se mettre en grève, de défendre leurs intérêts, de débattre les conditions auxquelles, ils offriront au capital leur travail, mais, sous la réserve qu’ils agissent légalement et pacifiquemeot, sans oublier le respect dû à la liberté individuelle-
L’État doit, en un mot, liabituer Touvrier à la pratique de la liberté.
Un gouvernement républicain doit encore avoir à cceur de^favorlser et d’assurer par sa législation : l’associaLion, la coopération, la participation auï bénéfices, la protection de l’enfance et de la femme, l’assurance, les re traiter ouvrières, Farhitrage, gage certain de la bonne entente entre le capital et le travail -
Là doit se borner son rôle et son intervention,
le ne saurais admettre ni le socialisme d’État, ni le coïiectivisme. L^nn et Tauire système m’apparaissent, en effet, comme la négation de la propriété et de la liberté individuelle.
Les intérêts agricoles trouveront en moi, demain comme aujourd’hui, un défenseur dévoué.
La prochaine Chambre devra maintenir l’œuvre douanière de cette législature, et, si des retouches paraissaient nécessaires, Je ne perdrai pas de vue la nécessité de protéger efficacement l- agriculture-, le commerce et l’industrie*
— lUüd — N* 532
Par des lois sur l’assurance et sur le crédit agricole, nous encouragerons la petite propriété en même temps que nous lui donnerons ce qui lui manque ; l’argent prêté à long terme et à bon marché.
Nous devrons encore poursuivre la réforme si nécessaire du cadastre, qui nous permettra d’asseoir l’impôt foncier sur des bases plus équitables, organiser renseignement agricole populaire, créer des chambres consultatives d’agriculture.
D’autres réformes non moins importantes devront fixer notre attention : la reforme des frais de justice, de l’extension de la compétence des juges de paix, de 1 assiette de l’impôt des prestations, de la législation des boissons, etc., etc.
Enfin, pour être complet, je dois m’expliquer sur les questions religieuses.
Je resterai fidèle aux idées que j’ai développées dans le rapport que j’ai eu 1 honneur de présenter à la Ctiambre au nom de la Commission do budget sur le budget des cultes : j’entends maintenir le principe delaiiberté de conscience, assurer à tous le libre exercice des culies, et affirmer en même temps la prédominence incontestée de la société laïque.
Électeurs,
Tel est mon programme dans ses grandes lignes.
Si vous voulez consolider les résultats acquis après vingt-deux ans de luttes et d’efforts ;
Si vous désirez continuer la politique de réformes, poursuivre la marche régulière et normale de la démocratie républicaine vers un état de choses politique et social meilleur.
Si vous avez à cœur le triomphe de'T honnêteté, du droit, de la justice, de la liberté.
Vous voterez pour moi.
Maurice LASSERRE,
Député sortant; Secrétaire de la Chambre des Députés;
Conseiller général ; Maire de Saint-Nicolas-de-la-Grave.
Circonscription de MOISSÂC.
M. Adrien CHABRIÉ, Elu au 2* tour de scrutin.
Le Comité républicain progressiste de Hoissac, dans sa séance du 3 août, a élaboré le programme suivant :
Politique générale.
Révision de la CoBStitutioD de 1875 dans un aens démocratique et républicain Modification dea attributions du Sénat. Prédominance de la Gliambre des Députés. Election des membres du Sénat par le auffrap universel.
Réforme judiciaire. Justice gratuite ou tout au moins frais de justice réikiils au minimum indispensable. Procédure simplifiée. Compétence des juges de
oaix J mille francs* j
Déclntralisation administrative. Franchises communales. Réduction des
gros traitements.
interdiction du cumul des fonctiüns publiques saîanées, ^ , n r ,
¥ote de h loi sur les associa4ioiis telle qu’elle a été élaborée par le Sénat au cours de la dernière législature, en tenant compte des droits de 1 autorité et
des iniérêts de la liberté, ^ +' j
Maintien des lois sur l’enseignement et le service militaire. Réduction du
service militaire à deux ans, .
Préconisation d’une politique dé paix tendant à prévemr les conflits luter-
nationaux et à les résoudre par voie d’arbitrage.
Économie ^ocinle*
Réforme de l’impôt. Suppression du principal de l’impôt foncier sur les propriétés non bâties, que remplacera l’augmentation du taux des succeesions en ligne collalér-ale. Remplacement des contributions actuelles par un impSt unique et prpportionnel sur le capital et le revenu.
Protection raisonnée de l’agriciiitiire, du commerce, de l’industrie. Etablissement de droits pour permsUre aux blés indigènes de se maintenir dans une
moyeune de 20 à 2h francs Pheclolitro.
Amélioration, sous toutes ses formes, du sort des classes ouvrières, avec création d’une caisse de retraites pour les vieillards et de secours pour lei
invalides du travail. , ,,, ...v j
Recherche, par tous les moyens économiques, de 1 équilibre du budget. Crédit agricole. Création d’une banque de prêts à 2 1/2 ou 3 0/0, destinée»
venir en aide à PagricuUure et au commerce, ^ ^ • aou
Protection aux syndicats ouvriers et encouragement à la formation
syndicats agricoles, , . *
Action prépondérante de l'Etat sur les chemins de fer, les banques et ifS
mines. .
Rachat par l’Etat des chemins de fer et des canaux et, en particulier, üd
canal du Midi,
Construction du canal des Deux- Mers.
Engagement sur l’honneur, de la part du candidat, s il est élu, de souiew de tous ses efforts le présent programme.
Ce programme a été approuvé et accepté, dans son intégralité,
M. Adrien Chabrié.
Mes chers concitoyens,
Après quarante-cinq ans de lutte politique, mon père n^ayant pas rintention de se présenter de nouveau et désirant prendre tm repos, certes hien légitimement acquis, je me suis décidé à poser ma candidature aux prochaines élections législatives.
Sollicité par un grand nombre de mes amis de prendre en main le drapeau de la République dans rarrondîssement, je me rends au désir de ceux qui luttent depuis de longues années "pour la défense de Fidée démocratique et qui, tout en voulant une République tolérante, largement ouverte à tous, tiennent, cependant, à n'en confier la garde qu*à des citoyens sûrs, dont lé passé réponde de. l’avenir-
Je vienb donc vous demander vos libres suffrages*
Mon programme sera celui de toute ma vie, celui d^un républicain fldèfé, résolu à éviter toute compromission, prêt à défendre tous les progrès déjà réalisés et disposé à combattre pour de nouvelles réformes, notamment pour Famélioration du sort des plus humbles.
Respectueux des droits acquis, partisan d*une politique honnête, d'ordre et de paix, mais passionné pour les idées de liberté, de progrès, de justice sociale, je crois que la marche en avant, sagement pratiquée, ne peut être que profitable aux intérêts généraux du pays et qu^elle est Fesseüce même d’un gouvernement réellement démocratique-
Ma candidature a un caractère nettement progresslstst en même temps qu’elle est une protestation énergique contre les scandales financiers dont nous venons d’être les témoins attristés ; car, s’ils ne portent aucune atteinte au prestige de la République, ces faits n’en ont pas moins pour conséquence de troubler l’esprit public et de nuire à la prospérité du pays*
Me conformant à la véritable tradition républicaine, qui veut que ce soit le mandant qui fasse connaître au mandataire ses volontés et ses desiderata, comme cela s’est pratiqué en 1789, lorsque furent dressés, par le peuple, ces cahiers restés fameux qui marquèrent le prélude de notre affranchissement, je me suis engagé à soutenir dans son ensemble le programme qui a été élaboré, le 3 août courant, par le comité progressiste de Moissac et dont voici les principaux pointa :
Révision de la Constitution, pour nous permettre d’accomplir les réformes que réclame avec instance l'opinion publique, Nomination du Sénat par le suffrage universel direct j
Réduction du service militaire à deux ans si, comihe je le crois, Pôtat de la défensfr Dationale ne doit pas en souffrir et ceîa dans l’intérêt de Farmée comme dans Fintérêt du peuple, qui profitera ainsi d’une économie annuelle considérable; ;
Refonte de Fimpôt sur des bases plus équitables ;
Suppression do principal de llmpôt foncier sur les propriétés nçm liâties, dans le but de diminuer les charges écrasantes qui pèsent sur nos agriculteurs;
Établissement de droits pour permettre à nos denrées d^atteindre un prix
rémunérateur pour le producteur, sans sacrifier toutefois les intérêts du consommateur; , . , , . .J .
Création d^une banïjue de prêt ^ 2 1/^ou 3 O/û, destinée a venir en aide à
ragriculiüre ou au connnerco ;
Création d’une caisse de retraites pour les vieillards et de secours pour les
invalides du travail ; ■ , i
Construction du Canal des Deux-Mers et du cliemin de fer de Cahors à Moissac. avec un embranchement sur Valence, qui, par la vallée de l’Arrax, irait se relier aux chemins do fer des Pyrénées.
Tel est, dans ses grandes lignes, le programme que je m’efforcerai de faire prévaloir, si vous me faites l’honneur de m’accorder vos suffrages, le fais appel à votre sagesse et à votre patriotisme.
En votant pour moi, le 20 août, vous affirmerez, une fois encore, votre attachement à la République.
Vous assurerez par là le triomphe, dans notre arrondissement, des idées de progrès, de liberté, de justice.
Comptez sur mon dévouement le plus absolu à vos intérêts et à ceux de la République.
Adrien CHARRIÉ,
ancien attaché à la présidence du conseil d^s ministres, Consul de France,
Président du comice agricole de Bourg-de-Visa.
Circonscription de MONTAUBAN.