VIENNE (HAUTE
Circonscription de BELL AG.
M. Henri VAGHEIUE.
Elu au 1" tour de scrutin.
Chers concitoyens.
Il y a quatre ans, f ai accepté Thonneur de défendre la République dans notre arrondissement. Par plus de deux mille yoix de majorité, vous avez affirmé votre confiance dans la sincérité de mes déclarations et l’indépendance de mon caractère.
Je viens, de nouveau, solliciter vos suffrages. Je le fais avec la conscience d’avoir rempli avec fidélité le mandat dont vous m'aviez honoré, d'avoir suivi scrupuleusement le programme que vos votes ont approuvé.
Ce que je vous disais en 1889, je puis encore vous le répéter !
Je suis partisan de la révision, c’est-à-dire de l’amélioration de la Constitution, mais à la condition qu’elle soit faite au profit des idées républicaines et qu’elle introduise dans notre organisme gouvernemental, par les voies régulières et pacifiques, toutes les modifications qui peuvent simplifier le travail législatif et mettre le Sénat en contact plus direct avec le suffrage universel.
Des lois sur les biens de mainmorte et sur les associations doivent régler tes rapports de la société civile et de la société religieuse. Elles nous conduiront pacifiquement et sans secousse à la séparation des Églises et de l’État, en observant le respect le plus absolu de la liberté de conscience î la neutralité de l’État étant la condition nécessaire de la liberté religieuse.
Nous devons maintenir intact le legs des législatures antérieures, assurer la consolidation des conquêtes libérales et démocratiques faites jusqu’à ce jour, notamment des lois scolaires et militaires. — et continuer l'œuvre de réformes économiques et sociales qui sont la conséquence même du régime républicain.
Après avoir donné à la France un régime économique qui a pour but de protéger le travail national et surtout l’agriculture, qui détient la source principale de la prospérité publique, nous devons mettre l’agriculteur dans des conditions qui lui permettent de vivre.
Les lois sur les syndicats agricoles, sur les sociétés coopératives, sur les sociétés de secours mutuels, sur Tassistauce médicale gratuite, sur les accidents professionnels, sur renseignement agricole, etc., ont été conçues dans cet ordre d’idées.
Mais nous devons les compléter par la réforme générale de l’impôt, qui est la base essentielle de toutes les autres réformes. La contribution de chaque citoyen aux charges publiques doit être établie proportionnellement à ses ressources.
Ainsi, il faut créer, par la réforme des droits successoraux, par le monopole de la rectification de l’alcool et par des taxes judicieusement établies sur la fortune réalisée ou les revenus, des ressources nouvelles qui permettront t r de supprimer ou modifier les impôts improportionnels et vexatoires, les droits sur les boissons et les objets de consommation ; 2® de réduire les droits de mutation entre vifs ; 3® de dégrever les droits d’enregistrement sur les petites successions en ligne directe; 4® de diminuer les charges si lourdes de l’agriculture par la suppression du principal de l’impôt foncier, des contributions personnelles-mobilières et des portes et fenêtres, des prestations; 5® d’alléger les transactions commerciales, en supprimant les droits de patente et les taxes de circulation.
Telles sont les bases de cette réforme de l’impôt connue sous le nom de projet Maujan et dont j’ai été un des plus ardents collaborateurs. Cette œuvre, menée à bien, servira le mieux la politique républicaine, la politique do pacification par les réformes.
La création d’une Caisse nationale de prévoyance, avec organisation des retraites ouvrières est urgente. Il faut assurer aux travailleurs des villes et des campagnes la sécurité et la dignité de leurs vieux jours, complétant ainsi les lois de secours et d’assistance qui s’adressent aux malades et aux indigents.
Il faut aussi que le crédit agricole soit organisé. L’agriculteur et le petit propriétaire doivent trouver, près des grands établissements de crédit, l’argent qui leur est nécessaire à un taux modéré : ce sera là, pour moi, une des conditions du renouvellement du privilège de la Banque de France.
Nous devons nous efforcer de rendre la justice moins coûteuse.
Nous devons assurer l’économie la plus stricte dans tous les budgets.
Mais une autre réforme s’impose : celle du service militaire.
Nous avons pleine confiance dans notre vaillante armée nationale, dont la puissante organisation nous garantit la paix, et pour laquelle nous ne devons reculer devant aucun sacrifice. Néanmoins, il faut épargner au pays les charges militaires qui ne sont pas rigoureusement indispensables. L’armée active est surtout l’école d’instruction militaire des réservistes et des territoriaux, qui constituent la nation armée. Je suis partisan de la réduction du service militaire à deux ans, avec une forte constitution des cadres des sous-ofliciers, ainsi que d’ailleurs l’Allemagne le pratique. Cette réforme doit alléger les charges personnelles des citoyens, tout en assurant une armée aussi forte, aussi capable de défendre le sol de la patrie.
Au point de vue plus particulier de notre région, je me suis associé aux propositions qui avaient pour but de permettre à nos ouvriers absents du pays
de remplir leur devoir do citoyen en prenant part aux votes électoraux ; je regrette que ces propositions n’aient pas encore abouti, et je m engage il les reprendre h îa procUaine Chambre,
Les chemins de fer de Bellac à Gonfolens et du Dorât â Magnae-Layal ont ètè concédés définitivement à la Compagnie d’Orléans. Justement soucieux de toutes les questions d’iotérét local, je ferai tous mes efforts pour hâter la construction de ces lignes.
Chers concitoyens^
Si vous me faites Thonneur de me continuer votre confiance, je n’aurai qu’un but : assurer, par l’alliance féconde des républicains et par un dévouement sans bornes à la République, la prospérité de notre arrondissement et la grandeur de la Patrie.
Vive la République 1
D' Henri VACHERIE, député sortant, maire de Rançon, conseiller général.
l’" circonscription de LIMOGES.
M. E. LABÜSSIÈRE,
COMTÉ IlÉPUDLICAIN KADICAL-SOCtALISTE.
Citoyens,
Le comité élu par vous en réunion publique, le 30 juillet, a la faveur de vous soumettre le programme que vous lui avez donné mission d’élaborer.
Réformes politiques et économiques.
I Kevision de la Constitution dans un sens largement démocratique consacrant la souveraineté absolue du suffrage universel par la suppression du Sénat, le rétablissement du scrutin de liste et la légalisation du mandat impèr&tif
H - Séparation des Églises et de PÉtat après le vote do lois assurant le libre exercice de tons les cultes et armant la société laïque contre les empiètements des congrégations. . .
Ijl. Décentralisation administrative entraînant la suppression de tous les
emplois inutiles. ■ . . , r
IV Révision de la loi municipale comportant extension des francluses
communales ; suppression du sectionnement; organisation de syndicats cantonaux.
V, — Suppression lia cumul des fonctions électives rétribuées; allocation d’indemnités de fonctions à tous les membres de nos assemblées départementales et communales,
VI. — Réforme radicale de notre régime fiscal; suppression des octrois, de tous les impôts indirects, de l’impôt foncier et des prestations, qui seront remplacés par uu impôt unique proportionnel sur le revenu du capital actif engagé dans le commerce, l’industrie et l’agriculture, progressif sur le capital inactif ou engagé dans les opérations de bourse.
VU. — Révision des tarifs douaniers et des traités de commerce d’après le principe du libre échange, et adoption de toutes les mesures propres à développer notre industrie nationale.
VIII. — Suppression du privilège de la Banque de France et création de caisse de prêts aux syndicats professionnels ouvriers et aux syndicats agricoles