IX. — Gratuité de la justice
X. — Gratuité de l’enseignement secondaire et supérieur, scientifique et artistique pour tous les fils de prolétaires ayant justifié do leurs aptitudes,
XI. — Obligation pour le Gouvernement de ne prendre, à partir de 1900, les fonctionnaires et les élèves des écoles militaires et maritimes que parmi les candidats ayant fait leurs études dans les établissements de l’État.
XH. — Mise en adjudication des bureaux de tabac.
Rcf07'mes sqcialei.
I. Abrogation de la loi de 1872, sur l’internationale des travailleurs, et de la loi de 1884, sur les syndicats professionnels, qui devront pouvoir se constituer librement sans aucune formalité.
II. — Abrogation de la loi sur les conseils de prud’hommes, qui devra être remplacée par le contre-projet élaboré par le Comité de vigilance de Paris et approuvé par le Congrès, avec les amendements qui y ont été apportés par cette assemblée.
III. — Suppression des bureaux de placement ; suppression des subventions accordées aux bureaux de placement municipaux, -et retour de ces subventions à la collectivité (fédérations, syndicats, bourses, etc.,) én attendant l’application de la loi de 1852.
IV. — Application de la journée de huit heures aux travailleurs des deux sexes, avec minimum de salaires basé sur le prix des heures et d’après les tarifs élaborés par les chambres syndicales; rétribution du travail de nuit.
V. — Suppression du travail dans les prisons et les communautés religieuses.
VI. — Sur la question du marchandage, application rigoureuse des décrets de 1848, qui devront Être complétés par des pénalités sévères contre les délinquants.
Vil. — Suppression du travail aux pièces, interdiction à tous les ouvriers de travailler pour les marchandeurs,
VIII. — Nomination d’inspecteurs ouvriers pour surveiller l’exécution de la loi sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures.
IX. — Rèrorme de la législation minière, application du principe la mine au mineur.
X. Législation protectrice du personnel subalterne employé dans les
établissements et administrations de l’État et les grandes Compagnies.
XI. Adoption de toutes les mesures pouvant faciliter aux syndicats pro-
fossionueîs et aux associations ouvrières l’accès des adjudications publiques.
Xn, — Création, avec les fonds d’État, d’une caisse de chômage et d’une
caisse de retraite pour les invalides du travail.
Xiii. — Révision de la loi sur les Sociétés de prévoyance et de secours
mutuels.
Xjv. — Adoption de toutes les mesures pratiques ayant pour objet la diminution des inégalités sociales et pouvant hâter la substitution graduelle, mais rapide du travail associé au salariat.
Gomme vous le voyez, nous ne sommes ni des utopistes ni des révolutionnaires.
Nous ne demandons rien d’irréalisable; nous ne cherchons pointé transformer l’état social actuel en mettant en haut ce qui est en bas, car nous savons qu’en intervertissant l’ordre des facteurs uous ne modifierons point le résultat. Or, ce à quoi tendent nos efforts, c’est précisément à diminuer dans la mesure du possible la somme des misères imméritées en répartissant les charges en raison des ressources dont chacun dispose, en mettant dans nos lois plus d’équité, plus de sagesse, surtout plus de fraternité.
Ce que nous voulons pour la République et par la République, par le peuple et pour le peuple, c’est supprimer les abus, le favoritisme et les privilèges, c’est empêcher le capital d’exploiter le travail, le fort de brimer le faible, le fanatisme intolérant d'étouffer la voix de la raison humaine.
Partisans inébranlables de la liberté absolue de conscience, nous n’avons nullement l’intention, comme d’aucuns le prétendent, de persécuter le clergé ou d’entraver l’exercice des cuites ; ce que nous combattons, ce n’est point la religion, c’est le cléricalisme.
Notre devise est celle de tous les vrais républicains de gouvernement : (I Les églises libres en dehors de l’État libre, n
Vous connaissez notre programme. Si vous tenez à en faciliter la réalisation, accordez tous avec ensemble vos suffrages au citoyen Labussière, qui l’a accepté tout entier, sans arrière-pensée et sans restriction.
Pas d’abstention.
Songez que de votre bulletin de vote peut dépendre l’insuccès ou le triomphe de la cause du peuple. .
Vive la République démocratique et sociale 1
Le comité radical-socialiste.
Vu et approuvé :
Le candidat de la 1” circonscription,
E. LABUSSIÈRE,
Ancien Maire de Limoges, Conseiller général, Conseiller municipal.
2® cîrconscriptLOXi de LIMOGES*
M. Loüis GOTTERON,
Élu au 1“^ tour de scrutiQ.
Chers concitoyens,
Le mandat législatif que Tous^avez bîenTOulu me confier, il y a quatre ans, étant arrivé à son terme, pen sollicite de votre bienveillance le renouvellement* 3^ai à vous exposer, en conséquence, les points principaux du programme politique dont ^exécution me semble devoir s'imposer à la future Chambre, Membre de TUnion interparlementaire européenne, dont le but est d^amener, avec le progrès de la raison publique et Pefiacement des préjugés internationaux, la substitution de Parbîtrage à la guerre, je croîs devoir affirmer tout d*abord le principe primordial d’une politique extérieure absolument pacifique. L’ère des réformes demandées pat la démocratie ne peut s’ouvrir et devenir féconde qu’à cette double condition : la paix au dehors, la stabilité gouvernementale au dedans.
Eq tête des réformes urgentes, je place la refonte de notre organisation administrative. Quel danger n’yu4-ilpas à ce que la vie, la pensée, l’activité de notre nation soient exclusivement concentrées dans la capitale. Tout en souffre grandement* Tandis que Paris étouffe de pléthore et de congestion, la province meurt d'tmèmie* Il a suffi naguère d'une manifestation fantaisiste dans le quartier des Écoles pour provoquer une sorte de fièvre générale d’un bout à l’autre de la France, Ce n’est pas là Tindice d’un corps social bien équilibré et doué d’une santé robuste, 11 faut donc ramener la vie daes tous ses membres en y entretenant une chaleur et une action politique permanentes. Pour atteindre ce but, le seul remède efficace, c’est la décentralisation la plus large possible, le groupement de plusieurs départements en un seul, selon les affinités régionales* Des cercles admmistralifs étendus formeraient par leur masse un contrepoids indispensable à la prépondérance Jusqu’ici trop absorbante de la capitale.
tlette réforme n’amènerait pas seulement une meilleure distribution de nos forcf ^ nationales, tlle constituerait en même temps“une économie considérable sur frais généraux d’odmîniBtratîon.
Au point de vue financier, le nouveau Parlement aura à repreadre et à achever la réforme de Pimpût des boissons, à supprimer Pimpôt des prîtes et fenêtres, à réduire fies taxes qui entravent la production dans ses trois facteüïr principaux i la terre, Findustrio et le commerce*
La diminution des droits d’enregistrement sur les actes judiciaires, votée par la dernière Chambre, a moi os profité aux justiciables qu’à leurs intermédiaires. Pour que la justice cesse d’être onéreuse, il faut toucher plus au fond des choses, à la racine des abus, en réformant le Code de procédure civile et surtout en étendant la compétence des juges de paix*
Dans l’ordre économique, il y aurait une grave inconséquence, avant que
^expérience ait prononcé, à modifier les tarifs douaniers qui protègent le travail national. Mais je ne suis point, pour cela^ opposé à la conclusion de traités de commerce judicieux et réellement profitables à notre pays. C’est ainsique j’ai applaudi an traité de commerce récemment signé entre la France et la Russie. G’estainsiqiie j’accueillerais avec non moins d^erapressement toute convention commerciale avec les États-Unis qui favoriserait par une équitable réciprocité de traitement Féchange des produits naturels ou fabriqués spéciaux à chaque contrée. Dans ces queaüûos d’affaires, la doctrine n’a rien avoir, les faits sont tout. Il n’y aqa’une règle justement applicable ; donnant donnant.
A cet égard, nous nepouvons continuer à rester les dupes des traités monétaires dits de l’Union latine. L’argent a perdu prés de la moitié de sa valeur nominaio. Et cependant il existe en circulation sur notre marché pour environ un milltard de pièces d’argent étrangères. Il n’est que temps de rendre, contre espèces d’or, celle monnaie dépréciée aux gouvernements qui Font frappée.
La nécessité de rassurer et d’affermir le crédit public doit nous conduire à renouveler incessamment le privilège de la Banque de France. Dans la convention à intervenir, on peut compter que l’État saura trouver dans le partage des bénéfices les ressources fondamentales pour organiser le crédit agricole. Cette organisation présente un caractère d’urgence évident. Le vote récent des cinq millions de secours aux agriculteurs les plus épTouvés n’est qu'un palliatif aussi léger que temporaire. Seul, le crédit agricole donnera aux intéressés le moyen de reconstituer leur étables dépeuplées par la sécheresse et de développer leurs exploitations rurales suivant les méthodes culturales les plus progressives.
Edûd, je ne saurais oublier combien il importe de bâter la solution des problèmes populaires. C’est vers la réparation des fatalités sociales qu’une bonne politique démocratique doit s’orienter. Les législateurs savent le comprendre aujourd’hui. Une loi sur les accidents industriels, une autre loi des plus libérales sur les sociétés de secours mutuels sont à ia veille d’être votées. Un projet (qui sera repris) a été élaboré afin de créer des Caisses de retraites pour les vieux ouvriers de FagricuUure et de l’industrie et atténuer, sinon faire disparaître, Fodiense plaie de la misère.
La République se doit â elle- même, â l’idée de solidarité qu’elle représente, à sa tradition humanitaire, d’aider de tout son pouvoir au relèvement des faibles et des malheureux. Encourager la formation de l’épargne, la diffusion de ia propriété individuelle, c’est apaiser les passions malsaiaes, c’ast faire couvre de prévoyance et de justice. ^ . i
Aussi^uis-je tout disposé d’avance â m’aisocier â tonîës les mesures rationnelles et pratiques de nature à contribuer à l’amélioration du sort des travail- Jetirs, heureux ^i je pouvais encore, après une nouvelle législature passée dans le calme et le travail, obtenir de vous le témoignage que i’ai fidèlement rempli vos désirs, loyalement exécuté mon mandat, servi la cause républicaine avec droiture, dévouement, désintéressement et probité.
Vive la République I
Louis GO'fTERON,
Conseiller général de la Haute-Vienne, Député sortant, candidat républicain.
Circonscription de ROGHECHOUART.
M. Jean GODET,
Élu au l'"- tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
Les élections générales législatives ayant été fixées au 20 août prochain, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.
Le 23 avril dernier, par 6.315 suffrages et 2.736 voix de majorité, vous m’avez fait l’honneur de me désigner pour vous représenter à la Chambre des députés. J’ai siégé trois mois à peine; mais je me suis efforcé de mériter par mon travail et mon activité une confiance si généreusement accordée.
A la tribune, j’ai pris la défense de nos agriculteurs, éprouvés par cette année de sécheresse. J’ai réclamé et obtenu la suppression du droit sur les fourrages et la diminution de leurs frais de transport. J’ai démontré par des chiffres incontestables la nécessité de réaliser des économies sur nos budgets et de diminuer la charge d’impôts qui nous écrasent, en organisant un amortissement sérieux de la dette publique.
Par mes votes, j’ai soutenu les intérêts des travailleurs, soit en votant la loi qui les met, eux et leur famille, à l’abri de la misère résultant des accidents survenus dans le travail, soit en m’efforçant de réaliser quelques réformes. G’esl ainsi que j’ai voté la suppression de l’exercice chez le débitant, mesure inquisitoriale èt vexatoire, la suppression du droit de détail sur les vins et cidres, qui fait payer au travailleur, et au travailleur seul, 37 millions par an, et enfin la loi supprimant les octrois et autorisant les villes à remplacer par d’autres taxes ces droits de péage qui nous rappellent encore le moyen-àge et qui grèvent autant le cultivateur que l’ouvrier»
J’ai pu, enfin, donner mon approbation à la loi créant une armée coloniale, loi qui supprime les mauvais numéros résultant du tirage au sort et qui garantit nos enfants contre le séjour de pays malsains où ils ne pourront être envoyés malgré eux»
Le sympathique accueil que j’ai trouvé h mon retour parmi vous me fait espérer que j ai conservé votre confiance» En mé confirmant dans celle pensée, votre approbatîoü sera pour moi un précieux encouragement à persévérer dans I œuvre des réformes politiques, économiques et sociales qui s’imposent chaque jour avec une plus impérieuse nécessité et que, sous peine de tromper vos légi--
times espérances, la Chambre prochaine doit entreprendre avec ardeur et ténacité.
Ces réformes, faut-il les énumérer dans une nouvelle profession de foi? ûQ, a est-ce pas. Mes déclarations du 23 avril sont encore présentes à vos
mémoires- vous venez de me voir à l’œuvre, et la situation politique ne s’est pas tellement modifiée, depuis quatre mois, qu’elle nécessite de longues
'"^“trardepuis vingt-deux ans. les ne s’étaient faites au milieu
d’un cameaunui aumplM. A la période des f
définitive du Gouvernement républicain, va succéder 1 ère de 1 élude, du travail, des réformes fécondes; ère de paix et de prospérité que la République était seule ilbirdTdon^^^^^ seul gouverne-
mL qui puisse être accepté par tous et le seul qui nous ^ “frétât
la marclie constante et pacifique du progrès une organisation de notre
Qrtnal meilleure et plus conforme aux lois de 1 èquile. ^
L”u Z?né«.a.ir. do ae dWoor ponr opétor do. rtfomoa olpour mieux
Eouvemer le pays? ie ne le pense pas. Faut-il se parer d’epithèles sonores les Les fort maîclmprises et les autres usées, pour mieux représenter scs élecmuimlTest point mon avis. C’est en sé pénétrant de leurs besoins, c’est en eardant leur contact, c’est en demeurant honnête et indépendant au milieu des Sctaires et des corrompus qu’un député représente le plus utilement ceux qm l’ont honoré de leurs suffrages, et c'est en m’inspirant de ces J®
continuerai de soutenir vos intérêts et de travailler pour le bien du pays.
Électeurs I
Nos adversaires désarment.
La République est fondée l ... ♦
Venez à nous, vous qui aviez des craintes. Elles se dissiperont.
Nous sommes le droit et l’iionnêteté.
Venez à nous, vous qui avez souffert et qui espérez.
SrrlSSércbtx ScSiéPB, .•«pr^sIOAdp méa «Plinmau
dévoués. godet, député sortant.
JVoteion * /ri * ia amlio» * *■ /«»> COBST (Î3 «irt 1893),
rappelée dans la pièce gui précédé :
Messieurs et chers concitoyens,
Vons «M appelés i élire «« aépulé, l« 93 snil coMsnt, ep rempUcemeal
’SïèmoIgMS'ïéstime et de sympalhie que vous m’.ves msintes tels
donnés me déterminent à solliciter vos suffrages.
Quoiqu’elle touche de bien près la fin de la législature, 1 élection du
Sillerrécents de l’affaire du Panama dont les révélations ont
sûülevé rindigûatiôQ de loulea les coasciences hoiiaêiea, il est iütiSressaat de connaître Topinion du pays*
En se portant sur mon nom, vos suffragea diront que vous réprouvez avec moi des manœuvres honteuses, de véritables crimes envers la patrie, mais que la République n*est pas responsable des fautes de quelques-uns de ses serviteurs.
La justice a fait boq œuvre en condamnant ceux que des preuves accablaienU Le suffrage universel fera bientôt la sienne en jugeant les autres accusés et en môme temps leurs accusateurs. Mais la République n’en restera pas moins le gouvernement qui a relevé la France de ses ruines, qui l'a dotée d’une armée et d^uiie marine puissantes, et qui a couclu avec Tun des plue grands Étals de l’Europe une alliance qui nous garantît contre les attaques des pays voisins.
Elle a’en restera pas raolas le seul gouvernement qui puisse être accepté par tous, et le seul qui nous permette d’espérer de la marche constante ei pacifique du progrès une organisation de notre état social meilleure et plus conforme à la justice.
Sans dûuti on peut blâmer les imperfections du régime parlemenlaîre, ses lenteurs, et les embarras qu’il fait naître dans FadministratioD du pays. Il est même temps d’y apporter un remède, La révision de la Cooslitution est aujourd’hui sans danger pour la République, Je la voterai, ne fût-ce que pour y introduire le principe de l’incompatibilité absolue des fonctions de ministres et des mandats de sénateurs et de dépiilés. îl faut mettre un terme à la confusion des pouvoirs, et faire cesser cette chasse au portefeuille qui entrave la marche du gouvernemeut et nuit au vote des lois utiles. ‘
Notre système d’impôts réclame une refonte générale. Ce sera Fœuvre capitale et nécessaire delà prochaine légisklure. N’est-il pas révoltant de voir la terre, et par conséquent le cultivateur, chargés d’impôts qui augmentent chaque jour, alors que le porteur de renie ne paye pas un centime à l’État? Que la récolte soit bonne ou mauvaise, IMmpôtfoucîer écrase propriétaires et métayers.
Que dire de Pimpôt des portes et fenêtres qui fait payer à l’ouvrier jusqu’à Pair que celui-ci respire dans un logement trop étroit? Que dire encore des coütributîoûS iiidirectes qui frappent îa nourrilare et la boisson du pauvre? Ce sont des iniquités indignes de notre temps et qui doivent disparaître à bref délai. L’mpôt doit être proportionnel àla fortune de chacun, et frapper, non pas la richesse en formation, mais la richesse acquise ; tel est le principe qu’il faut appliquer à la réforme de nos impôts.
Les fonctionnaires et employés de TÉtat, trop nombreux, et dont il faut réduire le nombre, touchent une retraite sur leurs vieux jours, eî ils n’ont été souvent, pendant leur carrière, qu’une lourde charge pour le budget. Mais les travailleurs des villes et des campagnes, qui créent par un rude iabeurla richesse nationale, que touchent 41s, lorsque la vieillesse ou les infirmités les condamnent à la misère? — Rien, On leur distribue des secours, mais des secours humiliants et qui ne leur suffuent pas. ïl faut créer la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse, c’est-à-dire accorder à tout travailleur, moyeonant un léger versement, une pension qui soit un droit et non pas une aiimôue.
La justice coûte trop cher. La procédure èn est trop compliquée. Il faut en diminuer les frais et en simpliûer les formes, mettre, en un mût, la justice à la portée du iosticiable. que la craiute d’un procès ruineux empêche souvent de faire valoir ses droits.
Les rapports entre le capital et le travail, c’est-à-dire les relations entre patrons et ouvriers sont, dans certaines régions au moins, tellement tendus, qu’il en résulte des ruptures néfastes. Ne trouvons-nous pas le moyen d’unir les uns et les autres dans un intérêt commun pour le bien du pays î Fidèle à ce principe de toute ma vie, je me consacrerai, dans ce but, à l’étude des questiûos économiques et sociales qui intéressent le sort des travailleurs, et ceux-ci peuvent être assurés qu’ilS trouveront en moi un défenseur dévoué de leurs justes revendications et de leurs droits.
L’agriculture souffre. C’est qu’il ne suffit pas de créer des écoles et de préconiser des méthodes nouvelles de culture. Pour augmenter le rendement de ses terres, l’agriculteur a besoin d’argent. Il faut lui donner le crédit, dont l'énorme puissance a développé le commerce et l’industrie.
Nous avons au delà des mers un vaste domaine. Il faut renoncer à l’étendre par des expéditions meurtrières et coûteuses. Instruit par 1 expérience, et fort de la 'volonté nationale si souvent exprimée, je m’opposerai à toute entreprise qui aurait pour but des conquêtes nouvelles. Ne vaut-il pas mieux dépenser en France, où tant de chemins et de travaux utiles sont encore à l'état de projets, les millions qu’absorbent des colonies qui exigent de grands sacrifices sans aucun prolit pour la mère-patrie î
Le plus cruel de ces sacrifices est sans contredit la vie de nos enfants. Il faut éviter à nos soldats des dangers, résultant du séjour dans des climats malsains, et créer une armée coloniale.
Enfin, dans l’ordre financier, j'exigerai des économies et je m’opposerai à un accroissement de la dette publique qui, s’il se produisait, serait un danger sérieux pour le crédit de l’État.
Ékcieurs,
Depuis plus de vingt ans, je n’ai cessé de lutter pour l’affermissement de la République que le pays a si souvent acclamée. J’ai pu commettre des erreurs ; ceux-là seuls qui ne s’occupent pas des affaires publiques n’en commettent Jamais ; mais, par ce temps de calomnies et d’injures, j’éprouve, je dois le dire, une certaine fierté, en songeant que mon nom est demeuré pur de toute souillure et que jamais le soupçon n’a efileuré mou honneur et mon honnêteté.
Je ne suis le candidat d’aucune coterie, d’aucun groupe. Je déplore les divisions qui séparent les républicains, et je vous convie à les effacer, en vous répétant ce que j’écrivais aux électeurs sénatoriaux : « Républicains de toutes nuances, accueillons ceux qui viennent à nous, pourvu qu’ils soient sincères, et donnons-nous la main pour marcher en avant. »
Recevez, messiems et chers concitoyens, l'expression de mes sentiments dévoués.
■ Jean GODET, ancien député.
Circonscription de SAINT- YRIEIX.
M. Henri LAVERTÜJON,
Mes chers concitoyens.
En 1889 Je vous promettais, si J^étais élu, de consacrer toutes mes forces, toute mon énergie au bon combat pour la République et à la défense des intérêts de notre arrondissement.
Je crois avoir tenu loyalement la parole donnée.
Dans rarrondissement de Kochecliouart, j^ai combattu pour la République, en défendant et en contribuant à faire triompher la candidature républicaine de mon regretté ami Puybo^er contre celle du boulangiste Léouzon Leduc.
De même dans la Corrèze, où mon ami Delpeuch, républicain» sortait vainqueur de la lutte contre M, Vacher, boulangiste.
A la Chambre, j'ai fait le moins possible de politique pure, écartant soigneusement les crises ministérielles, qui inquiètent le pays et paralysent les affaires, m’attachant de préférence à étudier et h faire aboutir les lois pratiques, les lois utiles, celles qui ont pour bat d’augmenter la richesse du pays ou d’améliorer le sort des citoyens.
Au nombre de ces lois, je citerai : les tarifs de douane qui ont défendu notre agriculture française contre îa concurrence étrangère, ta loi réduisant d’un tiers le prix des billets de chemins de fer, la loi réduisant d^un tiers environ les frais des procès, et cette admirable loi sur l’assistance médicale gratuite, grâce à laquelle désormais le paysan le plus pauvre, le plus éloigné de tout secours, recevra gratuitement les soins du médecin et les remèdes du pharmacien, soit chez lui, soit dans un établissement hospitalier.
Tout en m’occupant des intérêts généraux de la France, je ne crois pas avoir négligé les intérêts particuliers de l'arrondissement que j’avais le grand honneur de représenter. Toutes les fois que l’on s’est adressé à moi, pour une question iniérts^ant l’arrondissement, je n’ai ménagé aucune démarche, aucun effort pour obtenir saiMaction.
Avec l’appui de vos conseillers généraux, de vos conseillers d’arrondissement, de vos maires, de vos conseils municipaux, nous avons obtenu des dons de livres» de cartes, de fournitures scolaires pour toutes les écoles de l’arrondissement, sans exception ; d’importantes allocations s’élevant au total de 15.2è0 francs pour Vhospice et de 4.800 francs pour la Société de charité maternelle de SainL-Yrieix; des subventions aux comices agricoles, aux sociétés de secours mutuels de Saint-Yrieix et de Chàlus, aux fanfares de Goussac, de èlexon
et de Saint-Yrieix; des dons d’ar^jeat et de vêtements à divers bureaux de bien-
fâÎB^ÏlC©* » *
TJotts avons obtenu un second courrier de Limoges à Sainl-Germaiii (qui
rendait des services avant l’ouverture de la ligne), un bureau de poste aux Cars, une halte à la Porcherie, une seconde voie d'embarquement à la gare de Saint-
A la commission des douanes et à la tribune de la Chambre, j’ai réclamé et obtenu des droits protecteurs pour nos bestiaux, pour nos feuillards. pour nos kaolins pour nos pavés limousins. Grâce au concours dévoué de quelques-uns de nos concitoyens, nous avons obtenu de la compagnie d’Orléans d’importantes réductions pour le transport des pierres et des bois de châtaignier. Ces nouveaux tarifs sont particuitèrement avantageux pour noua. Qu'on en juge. D’après les renseignements qui m’ont été fournis, voici le nombre des wagons de chàtai- Eoier expédiés en 1892 par les gares de l’arrondissement .- Nexon, 9 ; La Farge, 270 ■ Bussière-Galanl, 578; Cliâlus, li60 ; La Meyze, 150 ; Gbampsioux (?) ; Saint- Yrieix, 9A3; Coussac-Boiineval, 750; soit on total de 3,200 wagocs eiivimn. On peut calculer à 20 francs au bas mot la diminution par wagon, soit une somme de 65.000 francs que, dans l’espace d’une année, non? avons économisée sur nos expéditiaos de bois.
Permettez-inoi de rappeler encore : la ligne de Sainl-Yneix à Bussiece- Galant votée tout rér.emraent par ïa Chambre et le Sénat et qui maintenant sera sûrement construite ; nos démarches ptrar la prompie mise en exploitation de la nouvelle ligne de Limoges à Brive par Saint-Germain; les billets d’aller et retour de Saint-Yrieix à Satnt-Germain calculés sur la distance à vol^ d’oiseau ; les démarches que noas faisons actuellement pour obtenir des baltes à Coussac,
à la Meyze, à Cbampsiaux, etc. , . j
Je crois avoir suffisamment prouvé à ceux qui prétendent qu il faut être du pays pour s’occuper des intérêts de ses électeurs, qu’il n’est pas indispensable d’élre né à Saint-Yrieix même pour rendre des services aux cantons de Chàlus, de Nexon, de Saint-Germain et au cantOü de Sainl-lrieix lai-même.
D’ailleurs, aujourd’hui, je suis du pays, puisque j’ai acheté une importante propriété à Bussière-Galatit, propriété que j’habite avec ma famille. Me voilà devenu agrieuiteur, vos intérêts se confondent avec les miens; je suis mieux placé qu’autrefois pour les étudier et, plus que jamais, vous pouvez compter sur mon empressement à les défendre. , . .
En ce qui tanche la politique, ma profession de loi sera nette. J’ai toujours été républicain, je le serai toujours. Aux époques de lutte, j’al combattu pour la République, par la plame, par la parole, par l’épée môme.
Mes états de service ne craignent la comparaison avec ceux d’aucun radical, fût-il socialiste et révolulionuaire. Si la République courait de nouveaux dangers, nul plus que moi ne. serait ardent à la défendre.
Mais la République est aujourd’hui la grande victorieuse, la triomphatrice incontestée. Nombre d’électeurs qui, jadis, votaient contre elle, viennent maintenant à nous sans arrière-pensée, loyalement, en bons Français qui aiment la France par-dessus tout et veulent travailler à sa grandeur jvar l’union de totm ses enfants. Je ne comprendrais pas une République qui serait une coterie éltoi-
- ii>87 —
tement fermée et jalouBemenl gardée par des sectaires défiants. La Répnbiique est la chose de tous, chacun a le droit d’y entrer, s’il est sincère. Quand tous les Français accepteront loyalement la République, et ce temps n’est pas éloigné, DOU.S pourrons enfin avoir, ce qui nous a manqué jusqu’à ce jour, des pouvoirs publics ayant l’esprit de gouvernement. 11 faut à notre pays un gouvernement fort, bienveillant aux travailleurs, mais sans faiblesse à l’égard des hommes de désordre, des pêcheurs en eau trouble, qui se font un jeu de violer les lois, et qui. B! on les laissait faire, mettraient bientôt noire chère patrie à feu et à sang.
Kos campagnes veulent la paix, la tranquillité, la stabilité, indispensables
à la prospérité des affaires.
Je n'ai jamais été et ne serai jamais im liomme de désordre; j'ai toujours été et je reste un homme de progrès qu^aucune réforme démocratique n'effraye, pourvu qu'elle ait été mûrement étudiée et qu’elle vienne à son heure.
A la Chambre, si vous m'y renvoyez, je continuerai, comme par le passé, à préférer les questions d'affaires aux questions de politique pure.
Mon honorable concurrent se déclare parti b an de la séparation de l’Église et de rÉtat. Peut-être changera*t"U d’avis quand il aura mûrement réfléchi aux conséquences de cette mesure. Quant à moi, je repousse actuellenient cette prétendue réforme qui n’a pas pour elle la majorité -des hommes et qui a conire elle la presque unanimité des femmes; je la repousse parce qu elle jetterait fatalement notre pays en pleine guerre civile, en pleine guerre religieuse.
La suppression du budget des cultes aurait pour résultat de rendre impossible Pexercice du culte dans toutes les petites communes. Seules les grandes villes seraient assez riches pour s'offrir le luxe d’un eu ré qui, bien entendu, ferait payer les messes, les baptêmes, les mariages, les enterrements, dix fois, vingt fois plus cher qu’aujourd'huî et personne ne pourrait le lui reprocher, puisqu’il n'aurait que cela pour vivre et que, d'ailleurs, il n'y aurait plus de tarifs impo^ sés. Le paysan ne demande pas qu'on lui supprime son église; il aimerait bien mieux qu’on abaissât encore le prix des services du curé, notamment le prix des enterrements de la dernière classe. Voilà une réforme qui, quoique bien modeste, me paraît infiniment plus démocratique que la séparation de l'Église et de l’État, qui ne vexerait que les pauvres sans gêner en rien les riches.
Je repousserai donc la réparation de FÉgliseet de l Étal comme je repousserai toutes les propositions de nature à nous diviser, à nous aigrir les uns contre les autres*
En revanche, j’emploierai tout ce que j’ai d’énergie et de bonne volonté à rétude des lois utiles, de ces lois qui ont pour but d'améliorer la situation morale, intellectuelle et matérielle du peuple.
La prochaine Chambre, je l’espère, réformera notre système d’impôts, qui comporte trop d’injusiices. Ma formule est simple : En matière d’impôts, il faut que celui qui a beaucoup paye beaucoup, que celui qui a peu paye peu, que celui qui n'a rien ne paye rien.
Il faudra aussi donner à nos agriculteurs l'instrument de prospénte qu on leur promet depuis si longtemps: le crédit agricole, c’est-à-dire l’argent à boa marché, qui leur permettra de faire produire davantage à leurs terres et leur
assurera lea moyens de se défendre contre les résultats d^une année désastreuse.
Elle aura également à examiner et à résoudre rimportante quâstîon des caisses de retraite, de façon à ce que Touvrier, le paysan qui ont traMllé toute leur vie, aient du pain assuré pour leurs vieux jours.
Voilà, mes chers concitoyens, Pétât d’esprit que l’apporterai à k nouvelle Chambre si vous me faites Phonneur de m*y envoyer. Je ne suis pas de ceux qui trompent les électeurs en leur faisant toutes sortes de promesses qu’ils sont incapables de tenir. Je vous promets simplement de rester toujours un honnête homme et un ferme républicain; je voue promets de beaucoup travailler et de m’occuper de vos intérêts avec un infatigable dévouement.
Vive la République!
Henri LAVERTüJON, député républicain sortant, propriétaire à Bussière-Galant.